Équateur : Rafael Correa pour l’exploitation du pétrole amazonien…

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Le président équatorien autorise l'exploitation d'un gisement de pétrole dans le parc Yasuni, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Il avait tenté, en 2007, de négocier la non-exploitation de ce site en contrepartie d’une aide internationale.

 

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Par Gaëlle LE ROUX  (texte)

 

"Avec une profonde tristesse, mais aussi avec une absolue responsabilité envers notre peuple et envers l’histoire, j’ai été obligé de prendre une des décisions les plus difficiles de tout mon gouvernement." Par ces mots emprunts de regret, le président équatorien jeudi 15 août, a demandé à l’Assemblée nationale, où il dispose de la majorité absolue, l’autorisation d’exploiter les millions de barils de pétrole dans le sous-sol d’une importante réserve écologique en Amazonie. Rafael Correa a ainsi mis fin à un projet original, visant à éviter l’extraction du pétrole dans le parc naturel Yasuni en contre partie d’une aide internationale.


L’initiative du président Correa remonte à 2007. D’importants gisements pétroliers, plus de 920 millions de barils de pétrole, soit 20 % des réserves de l’Équateur, sont découverts dans le parc Yasuni. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1989, il est situé au cœur de la forêt amazonienne, à la frontière avec le Pérou. C’est là qu’a été recensée l'une des plus grandes biodiversités au kilomètre carré du monde : 696 variétés d’oiseaux, 2274 d’arbres, 382 de poissons, 121 de reptiles… C’est également dans cette zone que vivent quelque 11 000 indigènes quechuas, huaorani, tagaeri et taromenane.


"Nouvelle logique économique"


Le président équatorien propose alors à l’ONU un marché original : il accepte de ne pas exploiter le bloc Yasuni ITT (du nom des gisements d’Ishpingo, Tiputini et Tambococha) au nom de la préservation de l’environnement, en échange d’une aide internationale. L’Équateur, le plus petit des pays membres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) demande une contribution financière aux pays qui polluent le plus à hauteur de la moitié des revenus que génèrerait l’exploitation du pétrole de Yasuni, soit 3,6 milliards de dollars sur 12 ans.


Il s’agissait ainsi de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, d’éviter l’émission des 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone que génèrerait l’exploitation du gisement, tout en permettant à l’Équateur de mener à bien sa transition énergétique. Rafael Correa y voyait l’opportunité de développer les sources d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne et solaire. Et une manière de financer "des stratégies de lutte contre la déforestation, de préservation des zones protégées, la reforestation, la régénération des sols, le développement social, les programmes d’éducation, de santé et de recherche".


Devant l’ONU, en 2007, Rafael Correa évoque "un exemple extraordinaire d’action collective mondiale, qui permet non seulement de réduire le réchauffement global pour le bénéfice de toute la planète, mais aussi d’inaugurer une nouvelle logique économique pour le XXIe siècle". La communauté internationale, les associations altermondialistes et de préservation de l’environnement applaudissent alors unanimement ce nouveau modèle de développement, dans lequel les ressources naturelles ne sont plus sacrifiées sur l’autel de la croissance. Les promesses de don se multiplient, atteignant 100 millions de dollars.


Un projet tombé aux oubliettes


Mais six ans plus tard, ce vaste programme n’est plus qu’un souvenir. L’Équateur n’a perçu que 13,3 millions de dollars, soit 0,37 % des fonds attendus, estime le président équatorien. Ces fonds ont été versés par des entreprises privées ou des pays comme la Belgique, la France, le Chili, l’Italie, l’Espagne ou encore l’Indonésie. Ils ont été déposés sur un compte administré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui garantit le retour de l’argent aux donateurs en cas de non réalisation du projet.

"Le monde nous a lâchés", a déclaré Rafael Correa jeudi 15 août. L’extraction du pétrole pourrait se faire sur une "zone supérieure à 1 % du parc national Yasuni", qui s’étend sur près d’un million d’hectares, a-t-il ajouté.

 

Selon les défenseurs de l’environnement, l’exploitation, même partielle, du bloc ITT portera gravement atteinte à la richesse biologique de la région. Les communautés indigènes ont d’ores et déjà averti qu’elles se mobiliseraient contre l’exploitation. La loi équatorienne est d’ailleurs de leur côté : l'Équateur est l'un des seuls pays à consacrer des droits constitutionnels à la nature. La loi fondamentale du pays stipule notamment que "toute personne, communauté, peuple ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique l’accomplissement des droits de la Nature".

