Des tonnes et des tonnes de poissons ont été retrouvés morts flottant à la surface d'un lac
dans l'est de la Suède venedrdei derinier, les conditions hivernales extrêmes de cette année et la glace qui s'y est accumulée sont les principales raisons invoquées pour expliquer cette nouvelle
hécatombe. L'épaisseur de la glace à la surface du lac à probablement empêcher l'oxygène d'y pénétrer en profondeur.
Le lac Dannemore, près Östhammar, dans l'est de la Suède, a été recouvert de poissons depuis ce week-end, alors que la glace commencait à fondre. Parmi les poissons morts on retrouve des
brochets, des perches, des gardons et des brèmes.
«Ce n'était pas un spectacle agréable, il y avait des tonnes et des tonnes de poissons morts sur le lac," rapporte Timo Hakulinen, qui en a fait la découverte et en a fait témoignéage au journal
suédois Aftonbladet.
Les experts conviennent que la longueur dans le temps des températures inférieures à zéro sont probablement à l'origine du malheur.
"On ne peut pas exclure d'autres raisons." affirme pour sa part Lennart Nordvarg, responsable de l'environnement du comté d'Uppsala.
Il n'y a donc aucune cause officielle.
Selon le baromètre 2012 de la consommation responsable, l'environnement passe après les économies...
La crise va-t-elle tuer l’écologie ou lui donner un autre sens? Selon l’enquête annuelle sur la consommation
responsable publiée ce mardi par le cabinet Ethicity, les Français se préoccupent de moins en moins de l’environnement mais sont de plus en plus sensibles à la production locale et à la chasse au
gaspillage. Ainsi, si seulement 43% des personnes interrogées se déclarent concernées par l’avenir de la planète, soit 5,5 points de moins qu’en 2012, elles sont 88% à privilégier les
entreprises ayant une implantation locale.
La plus grosse progression par rapport à l’année précédente concerne le gaspillage: 31% des sondés disent ne
jamais jeter les fruits et légumes qui n’ont plus l’air frais, alors qu’ils n’étaient que 19% en 2012. Un geste écolo plutôt motivé par les cordons de la bourse qui se resserrent: la principale
préoccupation des Français est désormais le coût de la vie (pour 26% des personnes interrogées), suivi par le chômage et la précarité pour 22% des sondés, soit 17 points de plus qu’en
2012.
Les petites entreprises privilégiées
Logiquement, les Français à qui l’on parle de consommer «responsable» pensent maintenant à soutenir l’économie
locale plutôt qu’à prendre soin de l’environnement. Ainsi, 56% des personnes interrogées déclarent qu’un produit permettant de consommer responsable doit être fabriqué localement et pour 31%
d’entre eux, consommer «malin» c’est éviter les intermédiaires. Echaudés par les scandales alimentaires et les licenciements dans les grandes entreprises, 77% des Français interrogés
déclarent faire plus confiance aux petites entreprises qu’aux grandes.
«Les consommateurs ont d’abord besoin d’être rassurés sur les fondamentaux des produits: sécurité, traçabilité,
qualité», commente le cabinet Ethicity. Mais ces souhaits sont liés à des préoccupations individuelles, comme la santé, la sécurité et le pouvoir d’achat, plutôt qu’à la volonté de préserver la
planète. Le changement climatique est ainsi cité comme principale préoccupation environnementale par seulement 27% des sondés, alors que la pollution, qui les touche plus directement, caracole en
tête des sujets d’inquiétude avec 47% de Français qui la citent en premier lieu. Les Français plus concernés par leur santé et leur porte-monnaie que par l’état de la planète: la crise pourrait
changer l’écologie en «égologie», conclut le cabinet.
En France, le développement des alternatives naturelles aux pesticides reste un parcours du combattant. La faute aux règlements européens, affirme le ministère de l’Agriculture. Les préparations à base de composants naturels s’échangent pourtant sans problème dans plusieurs pays européens. Enquête sur ces alternatives aux pesticides.
« Vous voyez cette préparation ? Elle est à base d’ortie et de luzerne et vise notamment à stimuler la
croissance des végétaux, à renforcer les défenses et à repousser les pucerons. » Nous sommes près d’Estella en Navarre (Espagne), dans la ferme de Cruz García et de son fils Rubén. Ils ont créé
une entreprise familiale qui élabore et vend des extraits de plantes, sans aucun type de conservateur ou d’additif. Ils combinent leurs préparations avec de la valériane, de la sauge, de la
lavande, de la camomille, du mille-feuille ou de la consoude. Et n’hésitent pas à les goûter. « Il faut se rappeler que nous sommes faits d’eau et de plantes que nous mangeons », lance Cruz, un
brin provocateur. Vous l’aurez compris : ici, point d’engrais chimiques et de cocktails de molécules toxiques allègrement produits par Monsanto, BASF, Bayer ou Syngenta.
