Pesticides : la guerre dans les campagnes

Publié le par Notre Terre

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Dans le sillage du maire de Langouët, des dizaines de maires ont pris depuis plusieurs mois des arrêtés anti-pesticides. C’est le cas à Ingré dans le Loiret où l’arrêté du maire n’a pas amélioré les relations entre les agriculteurs et les riverains.
C'est l'une des nouvelles mesures de l'année 2020. Depuis le premier janvier, les agriculteurs ne peuvent plus utiliser de pesticides à moins de trois, cinq, dix ou vingt mètres des habitations. La distance dépendant de la dangerosité des produits.

Christian Dumas, maire de la commune d'Ingré dans le Loiret, a pris en octobre un arrêté pour étendre cette distance à cent mètres. Une décision suspendue par un tribunal administratif.

    "J’ai des gens qui me disent : 'les gens qui viennent habiter à Ingré, il faut qu’ils prennent le bon et le moins bon et dans le moins bon, il y a les cloches de l’Église qui sonnent, il y a le coq qui chante et il y a les produits phytosanitaires. Je vous le dis : les cloches et le coq ont peu de morts sur la conscience !"

    "Moi je ne veux pas que dans vingt ans on vienne me voir en me disant Monsieur le maire vous avez été lâche, vous n’avez rien fait. Vous saviez et vous n’avez rien fait. Je ne veux pas qu’on me dise cela, c'est tout"

" Tous les ans au printemps, ma pelouse jaunit. Au printemps, mes framboisiers ont crevé"

Alain, un riverain, raconte :

    "On n'est informé de rien, on part la fleur au fusil, on va faire un tour et on s’avale des cochonneries. Il y a la question de l’usage des terres, de l’utilisation de l’air capturé par quelques personnes que sont les agriculteurs qui ne se posent pas trop de questions et qui fuient même un peu la discussion autour de ça"

Jacky, agriculteur :

    "L’arrêté, ça ne va pas améliorer les relations entre les riverains et nous. Il y a des gens qui râlent, des gens qui se pincent le nez, des gens qui nous font des bras d’honneur ; des menaces on en a. Dès qu’on sort le pulvérisateur, de toute façon, on est des pollueurs"

Antoine, agriculteur également, raconte quant à lui sa conversion au bio :

    "J’étais toujours tellement gêné quand je voyais les passants arriver et que j’étais en train de traiter, je leur disais toujours ‘ne passez pas’. Savoir que peut-être ma pratique pouvait rendre les gens malades, ça m’empêchait vraiment de dormir. En bio aujourd’hui, je peux toucher mes semences, je peux toucher mes engrais, sans me dire que je suis en train de me polluer et j’ai vraiment un rapport à mon travail qui a changé"

Merci à Christian Dumas, Jacky Fouché, Dominique Letrône, Alexandre Nioche, Alain, Jean-Marc, l’association Ingré-Ormes 2030 et l’association « Nous voulons des Coquelicots ».

Source : franceculture.fr

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