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La réglementation du commerce des semences favorise une agriculture productiviste et gorgée de pesticides. Inadaptée aux enjeux sanitaires et environnementaux, et de plus en plus restrictive, elle finira par pousser les paysans qui veulent «cultiver la biodiversité» à désobéir.

 

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Clé de voûte de l’agriculture, la semence est le tout premier maillon de la chaîne alimentaire. La contrôler, c’est régner sur l’ensemble de la filière agricole et pouvoir jongler avec les marchés de la fertilisation, des produits chimiques et des équipements. Les cadors de l’agroalimentaire l’ont bien compris. Et pour s’assurer que l’agriculture conventionnelle prospère, ils se sont dotés d’un outil imparable: la loi.


En France, seules les variétés inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés peuvent être échangées, gratuitement ou non, en vue de cultures commerciales. Géré par le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), le Catalogue a été créé en 1932 pour remettre de l’ordre sur ce marché alors désorganisé. Variétés différentes vendues sous le même nom ou variétés identiques aux appellations variables… Il était nécessaire de clarifier l’offre et d’assurer l’identité de la semence achetée par l’utilisateur.


Au fil des ans, le Catalogue est devenu une pomme de discorde entre les semenciers et les paysans non conventionnels. Pour ces derniers, il n’aurait servi qu’à évincer les variétés paysannes traditionnelles, inadaptées aux cultures intensives, à la mécanisation et aux pesticides. Freinant par ailleurs l’essor de l’agriculture biologique, dont les semences sont fréquemment éliminées par les critères DHS (distinction/homogénéité/stabilité), auxquels elles doivent répondre pour être inscrites et commercialisées légalement.

Selon Guy Kastler, membre de la Confédération paysanne, «une semence industrielle, homogène et stable, ne peut pas s’adapter aux différents territoires sans produits chimiques, contrairement aux semences paysannes, parfaites pour l’agriculture biologique». Pour le ministère de l’Agriculture, le problème ne vient pas des critères du Catalogue, mais du marché morcelé de l’agriculture bio, et des difficultés à rentabiliser son développement.


Gratin de pesticides


«Alors que la France possédait la plus forte diversité de fruits au monde il y a quelques décennies, seulement cinq variétés de pommes sont commercialisées dans l’Hexagone aujourd’hui. Celles qui résistaient naturellement aux aléas climatiques et aux insectes ont été éliminées. Pourtant fragile, la fameuse Golden a été imposée sur le marché. Réclamant une trentaine de pesticides par an, elle représentait une manne financière pour les grands groupes de l’agrochimie», dixit l’ingénieur agronome Claude Bourguignon dans le film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre global.

Gâteaux, produits à base de céréales, légumes et fruits frais ou en conserve… Les pesticides sont présents dans tout ce que nous mangeons, ou presque. Car le Catalogue compte essentiellement des semences «standardisées», destinées aux cultures conventionnelles.


 Ces nouvelles variétés, issues de croisements industriels accélérés ou de manipulations génétiques, ne donnent les résultats escomptés que sous intrants chimiques. Une partie croissante d’entre elles est même de type «hybride F1»: des semences non reproductibles, qui offrent de bons rendements la première année tout en produisant des plants identiques (parfaits pour la mécanisation), gorgés d’engrais chimiques et de faible qualité nutritionnelle. En France, les F1 concernent surtout le maïs et le tournesol. On les trouve aussi chez la majorité des espèces potagères, comme la tomate.


Parce qu’ils sont homogènes, stables et productifs, tous ces nouveaux standards répondent parfaitement aux critères du Catalogue, lesquels n’ont quasiment pas évolué en 80 ans. Ce qui n’est pas le cas des semences paysannes (sélectionnées et multipliées dans les champs des paysans). «Celles-ci ne sont pas toujours homogènes visuellement, surtout lorsqu’il s’agit de “populations végétales” qui mélangent plusieurs lignées génétiques», explique Jacques Caplat, de l’association Agir pour l’environnement.

«Et trop rares sont les semenciers motivés pour travailler sur les semences bio, car l’activité n’est pas rentable, en particulier pour les céréales: pour être inscrite au Catalogue, la variété candidate doit avoir un rendement supérieur, ou au moins équivalent, aux quatre premières variétés de sa catégorie. C’est ce qu’impose notamment l’épreuve de VAT (valeur agronomique et technologique). Et puisque les tests sont effectués sous béquilles chimiques, les semences bio sont forcément moins productives.»


Les acteurs de l’AB (Itab, Inra, Fnab, etc.) ont bataillé pour obtenir des protocoles plus adaptés à la création variétale en agriculture biologique. Et parce que cette mise au point agronomique demande d’importants moyens humains et financiers, elle n’est dans les faits possible que dans le cadre d’un programme de recherches.