La grande fierté de l’entreprise familiale est d’être parvenue à soigner par les plantes des vignes abîmées par
la grêle, ou à épaissir et rendre plus vigoureux les sarments. Ce jour-là, ils s’apprêtent à expédier plusieurs dizaines de bidons à un grand viticulteur. « 90 % des produits que nous vendons
sont à destination d’agriculteurs conventionnels, précise Rubén. Deux de leurs produits sont actuellement commercialisés en Espagne. Ils n’ont rencontré aucune difficulté avec l’administration
pour mettre leurs produits sur le marché, assure Ruben. Ils ont simplement rempli un formulaire de demande, et fourni une étude sur l’efficacité de leurs préparations.
Espagne-France : 1-0
En France, la réglementation est beaucoup plus complexe et coûteuse : la commercialisation de ces préparations
requiert l’inscription de leurs substances actives sur une liste communautaire, au même titre que les produits chimiques. 40 000 euros, c’est le coût moyen pour le dépôt d’un dossier. Résultat :
aucune « préparation naturelle peu préoccupante », c’est-à-dire à base de composant naturel n’est aujourd’hui reconnue et acceptée officiellement à la vente. « Hormis une recette officielle de
purin d’ortie que nous qualifions, nous, de « piquette d’ortie » », souligneJean-François Lyphout, « ortieculteur » et membre d’Aspro-PNPP, une association qui promeut ces préparations. « Au lieu
de faciliter les procédures, les textes réglementaires français créent un blocage évident, qui va à l’encontre de la demande des français de réduire au plus vite l’usage des pesticides »,
explique-t-il.
Qu’en disent les autorités gouvernementales espagnoles ? « Il y avait un vide juridique pour les fortifiants de
plantes. Nous avons donc pris les dispositions nécessaires en créant un arrêté ministériel en 2007 prévoyant un régime simplifié de commercialisation », relate un fonctionnaire du ministère de
l’Environnement. Le fort développement de l’agriculture biologique en Espagne a joué un rôle dans la mise en œuvre d’un cadre juridique spécifique. Mais, six ans après sa création, le registre
espagnol compte seulement 19 fortifiants. Car l’administration a des difficultés à traiter l’avalanche de demandes. Rubén et Cruz n’ont toujours pas reçu de numéro de registre pour leurs
produits, malgré des demandes remontant à 2007…
Le modèle allemand
Un retard très critiqué par l’AEFA, une association de producteurs industriels de fortifiants. Elle milite pour
que l’arrêté ministériel évolue afin d’éviter de se retrouver « avec des produits qui ne sont pas des fortifiants, commercialisés en totale liberté et sans le moindre contrôle », explique José
Ignacio Castillo. « Nous avons découvert la loi de protection des végétaux en Allemagne qui distinguait les fortifiants, et avons décidé de la traduire en espagnol. Puis nous nous sommes rendus
au ministère en disant que nous avions besoin d’un registre similaire à celui de l’Allemagne. »
Car à Berlin, les choses bougent. Pour se mettre en conformité avec un règlement européen de 2009, l’Allemagne
vient de réviser sa réglementation. « Nous sommes très heureux d’avoir pu conserver la catégorie des fortifiants, que nous pouvons utiliser en agriculture pour protéger les plantes », témoigne
Stefan Kühne du JKI, un institut en charge de l’évaluation des fortifiants de plantes. La procédure d’inscription reste simple : un formulaire de notification à remettre à l’Office fédéral de la
protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire, avant la mise sur le marché. « Quant à la procédure d’enregistrement, elle demeurera accessible au plus nombre », assure Stefan. Le
coût de l’examen général de la demande devrait avoisiner les 290 euros en Allemagne… contre 40 000 euros en France !
Lobby de l’industrie chimique
Près de 500 produits étaient inscrits dans la catégorie des fortifiants en Allemagne. Avec la nouvelle loi, tous
ces produits doivent être réévalués avant d’envisager une réinscription. Mais Stefan reste confiant. « Les préparations de plantes, qui représentaient 46 % des produits inscrits, devraient
retrouver leur place ». En revanche, des produits comme la poudre de lait ou le vinaigre blanc pourraient être considérés comme des « phyopharmaceutiques », un qualificatif appliqué aux
pesticides chimiques. Leur commercialisation s’avérera donc beaucoup plus coûteuse. Les autorités publiques allemandes pourraient être aussi beaucoup plus strictes avec les produits à base de
micro-organismes, auparavant autorisés.