 

 

 


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Comment le réchauffement climatique change... le goût des pommes

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Une étude japonaise conclut que le réchauffement climatique rend les pommes moins acides et plus sucrées. Le goût de ce fruit, le troisième le plus consommé au monde, pourrait encore évoluer.

 

Plus sucrées, mais moins croquantes. Le réchauffement climatique modifie les paramètres liés au goût et à la texture des pommes, selon une étude japonaise publiée ce jeudi par la revue Scientific Reports.

Des chercheurs japonais ont étudié les caractéristiques de deux variétés de pommes, la Fuji (la plus répandue dans le monde selon l'étude) et la Tsugaru, enregistrées au cours des années depuis 1970 dans deux vergers dans les préfectures de Nagano et d'Aomori.

Avec l'augmentation de la température moyenne sur cette période, respectivement de 0,31°C et de 0,34°C par décennie dans chacune de ces deux régions, les dates de l'ouverture des bourgeons et de la floraison des pommiers ont avancé peu à peu dans l'année, ont constaté les chercheurs.
Hausse de la concentration en sucres

Pour les deux variétés, ils ont relevé une diminution au cours du temps de l'acidité et de la fermeté des fruits mais en revanche une tendance à la hausse de la concentration en sucres. Des changements modérés mais "significatifs" qui, selon les chercheurs, témoignent que les attributs de texture et de goût des deux variétés se sont modifiés en réponse à la hausse du thermomètre.

Dans ces deux vergers, les pratiques agricoles et les variétés cultivées sont restées les mêmes, excluant ainsi l'influence de facteurs non-climatiques comme d'éventuelles améliorations techniques.

Si le changement climatique se poursuit, "les modifications dans les attributs de goût et de texture des pommes pourraient être plus frappantes avec des floraisons encore plus précoces et une hausse des températures pendant la période de maturation du fruit", estime l'équipe conduite par Toshihiko Sugiura, chercheur à l'Organisation nationale de recherche sur l'alimentation et l'agriculture à Tsukuba.

Quelque 60 millions de tonnes sont produites chaque année dans le monde, selon cette étude, ce qui en fait le troisième fruit le plus consommé de la planète après les agrumes et les bananes.

 

 

 


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Les 5 aliments provenant de Chine que vous devez à tout prix éviter

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Les scandales alimentaires chinois font les gros titres depuis des années. De la mélamine mortelle dans les produits laitiers, au miel nuisible, la Chine a longtemps permis aux produits alimentaires toxiques (et autres exportations dangereuses) de franchir ses frontières. La plupart des médias américains mais aussi le gouvernement américain n’ont pas fait suffisamment d’efforts pour informer le public sur le fait que la nourriture en provenance de Chine peut être dangereuse et qu’elle est rarement inspectée par la FDA (Food and Drug administration). Les Inspecteurs de la FDA n’examinent que 2,3% de toutes les importations alimentaires. Ainsi, c’est aux consommateurs de protéger leur santé en faisant des choix intelligents sur ce qu’il faut présenter à table.

 

Voici le top 5 des produits importés de Chine que vous devez surveiller.


 

1) le tilapia

 

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Le tilapia est un poisson souvent très apprécié. Sur tous les marchés alimentaires, on fait la promotion du tilapia avec un chef sur place et une dégustation gratuite. Les publicités télévisées sur le tilapia sont fréquentes. Pourtant, 80% de l’arrivage du Tilapia (444,2 millions d’euros par an) proviennent de Chine.


 

Il est bien connu, en Chine, que les pisciculteurs ne laissent pas leurs enfants manger les fruits de mer qu’ils cultivent. Il y a quelques années un reportage, en Chine, évoquait le cas d’une jeune fille vivant dans un village de pisciculture commençant à avoir ses règles à 7 ans, en raison des niveaux élevés d’hormones utilisées. Les pisciculteurs utilisent des antibiotiques puissants et des hormones de croissance pour garder le poisson vivant, souvent dans des conditions d’élevage révélant un manque chronique d’hygiène et une surpopulation.


 

2) Le cabillaud

Environ 51% du cabillaud sur le marché américain provient de Chine, soit environ 82,1 millions d’euros par an. Ce qui est vrai pour le tilapia est également valable pour l’élevage du cabillaud.

 

3) Le jus de pomme

Si vous achetez un jus de pomme bon marché qui n’a pas très bon goût, voilà un produit qui a peut-être parcouru une grande distance, toute la route venant de Chine. Environ 50% du jus de pomme vendus aux États-Unis provient de la Chine, approximativement 1.395 millions de litres par an.

