La Corée du Sud lance sa sortie du nucléaire

Publié le par Notre Terre

La Corée du Sud lance sa sortie du nucléaire

 

Et un nouveau pays qui s'éloigne du nucléaire civil. Après l'Autriche, l'Allemagne, la Suède, l'Italie, la Belgique, la Suisse et le Québec, la Corée du Sud fait acte de lucidité.

 

Le nouveau président Moon Jae-in enclenche une révolution énergétique. Il va fermer les centrales en fin de cycle et s’opposer à la construction de nouvelles tranches.

 

Comme il l'avait promis au fil de sa campagne électorale victorieuse, Moon Jae-in, le nouveau président sud-coréen , a enclenché ce lundi le processus de sortie de son pays du nucléaire, qui tire actuellement près de 30% de son électricité de 25 réacteurs en activité. "J'ai promis de construire une République de Corée sûre. Nous allons donc abolir notre politique énergétique centrée sur le nucléaire et progresser vers une ère sans nucléaire", a annoncé le chef de l'Etat, qui assistait à la cérémonie d'arrêt définitif du premier réacteur construit dans le pays en 1977.

 

La fin de l'exploitation de cette tranche Kori-1 de 580 MW, située près de Busan dans le sud de la péninsule, et son démantèlement avaient été décidés dès 2015 par l'ancien exécutif conservateur sud-coréen mais ont été approuvés par la nouvelle administration de centre-gauche. Moon Jae-in, qui voit dans cet arrêt "le début du voyage" vers une Corée sans énergie d'origine nucléaire, a indiqué que son gouvernement allait désormais refuser de prolonger l'exploitation de toutes les tranches au delà de leurs cycles normaux. "Nous allons fermer le réacteur de Wolsong 1 le plus tôt possible", a-t-il, encore, précisé ce lundi.

 

Selon les plans de la nouvelle majorité, le pays pourrait éteindre la totalité de ses centrales en exploitation sur un horizon d'une quarantaine d'années. Il refusera parallèlement la construction de nouveaux réacteurs et ordonnera même peut-être l'arrêt des chantiers de deux tranches actuellement en cours, au grand dam du géant du secteur Korea Hydro and Nuclear Power (KHNP). Le groupe affirme avoir déjà dépensé 1,3 milliard de dollars sur les chantiers des tranches 5 et 6 de sa centrale Shin Kori qui doivent, en théorie, être mises en ligne en 2022. Près de 28% des travaux auraient été achevés.


Priorité aux énergies renouvelables

 

Pour justifier cette révolution de la politique énergétique coréenne,le chef de l'Etat a longuement pointé, lundi, la potentielle dangerosité du nucléaire révélée par l'accident de Fukushima en mars 2011. Il a rappelé que les 170.000 personnes vivant dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale japonaise avaient dû être évacuées dans l'urgence après la catastrophe et, s'appuyant sur des chiffres inédits, il a assuré que 1.368 personnes étaient décédées des suites de cette crise dans les cinq années qui avait suivi. Selon lui, un accident de la centrale de Kori aurait des conséquences bien plus graves encore car 3,82 millions de personnes vivent aujourd'hui dans un rayon de 30 kilomètres autour du site.

 

Selon lui, cet accident et les progrès technologiques ont remis en cause la légitimité originelle du nucléaire. Cette énergie, explique le responsable, était justifiée dans la phase de développement initial de la Corée du Sud, qui ne pouvait s'appuyer, dans la seconde moitié du XXe siècle, sur une aucune ressource naturelle nationale pour alimenter ses centrales et devait massivement importer du charbon coûteux et polluant de l'étranger. Mais, détaille-t-il, le pays peut désormais s'appuyer les centrales au gaz et les énergies renouvelables pour constituer l'essentiel de sa sécurité énergétique tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre.

 

A l'horizon 2030, l'exécutif souhaiterait que 20% de l'électricité du pays provienne de sources renouvelables, contre 5% aujourd'hui. Le gaz devrait peser à hauteur de 27%, contre 18% aujourd'hui. Parallèlement, la part du charbon devrait plonger de 40% à 21,8% en 15 ans. Il y a quelques jours, Moon Jae-in avait ordonné la suspension de l'exploitation de huit centrales thermiques au charbon âgées de plus de 30 ans.

 

Source : les echos.fr

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Angelilie 21/06/2017 16:03

toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir. N"hésitez pas à visiter mon blog. lien sur mon pseudo. à bientôt.