Face à la crise agricole, le bio tire son épingle du jeu

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Face à la crise agricole, le bio tire son épingle du jeu

 

 

« Mes pneus, je les ai gardés chez moi. Je ne comprends pas pourquoi des agriculteurs manifestent. Ils demandent des aides, des prix. Mais il faut revoir le système. Moi, j’ai fait le choix d’aller vers la bio. » Eleveur laitier breton, installé à Pleumeleuc (Ille-et-Villaine), Richard Leduc fait partie des nouveaux convertis à l’agriculture biologique. Son cas n’est pas isolé, loin s’en faut. La crise agricole, qui secoue nombre d’agriculteurs étranglés financièrement par des prix bas et des charges élevées, suscite un afflux de conversions.

 

Les chiffres publiés jeudi 25 février par l’Agence Bio le prouvent. Les surfaces engagées en agriculture biologique ont bondi de 17 % en un an, pour atteindre 1,3 million d’hectares fin 2015. Sur cette seule année, 220 000 hectares sont passés en conversion. Même si cela ne représente encore que 4,9 % du territoire agricole en France.

 

Le nombre de producteurs ayant aboli pesticides et engrais chimiques dans leur exploitation a progressé de 8,5 % : ils sont désormais 28 725. Là encore, cela ne représente que 6,5 % des fermes françaises, mais près de 10 % des emplois agricoles. L’Agence Bio estime le poids de cette filière agricole à 69 000 emplois équivalents temps plein. Si l’on ajoute les salariés des entreprises de transformation et de distribution, le chiffre est proche de 100 000 salariés.

 

« Je n’étais qu’un numéro »

 

Les exploitations bio, qui regroupent souvent plusieurs activités, nécessitent plus de main-d’œuvre. « Nous avons cinq salariés, soit 3,6 équivalents temps plein », explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). Installée avec son mari et son beau-frère en Loire-Atlantique, elle élève 55 vaches laitières sur 180 hectares. Le lait produit est pour moitié transformé sur place, en tomme et en crème, et pour moitié vendu à la laiterie Saint-Père, détenue par Intermarché.

 

Mme Pageot constate elle aussi « une nouvelle vague de conversions au bio depuis six mois sur tout le territoire ». Pour l’anecdote, elle cite une récente réunion d’information organisée sur la bio en Ille-et-Vilaine, où une centaine d’agriculteurs sont venus. Une assistance record. Elle estime que « la vague est plus forte qu’en 2009, la crise étant plus aiguë ». En 2009, la chute brutale des prix du lait avait incité des éleveurs à franchir le pas. Mais depuis 2013, la machine semblait ralentir. Cette fois, ce sont non seulement les éleveurs qui se pressent au portillon, mais aussi les céréaliers touchés par des rendements moyens et des prix des céréales déprimés.

 

« J’ai failli arrêter », concède M. Leduc. A 50 ans, après l’échec d’un rapprochement avec deux voisins, l’éleveur breton s’est posé la question, avant d’opter pour un changement d’orientation. « J’aimais mon métier quand même, explique-t-il. Mais en conventionnel, plus on produit, moins il nous reste de revenus. J’ai voulu retrouver un pouvoir de décision, un prix rémunérateur. » Il a également fait le choix de ne plus livrer le lait bio de ses 45 vaches à Lactalis, même si le géant laitier de Laval restait preneur. « Chez eux, je ne suis qu’un numéro », estime l’éleveur, qui a décidé de travailler avec Biolait.

 

L’enjeu clé pour tous les agriculteurs, ce sont les prix. Aujourd’hui, le lait conventionnel payé par les grands acteurs, industriels comme coopératives, est tombé à 270 euros la tonne. En bio, il peut être valorisé entre 400 et 450 euros, sans les aléas de forte variation. De plus, le coût de l’alimentation animale est fortement réduit. « Mes bêtes pâturent et toutes mes cultures sont maintenant orientées pour les nourrir. En arrêtant d’acheter tourteaux de soja et de colza, j’épargne 2 500 euros par mois. Cela me paie mes prêts », précise M. Leduc.

