30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:49
L'Ethiopie va miser sur de grands projets éoliens

 

 

Le vent souffle fort sur les hauteurs d'Adama, collines rocailleuses à plus de 2.000 m d'altitude sur les hauts plateaux éthiopiens, offrant des conditions idéales pour la production d'énergie éolienne. L'Ethiopie, en pointe dans ce secteur, y a installé le plus puissant parc éolien d'Afrique subsaharienne.

 

«En février, pendant la saison sèche, le vent est tellement fort qu'il est difficile de se tenir debout», assure Solomon Yismaw, l'ingénieur du site d'Adama II, inauguré en mai à une centaine de kilomètres au sud-est d'Addis Abeba, où 102 turbines de construction chinoise hautes de 70 mètres ponctuent l'horizon aussi loin que porte le regard.

 

Sa capacité de 153 mégawatts (MW) fait d'Adama II la plus grande ferme éolienne d'Afrique subsaharienne. Elle vient compléter en Ethiopie le parc d'Ashegoda (120 MW, dans la région septentrionale du Tigré) en service depuis 2013 et celui d'Adama I (50 MW) datant de 2011.

N'ayant ni gaz ni pétrole, l'Ethiopie mise sur son important potentiel en énergies renouvelables pour alimenter son rapide développement économique. A commencer par les eaux du Nil, grâce auxquelles les barrages existants assurent déjà plus de 90% de la production électrique du pays. Mais le débit du Nil est soumis aux aléas climatiques.

 

 

«Nous disposons d'une source abondante d'énergie hydroélectrique. Mais pendant les périodes de sécheresse, le niveau des barrages hydroélectriques baisse. L'éolien permet de compenser cette perte, d'autant que le vent est plus fort pendant la saison sèche. L'éolien et l'hydroélectricité sont complémentaires», explique Solomon Yismaw.

 

Les paysans labourant la terre au pied des turbines, derrière de simples charrues tirées par des bœufs, offrent un saisissant contraste entre la vie rudimentaire des campagnes éthiopiennes et la modernité à laquelle aspire le pays.

Plus de 75% des 94 millions d'Ethiopiens, principalement dans les campagnes, ne sont pas connectés au réseau électrique. Pour ceux qui le sont, les coupures électriques sont fréquentes: trois mois par an en moyenne.

 

 

Les besoins en énergie sont énormes en Ethiopie. Le pays a besoin d'accroître sa production électrique de 20 à 25% par an, selon des chiffres du ministère de l'Energie.

En attendant la mise en service sur le Nil Bleu du plus grand barrage d'Afrique, le barrage de la «Renaissance» toujours en construction, l'Ethiopie multiplie les projets «verts» pour diversifier ses sources d'énergie.

 

«Notre priorité reste le développement de l'hydroélectricité, mais nous ne pouvons pas en dépendre totalement. Nous savons que nous serons affectés par le changement climatique. C'est pourquoi nous développons aussi l'éolien, la géothermie et le solaire», explique le ministre éthiopien de l'Energie et de l'Eau, Wondimu Tekle.

 

«Nous allons installer 28.000 systèmes solaires individuels sur des habitations avec l'aide de la Banque mondiale», ajoute-t-il.

En ce qui concerne l'éolien, la technologie est simple et peu coûteuse.

«Les fermes éoliennes sont des projets rapides à mettre en place. Nous avons construit cette ferme de 153 MW en seulement 24 mois. Un barrage hydroélectrique aurait pris beaucoup plus de temps», explique Tahaguas Andemariam, ingénieur consultant et professeur à l'université d'Adama.

Une autre ferme éolienne encore plus importante, d'une capacité de 300 MW, est déjà en projet. Elle doit voir le jour à Ayesha, dans le désert près de la frontière djiboutienne, balayé par des vents puissants.

 

 

«Nous avons maintenant les connaissances suffisantes pour développer une feuille de route pour l'énergie éolienne en Ethiopie», assure Tahaguas Andemariam, formé pendant un mois en Chine avec les autres ingénieurs du site. Il n'exclut pas de voir un jour des turbines éoliennes assemblées au moins partiellement en Ethiopie.

 

Avec ces énergies vertes, l'Ethiopie entend réduire son recours aux énergies fossiles, coûteuses et polluantes. Les autorités éthiopiennes se sont donné comme objectif de parvenir à entrer dans le club des pays à revenus intermédiaires d'ici 2025, tout en veillant à ce que l'impact du développement économique sur l'environnement soit limité.