« Prenons l’exemple du compost du jardin qui recèle une grande diversité de micro-organismes. Beaucoup d’entre
eux sont bénéfiques aux plantes, d’autres sont des pathogènes, et les autorités vont maintenant nous demander des millions d’euros pour les enregistrer », s’emporte Helmut Junge, responsable
d’une petite entreprise allemande de biotechnologie. Depuis quelques années, il commercialise un produit à base de bactéries, qui colonisent les racines des plantes de façon à ce que les
pathogènes ne puissent pas se développer. Avec la nouvelle réglementation, ce produit pourrait être exclu de la catégorie des fortifiants. « Cette situation est le résultat du lobby des grosses
compagnies pour faire cesser l’activité des plus petites », confie-t-il. Pour le moment, la nouvelle liste allemande de fortifiants ne comprend que 46 produits, contre 500 auparavant.
« Produits naturels alternatifs »
A Oberndorf, une petite ville autrichienne située dans la région de Salzburg, Helmut Rampler développe depuis 25
ans des « produits naturels alternatifs » pour la protection des plantes. Lui-aussi regarde avec attention la situation en Allemagne. Car les autorités autrichiennes suivront sans doute le cadre
juridique allemand. L’un de ses produits, qui vise à régénérer les micro-organismes du sol pour revigorer les plantes, et ainsi réduire la consommation d’engrais artificiels et de produits
phytosanitaires, est directement concerné. « Pour le moment, c’est surtout en France que les entreprises rencontrent des difficultés pour distribuer nos produits car il n’existe pas de catégorie
pour les fortifiants. On doit choisir entre les pesticides et les fertilisants, et entre les deux il n’y a rien. »
Illustration de ces blocages : l’Institut technique de l’agriculture biologique travaille depuis 2008 sur des
demandes d’homologation. En janvier 2013, aucun d’entre eux n’avait encore abouti. « Même des produits aussi anodins que le sucre, l’huile de colza ou le vinaigre restent en France bloqués sur
une liste d’attente, témoigne Jean-François Lyphout de l’Aspro-PNPP. Les préparations naturelles peu préoccupantes répondent à la demande des agriculteurs, des jardiniers, des collectivités
locales et d’un nombre croissant de consommateurs. Leur avenir dépend de la volontépolitique de faire aboutir ce dossier ». Face à ce blocage, le commerce des pesticides illégaux s’envole. Au
détriment de la santé publique.
Le pillage des mers par les bateaux de pêche chinois a pris des proportions gigantesques, selon une étude internationale coordonnée par le célèbre biologiste Daniel Pauly, de l’Université de Colombie-Britannique, qui chiffre pour la première fois la mainmise chinoise sur une ressource halieutique en rapide déclin.
Cette recherche, publiée d’abord dans la revue spécialisée Fish and Fisheries puis reprise dans la revue
scientifiqueNature le 4 avril, conclut que les navires de pêche chinois ont siphonné, loin de leurs côtes, entre 3,4 millions et 6,1 millions de tonnes de poissons par an entre 2000 et 2011. Dans
le même temps, Pékin ne déclarait que 368 000 tonnes de poisson en moyenne auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Douze fois moins que la réalité
estimée par les spécialistes des ressources halieutiques ! La valeur du poisson débarqué de l’étranger par la Chine s’élèverait à 8,9 milliards d’euros chaque année.
Non seulement la Chine sous-estime considérablement le produit de sa pêche à l’extérieur, mais elle surestime à
l’inverse ce secteur dans ses eaux territoriales. Faute de statistiques réalistes accessibles au public, l’équipe de Daniel Pauly a dû réaliser des estimations à partir du nombre de bateaux –
surtout des grands chalutiers, mais aussi des senneurs, entre autres – présents dans différentes zones économiques exclusives autour du monde, en corrélant ces données à leurs prises annuelles
attendues.
