CANCER – Les téléphones mobiles augmenteraient le risque de 300%

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Une nouvelle étude suédoise révèle un risque accru de 300% du cancer du cerveau pour les utilisateurs de téléphone mobiles et sans fil rapporte l’association Robin des Toits.

 

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Des études antérieures avaient montré une association cohérente entre l’utilisation à long terme des téléphones mobiles et sans fil et le gliome et le neurinome acoustique, mais pas pour le méningiome, souligne l’ONG en guerre contre les risques sanitaires liés aux technologies sans fil. L’étude voulait évaluer la relation à long terme (> 10 ans) entre l’utilisation des téléphones sans fil et le développement de tumeurs cérébrales malignes.

Ses résultats confirment les études antérieures affirme l’association, révélant l’impact de cette utilisation dans le déclenchement et le développement de ces cancers du cerveau. L’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le téléphone mobile en tant que cancérogène « possible » pour l’homme précise Robin des Toits.

 

Pour en savoir + : http://www.spandidos-publications.com/10.3892/ijo.2013.2111

 

 


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Islande: des écologistes opposés aux ambitions pétrolières de la Chine

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Un groupe écologiste islandais a estimé mercredi déraisonnable la licence d'exploration de pétrole en mer accordée à un groupe chinois par Reykjavik.

 

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«L’Islande ne devrait pas parier sur le pétrole», a affirmé à l'AFP le président de l'Association islandaise de la préservation de la nature (INCA), Arni Finnsson.

«Il y a peu de signes qui montrent que la production de pétrole dans la zone de Dreki serait rentable», a-t-il ajouté, s'appuyant sur les doutes qu'ont suscités chez les analystes du secteur les ambitions de l'Islande.

En janvier, la compagnie pétrolière publique chinoise CNOOC International a obtenu une licence d'exploration dans l'océan glacial Arctique, dans la région de Dreki, à plus de 200 km de la côte septentrionale.


C'est la troisième licence accordée depuis le lancement de l'appel d'offres en 2009, après celle obtenue par la société islandaise Eykon Energy et celle de Petoro, détenue par la Norvège.

L'Islande, qui se rétablit lentement de la grave crise financière qu'elle a traversée en 2008-2009, espère pouvoir avoir la même chance que son voisin norvégien il y a un demi-siècle.

«C'est ça l'espoir», dit Thorarinn Sveinn Arnarson, à la tête du bureau des licences d'hydrocarbures au sein de la Direction nationale de l'énergie. «On ne sait pas s'il y a du pétrole là-bas, mais on explore et les entreprises prennent ces risques. L’Etat islandais n'a rien à perdre».


D'après lui, «si on trouve quelque chose qui est économiquement viable il y aura des retombées fiscales et bien sûr tout ce qui va avec, la création d'emplois et une capacité technique semblable à ce que l'on a vu en Norvège et dans îles Féroé».

Mais il y a encore loin avant d'y parvenir, souligne un expert du pétrole et du gaz de l'Université d'Oslo, Dag Claes. «Les Islandais ont misé là-dessus du fait de leur crise financière mais nous sommes un peu réservés sur la région : c'est assez éloigné», estime-t-il.


Il fait allusion à des règles environnementales «assez strictes» concernant la construction sur Jan Mayen, île volcanique norvégienne où les compagnies pourraient avoir envie de construire des pistes d’atterrissage et d'autres installations.

D'après une étude réalisée en 2008 par le Bureau d'études géologique américain, l'Arctique pourrait détenir 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel qu'il reste à découvrir sur la planète.

Toutefois le coût élevé de l'extraction dans des milieux rudes et isolés, outre les questions environnementales, laisse penser que ces hydrocarbures pourraient rester inexploités.

 

 


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Pierre Rabhi : «L’agroécologie doit être une alternative sociale»

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INTERVIEW de Coralie Schaub "Libération"

 

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Le penseur Pierre Rabhi invite à réenvisager les rouages de notre monde en mettant l’agriculture au service d’un mieux-consommer mais aussi des êtres humains en tant qu’éléments de la nature.

