24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 20:20
Nicolas Hulot s'attaque (enfin) à l'huile de palme

 

Depuis que Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique, a annoncé vouloir réduire l’importation d’huile de palme non durable, la Malaisie, l'un des principaux exportateurs, menace la France de mesures de rétorsion commerciale.

C’est l’un des axes majeurs du plan climat de Nicolas Hulot : « Mettre fin à l’importation en France de produits contribuant à la déforestation. » En tête de ces produits, on retrouve le bois, le soja, le coton, l’hévéa et le cacao, mais aussi bien sûr l’huile de palme.

 

En présentant son plan d’action le 6 juillet, le ministre de la Transition écologique a promis une « approche ambitieuse » pour la France, qui restreindrait notamment l’importation d’huile de palme produite en Indonésie et en Malaisie.

 

La Malaisie menace la France de représailles

 

La nouvelle ne ravit pas les exportateurs : à elles seules, les plantations indonésiennes et malaisiennes représentent 85% de la production mondiale et la demande croît de 8,7% par an en moyenne depuis 1995.

 
Le ministre malaisien de l'Industrie forestière et des Matières premières, Mah Siew Keong, a annoncé le 11 juillet dans un communiqué que la Malaisie envisageait de prendre des mesures de rétorsion commerciale contre la France : « La Malaisie n'a pas d'autre choix qu'examiner ses options qui englobent le commerce avec la France et la réduction d'achats de produits français. [...] Je pense que de telles attaques contre l'industrie de l'huile de palme doivent cesser pour que le commerce entre la Malaisie et la France demeure fort et continue de progresser. » Il a également appelé la France et les autres pays européens à « travailler avec [la Malaisie] pour répondre à leurs inquiétudes sur la durabilité ».

 

Un impact considérable sur la déforestation

 

A l’origine de ces inquiétudes, la déforestation, dont l’huile de palme est largement responsable dans les régions tropicales, et particulièrement en Asie du Sud-Est. D’après les données de La Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO), qui regroupe producteurs et ONG, 8,7 millions d’hectares de forêt ont été rasés entre 1990 et 2010 en Indonésie, en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au profit des cultures de palmiers à huile.

 

Et la déforestation s’accélère : de 2011 à 2013, quelque 6 millions d’hectares boisés seraient partis en fumée, l'équivalent de la surface de l’Irlande. A elle seule, la déforestation représente plus de 10% des émissions de gaz à effet de serre, rappelait Nicolas Hulot le 6 juillet.

 

Mais l’huile de palme est peu coûteuse à produire, avec un bien meilleur rendement que le soja, le tournesol ou le colza : les palmiers à huile produisent des fruits toute l’année, deux fois par mois. Ces derniers contiennent 50% d’huile, pour une productivité de 4 tonnes d’huile par hectare et par an. En Malaisie, l’huile de palme représente aujourd’hui 11% du PIB national.

 

La France, fer de lance en Europe

 

Pour l’instant, l’exportation d’huile de palme n’est pas endiguée par les pays occidentaux, mais le vent commence à tourner. En avril dernier, le Parlement européen a adopté une résolution demandant que seule l'huile de palme durable soit importée dans l'Union européenne à l’horizon 2020. Il s’agit d’une résolution non contraignante, mais la France pourrait faire figure d’exemple en Europe.

 

Une semaine après les déclarations du ministre français, le syndicat des producteurs indonésiens d'huile de palme (GAPKI) a exprimé ses craintes que le projet de Nicolas Hulot n'incite d'autres pays européens à faire de même, et provoque par là une baisse des exportations. Telle est bien l’intention du ministre de la Transition énergétique, qui rappelle dans son plan d’action que « la France assurera la présidence des Déclarations d’Amsterdam au premier semestre 2018 et jouera un rôle moteur pour promouvoir un tel engagement à l’échelle européenne ».

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 07:10
L’Inde plante 67 millions d’arbres en 12 heures. Un nouveau record de reforestation !

