24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:10
La Suisse tourne le dos au nucléaire

 

Le référendum! La plus belle et la plus noble façon d'honorer une démocratie est de donner la parole à son peuple.

Une majorité des électeurs suisses a accepté dimanche par référendum de tourner progressivement le dos au nucléaire et de favoriser à sa place les énergies renouvelables, selon les premières tendances après la fermeture des bureaux de vote.

D'après les premiers dépouillements, la nouvelle loi sur l'énergie, soutenue par le gouvernement et le Parlement, a été acceptée, a indiqué l'institut de sondages gfs.bern.

 

Résultats finaux en début de soirée

 

A Zurich, canton le plus peuplé de Suisse, le «oui» atteindrait presque 60% et à Genève il dépasserait les 70%. Les premiers résultats chiffrés pour l'ensemble du pays sont attendus en début d'après-midi et les résultats finaux en début de soirée.

«Pour tous les écologistes, qu'ils soient politisés ou non, c'est un jour historique dans le pays», a déclaré la députée des Verts, Adèle Thorens Goumaz, à la télévision suisse publique RTS. «La Suisse va entrer dans le 21e siècle énergétique, ce sera un signal fort», a-t-elle dit.

Tous les partis avaient apporté leur soutien à la nouvelle loi, à l'exception du premier parti de Suisse, l'UDC (Union démocratique du centre), parti populiste anti-européen et anti-immigration

 

Un processus entamé après Fukushima

 

Cette nouvelle loi est le résultat d'un long processus engagé après l'accident nucléaire de Fukushima, provoqué par un gigantesque tsunami, en mars 2011, au Japon. La loi vise à promouvoir les énergies renouvelables comme l'hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

Quelques semaines après la catastrophe de Fukushima, la Suisse, qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l'électricité du pays, avait décidé de sortir du nucléaire vers 2034, tout en indiquant que cette date restait théorique. Les autorités avaient précisé que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ 50 ans, voire 60 ans, d'exploitation.

Depuis cette décision, le gouvernement suisse (qui fonctionne sur le principe du consensus et est formé de sept ministres représentant les quatre grands partis) a travaillé à l'élaboration de la stratégie énergétique, dont la mise en oeuvre est prévue par étapes d'ici 2050.

 

Aucune nouvelle centrale construite

 

Le premier volet de cette stratégie, sur lequel les Suisses se prononcent dimanche, vise notamment à réduire la consommation d'énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l'an 2000, une réduction de 16% d'ici à 2020 et de 43% d'ici à 2035.

Elle interdit également la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

Ce programme a été accepté par le Parlement l'automne passé, mais l'UDC a lancé avec succès un référendum contre la nouvelle loi, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l'approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

 

Le coût de cette transition énergétique en débat

 

D'après l'UDC, la transformation de l'ensemble du système énergétique inscrite dans la nouvelle loi va coûter quelque 200 milliards de francs suisses (183 milliards d'euros) jusqu'en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente, selon ce même parti, 3.200 francs suisses (2.900 euros) par an de frais et d'impôts supplémentaires.

«Payer 3.200 francs de plus ... pour une douche froide?» a ironisé ainsi l'UDC dans ses affiches électorales que l'on peut voir dans les rues et gares de la Confédération.

Le gouvernement estime de son côté qu'un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs suisses (36,5 euros) par an de plus qu'aujourd'hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage. «Je reste inquiète pour l'avenir, il faudra se battre que pour les 40 francs annoncés soient respectés», a déclaré la députée UDC, Céline Amaudruz, à la RTS.

 

 

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 10:52
Grâce à des algues, cette nouvelle colonne Morris va purifier l'air parisien

Dépolluer Paris avec des micro-algues, c'est le projet mis en place par Suez et la start-up Fermentalg avec un nouveau prototype de mobilier urbain. Un projet séduisant sur le papier mais dont la pertinence n'est pas encore démontrée...

Depuis le 19ème siècle, les colonnes Morris servent à la promotion des spectacles et des films pour les Parisiens. Désormais, elles pourront aussi servir à décarbonner l'atmosphère. C’est en tout cas ce que promet Suez, qui a développé avec la start-up Fermentalg une colonne abritant des milliards de micro- algues.
 
