Le gouvernement fédéral a décidé de mettre aux enchères 905 000 hectares de l'océan Arctique canadien, la moitié de la superficie du lac Ontario, pour permettre l'exploration aux compagnies de l'industrie énergétique.
« Cette mise aux enchères signifie que nous croyons au potentiel d'exploitation des ressources naturelles du Nord, des ressources qui représentent une immense croissance économique et des possibilités d'emplois formidables pour les habitants du Nord et pour tous les Canadiens », commente Jason Macdonald, porte-parole de John Duncan, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.
L'exploration pétrolière au large des côtes arctiques demeure toutefois un pari risqué, même si la fonte des glaces attendues en raison du réchauffement climatique fait miroiter l'ouverture des routes maritimes boréales. Car même si jusqu'à maintenant 400 puits ont été forés dans le Nord canadien et que 65 gisements ont été trouvés, très peu de pétrole et de gaz se sont rendus sur les marchés. Les enchères proposées aujourd'hui pourraient donc ne mener à rien pour encore des dizaines d'années.
Tout de même, le fait qu'une si grande superficie soit mise aux enchères laisse croire que l'industrie se montre intéressée à amorcer des projets dans les territoires nordiques.
En effet, les compagnies qui soumettent une offre doivent s'engager à faire de l'exploration sur le territoire convoité. Elles doivent ainsi promettre de verser le quart de ce qu'elles ont payé si rien n'est entrepris.
Ce qui est certain, c'est que de très grosses sommes peuvent être en jeu quand les grandes compagnies se montrent intéressées. En 2007, Imperial Oil et ExxonMobil avaient fait une offre conjointe de 585 millions de dollars pour une large part de la mer de Beaufort, alors que BP a offert 1,2 milliard pour une autre partie de cette zone en 2008 et que Chevron a offert 103 millions en 2010.
Va peut-être falloir arrêter les conneries ?
Des documents secrets révèlent que le Pérou recherche activement de nouveaux gisements de gaz au cœur d’un territoire indigène protégé, en violation flagrante avec la législation en vigueur.
La réserve Nahua-Nanti, située au sud-est de l’Amazonie péruvienne, est non seulement connue pour être habitée par plusieurs groupes d’Indiens isolés, mais elle l’est également pour ses nombreux gisements de gaz exploités dans le cadre du projet Camisea.
Bien qu’une concession gazière couvre déjà presque 75% de la réserve, le ministère péruvien des Mines et de l’Energie a donné le mois dernier le feu vert au consortium Camisea pour rechercher de nouveaux gisements.
Le Pérou est allé bien plus loin en dévoilant son projet d’ouvrir la première concession pétrolière étatique du pays à l’intérieur de la zone légalement protégée.
Connue sous le nom de Fitzcarrald, cette nouvelle concession détenue par PetroPeru, devrait, selon nos sources, se situer à l’est du bloc 88 de Camisea.
Si cette information est confirmée, la concession partagera la réserve Nahua-Nanti en deux et mettra la vie des Indiens isolés en danger immédiat.
L’organisation indigène péruvienne FENAMAD a déclaré : ‘Il ne fait aucun doute que le gouvernement tente de morceler les territoires indigènes pour faire place à l’exploration gazière… qui conduira au génocide et à l’ethnocide des peuples indigènes’.
Ces nouveaux projets enfreignent le décret suprême de 2003 interdisant toute exploitation des ressources naturelles au sein de la réserve Nahua-Nanti.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Non seulement ces projets menacent l’avenir des Indiens de la réserve – y compris des groupes isolés –, mais ils constituent une violation flagrante de la législation en vigueur. Le gouvernement sait que les précédentes explorations gazières ont déjà décimé des groupes indiens. Il est étonnant qu’il puisse permettre que l’histoire se répète sans paraître concerné par les conséquences désastreuses de tels projets sur les populations les plus vulnérables’.
Trop de consommation, des ressources naturelles surexploitées et une population de plus en plus nombreuse mettent la planète Terre en danger, selon le rapport 2012 Planète Vivante publié mardi par le WWF, quelques semaines avant le sommet de Rio.
Selon Jim Leape, directeur général de WWF International, le monde "vit comme si nous
avions une planète supplémentaire à disposition. Nous utilisons 50% de plus de ressources que la terre ne peut en produire de manière durable, et si rien ne change, d'ici l'an 2030, même deux
planètes supplémentaires n'y suffiront pas".
"Ce rapport est comme un check-up de la planète, et les résultats montrent que notre
planète est très malade", a indiqué pour sa part Jonathan Baillie, de la Société Zoologique de Londres, co-auteur du rapport.
Le rapport 2012 Planète Vivante utilise un indice pour mesurer les changements dans
la santé des écosystèmes de la planète. Cet indice suit plus de 9.000 populations de plus de 2.600 espèces, et montre un déclin global de toutes les populations depuis 1970.
Le rapport souligne aussi l'impact de l'urbanisation. En 2050, deux personnes sur
trois vivront dans des villes. La population dans les pays pauvres a été multipliée par 4,3 depuis 1961, et leur empreinte écologique a augmenté de 323% durant la période, dénonce encore le
rapport.
Par ailleurs, 13 millions d'hectares de forêts ont disparu chaque année de la planète
entre 2000 et 2010. Les pays des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie et Chine) et les pays à revenu moyen ont augmenté leur empreinte écologique par habitant de 65% depuis 1961. Cependant, la
différence entre empreinte écologique des pays riches et pays pauvres reste énorme. Le rapport montre que l'empreinte écologique des pays riches est 5 fois supérieure à celle des pays
pauvres.
Les 10 pays à la plus forte empreinte écologique par individu sont le Qatar, le
Koweit, les Emirats arabes unis, le Danemark, les Etats-Unis, la Belgique, l'Australie, le Canada, les Pays-Bas et l'Irlande. La population mondiale a plus que doublé depuis 1950. De 7 milliards
en 2011, elle devrait atteindre plus de 9,3 milliards d'ici 2050.
Le rapport propose des solutions pour "créer un avenir prospère" pour "9 voire 10
milliards" de personnes d'ici 2050. Parmi ces solutions figurent une production utilisant moins d'énergie, et une réduction de la consommation. Ce rapport est publié 5 semaines avant la
conférence sur le développement durable des Nations Unies qui se tiendra à Rio en juin prochain, et appelée Rio+20.