Enfin! Les Etats-Unis vont imposer de nouvelles règles antipollution

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Les nouvelles limitations sur les émissions de carbone, qui doivent être annoncées la semaine prochaine, vont éviter des milliers de cas d'asthme et d'infarctus aux Etats-Unis, a affirmé samedi le président américain Barack Obama.

 

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M. Obama veut forcer les centrales électriques à charbon américaines à réduire leurs émissions de CO2 jusqu'à 20% pour contribuer à lutter contre le réchauffement, selon le New York Times.

Environ 40% des émissions de carbone viennent des centrales électriques. Aucun plafond ne leur est imposé à la différence des émissions de produits chimiques comme le mercure ou l'arsenic.


Ce projet sera «le premier plan d'action américain sur le climat» qui va «créer une économie fondée sur une énergie propre - utilisant plus d'énergie propre, moins d'énergie sale, et gaspillant moins d'énergie», a assuré Barack Obama lors de son allocution hebdomadaire radiodiffusée.

Au cours de la première année d'application de ces nouvelles mesures, «jusqu'à 100.000 crises d'asthme et 2.100 infarctus seront évités - et ces chiffres continueront à augmenter», a-t-il dit.


L'idée est d'instaurer un plafond d'émissions de carbone au niveau national et de laisser chacun des 50 Etats américains décider comment atteindre ces objectifs, via le recours aux énergies renouvelables, et au besoin en instaurant un marché du carbone où s'échangent des «permis de polluer» accordés par l'Etat.

Ce plan risque toutefois de se heurter à l'hostilité des autorités locales contrôlées par les républicains, alors que la plupart de ses promesses de lutter contre les causes du changement climatique ont été contrecarrées par les élus du Congrès depuis 2009.

 


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L'Espagne va chercher du pétrole aux îles canaries

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Le ministère espagnol de l'Environnement a donné jeudi son feu vert au projet de prospections pétrolières au large des îles Canaries présenté par le groupe Repsol, provoquant la colère des autorités locales et des écologistes qui dénoncent un "acte injustifiable".

"Le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement a émis la Déclaration sur l'impact environnemental (DIA) favorable" à un projet de prospection au large des Canaries, présenté par un consortium international menée par le géant pétrolier espagnol, a indiqué ce ministère dans un communiqué.


Ces prospections auront lieu à "une distance d'environ 60 kilomètres de la côte des Canaries et consisteront à prélever des échantillons de roche ou de fluides pour détecter la possible existence d'hydrocarbures dans la zone", ajoute le ministère.

Il affirme avoir inclus dans cette décision "des mesures de correction pour s'assurer" que les zones protégées ou proposées pour bénéficier de ce label ne sont pas affectées.

"Le processus d'évaluation s'est basé sur de rigoureuses connaissances scientifiques afin de garantir la protection maximale de l'environnement", affirme le ministère.

"La décision favorable démontre que l'activité que nous proposons est compatible avec le respect de l'environnement", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Repsol.


Unis, les grands groupes écologistes opérant en Espagne ont immédiatement réagi, dans un communiqué dénonçant une "absurdité sans précédent".

"Il s'agit d'un acte injustifiable, qui pose un grave risque aussi bien à l'environnement qu'à la principale activité économique des îles", le tourisme, écrivent les organisations Greenpeace, WWF, Amigos de la Tierra, Ecologistas en Accion, SEO/Birdlife et WWF dans le communiqué.

"Les explorations sismiques ont un fort impact sur la faune marine protégée (cétacées, tortues) et sur les ressources pour la pêche. Mais elles ouvrent aussi la porte à de graves risques de marées noires liées aux forages pétroliers en grande profondeur, comme l'ont déjà démontré de tragiques et catastrophiques incidents comme ceux du Golfe du Mexique ou de la plateforme Deep Water Horizon", poursuivent-elles.


"Il est choquant qu'une décision aussi impopulaire soit prise juste maintenant, une fois passées les élections au Parlement européen" de dimanche, ajoute le communiqué.

Un argument repris par le président de l'une des îles des Canaries, Fuerteventura, qui a réagi très durement jeudi à l'annonce du feu vert donné par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. La tête de liste de son parti aux européennes, Miguel Angel Arias Cañete, était ministre de l'Agriculture jusqu'à il y a un mois.

"Ils le font après les élections européennes. Ils le font comme les grands dictateurs, dans le dos de tout le monde", a-t-il déclaré à la radio publique.

Le ministère souligne au contraire la "transparence maximale" de sa décision.

"Si le promoteur voulait à l'avenir développer cette activité, il devra présenter un nouveau projet qui sera soumis à une nouvelle procédure d'évaluation environnementale également ouverte à une participation publique", précise-t-il dans le communiqué.


L'exploration et la production d'hydrocarbures en Espagne pourrait créer 260.000 emplois en vingt ans et représenter 4% du PIB, selon une étude du cabinet Deloitte publiée en mars.

Mais pour les écologistes, le pays fait déjà face à "un risque continu de pollution" alors qu'une dizaine d'installations pétrolières opèrent le long de ses côtes. Andalousie (sud), région de Valence (est), Catalogne (nord-est), Asturies et Pays Basque (nord-ouest): toutes les régions côtières font l'objet de permis d'exploration pétrolière.


Autre destination très touristique, les îles Baléares aussi sont concernées par un projet d'exploration, du groupe écossais Cairn Energy, qui pourrait se concrétiser dans les prochains mois, si le ministère de l'Environnement donne son feu vert.

 


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La Chine veut retirer des millions de voitures de la circulation

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La Chine souhaite retirer de la circulation plus de cinq millions de véhicules, dont 330.000 à Pékin, dès cette année afin d'améliorer la qualité de l'air, a annoncé lundi le gouvernement.

