Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn : quand l'argent détrône la santé

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Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, ministre de la santé

 

Madame Buzyn,

 

Dans un article du parisien paru le 26 mars 2018, vous dévoilez votre plan de prévention pour sauver 100.000 vies par an. Vous proposez entre autre des mesures de dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus, la vaccination de la grippe ou encore des traitements remboursés pour le sevrage tabagique… Facile j’ai envie de dire.

 

Ce n’est pas en dépistant le cancer gratuitement qu’on sauve des vies mais en l’empêchant de se déclarer dans les organismes, en agissant en amont.

 

Au début du 20e siècle, seule une personne sur vingt était atteinte d'un cancer au cours de sa vie. 
Dans les années 1940 encore, ce n'était qu'une personne sur seize. Dans les années 1970, ce fut une personne sur dix.  Aujourd'hui, c'est une personne sur trois. La médecine moderne nous fait étalage de ses prouesses. C’est un échec retentissant.

 

Pour sauver des vies, Madame Buzyn, nul besoin de vacciner à outrance, d’apposer un logo sur les bouteilles d’alcool « interdit aux femmes enceintes », ou encore de dépister gratuitement les cancers du col de l’utérus. Si vous voulez sauver des vies, commencez par promouvoir l’agriculture biologique en renforçant les aides au maintien et à l’installation des fermes bio, faites voter une loi pour la suppression de certains édulcorants classés cancérigènes (aspartame, dioxyde de titane dans les biscuits et plats industriels…).

 

Hippocrate disait en son temps : « que ta nourriture soit ta médecine ».

On devient ce que l’on mange, et si la nourriture est empoisonnée, le corps le sera aussi.

Votre annonce clinquante me fait penser à celle d’Edouard Philippe en début d’année, lorsqu’il se montrait au public comme un sauveur de vies, un chevalier partant en croisade pour renforcer les lois sur la sécurité routière, je me rappelle l’entendre marteler sur les réseaux sociaux « je veux sauver des vies ! ». C’était pathétique.

 

Dans ce gouvernement les visages sont différents mais vous parlez et agissez tous d’une même voix.

Vos annonces sont simples et tape à l’œil, ce sont des annonces cosmétiques qui leurrent sans doute beaucoup de personnes mais qui pour certains voulant bien réfléchir, restent grossières et malhabiles.

 

Vous voulez sauver des vies ?

Visiblement vous et Edouard Philippe en faites une idée fixe, alors agissez en abolissant les pesticides qui sont en train de nous empoisonner et qui tuent 9 oiseaux sur 10 dans les plaines céréalières françaises, obligez les industriels à supprimer leurs colorants et leurs édulcorants meurtriers, surtaxez le nutella et autres cochonneries produites par Ferrero et Mondelez, abolissez les OGM qui, à la lueur des études du Pr Seralini sont cancérigènes, demandez à Bayer, Monsanto et BASF de quitter notre territoire, cessez cette mascarade autour de ces 11 vaccins imposés, véritables poisons pour le corps humain, demandez le retrait des Linky et de tous les objets connectés que les parents ignorants offrent à leurs enfants. Organisez de véritables campagnes de sensibilisation à l’usage des smartphones en recommandant une utilisation de moins d’une heure par jour et surtout pas en dessous de quinze ans, comme le préconise l’O.M.S.  Une génération de cancéreux se prépare.

 

En appliquant tous ces conseils de bon sens vous serez ainsi cohérente avec votre volonté de sauver des vies. Et là ce ne seront pas 100.000 vies que vous sauverez comme vous le proclamiez, mais des millions !

 

Mais peut être que sauver des vies reste moins rentable que de diagnostiquer des cancers précoces ; en effet un traitement d’un patient sur une année coûte entre 35.000 et 50.000€ et le coût mondial s’élève à 900 milliards d’euros ! Nous pourrions bâtir des colonies sur Mars avec une telle somme.

Et c’est autant d’argent qui vient engraisser vos anciens employeurs lorsque vous étiez médecin…

Dans de telles conditions Madame Buzyn, il est clair que votre devoir auprès de vos maîtres et amis est de diagnostiquer plutôt que de traiter la maladie à la source en adoptant de saines pratiques de vie.

 

Vous mériteriez d'être radiée par le conseil de l'ordre des médecins pour de telles pratiques, que même les mafieux doivent vous envier.

 

Jérôme Garnier. Auteur, blogueur.

"Embrasement, histoire de la fin programmée d'une ère"

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Fusion Bayer-Monsanto : « la Commission européenne vient de donner naissance à un monstre »

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L'Europe! Ah l'Europe! Cette terre démocratique éprise de liberté! Ce continent avant-gardiste toujours prompt à écouter son peuple et à le concerter avant de prendre de grandes décisions. Ce phare qui éclaire le monde et qui donne des leçons de démocratie aux autres pays arriérés vient d'autoriser la fusion de deux sociétés abominables créant ainsi un ogre à deux têtes : Bayer et Monsanto.