Ses ouvrages font référence, ses conférences font salle comble. Né en 1938, le paysan, écrivain - auteur notamment de l’Agroécologie pour nos enfants (1) - et penseur Pierre Rabhi est l’un des pionniers français de l’agroécologie. Il en souligne ici la portée éthique.
L’«agroécologie» est à la mode depuis que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, en a fait le porte-étendard de son projet de loi. Mais vous, vous la pratiquez depuis longtemps…

Oui, depuis 1963, quand nous avons acquis une ferme en Ardèche, ma femme et moi. Nous avons essayé sur une zone aride d’avoir une approche agronomique qui puisse rendre les sols fertiles. Vu l’efficacité de la méthode, le Centre de formation des jeunes agriculteurs du Burkina Faso m’a demandé, au début des années 80, de les aider à intégrer l’agriculture écologique dans leurs pratiques. C’est là que j’ai commencé à employer le terme agroécologie.

 

Dans cette région du Sahel en voie de désertification, je ne pouvais pas me contenter de faire de l’agriculture biologique. Il fallait lutter contre l’érosion des sols, reboiser… En présence de sols desséchés, l’agroécologie est souveraine. On remet des micro-organismes dans le sol, on le redope par le compostage des matières organiques que l’on fait fermenter. Ces méthodes ont fourni des résultats. A tel point que le président burkinabé Thomas Sankara voulait en faire une option nationale. S’il n’avait pas été assassiné en 1987, le Burkina Faso serait aujourd’hui un pays de l’agroécologie. Depuis cinquante ans, nous avons démontré la valeur de l’agroécologie.
Pour la première fois, un ministre entend la populariser. Cela vous satisfait-il ?

Je suis un peu agacé, car pendant des décennies nous avons agi sans attendre l’Etat. Et, soudain, un ministre fait une déclaration et c’est le scoop [lire EcoFutur du 17 février]. Il vaut mieux cela que rien, mais il faut savoir aussi ce qu’on entend par agroécologie.


Quelle en est votre définition ?

Pour moi, ce n’est pas seulement une technique. Si on n’en fait que de l’agronomie bio, cela ne m’intéresse pas du tout. Car on peut manger bio, recycler son eau, se chauffer à l’énergie solaire et exploiter son prochain. L’agroécologie doit être une alternative sociale.


C’est-à-dire?

L’agroécologie est une merveilleuse pratique, à condition qu’elle soit au service d’un état d’esprit, d’une posture éthique et morale. L’humanité doit comprendre qu’elle ne peut pas continuer à détruire la vie. L’être humain a-t-il besoin de la nature ? Oui. La nature a-t-elle besoin de l’être humain ? Non. Quand on a compris ça, on a tout compris. Soit nous continuons à nous enferrer dans des transgressions et des destructions et nous nous éradiquerons nous-mêmes ; soit nous comprenons que nous avons à collaborer avec la vie, avec ce mystère extraordinaire qui nous a fait et auquel nous devons notre nourriture.

Je viens de finir, avec le botaniste Jean-Marie Pelt, un ouvrage philosophique qui paraîtra en mai. J’y pose cette question : comment se fait-il que l’humanité fait beaucoup de mal à ce qui lui veut le plus de bien ? Nous sommes enfants de la nature. Je suis, nous sommes, vous êtes la nature. L’agroécologie est une façon de donner à l’humanité la capacité de coopérer avec les puissances de la vie. Si elle est juste au service de l’économie, ce n’est pas satisfaisant. Ce n’est pas parce qu’on mange bio que le monde va changer.


C’est nécessaire mais pas suffisant ?

Le problème est en nous, et pas ailleurs. Si l’être humain ne fait pas un travail sur lui-même pour changer, je ne vois pas ce qui peut changer.


Que répondez-vous à ceux qui pensent que l’agroécologie est un retour «au post-néolithique», comme l’a dit un député UMP ?

Si, dans les hautes sphères, des gens ignorants disent n’importe quoi, c’est la cour de récréation moins l’innocence. Malheureusement, ces gens ont le pouvoir d’orienter l’histoire. C’est tragique : on remet notre destin à des gens inintelligents. L’agroécologie, c’est la vraie science de la vie. C’est tellement plus primaire d’acheter des sacs d’engrais et d’empoisonner la terre, l’eau. Et même la santé publique, car nous consommons des nourritures empoisonnées. Il faudra bientôt se souhaiter bonne chance plutôt que bon appétit !

Ce qui m’étonne, c’est que nous sommes encore dans les mêmes aveuglements généralisés : la femme est subordonnée sur toute la planète, nous éduquons les enfants dans la compétitivité au lieu de le faire dans la coopération. Il y a une multitude d’utopies à réaliser. Le problème, c’est que la politique est défaillante. Heureusement que la société civile crée, travaille.


Pour convaincre les plus réticents, ne faut-il pas commencer par prouver que l’agroécologie permet de produire autant mais de façon plus respectueuse de l’environnement ?