La pollution est devenue l'une des priorités du gouvernement chinois qui cherche à limiter les atteintes à l'environnement provoquées par des décennies de croissance effrénée.


Dans ce plan, qui vise à réduire les émissions polluantes au cours des deux prochaines années, le Conseil d'Etat, l'équivalent du gouvernement, assure que le pays a atteint ses objectifs en la matière pour la période 2011-2013 mais ajoute qu'il faut désormais accentuer les efforts.

Quelque 5,33 millions de véhicules qui ne respectent pas les normes chinoises vont être retirés de la circulation cette année, dit le document. En plus des 330.000 voitures qui seront retirées à Pékin, 660.000 autres le seront dans la province du Hebeï, qui entoure la capitale chinoise et dans laquelle se trouvent sept des villes les plus touchées par des nuages de pollution en 2013.

Selon l'autorité de surveillance environnementale, les voitures sont responsables de 31% des émissions de particules fines (PM2.5), contre 22,4% pour la combustion de charbon.


Pékin souhaite limiter à 5,6 millions le nombre de véhicules qui circulent sur ses artères, un plafond qui sera porté à six millions d'ici 2017. La capitale chinoise a réduit l'année dernière de 37%, à 150.000, les délivrances de carte grise.

Le document du Conseil d'Etat ne donne aucune précision sur les modalités du retrait annoncé de la circulation de millions de véhicules. Par le passé, la municipalité de Pékin proposait des primes à la casse de 2.500 à 14.500 yuans (300 à 1.700 euros).


La municipalité de Pékin interdit déjà l'entrée dans la ville des véhicules qui ne respectent pas un certain nombre de normes environnementales, mais certains responsables politiques reconnaissent que les instruments de contrôle font défaut et que certains conducteurs savent contourner les interdictions.

"De nombreux véhicules ont des problèmes et beaucoup d'entre eux ne respectent même pas les normes quand ils sortent d'usine, et les mettre à l'amende quand ils sont dans les rues n'est pas une solution", a déclaré Li Kunsheng, un responsable des Transports à la municipalité de Pékin.

 

 


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Jane Goodall: «Comment se fait-il que ce soit l’espèce la plus intelligente qui soit en train de détruire la planète?»

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INTERVIEW - A 80 ans, la scientifique britannique n’a pas perdu l’espoir de préserver notre planète…

Lorsque Jane Goodall vous reçoit à Paris, c’est entre un rendez-vous avec Nicolas Hulot et un avion pour l’Australie. «Cette année tout le monde veut fêter mon anniversaire», s’amuse l’octogénaire, en pleine forme malgré ses quelque 300 jours de voyage par an. Après cinquante-cinq années de recherche sur les chimpanzés en Tanzanie, des distinctions scientifiques à la pelle et les honneurs des Nations Unies qui l’ont nommée «Messagère pour la paix», la primatologue s’engage aujourd’hui pour la protection de l’environnement avec l’Institut qui porte son nom.

Comment êtes-vous passée de la recherche en primatologie à l’engagement écologique?

Ce qui a provoqué mon activisme pour la planète, c’est la chute du nombre de chimpanzés et la destruction des forêts. J’ai appris au contact des chimpanzés que nous faisons partie du règne animal et que nous leur ressemblons beaucoup d’un point de vue biologique. La seule différence est l’explosion de notre intelligence. Certes, les chimpanzés peuvent parler la langue des signes, utiliser des tablettes, résoudre des problèmes mathématiques… mais nous, nous avons envoyé une navette spatiale sur Mars! On ne peut pas comparer ces deux intelligences, mais alors comment se fait-il que ce soit l’espèce la plus intelligente qui soit en train de détruire la planète?….

Vous vous êtes entretenue avec Nicolas Hulot au sujet de la conférence des Nations unies sur le climat qui aura lieu à Paris en 2015. Quel rôle allez-vous y jouer?

Notre idée est de rassembler, avant le sommet, les personnes d’influence que nous connaissons pour élaborer une stratégie. Même s’ils ne mènent pas à grand-chose, ces sommets ont quand même permis de constituer un groupe de scientifiques, le Giec, qui publie des rapports révélant la réalité du changement climatique. J’aimerais que le prochain sommet mène à des actions et pas seulement à des paroles. Aujourd’hui nous n’avons plus le temps de tergiverser, c’est pour ça que je voyage tout le temps et que je ne peux pas prendre ma retraite!

Vous avez adressé un courrier à Air France pour leur demander de ne plus transporter de singes vers les laboratoires. Avez-vous obtenu une réponse?

Je n’ai pas eu de réponse directe de leur part. Air France est la seule compagnie aérienne qui transporte encore des primates pour la recherche, et je sais ce que cela représente en termes de souffrance. On me répond souvent qu’empêcher les recherches sur les primates revient à freiner les progrès scientifiques et condamner des gens à souffrir, mais c’est faux. Il faut trouver des méthodes de recherche scientifique plus sûres et moins chères et se comporter de manière plus éthique. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas les seuls à avoir des sentiments.

Après des décennies de recherche et de militantisme, comment faites-vous pour garder l’espoir?

On peut encore sauver la planète si on agit rapidement. Chacun peut agir, par exemple lorsqu’on achète quelque chose, on peut se demander: est-ce que ça détruit l’environnement, est-ce qu’un animal a souffert, est-ce que ça pourrait venir de moins loin… Nous nous plaignons des politiques, mais c’est nous qui les élisons. Nous blâmons les grandes entreprises, mais nous achetons leurs produits. Chacun de nous doit porter sa part des responsabilités.


Propos recueillis par Audrey Chauvet

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