1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 06:42
L'obsolescence programmée est désormais punie par la loi

 

 

Ecourter délibérément la durée de vie d'un produit est désormais sanctionnée par la loi en France. Mais ce type de délit sera difficile à caractériser devant un juge.

 

L'obsolescence programmée ? Il s'agit de l'"ensemble des techniques" permettant à un "metteur sur le marché" d'écourter "délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement". Elle est désormais punie de deux ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende selon l'article 99 de la loi sur la transition énergétique votée le 22 juillet 2015. Cette disposition, présentée pendant le débat au Parlement comme une première en Europe, prévoit même que "le montant de l'amende peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du manquement, à 5% du chiffre d'affaires moyen annuel".

 

Une mise en garde aux industriels

 

Le but premier n'est pas de lancer de lourdes enquêtes de police, mais de faire mesurer les risques encourus aux protagonistes, explique le député (EELV) François-Michel Lambert. "Un peu comme pour l'abus de bien social en comptabilité", explique-t-il. "Désormais, le manager et l'ingénieur auxquels il est demandé une solution pour provoquer la panne savent qu'ils risquent gros". Initiative de parlementaires écologistes, ce dispositif, qui vise à la fois à protéger l'environnement et à défendre le pouvoir d'achat des ménages, sera inscrit au code de la consommation une fois la loi promulguée.

 

IMPACTS. L'obsolescence accélérée, notamment dans l'électroménager et la high tech, peut avoir différentes origines: fragilités, absence de pièces détachées, incompatibilité avec des équipements nouveaux, renouvellement des systèmes... Les organisations de défense de l'environnement pointent régulièrement du doigt l'impact massif sur les ressources et des déchets toujours plus envahissants. Parmi les exemples célèbres, les chargeurs de téléphone portable qui changent au gré des nouveaux modèles. Pour France Nature Environnement (FNE), la loi française est "un signal politique fort envoyé aux fabricants, aux distributeurs et aux citoyens""Les ONG et les associations de consommateurs pourront aussi s'en servir pour interpeller les acteurs économiques, pousser à plus d'éco-conception des produits", ajoute Agnès Banaszuk, chargée du dossier déchets chez FNE, qui y met cependant un bémol de taille: la difficulté à plaider la cause au tribunal.

 

Améliorer la durabilité des produits

 

Le plaignant devra à la fois montrer que la durée de vie est raccourcie (et donc, quelle aurait dû être la durée théorique), qu'il y a eu pour cela une "technique" mise en œuvre et surtout une intention délibérée, énumère l'avocat Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l'environnement. L'usage par le consommateur et la gamme de l'appareil entreront aussi en ligne de compte. "Apporter ces preuves ne va pas être évident", relève le juriste, tout en soulignant "la vocation pédagogique du texte, avant d'être judiciaire: c'est un signal envoyé au marché""La volonté du législateur est d'avancer pour une durabilité des produits, on ne peut que le saluer", souligne Cédric Musso, de l'UFC-Que Choisir. "Mais nous aurions souhaité que le caractère 'intentionnel' soit retiré de la définition. Car s'il n'est pas possible de le démontrer - en tout cas les ingénieurs de l'UFC n'y sont pas parvenus - cela réduit la portée du dispositif".

 

RÉPARABILITÉ. Plus que la sanction, l'association de consommateurs évoque d'autres leviers pour agir sur la disponibilité des pièces détachées, qui est "le vrai problème aujourd'hui, pour tous les appareils composites". Ainsi la "présomption de conformité", qui bénéficie, dans la garantie, au consommateur, va être étendue de 6 mois à deux ans, dès mars. "Ca c'est une vraie avancée pour progresser vers une réparabilité des appareils", estime M. Musso. "Il faudrait mieux informer les consommateurs, dès l'achat, sur la disponibilité des pièces détachées", ajoute-t-il. Un dispositif de la loi Hamon allant dans ce sens a vu sa portée amoindrie par un décret qui au final a laissé cette démarche au bon vouloir des fabricants.