 

Le record a été enregistré au Guinness Book dans la catégorie “reforestation“. Pour cela, 1,5 millions de personnes se sont mobilisées en Inde dimanche dernier pour planter 66,75 millions d’arbres en douze heures. Une importante mobilisation citoyenne donc, avec la participation de personnes de tous horizons, mais aussi un symbole de l’implication de l’Inde dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Des millions d’arbres plantés en Inde pour le climat

Pour le gouverneur de l’État du Madhya Pradesh, “en participant à la plantation, les citoyens contribuent aux initiatives en faveur du changement climatique et à la préservation de l’environnement“.

 

Une autre “révolution verte” en Inde

 

La “révolution verte” des années 70 en Inde, c’était le déploiement d’une agriculture intensive et de l’usage massif de pesticides dans les campagnes indiennes. Une révolution qui a eu des conséquences dramatiques sur le plan environnemental et social, avec ces centaines de paysans indiens qui se suicident chaque année, trop endettés par les géants de l’agro-industrie.

 

Ici, c’est une autre révolution verte qui se trame : l’engagement du géant indien dans la lutte contre le réchauffement climatique. Lors de la COP21, l’Inde s’est engagée à planter 95 millions d’hectares de forêts d’ici 2030. Une promesse ambitieuse.

Pour y parvenir, les États indiens multiplient les initiatives citoyennes de plantations d’arbres. Le dernier record de reforestation est d’ailleurs tenu par l’Uttar Pradesh, qui a planté 50 millions d’arbres en 24 heures en juillet 2016. Le Kerala en a également planté 10 millions en 24 heures, en juin dernier.

Source : consoglobe.com

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 06:53
La pêche industrielle gaspille 10 millions de tonnes de poissons par an

 

10 millions de tonnes de poissons seraient rejetées à la mer chaque année, soit 10% des prises. Un chiffre effrayant, bien qu’en baisse depuis quelques années.

 

Les universités de Colombie-Britannique et Australie-occidentale ont publié un rapport dans lequel ils évaluent les chiffres du gaspillage lié à la pêche. C’est le rapport “Sea Around Us“, qui a publié ses conclusions hier : 10 %  de la pêche mondiale serait rejetée à la mer chaque année.

 

Les douloureuses conséquences de la pêche industrielle

 

Vous trouvez que c’est beaucoup ? Ce chiffre est pourtant en baisse constante depuis 30 ans. En 1989 par exemple, 19 millions de tonnes de poissons avaient été rejetées à la mer, soit 15 % de la pêche totale.

 

Peu de poissons survivent à un tel traitement

 

Ce sont les bateaux de la pêche industrielle qui rejette à l’eau les prises non souhaitées. Les poissons, trop petits, pas assez prisés, sont en général morts ou en passe de l’être.  Seules certaines espèces peuvent survivre à un tel traitement, comme les requins ou les raies. Ces filets sont toutefois mortifères pour ces espèces en danger et tuent par exemple en masse les tortues marines.

 

Des habitudes scandaleuses de la pêche industrielle mènent à ces pratiques : “les bateaux continuent à pêcher même s’ils ont atteint leurs quotas. S’ils attrapent des poissons plus grands, les autres sont rejetés à la mer“, indique Dirk Zeller, le responsable de l’étude.

Ainsi, à quoi est due la baisse des rejets de la pêche industrielle ? Elle s’explique en partie par des progrès technologiques et au niveau de la sélection des espèces. Mais pour Zeller, cela s’explique par le déclin des poissons : “les rejets diminuent parce qu’on a déjà tellement pêché ces espèces que les bateaux en attrapent de moins en moins chaque année, et il y en a donc moins à jeter“. Des pratiques préoccupantes pour l’avenir de la pêche et de la biodiversité marine.

 

Source : consoglobe.com

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 06:18
La Corée du Sud lance sa sortie du nucléaire

 

Et un nouveau pays qui s'éloigne du nucléaire civil. Après l'Autriche, l'Allemagne, la Suède, l'Italie, la Belgique, la Suisse et le Québec, la Corée du Sud fait acte de lucidité.