Objectif affiché : tester l’efficacité de cette technologie en ville avant une possible commercialisation du dispositif. Deux tests sont déjà prévus cet été. L’un au milieu de la place d’Alésia dans le 14ème arrondissement de Paris, autour de laquelle circulent 72 000 véhicules par jour, l’autre à Colombes dans les Hauts-de-Seine.
 
 

Une tonne de CO2 capturé par an

Présenté à l’occasion de la COP21, le prototype de colonne de 4 mètres de haut et de 2,5 mètres de diamètre abrite un réservoir de 1 000 litres d’eau. À l’intérieur, des micro-algues cultivées par la start-up Fermentalg, dont le potentiel de développement est de dix à trente fois supérieur aux plantes terrestres et qui vont capturer le gaz carbonique grâce à la photosynthèse. Selon ses concepteurs, ce dispositif permettrait de fixer une tonne de CO2 par an (soit un vol pour une personne aller-retour entre Paris et Washington).
 
Au cours du processus, la colonne perd peu à peu de son efficacité. Le milieu de culture se sature et la prolifération des algues ralentit, limitant le CO2 capturé. Une partie de l’eau usagée doit alors être remplacée par de l’eau fraîche afin d’assurer le renouvellement des micro-algues. Qu’advient-il alors de l’ancien contenu ? Rien n’est gaspillé : le liquide est évacué vers une station d’épuration, où il sert à la création de biométhane, qui est ensuite réinjecté dans le réseau de gaz de ville.
 
À noter aussi : bien qu’étant en Plexiglas transparent, la seule lumière du jour n’est pas suffisante pour assurer une croissance efficace des algues. Il faut que la colonne soit reliée au réseau électrique pour alimenter des LED.
 
 

Maladies respiratoires

Sachant qu'un Français émet en moyenne plus de 7,5 tonnes de gaz carbonique par an, ce dispositif qui n'en absorbe qu'une tonne est-il pertinent économiquement ? Interrogé à ce sujet par le quotidien Le Monde , Suez insiste sur l’objectif de lutte contre la pollution de l’air : "Nous n’aurions jamais connu l’éolien si on avait stoppé les technologies à l’époque, qui coûtaient très cher elles aussi".
 
Un autre problème se pose : si les algues permettent effectivement de réduire la présence de CO2 dans l’atmosphère, principal agent responsable du réchauffement climatique, on ne connaît pas leur efficacité contre d’autres gaz tels que les oxydes d’azote (NOx), ainsi que les particules fines et métaux lourds. Or, ceux-ci sont les principaux responsables des maladies respiratoires, qui causent 48 000 morts prématurées chaque année en France.
 
Le résultat des analyses, qui devrait être disponible d'ici la fin de l'année 2017, sera donc déterminant pour juger de l’efficacité de ce projet.
 
Source : wedemain.fr

 

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 07:14
La plus grande ferme solaire au monde verra le jour en Australie en septembre

 

Pour endiguer les émissions de carbone et trouver une solution aux coupures de courant récurrentes dans le pays, l’Australie se dote de la plus grande centrale solaire au monde. Les travaux commencent cet été.

 

L’Australie du Sud fait face à des séries de coupure de courant qui paralysent la région et qui, en septembre dernier, avaient déclenché un grand débat politique à propos de la dépendance de l’État aux énergies renouvelables.

 
Le milliardaire Elon Musk, en sauveur, avait promis de régler le problème en seulement 100 jours en installant une ferme de batteries atteignant 100 mégawatts, c’est-à-dire la puissance dont à besoin l’Australie Méridionale pour ne plus subir ces coupures. 
 
Mais une entreprise semble avoir vu encore plus grand que le dirigeant de Tesla. En effet, Lyon Group, entreprise australienne spécialisée dans les énergies renouvelables, va développer la plus grande ferme solaire du monde en Australie.
 
 

Un projet titanesque

 

Cette dernière sera dotée à terme de 3,4 millions de panneaux solaires et d’1,1 million de batteries. Elle permettra de générer une puissance de 330 mégawatts, l’équivalent d’une grosse centrale à gaz, et de stocker 100 mégawatts sur place. C’est la particularité du projet que d’avoir les panneaux solaires et les batteries au même endroit.  
 