C’est déjà prouvé ! Mais ils ne veulent pas voir… Quelqu’un d’honnête dirait : «Tiens, je vais essayer de comprendre.» Comment l’agriculture dite «moderne» est-elle née ? La pétrochimie internationale a fait du lobbying pour recycler dans l’agriculture des substances qu’elle avait conçues pour la guerre, comme les nitrates ou le phosphore. Pour pouvoir les écouler et permettre des profits gigantesques à ces gens, on a fabriqué un agronome prescripteur d’engrais, de pesticides, tout ce qui tue la vie. Les paysans, qui avaient des complexes d’être paysans, se sont transformés en exploitants agricoles, et même en industriels de la terre. Cela faisait beaucoup mieux, plus joli. Mais ils ont été manipulés, ils se sont endettés. Et tout ce système a contribué à altérer les sols. Nous vivons de végétaux morts qui poussent sur des terres dévitalisées. Comment se fait-il que l’évidence ne soit pas comprise ?
Il y a un tournant, y compris de la part des institutions. L’Inra [l’institut national de la recherche agronomique] a fait de l’agroécologie un axe de recherche.

Mais pour chercher quoi ? On a déjà trouvé ! Ce sont ces mécanismes-là qui sont agaçants. Il faut arrêter de donner une autorité absolue aux institutions.
L’un des reproches faits au bio et à l’agroécologie, c’est que les rendements sont plus faibles et que cela ne permettra pas de nourrir tout le monde...

Est-ce qu’on nourrit les gens maintenant ? 1 milliard d’êtres humains ont à peine à manger, 3 milliards sont en survie et il y a ceux qui sont tellement repus que même leurs poubelles sont mieux nourries que les humains. Je ne veux pas rentrer dans ces arguties. Mais je veux quand même citer un chiffre terrible : 60% des graines domestiquées depuis 12 000 ans ont aujourd’hui disparu. A la place, on introduit des OGM, et les mêmes profiteurs profitent. Je ne suis pas quelqu’un de colérique, mais il y a des moments où l’indignation est telle que cela provoque de la colère. Parce que l’enjeu est tellement énorme. Il s’agit des générations futures. Avec quoi va-t-on les nourrir quand les graines auront disparu et que les terres seront détruites ?


Mais les résistances sont là… A chaque fois qu’on parle du bio ou de l’agroécologie, on dit aussi que c’est plus cher…

Que voulez-vous que je réponde ? C’est tellement stupide, ce sont des lieux communs, des slogans fondés sur des on-dit. Si les personnes ne sont pas assez sérieuses pour essayer de comprendre vraiment ce qu’est l’agriculture écologique, ses fondements scientifiques, ça n’a aucun intérêt.
On peut argumenter, par exemple en expliquant que les produits ne sont pas plus chers si on s’affranchit des circuits de distribution classique…

Aujourd’hui, il suffirait d’un embargo d’une semaine sur Paris pour que les gens aient faim. Ce qui nourrit les villes, ce sont les transports. On va chercher l’alimentation parfois à des milliers de kilomètres. Alors qu’une gouvernance intelligente devrait tendre vers le principe «produire et consommer localement». Les périphéries urbaines pourraient être aménagées pour que la nourriture soit à portée de main.


Les produits de l’agroécologie ne seraient alors pas tellement plus chers ?

Et alors, si c’est un peu plus cher ? Moi, je produis ma nourriture, j’ai mon jardin, mes arbres fruitiers. Et quand je dois acheter, j’achète bio au marché et on me dit : «Oui, mais c’est plus cher qu’au supermarché.» Je réponds : «Non, je m’impose ma taxe à la sociabilité ajoutée !» Il faut être solidaire de ceux qui font des efforts pour changer les choses. Et je préfère nourrir mes enfants avec des produits sains. Si tout cela n’est pas compris, c’est désespérant. Mais cela ne nous empêche pas de continuer.


L’agroécologie demande davantage de main-d’œuvre que l’agriculture intensive.

Ça crée du boulot ! Et puis ce n’est pas une punition, au contraire. Quand nous avons quitté Paris, en 1959, pour retourner à la terre, on nous a dit : «C’est de la folie, vous n’allez jamais y arriver.» Et arrivés à la campagne en plein exode rural, on nous a dit : «Que venez-vous faire ici ?» Nous avons tenu le cap. Et maintenant, je vous parle comme un milliardaire, je contemple un magnifique paysage, je jouis du chant des oiseaux, du ciel, des étoiles, ce sont les grands cadeaux de la vie.