LES CÔTES AFRICAINES, LES PLUS PILLÉES AU MONDE
Plutôt que de s’en tenir à la nature des pavillons – trop souvent de complaisance –, elle s’est appuyée sur la
nationalité des marins et de leurs officiers, car il est rare qu’un équipage de la République populaire de Chine travaille pour un armateur d’un autre pays. Au large de l’Afrique, il est courant
que des navires armés par des propriétaires chinois fassent travailler des pêcheurs locaux, mais ces derniers sont alors souvent rémunérés avec quelques caisses de poissons qui seront revendues
près des côtes africaines, mais pas en Asie.
Car ce que dénoncent les gouvernements africains et ce qu’observent les ONG sur le terrain se confirme et se
précise avec ce recensement. Tous dénoncent les chalutiers géants qui campent dans les eaux poissonneuses du continent noir, en approvisionnant souvent directement des bateaux usines-frigo en
mer. L’Afrique constitue effectivement la première cible de la flotte chinoise : cette dernière y prélève 3,1 millions de tonnes de poissons par an en moyenne selon les chercheurs, soit 64% de
ses prises à l’étranger. Les côtes de l’ouest du continent – sans doute les plus pillées du monde, pas seulement par des bateaux asiatiques –, sont leur cible principale.
L’Asie, suivie de loin par l’Océanie, l’Amérique du Sud et centrale, ainsi que l’Antarctique constituent les
autres terrains de chasse de la flotte de pêche chinoise.
Les données publiées par les chercheurs correspondent à de la pêche non répertoriée, ce qui ne signifie pas
qu’elle soit entièrement illégale. Une partie peut être réalisée avec l’accord des autorités du pays concerné, mais il n’est pas possible de distinguer les deux types de pratiques.
UN TONNAGE GLOBAL DE PÊCHE EN STAGNATION
Dans leur publication, les experts d’instituts de recherche canadiens, espagnols, français et australiens
mettent en rapport le déclin de la ressource halieutique dans les océans, dont témoigne la stagnation du tonnage global de la pêche mondiale, et la pratique qui consiste à envoyer les bateaux
pêcher très loin de leurs ports d’attache, dans des zones jusqu’il y a peu épargnées par la surpêche.
Européens et Américains ont été les premiers à y avoir recours dans les années 1980, suivis par les Russes, le
Japon et la Corée du Sud une décennie plus tard. Tous s’assuraient un accès aux eaux étrangères moyennant l’achat de licences de pêche auprès des gouvernements locaux – plus ou moins légalement
il est vrai. Les Chinois, qui se lancent à leur tour à l’autre bout des mers pour répondre à la demande de leur marché intérieur, ne semblent pas toujours s’embarrasser de tels préalables.
Car ce que dénoncent les gouvernements africains et ce qu’observent les ONG sur le terrain se confirme et se
précise avec ce recensement. Tous dénoncent les chalutiers géants qui campent dans les eaux poissonneuses du continent noir, en approvisionnant souvent directement des bateaux usines-frigo en
mer. L’Afrique constitue effectivement la première cible de la flotte chinoise : cette dernière y prélève 3,1 millions de tonnes de poissons par an en moyenne selon les chercheurs, soit 64% de
ses prises à l’étranger. Les côtes de l’ouest du continent – sans doute les plus pillées du monde, pas seulement par des bateaux asiatiques –, sont leur cible principale.
L’Asie, suivie de loin par l’Océanie, l’Amérique du Sud et centrale, ainsi que l’Antarctique constituent les
autres terrains de chasse de la flotte de pêche chinoise.
Les données publiées par les chercheurs correspondent à de la pêche non répertoriée, ce qui ne signifie pas
qu’elle soit entièrement illégale. Une partie peut être réalisée avec l’accord des autorités du pays concerné, mais il n’est pas possible de distinguer les deux types de pratiques.
UN TONNAGE GLOBAL DE PÊCHE EN STAGNATION
Dans leur publication, les experts d’instituts de recherche canadiens, espagnols, français et australiens
mettent en rapport le déclin de la ressource halieutique dans les océans, dont témoigne la stagnation du tonnage global de la pêche mondiale, et la pratique qui consiste à envoyer les bateaux
pêcher très loin de leurs ports d’attache, dans des zones jusqu’il y a peu épargnées par la surpêche.
Européens et Américains ont été les premiers à y avoir recours dans les années 1980, suivis par les Russes, le
Japon et la Corée du Sud une décennie plus tard. Tous s’assuraient un accès aux eaux étrangères moyennant l’achat de licences de pêche auprès des gouvernements locaux – plus ou moins légalement
il est vrai. Les Chinois, qui se lancent à leur tour à l’autre bout des mers pour répondre à la demande de leur marché intérieur, ne semblent pas toujours s’embarrasser de tels préalables.