Ainsi, l’Inra et l‘Itab, avec le soutien de l’État et de la filière, viennent de sortir deux nouvelles variétés de blés bios. Douze ans d’expérimentation ont été nécessaires pour les sélectionner et les adapter aux épreuves de l’agriculture biologique. Ils répondent par ailleurs aux critères DHS du Catalogue. D’ici l’automne 2013, ils intégreront le circuit de la consommation, pour la fabrication du pain notamment.


Pour François Burgaud, directeur des relations extérieures du Gnis, «n’importe quel paysan peut créer et inscrire sa semence au Catalogue. Il n’y a pas de lobby semencier et le marché n’est pas captif, contrairement à ce que l’on peut entendre». Effectivement, n’importe qui peut enregistrer une semence, à conditions de débourser quelques milliers d’euros. A titre d’exemple, l’inscription des blés susdits a coûté pas moins de 15.000 €. Un montant qui disqualifie les petits producteurs… Alors que ce sont eux, qui généralement, se battent pour préserver la biodiversité et la qualité de nos aliments.


Désobéir pour mieux manger


L’évincement des variétés paysannes, anciennes ou modernes, s’est traduit par une perte extraordinaire de la diversité: 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu d’après Réseau semences paysannes.

Afin de protéger les espèces menacées d’érosion génétique, le Gnis a établi un registre de conservation. Enfin un vivier pour les agriculteurs biologiques? Pas tellement, car l’obligation de standardiser la variété est maintenue et son utilisation est zonée et quantifiée. Impossible donc de développer une activité commerciale digne de ce nom si la surface de la récolte est limitée. Impossible aussi de choisir sa semence, puisqu’elle est régionalisée.


Bon nombre d’agriculteurs, les petits exploitants notamment, revendiquent leur droit à faire de la sélection, de la recherche, de conserver des variétés non inscrites ou encore de s’échanger des semences. Et ce, malgré les quelques contrôles visant à les intimider.

Guy Kastler précise:

«C’est la commercialisation des semences non inscrites qui est proscrite. Un paysan peut vendre une récolte à partir de la semence de son choix. Concernant. l’échange de graines, il est interdit en théorie mais pratiqué dans les faits. Heureusement, car c’est la meilleure manière de produire des aliments sains: cela permet une meilleure adaptation locale, sans recourir aux produits chimiques.»


Jusqu’alors tolérée, cette façon d’agir est en danger depuis l’adoption de la loi sur les obtentions végétales: un article demande au gouvernement de réglementer la sélection, la production et tous les échanges de semences en durcissant les contrôles. L’étau se resserre autour des agriculteurs, qui devront bientôt désobéir pour conserver leur savoir-faire.

Anny Poursinoff, députée EELV des Yvelines, s’insurge de ce système monopolistique:  

«L’intérêt des semenciers est d’uniformiser les semences en les simplifiant génétiquement, pour les cultiver en grande quantité. La santé des consommateurs, la préservation des sols,. de l’eau et la condition des paysans ne sont pas pris en compte.»


L’anti-loi de la nature


Les semences de fermes sont les graines récoltées à partir des créations standardisées de l’industrie, mais multipliées chez l’agriculteur. Elles contiennent moins de produits chimiques. Or, la loi sur les obtentions végétales votée le 28 novembre dernier restreint cette pratique, en la conditionnant au paiement d’une taxe, pour une vingtaine d’espèces agricoles et en l’interdisant pour les autres, dont tous les légumes.

Avant cela, les paysans ressemaient chaque année sans forcément régler leur dû aux semenciers obtenteurs, car il n’existait aucun outil juridique. Le texte voté à l’Assemblée nationale les obligera à payer. Pour Thierry Lazaro, député UMP du Nord, «Ces royalties rémunèreront la recherche privée, sans laquelle nous perdrions notre compétitivité sur le marché mondial de la semence».


Un avis que ne partage pas Michel Géray, porte-parole de la CNDSF (Coordination nationale pour la défense des semences de ferme), «ce texte est un carcan juridique pour dissuader de ressemer. A terme, les agriculteurs seront tentés par l’achat de semences hybrides non reproductibles. La loi est une fois de plus du côté des semenciers».

Même si le ministère de l’Agriculture prévoit de réduire de 50 % l’usage des pesticides dans les dix prochaines années (projet Ecophyto 2018), les agriculteurs, pour s’y retrouver financièrement, viseront le rendement, et la culture intensive se renforcera. Ce qui va à l’encontre d’une agriculture durable. Et d’une alimentation saine.

 

 


Et si on pouvait nettoyer la mer avec du savon? Des chercheurs de l'université de Bristol, au Royaume-Uni, ont mis au point un savon à base de sels riches en fer.  En se dissolvant dans l'eau, ces sels deviennent magnétiques, et attirent comme un aimant les polluants, explique Livescience.


Facile à nettoyer

Ce savon pourrait ainsi être utilisé pour nettoyer des eaux usées industrielles mais aussi des marées noires. Son gros avantage, par rapport aux dispersants chimiques qui sont habituellement utilisés, c'est qu'il peut être facilement «ramassé» à l'aide d'un aimant qui l'attire vers la surface de l'eau, comme l'ont démontré les expériences menées par l'Institut Laue-Langevin de Grenoble.