 

Addis Abeba s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d'ici 2030, notamment grâce aux énergies renouvelables. C'est l'objectif le plus ambitieux présenté jusqu'ici dans le cadre la conférence de Paris sur les changements climatiques prévue fin 2015.

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 06:52
Norvège: une «autoroute» verte pour sauver les abeilles à Oslo

 

 

Un cimetière fleuri par-ci, quelques pots sur un balcon par-là: Oslo se mobilise pour créer la première «autoroute à abeilles» au monde en vue de protéger ces butineurs indispensables à l'Homme mais menacés.

«Nous remodelons constamment notre environnement en fonction de nos besoins en oubliant que c'est aussi l'environnement d'autres espèces», note Agnes Lyche Melvaer, responsable de l'organisation Bybi (abeilles urbaines) et coordinatrice du projet.

 

«Pour corriger cela, nous devons leur redonner des lieux de vie et d'alimentation», explique-t-elle, assise sur un banc dans le jardin d'Abel, une petite oasis verte de la capitale norvégienne.

Avec ses tournesols, soucis, phacélies et autres fleurs mellifères (porteuses de nectar ou de pollen) plantées par les soins des riverains et d'écoliers, l'endroit, autrefois simple bout de gazon, est aujourd'hui une «station alimentaire» pour abeilles et bourdons.

 

 

Derrière son appellation pompeuse aux relents de bitume, l'«autoroute à abeilles», la première au monde selon ses promoteurs, vise à essaimer ce genre de relais fournissant le gîte ou le couvert aux insectes pollinisateurs pour leur permettre un jour de pouvoir traverser la ville de part en part.

Un toit végétal en haut d'un immeuble de bureaux, un cimetière agrémenté d'espèces fleurissant à différentes périodes de l'année, un espace vert laissé aux herbes folles, un hôtel à insectes au fond d'un jardin, des marguerites sur le rebord d'une fenêtre... Particuliers, institutions, entreprises et associations sont invités à apporter leur graine, puis à afficher leur contribution sur une carte sur le site .

 

 

Au 12e et dernier étage du bâtiment ultra-moderne qu'il occupe dans un nouveau quartier d'affaires en bordure du fjord d'Oslo, un grand cabinet d'experts-comptables a choisi de recouvrir de sedum, surface végétale prisée des abeilles, une partie de la terrasse et d'y placer deux ruches.

Quelque 45.000 ouvrières s'affairent ainsi, insouciantes des économistes en costume ou tailleur déjeunant à proximité.

«Il faut y voir un signe que les entreprises prennent elles aussi leurs responsabilités pour préserver la biodiversité», affirme Marie Skjelbred.

 

Cette experte-comptable férue d'apiculture a convaincu son employeur de cofinancer ce projet de 400.000 couronnes (46.000 euros) avec le propriétaire de l'immeuble.

«Les ouvrières vivent une soixantaine de jours», explique-t-elle savamment. «Au cours de leur vie, elles ne font qu'une cuillerée de miel». Puis, en bonne comptable, elle livre ce petit calcul: «Si on devait faire le travail qu'elles font en étant payé au salaire minimum, un pot de miel coûterait 182.000 dollars».

 

La situation des insectes pollinisateurs en Norvège n'est pas forcément aussi préoccupante qu'aux États-Unis ou dans d'autres pays d'Europe où les maladies et les maux associés à l'agriculture intensive (monoculture, pesticides...) font des ravages, mais un tiers des 200 espèces d'abeilles sauvages et bourdons recensées dans le pays sont néanmoins considérées comme menacées.

 

Cela a de quoi inquiéter puisque entre 30% et 40% de ce que nous mangeons nécessite un processus de pollinisation, un service fourni gratuitement par les insectes alors qu'une équipe franco-allemande de chercheurs (INRA, CNRS et UFZ) a estimé en 2005 sa valeur économique à 153 milliards d'euros.

 

S'il salue l'initiative de Bybi, Christian Steel, secrétaire général du Conseil norvégien pour la biodiversité (Sabima), dénonce une «politique de courte vue» des autorités norvégiennes.

«Le pouvoir semble se cacher derrière ce genre d'initiative privée tout en conduisant parallèlement une politique favorisant l'agriculture intensive qui aboutira à la mort de nombreuses abeilles», regrette-t-il.