 

source : Sciences&Avenir

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 06:39
Etats-Unis: 600 bébés tortues relâchés dans l'océan Atlantique

 

 

Un retour dans leur milieu naturel. Plus de 600 bébés tortues caouanne ont été, ce mardi, relâchés dans l’océan Atlantique, à Boca Raton dans l’Etat de Floride (États-Unis), rapporte Associated Press (AP). Un projet rendu possible grâce à une opération conjointe des gardes-côtes et du centre Gumbo-Limbo Nature, engagé dans la défense de l’environnement.

 

Des animaux désorientés par la lumière artificielle

 

Perdus, les bébés tortues n’étaient pas parvenu à regagner la mer après être sortis de leur œuf, comportement d’habitude instinctif. Coincés dans des morceaux de sacs en plastiques, les animaux avaient été repêchés par les gardes-côtes. D’après David Anderson, un spécialiste du centre, il arrive que les bébés tortues, lorsqu’ils sont désorientés par la lumière artificielle, nagent de manière « folle », ce qui les rend incapables de ramper hors du nid.

 

En joignant les efforts, les chances pour les tortues d’atteindre l’âge adulte sont multipliées, permettant aux animaux de vivre près de 25 ans, conclut Laurie Herrick, également chercheur du Gumbo-Limbo Nature.

 

 

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 19:20
Notre Terre fête ses 9 ans aujourd'hui!

 

 

Chers lectrices, chers lecteurs

 

Voilà 9 ans jour pour jour que Notre Terre vous informe. Il ne se passe pas un jour sans que l'environnement ne fasse pas l'objet de longs articles, de reportages, de débats... On découvre parfois des bonnes nouvelles, souvent des moins bonnes (d'où l'existence de ce site).

 

En 9 ans de consultations et de rédactions quasi quotidiennes d'articles de presse concernant l'écologie, je me suis aperçu d'une chose, la protection de la Terre devient peu à peu une cause  internationale. Dirigeants, associations, entreprises, familles... à tous les niveaux l'humanité agit. Tardivement mais elle agit. Maintenant on croise tous les doigts afin que nos actions ne soient pas irréverssibles.

 

Il y a cette espèce de syndrome d'autodestruction dont l'humain souffre qui consiste à scier la branche sur laquelle il est assis et en même temps ce côté paradoxal, où il fera le contraire en essayant de préserver la vie sur Terre.

 

Ces longues recherches dans ce domaine vaste qu'est l'écologie m'ont fait comprendre une bien belle lapalissade, l'être humain est capable du pire comme du meilleur et il le prouve tous les jours dans des actes nauséabonds et héroïques à la fois.

L'humain s'est coupé de la Nature car il estime qu'il n'en fait plus partie, c'est l'origine de tous nos maux. Le prochain grand défi sera à mon sens que l'homme la réintègre, la redécouvre, qu'il comprenne que les actes ne sont jamais sans conséquences, qu'il s'émerveille à nouveau et qu'il protège son lieu de vie.

Car "l'émerveillement est le premier pas vers le respect" pour reprendre une phrase connue de Nicolas Hulot.

 

Merci de votre soutien et de votre assiduité car grâce à vous on atteint presque le million de pages consultées, et à ceux qui viennent ici pour critiquer, se moquer, déverser leur venin, merci, vous prouvez par vos réactions que l'écologie vous touche aussi et qu'elle devient un sujet majeur.

 

A bientôt

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 12:43
Le gaz nigérien au secours de la déforestation et de la désertification?

 

 

Menacé par le désert qui a déjà envahi plus des deux tiers du territoire, le Niger, pays sahélien pauvre, fait la promotion de son gaz pour freiner la coupe sauvage du bois, principal combustible pour une écrasante majorité des habitants.

Panneaux géants aux carrefours de la capitale Niamey, publicités à la gloire du gaz chantées par des stars locales à la télévision et sur les ondes, opérations de porte-à-porte: les autorités ne lésinent pas pour atteindre leur objectif.