 

4) Champignons traités

Essayez de vous tenir à l’écart des champignons en conserve, 34% des champignons traités proviennent de Chine, soit 73,1 millions d’euros par an.

 

5) L’ail

Il y a plusieurs façons pour l’ail d’intégrer toutes sortes de produits alimentaires transformés. Environ 31% de l’ail, où 252,8 millions d’euros par an, viennent de Chine. Vous pouvez voir l’étiquette «produit biologique», mais en réalité, il n’y a pas de tiers pour vérifier et certifier les produits «bio» en Chine. Pour faire un profit, n’importe qui peut étiqueter un produit comme «biologique».

 

L’information ci-dessus est basée sur les données de 2011, présentées le 8 mai 2013 oralement devant le Comité de la Chambre des Affaires étrangères, durant une audition sur la Menace des Denrées Alimentaires Dangereuses, issues de Chine. Les importations alimentaires en provenance de Chine ont augmenté d’environ 7% chaque année.

 

Si vous vous demandez à quels points ces produits alimentaires pourraient être dangereux pour votre salut, consultez les rapports sur la pollution de l’environnement en Chine.

Les résidus de pesticides sur fruits, légumes et aliments transformés, alors qu’ils entrent dans la chaîne alimentaire, ont longtemps posé un problème. La Chine est le plus grand producteur de pesticides du monde. Elle n’a pas réussi à résoudre la question des résidus chimiques dangereux ou illégaux sur les denrées alimentaires: un fait mis en évidence par les taux maximaux élevés de résidus admissibles de la nation.

 

Comprendre le problème de la pollution en Chine

 

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Selon le South China Morning Post, «non moins de 70% des rivières et des lacs chinois sont pollués par les installations industrielles comme les usines chimiques et textiles».
Récemment, les habitants de la province du Zhejiang, l’une des moins polluées en Chine, ont offert 300.000 yuans (37.690 euros) pour voir les responsables gouvernementaux se baigner dans le cours d’eau local.

 

À Pékin, l’ambassade américaine rapporte des communiqués concernant la pollution atmosphérique toutes les heures. Les Américains, vivant à Pékin, ont besoin de cette information pour décider, suite à cela, s’ils vont ou non sortir.

 

Il y a eu de nombreux rapports sur l’horrible pollution de l’air, de l’eau et du sol en Chine. Avec un tel niveau de pollution, il est presque impossible d’avoir des aliments sains.

 

 


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Ces maladies insoupçonnées causées par la pollution automobile

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Résistance à l’insuline entraînant des diabètes de type 2, hypertension artérielle pouvant provoquer des maladies cardiaques ou encore asthme chronique : les méfaits de la pollution automobile sont nombreux et dramatiques.


Pour la première fois, une étude lie pollution automobile et résistance à l’insuline (qui entraîne des diabètes de type 2). 

L’impact dramatique de la pollution automobile sur la santé est connu, mais une nouvelle étude pourrait bien révolutionner notre perception des dommages de cette pollution sur notre condition physique. Publiée dans le journal Diabetologia (en anglais), cette expérience montre que les enfants qui ont grandi dans des zones exposées à des hauts niveaux de pollution de l’air liée au trafic automobile sont plus résistants à l’insuline, ce qui entraîne une intolérance au glucose et est donc précurseur d’un diabète de type 2.


L’équipe allemande a collecté des échantillons de sang de 400 enfants de 10 ans, la plupart vivant à Munich, et ont analysé les émissions de pollution automobile autour de la maison où ils ont grandi (l’étude a également contrôlé le statut socio-économique, le poids à la naissance, l’Indice de Masse Corporelle et le tabagisme passif du foyer). Ce qu’ils ont trouvé est impressionnant : les résultats mettent en évidence des liens entre la proximité du lieu de résidence avec la grande route près de chez eux et le niveau de résistance à l’insuline de ces enfants. Concrètement, à chaque fois que la maison se rapproche de 500 mètres de la voie de communication très fréquentée et donc très polluée, la résistance à l’insuline augmente de 7% chez ces enfants de 10 ans.


Cette étude, comme le précise The Atlantic, est la première du genre à connecter l’exposition à long terme à la pollution automobile avec la résistance à l’insuline chez l’enfant. Reste à savoir si ces effets persistent si l’enfant déménage dans un lieu moins pollué, et surtout si ces réactions persistent jusqu’à l’âge adulte…


Ce n’est en tout cas pas le seul impact connu de la pollution automobile sur la santé. Ainsi, comme nous l’évoquions il y a quelques semaines, la pollution automobile pourrait être responsable de 14% des cas d’asthme chronique chez l’enfant. Un impact comparable à celui du tabagisme passif. C’est ce qui ressort d’une étude menée dans 10 grandes villes européennes et publiée dans la revue European Respiratory Journal.


Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé l’exposition des enfants vivant à proximité d’un axe très pollué (transportant plus de 10 000 véhicules jour) à ceux vivant plus loin. Résultat : « Nous avons estimé que 33 200 cas d’asthme (soit 14% de l’ensemble des cas d’asthme observés chez ces enfants) pouvaient être attribués aux polluants automobiles (…) ce qui signifie en d’autres termes que ces cas ne se seraient pas produits si personne n’avait vécu dans ces zones », explique l’étude.


Enfin, il ne faut pas oublier que la pollution automobile n’est pas uniquement liée à ces gaz d’échappement. Elle est aussi sonore. La BBC rapporte qu’une équipe de l’université de Lund, en Angleterre, a découvert qu’une exposition journalière à un bruit moyen de 60 décibels augmente le risque d’avoir de l’hypertension artérielle de 25%. Au dessus de 64 décibels de moyenne par jour, le risque augmente de 90%. Pour rappel, l’hypertension artérielle entraîne des risques de problèmes cardiaques. Moralité, il faut vivre aussi loin que possible des grands axes routiers…


Le site Atlantico a interrogé le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association santé environnement France (ASEF).


Atlantico : Jugez-vous les résultats de cette analyse crédibles ? Comment les expliquer ?

Dr Pierre Souvet : A ma connaissance, c’est la première étude prospective qui a examiné la relation sur le long terme de la pollution atmosphérique liée au trafic à la résistance à l’insuline chez des enfants. Auparavant, plusieurs études chez l’homme et l’animal avaient évoqué la relation entre pollution de l’air et diabète ; probablement par l’effet de stress oxydatif que provoque les polluants sur les cellules. Il faudra poursuivre et amplifier les recherches sur ce lien qui montre une fois de plus l’étendue du problème de la pollution atmosphérique notamment parce qu’elle touche des millions de personnes.


Hormis la résistance à l’insuline, l’hypertension et l’asthme chronique, quelles autres maladies sont liées à la pollution automobile ?

Les polluants, notamment les oxydes d’azote et les particules fines qui pénètrent plus ou moins profondément dans l’organisme par l’appareil respiratoire vont avoir des effets oxydatifs, c’est-à-dire d’inflammation, sur les systèmes respiratoires (asthme, aggravation des pathologies respiratoires) et cardiovasculaires ; on s’aperçoit que les pathologies cardiovasculaires, dont les accidents vasculaires cérébraux, les coronaropathies et les infarctus du myocarde, sont augmentés. Des études ont également suggéré des effets sur le poids et la taille des bébés à naissance, ainsi que sur les capacités intellectuelles des enfants à l’âge de 5 ans exposés au trafic. Et bien sûr, les particules fines ont été classées cancérigènes.


Quelles sont les politiques mises en place pour lutter contre ce fléau ?


La pollution de l’air est responsable de 42 000 décès prématurés par an ; il me semble qu’on n’a pas pris encore la mesure de ce problème de santé publique majeur, dont le coût a été évalué entre 20 et 30 milliards d’euros par an et qui nécessite des mesures fortes, dont la fin à programmer de l’avantage fiscal du diesel (responsable d’importantes émissions de particules et d’oxyde d’azote), la valorisation des transports propres et en commun, la limitation de la circulation des véhicules en ville, la création d’ espaces verts, ne pas placer de crèches, d’écoles ou de lieux d’habitation près des grands axes routiers etc.


Que peut-on faire, à notre niveau, pour se protéger de ces dégâts ?


Les solutions doivent être majoritairement collectives, mais les effets de la pollution de l’air nous touchent individuellement. A notre niveau, nous pouvons tout de même agir, par exemple en aérant très tôt le matin ou très tard le soir, afin de ne pas faire entrer les polluants extérieurs ou en évitant  au maximum la proximité des grands axes routiers, surtout lorsque vous promenez les enfants ou que vous faites du sport . En inhalant plus d’air, l’enfant ou le sportif absorbent aussi plus de polluants et en subissent donc les effets de manière plus accentuée. Dès qu’il y a des espaces où la circulation est moins intense, notamment les espaces verts, la pollution diminue ; ce sont des lieux à privilégier

 

 

 


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