 

Appétit des consommateurs

Mais tout l’édifice repose sur l’appétit des consommateurs pour l’alimentation bio. « Il faut que la consommation suive. Pour l’instant, elle progresse de manière positive. De plus, les récentes émissions de télévision sur France 2 dénonçant les pesticides ont un impact. Les clients s’interrogent et cherchent la qualité de l’alimentation », affirme Claude Gruffat, président du réseau de distribution Biocoop. Selon l’Agence Bio, le marché des produits bio a encore progressé de 10 % en 2015 et pèse aujourd’hui 5,5 milliards d’euros.

De plus, le chemin vers l’agriculture verte n’est pas toujours rose. « On ne peut qu’être satisfait de voir arriver ces nouveaux candidats. Mais la porte n’est pas ouverte à tout le monde. Il faut être prêt professionnellement et avoir une bonne santé économique pour franchir le pas », estime M. Gruffat.

 

Source : le monde

 

 

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La marche anti-pesticides à Bordeaux : merci Cash Investigation

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La marche anti-pesticides à Bordeaux : merci Cash Investigation
La marche anti-pesticides à Bordeaux : merci Cash InvestigationLa marche anti-pesticides à Bordeaux : merci Cash Investigation

 

 

En préambule de cet article de "Reporterre", je tenais à signaler mon étonnement face à cette vague de consternation, de colère et de peur suscitée par le reportage d'Elise Lucet. Oui je suis étonné que la France se réveille un beau matin en se rendant compte que notre nourriture est contaminée....depuis des décennies. A croire que la majorité d'entre nous vivait dans le déni le plus total, bercée par les jolis discours de la publicité et des experts en neuro marketing tout ceci saupoudré de téléréalité et de séries débiles proposées par TF1.

 

A croire que maintenir son peuple dans l'ignorance en le détournant des vrais réalités par le divertissement est chose aisée car il suffisait simplement de faire quelques recherches sur google accompagnée des étiquettes d'ingrédients des produits qu'on achète en supermarché pour s'apercevoir que notre industrie et notre agriculture nous empoisonnent depuis plus de 60 ans!

 

Suite à la diffusion d’un documentaire télévisé sur les pesticides, les militants pour l’interdiction de ces molécules ont rassemblé un millier de personnes à Bordeaux. En Gironde, l’inquiétude se répand au sujet d’écoles installées au bord des vignes et du danger pour les enfants ainsi exposés.

 

L’appel à marcher dans les rues de Bordeaux n’avait été lancé que le 6 février, sur les réseaux sociaux. Pourtant, en à peine plus d’une semaine, l’invitation des associations locales (Confédération paysanne Gironde, Générations futures Bordeaux, Vigilance OGM33, Allassac ONGF, les Amis de la Terre Gironde, Collectif Alerte Léognan et Info Médoc Pesticides) a bien été reçue. Et dimanche 14 février, tout le monde a été surpris par le nombre de personnes venues réclamer l’arrêt de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture.

 

Sous la pluie et dans le froid, environ 600 manifestants (1.000 à 1.500 selon les organisateurs) ont déambulé de l’hôtel de ville à la préfecture de la Gironde, en passant par le Conseil départemental. Dans le cortège, des militants écologistes, mais aussi beaucoup de parents inquiets pour la santé de leurs enfants.

Cette marche blanche faisait suite à la diffusion sur France 2, le 2 février dernier, du documentaire Cash investigation, « Produits chimiques, nos enfants en danger » (toujours consultable en ligne, où la Gironde est décrite comme premier consommateur de pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) de France.

À l’initiative, deux femmes qui se battent pour faire reconnaître la responsabilité des pesticides dans la mort de leurs proches et demandent leur interdiction : Valérie Murat (qui avait participé à la Rencontre de Reporterre sur les pesticides donc le père viticulteur est décédé en 2012 d’un cancer lié à l’arsénite de sodium, et Marie-Lys Bibeyran, dont le frère est mort d’un cancer rare en 2009.

« Cela faisait longtemps qu’on voulait organiser une manifestation à Bordeaux. Là, après Cash Investigation, c’était l’occasion de profiter de l’émotion suscitée », explique à Reporterre Valérie Murat. « Car, si beaucoup de gens étaient déjà informés, l’émission a créé un électrochoc dans le grand public. »

 

Mais pourquoi la mobilisation prend-elle particulièrement en Gironde ? À cause de l’omerta, selon les deux femmes : « Il y a un déni profond entretenu par les institutions. Dès le lendemain de la diffusion du documentaire, Bernard Farges, président du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), ainsi que la Chambre d’agriculture, ont lancé la machine à désinformer, avec un discours cosmétique » rappelle Valérie Murat.