Des députés européens dénoncent la décision de la Commission européenne d’autoriser la fusion entre les groupes Bayer et Monsanto, qui va renforcer le modèle de l’agriculture productiviste en Europe, ainsi que le pouvoir de l’industrie agro-alimentaire, contre la volonté des citoyens.
Il n’y avait pas beaucoup d’illusions à se faire sur la décision finale. En prévenant qu’elle n’enquêterait que sous l’angle des possibles distorsions à la concurrence, la Commission européenne avait en effet clairement signifié qu’il n’était pas question de prendre en compte, dans son évaluation des conséquences de la fusion entre Bayer et Monsanto, d’autres critères que des critères strictement économiques. La question était seulement de savoir si un autre industriel du même secteur pourrait éventuellement pâtir de cette fusion, en termes d’abus liés à la position de quasi monopole du nouveau groupe.
 
A partir de là, le vers était dans le fruit. A aucun moment, la Commission n’a envisagé d’intégrer dans sa décision des considérations liées à l’environnement et à la santé publique, pas plus que des critères de modèles agricoles. « La grande majorité des concentrations notifiées ne posent pas de problème de concurrence et sont autorisées après un examen de routine, » avait d’ailleurs rappelé la Commission européenne. L’important pour elle, c’est d’abord la bonne santé des actionnaires.
 
Un modèle insoutenable
Monsanto, rappelons-le, est la compagnie qui produit le glyphosate, l’herbicide le plus vendu au monde, mais aussi le maïs Mon 810, la seule  plante OGM autorisée à la culture dans l’Union européenne. C’est aussi l’entreprise qui depuis son origine au début du XXème siècle, accumule les scandales sanitaires liés à ses produits : herbicides, PCB, dioxine, sans oublier le fameux agent orange, ce terrible défoliant massivement déversé par les Etats-Unis sur les forêts et les villages pendant la Guerre du Vietnam, et dont les conséquences sur la santé ( cancers, malformations, etc… ), se font toujours sentir aujourd’hui (1.) Monsanto est aussi connu pour la puissance de son lobbying international acquise au cours d’un siècle d’expérience, ce que la décision que vient de prendre la Commission européenne ne dément pas.
 
Quant au groupe allemand Bayer, il fait principalement dans les produits pharmaceutiques, mais également dans les produits phytosanitaires pour l’agriculture, et, comme Monsanto, dans les semences.
Quelles vont être les conséquences de cette fusion entre le chimiste allemand et le semencier américain ?
La première, c’est la création de la plus grande entreprise intégrée au monde dans le domaine des pesticides et des semences. Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’au delà du poids industriel et financier de la nouvelle multinationale, c’est tout le modèle agricole qu’elle véhicule qui va s’en trouver renforcé. Rappelant que la l’organisation des Nations unis pour l’alimentation et l’agriculture ( FAO ) et l’Organisation mondiale de la Santé ( OMS ) avaient déjà souligné en 2014, que la principale cause de la violation du droit des hommes à l’alimentation, était l’échec du système agroalimentaire actuel « qui avait abandonné une agriculture durable, rurale, familiale axé sur la production d’aliments sains, locaux, diversifiés et saisonniers, » le groupe espagnol Podemos, expliquait, à l’annonce du projet de fusion Bayer-Monsanto, que cette fusion aboutirait « à un modèle de surexploitation des ressources naturelles pour le bénéfice de quelques uns, » rappelant que « Monsanto est une entreprise qui défend un modèle insoutenable d’abus, de redevances, de dépendance aux produits agrochimiques, socialement pervers, et nuisibles à la santé et à l’environnement. »
 
L’Europe dans la main
Décuplées également, les capacités de lobbying qu’aura la nouvelle compagnie sur les pouvoirs politiques internationaux, ceux qui précisément prennent les décisions en matière d’autorisation de produits et les législations en lien avec la santé publique. Tous les produits phares du groupe sont concernés. Or la firme Monsanto a déjà prouvé, dernièrement, à l’occasion de la bataille sur le glyphosate, qu’elle était capable de se battre jusqu’au bout et de créer la surprise en jouant un rôle décisif dans le choix d’une institution pourtant aussi lourde que l’Union européenne avec ses 28 pays. En s’alliant avec l’entreprise allemande Bayer, Monsanto gagne un précieux allié dont le poids est dominant en Europe - l’Allemagne - dont on imagine mal qu’elle puisse prendre des décisions qui nuiraient à ses intérêts industriels.
 
L’épisode burlesque du dernier vote de l’Allemagne sur l’autorisation du glyphosate en Europe vient encore de le prouver : en novembre dernier, alors que l’Allemagne devait s’abstenir, entraînant la fin de l’autorisation du glyphosate en Europe, le ministre allemand de l’agriculture, le conservateur Christian Schmidt, avait surpris tout le monde en votant à la dernière seconde pour la prolongation du pesticide de Monsanto, soi-disant, de sa propre initiative, et sans en parler au gouvernement, mais tout de même « dans l’intérêt du pays, » c’est-à-dire, pour ce ministre conservateur, dans l’intérêt du syndicat agricole productiviste majoritaire, et dans l’intérêt de Bayer-Monsanto. Ce vote, qui a entraîné celui de plusieurs autres pays européens, a finalement abouti à la prolongation de l’autorisation du glyphosate, et des profits que va réaliser le nouveau groupe, dont le glyphosate est le produit phare.
 