Le reste, c’est quoi ? Toucher un salaire pour pouvoir faire des glissades à la neige ou bronzer ? Que voulons-nous que la vie soit ? Est-ce juste arriver sur terre, travailler pour augmenter le produit national brut et disparaître ? Je trouve que c’est très court. Je ne critique évidemment pas les individus, mais la logique actuelle. Nous vivons dans une société qui a transformé l’être humain en une espèce d’esclave salarié. Certains ont la chance de faire un travail qui les épanouit. Mais beaucoup sont contraints de pourrir leur vie car il leur faut un salaire. Et si on n’a plus besoin d’eux, on les met dehors. Mais qu’est-ce que c’est que cette société ? Ma révolte est là. On peut faire autrement, et l’agroécologie offrirait un chantier extraordinaire. Cela permettrait de retrouver cette convivialité que nous avons perdue et qui fait la qualité de la vie humaine.

 

 

 


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Biodiversité: Quand le fromage permet de conserver les prairies naturelles

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Des prairies naturelles: ça ressemble à un pléonasme, et pourtant le cas du Cantal est bien une exception dans le paysage agricole français. Alors que la plupart des prairies où broutent les bovins sont semées de graminées pour être plus productives, 80% des prairies où les vaches produisant le lait servant à la fabrication du Cantal AOP paissent sont naturellement riches en herbes, fleurs et plantes fourragères. Le Pôle fromager de l’Inra d’Aurillac travaille main dans la main avec les éleveurs pour les encourager à entretenir cette riche biodiversité.


Un impact paysager et économique


Les chercheurs ont ainsi répertorié soixante types de prairies naturelles de la région: «Certaines prairies présentent jusqu’à 80 espèces différentes, explique Sophie Hulin, directrice du Pôle fromager. Cela a un impact paysager bien sûr, avec une diversité de couleurs et de fleurs, mais c’est aussi très intéressant d’un point de vue environnemental en termes d’accueil des insectes pollinisateurs et de la faune.»


Pour les éleveurs, conserver cette biodiversité permet de diversifier l’alimentation du troupeau et de s’adapter aux saisons et aux variations climatiques. «Nous les incitons à avoir une grande gamme de prairies sur un même élevage, poursuit la chercheuse. Cela permet par exemple de résister à une sécheresse de printemps, qui n’aura pas le même impact sur différentes plantes.» Cela leur assure aussi une autonomie en fourrage durant l’hiver: «Les seuls achats qu’ils ont alors à faire sont les compléments alimentaires comme les céréales, le blé, l’orge…», détaille Sophie Hulin.


Une bonne herbe donne un bon fromage


Cette volonté de «remettre l’herbe au centre du cahier des charges» a été portée par le Comité interprofessionnel des fromages (CIF), qui gère les appellations d’origine Cantal et Salers. L’appellation d’origine protégée (AOP) impose en effet que les troupeaux soient nourris exclusivement de fourrages locaux et que les vaches laitières soient en pâture pendant au moins 120 jours de l’année avec 70% de leur alimentation en herbe. Des critères qui obligent à bien gérer ses pâturages: «Nous accompagnons les éleveurs pour mettre en place des pâturages tournants, explique Arnaud Bethier, ingénieur agronome au CIF. Cela permet de faire passer le troupeau d’une parcelle à une autre pour créer des hauteurs d’herbe différentes et optimiser sa qualité et sa quantité.»


Car une bonne herbe donne un bon lait et donc un bon fromage. «La qualité du fromage, la couleur de la pâte, la richesse aromatique, sont influencées par la qualité de l’herbe», assure Sophie Hulin. La coopérative fromagère de Planèze, dont le magasin de Pierrefort ne désemplit pas, ne s’y est d’ailleurs pas trompée: en créant une gamme «Haut herbage» fabriquée avec du lait de vaches uniquement nourries à l’herbe, elle a pu se démarquer et créer un produit de qualité qui a séduit le groupe Carrefour. «Les 17 producteurs qui se sont engagés dans le strict cahier des charges du Haut herbage reçoivent une prime de 30 euros par tonne de lait que nous leur achetons, chiffre Jérôme Chastang, responsable de l’usine de Pierrefort. Et la qualité du produit nous a ouvert des portes dans la grande distribution.» Environnement et économie se réconcilient sur les plateaux de fromages d’Auvergne.

 

 


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