La construction de ce complexe baptisé "Riverland Solar Storage", situé non loin de la ville d’Adélaïde en Australie Méridionale, débutera dès cet été. Il serait opérationnel dès septembre 2017, avec, dans un premier temps, 20 mégawatts de panneaux solaires et deux mégawatts de batteries lithium. L’électricité produite sera en partie revendue sur le réseau, et en partie stockée sur place.

 
Fin 2017, cette ferme solaire devrait être composée de 100 mégawatts de panneaux et de 20 mégawatts de batteries. Des premiers tests seront également réalisés, de manière à évaluer les performances du parc. Le climat très aride de la région, digne de l'enfer pour l’homme, pourrait bien être un paradis pour l’énergie solaire.
 
Ce projet coûtera un milliard de dollars, dont 140 millions seront injectés par le gouvernement australien. Le reste financé par des investisseurs privés. Une première, qui pourrait encore accélérer le développement de l'énergie solaire dans le monde. 
 
Source : wedemain.fr
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 13:02
Déchets plastiques: Une larve dévoreuse de plastique, future clé de la biodégradation?

 

 

Un parasite des ruches utilisé pour la pêche

 

Federica Bertocchini, une chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), vient en effet de mettre à jour les vertus méconnues de la larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu.

 

Cette larve, élevée commercialement en grand nombre pour servir d’appât pour la pêche, est à l’état sauvage un parasite des ruches qui se niche dans la cire d’abeilles, partout en Europe. Cette scientifique, également apicultrice amateur, a observé que les sacs en plastique dans lesquels elle plaçait la cire des ruches infectée par ce parasite, étaient rapidement criblés de trous.

D’autres observations avec un sac de supermarché au Royaume-Uni, soumis à une centaine de ces larves, ont montré que celles-ci pouvaient endommager le plastique en moins d’une heure.

 

Un taux de dégradation « extrêmement rapide »

 

Dans le compte rendu de leurs travaux, publié lundi dans la revue américaine Current Biology, les chercheurs révèlent que des trous commençaient à apparaître après seulement quarante minutes et au bout de douze heures, la masse de plastique du sac était réduite de 92 milligramme, ce qui est considérable, expliquent ces chercheurs.

 

Ils soulignent que ce taux de dégradation est « extrêmement rapide » comparativement à d’autres découvertes récentes telle que celle d’une bactérie, l’an dernier, qui peut également dégrader certains plastiques mais au rythme de 0,13 milligramme par jour seulement.

 

Les auteurs de cette dernière découverte, pensent que la larve de la fausse teigne de la cire n’ingère pas seulement le plastique mais qu’elle le transforme ou le brise chimiquement avec une substance produite par ses glandes salivaires.

 

Prochain enjeu : « isoler l’enzyme responsable »

 

« L’une des prochaines étapes sera de tenter d’identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l’enzyme responsable », expliquent-ils.

« S’il s’agit d’une simple enzyme on pourra alors la fabriquer à une échelle industrielle grâce à la biotechnologie », estime Paolo Bombelli de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, un des principaux co-auteurs de ces travaux.

Selon lui, « cette découverte pourrait être un outil important pour éliminer les déchets de plastique polyéthylène qui s’accumulent dans les décharges et les océans. »

 

Un siècle pour qu’un sac plastique se décompose

 

Cette découverte constituerait alors un immense espoir pour lutter contre la pollution : chaque année,quelque 80 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde. Ce matériau, surtout utilisé pour l’emballage, compte pour 40 % de la demande totale des produits plastiques en Europe dont 38 % se retrouvent dans des décharges.

Actuellement, le processus de dégradation chimique de ces déchets plastiques avec des produits très corrosifs comme l’acide nitrique peut prendre plusieurs mois.

 

Laissés dans la nature, il faut environ un siècle pour que ces sacs plastique se décomposent complètement. Pour les plastiques les plus résistants, ce processus peut prendre jusqu’à 400 ans.

 

Environ huit millions de tonnes de plastique sont déversés tous les ans dans les mers et océans du globe, selon une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science.

Les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans. Des petits fragments de plastiques peuvent être absorbés par les poissons et les autres espèces marines

 

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