«L'agriculture est totalement tributaire des pollinisateurs pour maintenir la production alimentaire tout comme les insectes sont dépendants d'une agriculture variée pour survivre. C'est une dépendance mutuelle», ajoute-t-il.

 

 

Déjà, la disparition des insectes butineurs oblige des paysans à polliniser à la main dans la province chinoise du Sichuan ou à transporter des ruches en camion à travers les États-Unis pour polliniser les cultures.

Dans le jardin d'Abel, Agnes Lyche Melvaer dit croire en l'«effet papillon»: «Si on arrive à résoudre localement un problème global, il est permis de croire que cette solution locale marchera aussi ailleurs».

 

 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 15:09
Pétition : « OGM TRANSPARENCE »

 

 

Pour un étiquetage obligatoire des produits alimentaires

issus d'animaux nourris aux OGM
(viandes, charcuteries, oeufs, laits, beurres, fromages, ... et tous les produits cuisinés à base de ces produits présents partout, dans la grande distribution comme dans la restauration collective dont scolaire, de la maternelle à l'université !)
 
OBJET de la pétition :
 
« Les citoyens consommateurs, les organisations de la société civile et membres notoirement connus du comité de soutien, soussignés,
 
Compte tenu :
 

- de l'interdiction de cultiver des OGM en France

- des très nombreuses contestations, dans le monde entier, de l'innocuité des OGM et des pesticides

- de la déclaration du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer dépendant de l'OMS Organisation Mondiale de la Santé) classant le glyphosate (molécule active du Roundup le pesticide le plus présent dans les OGM) comme « cancérogène probable »

 

EXIGENT - en vertu du droit légitime à une information transparente du gouvernement français via ses ministres concernés :

- Stéphane Le Foll : Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt; porte-parole du Gouvernement

- Carole Delga : Secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire auprès du ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique

- Ségolène Royal : Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie

 

QUE soit rendu OBLIGATOIRE dans un délai de 6 MOIS l'ÉTIQUETAGE de tous les produits alimentaires issus d'animaux nourris aux OGM (plus des 3/4 du cheptel français)

 

Pour signer la pétition :

http://bioconsomacteursprovence.com/consommateurspascobayes/petition-n2-ogm-transparence.html#petition

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 06:29
C'est officiel : la Terre subit sa 6e extinction animale de masse

 

 

Jamais depuis la dernière extinction de masse il y a 66 millions d’années, la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné...

 

Les hommes sont les prochains sur la liste. Les espèces animales disparaissent environ 100 fois plus rapidement que par le passé. Les estimations les plus optimistes montrent que la faune de la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse, selon une étude publiée vendredi. Jamais depuis la dernière extinction de masse il y a 66 millions d’années -celle des dinosaures- la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné, ont rapporté des experts des universités américaines Stanford, Princeton et Berkeley, notamment.

 

Leur étude, publiée vendredi dans le journal Science Advances, « montre sans aucun doute notable que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse », a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford. Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, ont-ils prévenu.

 

La vie pourrait mettre plusieurs millions d’années à s’en remettre

 

« Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d’années à s’en remettre, et nos espèces elles-mêmes disparaîtraient probablement assez tôt », a précisé Gerardo Ceballos, de l’université autonome de Mexico. Cette analyse s’appuie sur les observations documentées d’extinctions de vertébrés -à savoir des animaux avec squelettes internes comme des grenouilles, des reptiles et des tigres- à partir de fossiles et d’autres bases de données.

 

Le rythme actuel de disparition des espèces a été comparé aux « rythmes naturels de disparition des espèces avant que l’activité humaine ne domine ». Ces derniers sont difficiles à estimer car les experts ne savent pas exactement ce qu’il s’est produit tout au long des 4,5 milliards d’années d’existence de la Terre.

Si le taux du passé fait ressortir une disparition de deux espèces de mammifères pour 10.000 espèces en 100 ans, alors « le taux moyen de perte d’espèces de vertébrés au siècle dernier est 114 fois supérieur à ce qu’il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d’extinction », selon l’étude.

 

« Nos calculs sous-estiment probablement la sévérité de cette crise »

 

« Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité », a-t-elle relevé.

 

Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 41 % des espèces d’amphibiens et 26 % des espèces de mammifères sont menacées d’extinction.

« Il y a des exemples d’espèces sur toute la planète qui sont littéralement des morts-vivants », a souligné Paul Ehrlich.

 

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