Amazonie : et maintenant on fait quoi?

Publié le par Notre Terre

LULA, LE PRIX DU DANGER

Son sort se joue aujourd'hui ? Celui de la forêt amazonienne et de ses protecteurs s'est joué pendant ses deux mandatures.

Aux yeux du monde entier, Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil de 2003 à 2011, fut connu comme le héros qui était parvenu à redresser le Brésil. Puis, on découvrit la face sombre de Lula et le prix de ce "miracle" brésilien, car tout à un prix, n'est-ce pas ? Son règne fut celui d'une destruction massive de la forêt amazonienne et d'une diminution drastique des démarcations des terres indigènes. Il s'était pourtant posé comme le protecteur des peuples indigènes et de l'Amazonie, lui qui avait prononcé un discours vibrant au dessus du cercueil encore ouvert de Chico Mendes, le seringueiros syndicaliste assassiné en 1988.

Il laissa se développer les biocarburants aux détriment des peuples traditionnels et autorisa la relance du projet de barrage de Belo Monte, ayant pourtant garanti aux leaders indigènes qui l'interpellaient souvent à ce sujet qu'il ne se ferait jamais tant qu'il vivrait ! Il devait balayer la corruption, il l'amplifia. Et c'est, par capilarité, le Lava Jato, opération anti-corruption d'une ampleur jamais égalée, qui menace de l'emporter aujourd'hui. Ce ne sont que quelques exemples des renoncements et mensonges d'un maestro populiste.

Bien sûr, une partie du bilan est positif, comme l'émergence d'une nouvelle classe au Brésil, qui put enfin s'acheter frigo et téléviseur. Mais à quel prix ? Le prix du danger. Car la destruction de l'Amazonie est désormais incontrôlable. Cette Amazonie livrée aux prédateurs, cette Amazonie dont le seuil d'auto-régénérescence est allègrement dépassé et que l'on continue pourtant à ravager, est précieuse pour le monde entier. Il avait tout loisir de la protéger pendant ses deux mandats. Il ne l'a pas fait. Qu'attendre donc de lui, maintenant qu'il se positionne de nouveau comme "l'ami absolu des indigènes" ?

Bien sûr, il a été remplacé par bien pire. D'abord Dilma Rousseff, son égérie, qui a poursuivi avec acharnement la construction du barrage illégal de Belo Monte et refusé encore davantage de protéger les terres indigènes d'Amazonie. Et puis, l'épouvantable Michel Temer, qui ne rêve que de démanteler les zones protégées pour les livrer à l'industrie minière. Qui s'est évertué à fragiliser, pour les détruire, les institutions qui veillent sur les droits des peuples indigènes et l'environnement. Le parti de Michel Temer a bien d'autres affreux jojos en réserve et donc son renoncement à se présenter à la prochaine présidentielle n'a rien de rassurant.

On dit qu'une candidature Lula protégerait le pays d'un retour à la dictature militaire, cette possibilité n'étant malheureusement pas de la science-fiction. Peut-être et c'est un argument qu'il ne faut pas rejeter. La preuve, Jair Bolsonaro,le député ultranationaliste de l’État de Rio, ouvertement nostalgique de la dictature et surnommé le "Donald Trump brésilien", occupe toujours la deuxième place dans les sondages... derrière Lula. Son rêve ? Disloquer le plus rapidement possible les territoires protégés d'Amazonie et régler le "problème indigène" une bonne fois pour toutes.

Le choix des brésiliens n'est pas simple et l'avenir de la forêt et de ses gardiens, les peuples indigènes, plus menacé que jamais. Si la condamnation de Lula n'est pas confirmée ce 24 janvier, il pourra se présenter et poursuivre sa remontée vers le pouvoir. Dans le cas contraire, les ennemis des indigènes auront un boulevard devant eux. Soyons solidaires du peuple brésilien et restons vigilants. Nous savons d'avance le prix à payer si nous ignorons le danger que cette situation crée. C'est notre sort sort à tous qui se joue sans en avoir l'air.

Source : planète Amazone

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