 

Grosse inquiétude sur les enfants

 

C’est principalement la mise en danger des enfants, par le biais des écoles, qui fait réagir. Dans le département, pas moins de 130 écoles sont exposées aux pesticides car enclavées dans les vignes. Or, si des études épidémiologiques commencent à pointer la corrélation entre ces zones et des cancers pédiatriques, notamment des leucémies, aucune étude toxicologique ne permet pour l’instant d’établir de causalité directe.

« Arriver à rassembler autant, c’est pas anodin. Cela fait trois ans que je sollicite le CIVB, la Chambre d’agriculture, le président de région Alain Rousset, en leur disant : ’Attention, ça va vous péter à la gueule’. Ce soir, ils font moins les malins. Car quand les gens descendent dans la rue, c’est bon pour le rapport de force » assure Valérie Murat. « Et je crois que ça va essaimer » poursuit-elle.

 

Marie-Lys Bibeyran fait également preuve d’optimisme : « Je pense qu’il y aura un avant et un après 14 février, au niveau local. Les gens ont montré qu’ils étaient informés et capables de se mobiliser. Maintenant je ne vois pas comment les institutions pourraient ne pas bouger. »

Dimanche, par la voix de Dominique Techer de la Confédération Paysanne Gironde, les manifestants ont d’abord demandé la protection des écoles. « Nous voulons que les vignes situées à proximité des établissements scolaires soient obligées de passer en bio, dès maintenant » explique Marie-Lys Bibeyran. « On ne peut pas imaginer une nouvelle saison comme ça, avec des épandages autour des écoles. »

 

Ensuite, se donner les moyens de comprendre les effets des pesticides : « On veut des études toxicologiques pour quantifier et caractériser l’exposition aux pesticides » dit Valérie Murat. « Mais pour cela, il faut une volonté politique. La région pourrait se saisir de cette question. Car quand tout le monde à l’étranger saura que le vin a intoxiqué des gens voire les a conduit à la mort, ils ne voudront plus en boire. »

 

Les deux femmes, qui se battent depuis plusieurs années déjà, ne manquent pas d’idées. « On sait qu’il faut occuper le terrain » avertit Marie-Lys Bibeyran. « J’ai rendez-vous avec le préfet le 1er mars pour lui remettre une pétition pour la réduction de l’exposition des salariés de l’agriculture et des industries agro-alimentaires aux pesticides, qui est rendue à 6.800 signatures. » Valérie Murat, elle, poursuit des procédures judiciaires pour faire reconnaître son père comme victime de l’industrie chimique.

 

Source : Baptiste Giraud pour Reporterre

 

 

 

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Une petite maison écolo qui s'adapte à vos besoins pour 18 000 €

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Une petite maison écolo qui s'adapte à vos besoins pour 18 000 €
Une petite maison écolo qui s'adapte à vos besoins pour 18 000 €Une petite maison écolo qui s'adapte à vos besoins pour 18 000 €Une petite maison écolo qui s'adapte à vos besoins pour 18 000 €

Afin de faire face à la crise immobilière ainsi qu'à la raréfaction des espaces constructibles, les membres du Rural Studio, un collectif d’architectes, ont eu la brillante idée en 2015 de monter un projet qu'ils ont baptisé le 20K Project.

Ce projet a pour but de concevoir de nouveaux modes vie en créant des habitations qui s'adaptent aux besoins quotidiens, et qui en plus d'être très originales consomment peu d'énergie.

On trouve ces petites maisons de 45m2 très bien agencées à moins de 20 000 dollars soit 18 000 euros.

Tous les membres se sont mis sur le projet et le resultat est fascinant !

