La pollution de l'air par les particules fines aurait eu pour effet de ralentir le réchauffement des températures dans l'Est des Etats-Unis. C'est ce qu'affirment des climatologues de Harvard School of Engineering and Applied Sciences (SEAS) dans une récente étude.
Si les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane contribuent au réchauffement de la planète, les particules fines rejetées dans l'air peuvent avoir un effet inverse, à une échelle régionale du moins. Cette découverte a été réalisée par des chercheurs de la Harvard School of Engineering and Applied Sciences (SEAS) et rapportée par le site Science Daily.
Les climatologues ont en effet constaté que la pollution particulaire avait permis de ralentir le réchauffement
sur l'Est des États-Unis à la fin du XXe siècle. Dans cette région, la température moyenne aurait ainsi chuté de un degré entre 1930 et 1990. "Nous avons montré que la pollution particulaire sur
l'est des États-Unis a retardé le réchauffement que nous nous attendions à observer en raison de l'augmentation des gaz à effet de serre", explique l'un des auteurs de l'étude, Eric
Leibensperger.
Le principal moteur de ce phénomène est la pollution par les aérosols, qui reflètent la lumière du soleil et
engendrent donc un refroidissement à la surface de la Terre. Le chercheur rappelle toutefois que les particules fines sont dangereuses pour la santé humaine et insiste sur la nécessité de les
réduire. En outre, le retard du réchauffement des températures constaté dans cette région des Etats-Unis a déjà été en grande partie rattrapé, affirme-t-il.
"Personne ne suggère que nous devrions cesser d'améliorer la qualité de l'air, mais il est important de
comprendre les conséquences. Purifier l'air pourrait conduire à un réchauffement régional", conclut Eric Leibensperger.
Les femmes enceintes confrontées à des niveaux même modérés d’un pesticide communément utilisé exposent leurs
enfants à des modifications durables de leur cerveau induisant des retards dans leur développement, montre une étude américaine diffusée lundi.
L’étude parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences se penche sur des New-Yorkaises enceintes
qui ont été exposées au chlorpyriphos-éthyl, un pesticide largement utilisé dans les champs et les parcs.
Les chercheurs ont constaté des anormalités importantes chez 20 enfants âgés de 5 à 11 ans dont les mères ont
montré des niveaux élevés de chlorpyriphos-éthyl en les comparant à 20 enfants dont les mères avaient été aussi exposées à ce pesticide mais à des niveaux moindres.
Cette étude prouve que la période prénatale est cruciale pour le foetus en développement, a déclaré l’auteur
principale de l’étude Virginia Rauh, professeur à la Mailman School of Public Health et directrice adjointe d’un centre consacré à la santé des enfants.
Le fait d’être exposé à des produits toxiques pendant cette période critique peut avoir des effets sur le
développement du cerveau et sur le fonctionnement comportemental, dit-elle.
L’étude s’appuie sur des imageries à résonances magnétiques (IRM) qui ont montré que certaines zones du cerveau
de l’enfant étaient plus développées que la normale en raison du pesticide.
Il faudra d’autres études pour déterminer les effets à long terme de l’utilisation de ce pesticide qui pourrait
expliquer les déficits en matière de quotient intellectuel rapportés chez les enfants exposés à des hauts niveaux de chlorpyriphos-éthyl, est-il écrit dans l’étude.
Les chercheurs ont indiqué que d’autres études avaient montré que les niveaux de chlorpyriphos-éthyl constatés
dans les espaces urbains avaient chuté depuis que les Etats-Unis avaient restreint l’usage de ce pesticide mais que le risque était toujours présent, le pesticide étant toujours utilisé dans
l’agriculture, sur les parcours de golf etc.
Eléphants, lions, okapis et gorilles: la riche biodiversité du parc national de Virunga, en République démocratique du Congo (RDC) risque de ne pas faire le poids face aux pétrodollars. Dans ce parc national, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et listé dans les zones humides Ramsar, les puits de pétrole pourraient bientôt remplacer les lacs et la forêt tropicale. Des concessions pétrolières ont été attribuées en juin 2010 par le gouvernement congolais sur 85% de la surface du parc. Déjà, Total et le Britannique Soco se préparent à exploiter l’or noir du Virunga.
Alerté par les ONG présentes sur place et par l’Unesco, le gouvernement congolais a demandé en mars 2011 qu’une étude soit réalisée avant de procéder à toute exploration. Mais selon le WWF, qui lance une campagne contre les pétroliers concernés, cela n’a pas empêché les entreprises de pénétrer dans le parc, escortées par les miliciens. «La loi congolaise interdit toute activité minière ou pétrolière dans le parc, souligne Jean-Baptiste Roelens, chargé de programme Forêts tropicales et climat au WWF France. Mais le gouvernement a accordé ces concessions, convoitées depuis que la zone est un peu moins agitée par les luttes armées.»