En 2010, dans le golfe du Mexique, les critiques n'avaient pas tardé à s'abattre sur les dispersants chimiques utilisés pour réduire le pétrole en micro-particules: rajouter une dose de produits chimiques et disperser le tout en très petits fragments a fait craindre une pollution encore plus importante des eaux.

 

 

L'organisation France Nature Environnement (FNE) vient de publier une carte de France recensant les nombreux combats pour l'environnement menés par les 3.000 associations qu'elle regroupe. Un état des lieux dressé dans le cadre de l'Appel des 3000 lancé voilà quelques jours aux candidats à la présidentielle.

 

L'arrêt de la construction de l'EPR de Flamanville, la protection des zones humides, l'interdiction de l'exploitation du gaz de schiste, comme du pétrole en eau profondes, l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou encore la préservation de l'ours dans les Pyrénées : France Nature Environnement vient de dévoiler une carte de France recensant les combats emblématiques menés par les 3.000 associations que réunit l'organisation, mais aussi les "initiatives à encourager". Parmi ces dernières, l'arrivée du bio dans les cantines, une charte pour protéger les chauves-souris, le développement de l'énergie photovoltaïque, ou encore l'exploitation de l'éolien en mer Méditerranée.


"Chaque jour, les 3.000 associations du mouvement France Nature Environnement imaginent et mettent en pratique des solutions concrètes pour sortir des crises écologiques et économiques", affirme l'organisation quelques jours après avoir lancé un appel aux candidats à l'élection présidentielle. Tous ont été invités à participer au Congrès de FNE qui se déroulera samedi prochain à Montreuil, afin de débattre des nombreuses propositions émises par les associations écologistes. François Bayrou, François Hollande, Eva Joly, Corinne Lepage et Jean-Luc Mélenchon devraient être présents.


Avec cette carte des combats qu'elles mènent aux quatre coins de la France, les associations permettent aux politiques comme à tous les citoyens de prendre conscience de l'ampleur de leur travail en faveur de l'environnement. "Un certain nombre de ces combats sont connus, mais d'autres le sont moins comme le rejet des boues de dragage en mer sans contrôle" en Bretagne, explique à l'AFP Grégoire Lejonc, le coordinateur du projet.


Mais FNE ne se concentre pas seulement sur les points noirs environnementaux et met également en avant les initiatives déjà mises en oeuvre pour y remédier. "En les généralisant, on a déjà les clés de la transition écologique", affirme l'organisation.

 


Huit singes capucins se sont échappés mardi du zoo de Cascavel, dans l’Etat du Parana (Brésil). Après avoir brisé les serrures de leur enclos à l’aide d’une pierre, ils se sont enfuit vers la forêt voisine. Dès mardi après-midi, deux d’entre eux ont été retrouvés grâce à des pièges en forme de cages remplies de fruits, essentiellement des bananes. Deux autres ont été récupérés dans la matinée d’hier alors qu’ils se trouvaient… dans un restaurant implanté à proximité du zoo. 

 

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« Ce fut une surprise car ce n’est pas la jungle ici, et voir [un singe] entrer dans mon établissement était amusant », a commenté son propriétaire, manifestement ravi d’accueillir ces visiteurs inhabituels. La coordinatrice du zoo Gladis Dalamina a quant à elle déclaré poursuivre les recherches avec d’autres responsables de la ménagerie pour retrouver les quatre singes capucins encore en fuite, bien que l’équipe pense avoir arrêté les « cerveaux » de l’évasion. Un vieux singe capturé nommé Ceara serait avec sa compagne Amarela à la tête de cette escapade audacieuse. « Nous espérons désormais être en mesure de récupérer les quatre autres. Ils vont revenir car ils sont encore jeunes », assure M. Dalamina.

 

L’évasion de singes capucins n’est pas une première au Brésil. En juillet dernier, la ville de Rio de Janeiro a en effet été assaillie par une bande de singes évadés qui se sont faufilés dans les maisons pour voler de la nourriture aux résidents, provoquant désordre et chaos au sein des habitations. De manière générale, les singes capucins s’échappent à l’âge d’un an environ et font des trous dans les clôtures de leurs cages.


L’épisode de Cascavel a donc surpris par la méthode employée, les animaux ayant utilisé pour la première fois un « outil » pour détruire les serrures de l’enclos. Considéré comme l’espèce de primate la plus intelligente du continent américain, le singe capucin se servait jusqu’ici de pierres pour ouvrir les noix qui composent son alimentation et a fait honneur à sa réputation. Transmis de génération en génération dans la mesure où les jeunes individus observent leurs aînés, ce geste a été « détourné » par les singes capucins du zoo de Cascavel qui souhaitaient en finir avec leur captivité. Comme si le désir d’être libre avait amené ces animaux à redoubler d’ingéniosité pour s’évader.

 

 

 

 

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