 

 

 

 

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Maroc: centrale thermo-solaire de Ouarzazate, un test pour toute l’Afrique

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Maroc: centrale thermo-solaire de Ouarzazate, un test pour toute l’Afrique

 

 

Noor 1, la première phase de la centrale solaire de Ouarzazate, inaugurée le 4 février 2016 dans le sud-marocain pourra produire de l’énergie plusieurs heures après le coucher du soleil. Le Maroc a fait ici le pari d'une technologie thermo-solaire à concentration plus onéreuse. Ses performances seront scrutées de près par les pays africains qui y voient peut-être leur avenir énergétique.


A 20 kilomètres de Ouarzazate, 500.000 miroirs de 12 mètres de hauteur suivent le mouvement du soleil dans le ciel sans nuage du désert marocain. Après 30 mois de travaux, la première tranche de la centrale photovoltaïque a été raccordée début février au réseau électrique du pays. D’une puissance de 160 mégawatts, elle aura coûté 900 millions d’euros. C’est la première d’un parc géant qui doit permettre de produire 500 mégawatts d’énergie photovoltaïque à l’horizon 2018.
 
Un pari technologique


18 mois pour aplanir 500 hectares de roches et de terre, 12 mois pour installer 800 rangées de miroirs incurvés, exposés de manière à minimiser les dommages causés par le sable amené par les vents du désert. Un barrage situé à 5 km, permet de fournir l’eau nécessaire au nettoyage régulier des miroirs. «Sans ce barrage, l’eau nous aurait coûté cher, limitant fortement l’intérêt du projet», affirme Vincent Dewulf, directeur commercial du groupe saoudien Acwa Power en charge de l'exploitation du site.
 
Le problème de l’énergie solaire a longtemps été de produire de l’électricité durant la journée alors que la consommation se faisait essentiellement le soir. Cette contrainte majeur a présidé au choix d'une technologie solaire thermique à concentration, retenue pour sa capacité à stocker la chaleur durant deux ou trois heures après le coucher du soleil. La centrale peut alors alimenter un million d’habitants durant la soirée, au moment où la demande est maximale.
 
Avec cette technologie, les miroirs concentrent la lumière du soleil, chauffent une résine liquide à 393°C. Cette chaleur stockée est convertie en vapeur d’eau destinée à l’alimentation de turbines électriques.
 
Selon les ingénieurs marocains, les centrales Noor 2 et 3, raccordées en 2018, pourront stocker l’énergie jusqu’à huit heures, ouvrant la perspective d’une énergie 24 heures sur 24.

 

Cette technologie (CSP), qui permet de stocker de l’énergie sous forme de chaleur durant plusieurs heures, est onéreuse à produire : 1,60 dirham le Kwh contre 0,80 pour le photovoltaïque conventionnel.
 
Mais selon Obaid Amrane, de la direction du Masen (Maroc Solar Agency), «la technologie CSP n’est au final  pas plus chère que le photovoltaïque, si on prend en considération la connexion au réseau électrique, et la disponibilité de l’électricité la nuit».
Cette énergie solaire, en abondance durant la journée, peut également être utilisée pour le dessalement de l’eau, dans un pays de plus en plus impacté par le réchauffement climatique.
 
Priorité aux besoins du pays


Avec l’une des plus grandes centrales solaires à concentration du monde, le Maroc a un temps d’avance sur les pays de la région. «Nous sommes impliqués dans les lignes haute tension pour couvrir tout le sud-marocain et la Mauritanie, mais rien ne nous empêche un jour de viser l’Espagne, l’Afrique du Nord ou sub-saharienne», déclare Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’Investissement Energétique.

Dépourvu de pétrole et de gaz, le Maroc veut avant tout profiter de son ensoleillement exceptionnel pour construire en priorité son indépendance énergétique et faire face à une consommation appelée à quadrupler d’ici 2030.
 
Une expérimentation suivie de près par les pays africains qui lorgnent sur les milliards de dollars de financement annoncés lors de la conférence sur le climat à Paris. 10 milliards de dollars devraient financer 300 gigawatts d’énergies renouvelables sur le continent d’ici 2030.

Les besoins sont énormes: 600 millions d'Africains n'ont toujours pas accès à l'électricité.
 
Le Maroc accueillera la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat. La Cop 22 devrait entrer dans le vif du sujet et lancer plusieurs projets solaires sur le continent africain. Il s'agit encore de valider les meilleures technologies afin de les dupliquer sur l'ensemble du continent.

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