 

Le nouveau président Moon Jae-in enclenche une révolution énergétique. Il va fermer les centrales en fin de cycle et s’opposer à la construction de nouvelles tranches.

 

Comme il l'avait promis au fil de sa campagne électorale victorieuse, Moon Jae-in, le nouveau président sud-coréen , a enclenché ce lundi le processus de sortie de son pays du nucléaire, qui tire actuellement près de 30% de son électricité de 25 réacteurs en activité. "J'ai promis de construire une République de Corée sûre. Nous allons donc abolir notre politique énergétique centrée sur le nucléaire et progresser vers une ère sans nucléaire", a annoncé le chef de l'Etat, qui assistait à la cérémonie d'arrêt définitif du premier réacteur construit dans le pays en 1977.

 

La fin de l'exploitation de cette tranche Kori-1 de 580 MW, située près de Busan dans le sud de la péninsule, et son démantèlement avaient été décidés dès 2015 par l'ancien exécutif conservateur sud-coréen mais ont été approuvés par la nouvelle administration de centre-gauche. Moon Jae-in, qui voit dans cet arrêt "le début du voyage" vers une Corée sans énergie d'origine nucléaire, a indiqué que son gouvernement allait désormais refuser de prolonger l'exploitation de toutes les tranches au delà de leurs cycles normaux. "Nous allons fermer le réacteur de Wolsong 1 le plus tôt possible", a-t-il, encore, précisé ce lundi.

 

Selon les plans de la nouvelle majorité, le pays pourrait éteindre la totalité de ses centrales en exploitation sur un horizon d'une quarantaine d'années. Il refusera parallèlement la construction de nouveaux réacteurs et ordonnera même peut-être l'arrêt des chantiers de deux tranches actuellement en cours, au grand dam du géant du secteur Korea Hydro and Nuclear Power (KHNP). Le groupe affirme avoir déjà dépensé 1,3 milliard de dollars sur les chantiers des tranches 5 et 6 de sa centrale Shin Kori qui doivent, en théorie, être mises en ligne en 2022. Près de 28% des travaux auraient été achevés.


Priorité aux énergies renouvelables

 

Pour justifier cette révolution de la politique énergétique coréenne,le chef de l'Etat a longuement pointé, lundi, la potentielle dangerosité du nucléaire révélée par l'accident de Fukushima en mars 2011. Il a rappelé que les 170.000 personnes vivant dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale japonaise avaient dû être évacuées dans l'urgence après la catastrophe et, s'appuyant sur des chiffres inédits, il a assuré que 1.368 personnes étaient décédées des suites de cette crise dans les cinq années qui avait suivi. Selon lui, un accident de la centrale de Kori aurait des conséquences bien plus graves encore car 3,82 millions de personnes vivent aujourd'hui dans un rayon de 30 kilomètres autour du site.

 

Selon lui, cet accident et les progrès technologiques ont remis en cause la légitimité originelle du nucléaire. Cette énergie, explique le responsable, était justifiée dans la phase de développement initial de la Corée du Sud, qui ne pouvait s'appuyer, dans la seconde moitié du XXe siècle, sur une aucune ressource naturelle nationale pour alimenter ses centrales et devait massivement importer du charbon coûteux et polluant de l'étranger. Mais, détaille-t-il, le pays peut désormais s'appuyer les centrales au gaz et les énergies renouvelables pour constituer l'essentiel de sa sécurité énergétique tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre.

 

A l'horizon 2030, l'exécutif souhaiterait que 20% de l'électricité du pays provienne de sources renouvelables, contre 5% aujourd'hui. Le gaz devrait peser à hauteur de 27%, contre 18% aujourd'hui. Parallèlement, la part du charbon devrait plonger de 40% à 21,8% en 15 ans. Il y a quelques jours, Moon Jae-in avait ordonné la suspension de l'exploitation de huit centrales thermiques au charbon âgées de plus de 30 ans.

 

Source : les echos.fr

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