«La corruption est forte dans cette région, reconnaît Anneke Galama, coordinatrice internationale de la campagne du WWF sur le parc de Virunga. Soco paye la milice pour l’accompagner dans le parc et les perspectives financières semblent plus importantes aux yeux du gouvernement que les impacts sur la population et la nature.» Des habitants de la région, où les rebelles et les réfugiés rwandais sont nombreux, ont même reçu des menaces de mort après s’être exprimés publiquement contre les pétroliers, ajoute Anneke Galama.
Le WWF espère aujourd’hui pouvoir peser sur les gouvernements des pays dont les pétroliers sont originaires: la Grande-Bretagne pour Soco et la France pour Total. «Nous avons interpellé le ministère de l’Environnement, mais nous n’avons pas eu de réponse», déplore Jean-Baptiste Roelens. Pas mieux côté anglais: «Nous estimons que les gouvernements sont responsables des agissements des entreprises nationales, pense Anneke Galama. La Grande-Bretagne ne peut pas autoriser Soco à faire des choses illégales. Mais les intérêts économiques sont immenses…»
L’Unesco et l’Union européenne suivent aussi le dossier et participent, aux côtés du WWF, à la rédaction de l’étude préalable commandée par le gouvernement congolais. Qui en fera ce qu’il veut, quitte à perdre le statut de patrimoine mondial et les revenus générés par l’éco-tourisme dans le parc. «Ce parc, créé en 1925, est le plus vieux d’Afrique et abrite 200 espèces de mammifères sur plus de 8.000km², notamment un tiers des derniers gorilles de montagne au monde et des okapis qu’on ne trouve que là, détaille Jean-Baptiste Roelens. Si l’exploitation pétrolière se fait là, c’est qu’il n’y a plus un endroit sur la planète qui soit encore à l’abri.»
Démographie et environnement ne pouvent être considérés comme deux problèmes séparés, estiment des scientifiques britanniques de la Royal society. Selon eux, la croissance de la population mondiale est un sujet à aborder lors de réunions internationales comme la conférence des Nations-Unies Rio+20 sur le développement durable, en juin, où l'on peut «recadrer la relation entre les gens et la planète».
Dans un rapport qui sera présenté à Londres jeudi, l'académie britannique des sciences, estime que «le XXIème siècle est une période critique». Elle rappelle que la population mondiale, de 7 milliards aujourd'hui, devrait atteindre 8 à 11 milliards d'ici à 2050. Pour les scientifiques, la démographie doit être stabilisée par des méthodes «volontaires», où l'éducation peut jouer «un rôle important». En parallèle les pays développés et émergents doivent réduire leurs niveaux de consommation pour permettre aux plus pauvres de consommer plus et d'échapper à la pauvreté absolue, qui concerne 1,3 milliard de personnes vivant avec moins de un euro par jour.
«Le monde est face aujourd'hui à un choix très clair», affirme Sir John Sulston (Université de Manchester), qui a conduit le travail sur ce rapport. «Nous pouvons choisir de rééquilibrer l'utilisation des ressources selon un schéma de consommation plus égalitaire, recadrer nos valeurs économiques pour refléter vraiment ce que notre consommation signifie pour notre planète, et aider les individus dans le monde entier à faire des choix de reproduction informés et libres», dit-il. «Ou bien nous pouvons choisir de ne rien faire et nous laisser entraîner dans un tourbillon de maux économiques, socio-politiques et environnementaux, conduisant à un avenir plus inéquitable et inhospitalier».
«La capacité de la Terre à répondre aux besoins des hommes est limitée», rappelle le rapport, qui relève les niveaux de consommation très élevés dans les pays riches, où un enfant utilise 30 à 50 fois plus d'eau que celui d'un pays en développement. Des pratiques qui se répandent dans les pays émergents très peuplés. Le rapport avance plusieurs recommandations: réduire l'extrême pauvreté, mettre en place des programmes volontaires de planning familial dans les pays pauvres, réduire la consommation de biens matériels dans les pays les plus développés et les pays émergents -réduction des déchets, investissements dans les ressources renouvelables...
«Nous appelons les gouvernements à s'intéresser soigneusement au problème démographique à la conférence Rio+20, et à s'engager à un avenir plus juste, basé non pas sur une croissance de la consommation matérielle mais sur les besoins présents et futurs de la communauté globale», souligne Sir Sulston.