 

Il faut «accroître la consommation du gaz» pour «inverser la tendance à la déforestation», a récemment lancé Foumakoye Gado, le ministre de l'Energie.

La campagne de sensibilisation a démarré en 2012. Pour stimuler les consommateurs, les réchauds, via des subventions d'Etat, ont vu leur prix diminuer de 35% (passant de 23.000 à 15.000 francs CFA, soit de 35 à 23 euros) et les bonbonnes de 6 kilos de près de 50% (1.800 FCFA au lieu de 3.500, soit 2,74 euros au lieu de 5,34).

 

De nouvelles baisses devraient être annoncées prochainement.

 

Les entreprises du secteur ont également négocié avec les banques locales des «conditions souples» d'emprunt pour que les particuliers s'équipent en cuisinières à gaz, explique Mahamoud Ali, directeur de la société privée «Ganigaz».

Il est même possible de s'en offrir une en épargnant du crédit de son téléphone portable, convertible ensuite en monnaie sonnante et trébuchante, ajoute M. Ali.

Tous les moyens sont bons pour séduire les Nigériens, dont le pays produit annuellement depuis 2011 44.000 tonnes de gaz domestique. Mais la consommation reste marginale en raison du faible pouvoir d'achat des ménages.

 

Dépassant les préoccupations économiques, le principal enjeu est écologique. «Si les Nigériens arrivaient à consommer la totalité du gaz produit localement, cela compenserait largement les pertes environnementales engendrées par les coupes de bois», estime un expert onusien requérant l'anonymat.

Car «plus de 90%» des ménages n'utilisent que le charbon de bois - fabriqué à partir de bois, alors même que le sous-sol contient du charbon fossile - pour se chauffer durant le court hiver nigérien, s'éclairer et cuisiner à longueur d'année, selon les services nigériens de l'Environnement.

Quelque 200.000 tonnes de bois sont ainsi consommées tous les ans, soit «l'équivalent de 100.000 hectares de forêt détruits», s'alarme Ibro Adamou, un agent des Eaux et forêts.

 

- 1% de zones forestières -

 

L'impact est intenable pour l'aride Niger, dont le Nord est recouvert par le Sahara. «Nous sommes aux portes du désert et nous continuons à détruire le peu de bois qui nous reste», peste Moustapha Kadi, dirigeant de l'ONG CODDAE promouvant l'accès à l'énergie.

Depuis 1990, les zones forestières du Sud ont perdu «un tiers» de leur surface, pour ne plus représenter que «1% du pays», d'après le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

«Avant on coupait du bois à cinq kilomètres de Niamey. Aujourd'hui il faut aller à 200 kilomètres, à l'intérieur du Burkina Faso voisin», explique Hama Maïgari, un vendeur de bois.

 

Faute d'arbres, le désert s'étend inéluctablement et «engloutit doucement les terres fertiles», au moment où «la population de plus en plus nombreuse en a besoin pour l'agriculture», déplore l'expert onusien.

Etat le plus fécond au monde, avec 7,6 enfants par femme, le Niger devrait voir sa population tripler d'ici 2050, pour passer de 17 à 56 millions d'habitants.

Les surfaces arables sont en ce sens autant de trésors pour un pays abonné aux crises alimentaires, notamment dues à la sécheresse et aux changements climatiques, où 80% de la population vit d'une agriculture de subsistance.

Face «au rythme alarmant des pertes des terres productives, la lutte contre la désertification est une urgence», assène le ministre de l'Environnement, Adamou Cheffou.

 

Les efforts des autorités sont plutôt fructueux: la consommation de gaz a plus que quintuplé en trois ans, passant de 3.000 tonnes en 2012 à plus de 17.000 tonnes en 2015, selon les statistiques gouvernementales.

Ce «bond important» permet de «sauver» 40.000 hectares de bois par an, se réjouit le forestier Ibro Adamou.

Mais au-delà des efforts gouvernementaux, «une vraie reconversion des mentalités» est nécessaire, affirme Moustapha Kadi, qui se désole que «certains ministres cuisinent encore au bois».

 

 

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