« Du berceau au tombeau, ceux qui nous empoisonnent nous vendront aussi leurs médicaments pour nous guérir, » ironise José Bové ( Vert-ALE ), pour qui cette fusion nous plonge dans un monde «  quasi-orwellien. » La Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ), pour qui Monsanto est « le symbole de l’agriculture industrielle et chimique qui détruit la planète, » prévoit également que des petits agriculteurs vont perdre leur travail, et que de nombreuses communautés rurales vont disparaître. Michèle Rivasi ( Verts-ALE ) énumère toute une série d’ effets nuisibles que cette fusion va entraîner : mise sous tutelle définitive des agriculteurs coincés entre des prix non rémunérateurs et un coût croissant des intrants agricoles, réduction de la diversité des semences, dépendances aux intrants phytosanitaires et aux biotechnologies, concentration financière des grands fonds d’investissement, etc… Pour Eric Andrieux ( S et D ), « la Commission européenne vient de donner naissance à un monstre, » et l’eurodéputé socialiste explique que « le modèle de développement que sous-tend le rachat de Monsanto par Bayer est aux antipodes de la transition de notre modèle productiviste vers un modèle soutenable et respectueux de l’environnement, que les citoyens appellent de leurs vœux. » Le député Vert allemand Sveg Gigold ( Verts-ALE ) parle lui, d’une « décision toxique », et conclut : « c’est un jour noir pour la démocratie européenne. »
 
 
(1) L’une des enquêtes les plus complètes sur la firme américaine est dans documentaire de Marie-Monique Robin, « Le monde selon Monsanto, » sous-titré : « de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien. »
Source : l'humanité.fr

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Disparition dramatique des oiseaux : les agriculteurs doivent maintenant prendre leurs responsabilités

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Dans nos champs, l'image se raréfie : la fauvette, la perdrix rouge, et même la plus criarde et la plus commune, l'alouette, voient leur population dangereusement décliner. Dans les Deux-Sèvres, ce chercheur, comme 800 ornithologues en France, recense toute l'année les populations d'oiseaux champêtres.

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/environnement-le-silence-des-oiseaux_2666612.html

9 oiseaux champêtres sur 10 ont disparu en 20 ans

Leur disparition s'est accélérée dernièrement : "On a perdu un tiers des effectifs de l'espèce la plus abondante, et des espèces moins abondantes ont perdu encore plus d'effectifs, comme les perdrix par exemple, où on a enregistré des déclins de 80 à 90%, donc 9 individus sur 10 ont disparu en l'espace de 20 ans", explique Vincent Bretagnolle. Si les oiseaux champêtres souffrent à ce point, c'est que leurs sources de nourriture se raréfient. Moins de graines, avec depuis dix ans, l'arrêt des jachères. Et surtout, 75 % d'insectes volants en moins à cause des pesticides. En forêt et en ville, contrairement aux champs, les populations d'oiseaux sont stabilisées, mais avec un nombre d'espèces très limité.

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Les oiseaux des campagnes en déclin "vertigineux", Muséum et CNRS sonnent l'alarme

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Paris - Moins 60% de moineaux friquet depuis 10 ans, un tiers d'alouettes des champs disparues en 15 ans... Les oiseaux des campagnes françaises sont victimes d'un déclin "vertigineux", qui s'est encore intensifié depuis deux ans, selon de nouveaux recensements.

"Le printemps 2018 s'annonce silencieux dans les campagnes françaises", s'alarment le CNRS et le Muséum national d'histoire naturelle dans un communiqué commun, mardi, en estimant que "ce déclin atteint un niveau proche de la catastrophe écologique".

En zones agricoles, les populations d'oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en 15 ans, montrent les relevés conduits depuis 1989 par le "Suivi Temporel des Oiseaux Communs" (Stoc), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts.

"On ne prend pas de grands risques en disant que les pratiques agricoles sont bien à l'origine de cette accélération du déclin", a dit à l'AFP Grégoire Loïs, directeur-adjoint de Vigie-Nature, qui chapeaute le Stoc, car les oiseaux ne déclinent pas au même rythme dans d'autres milieux.

"Il y a un déclin léger sur le reste du territoire, mais rien à voir en termes d'amplitude", ajoute-t-il.

En zones agricoles, des espèces comme l'alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. En Ile-de-France, la tourterelle des bois approche -90%.

Une autre étude, menée par le CNRS depuis 1995 dans les Deux-Sèvres, sur 160 zones de 10 ha d'une plaine céréalière typique des territoires agricoles français, enfonce le clou.

"Les populations d'oiseaux s'effondrent littéralement dans les plaines céréalières", constate Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d'études biologiques de Chizé. "Les perdrix se sont presque éteintes dans notre zone d'étude..."

Selon ces recherches, en 23 ans, l'alouette a perdu plus d'un individu sur trois (-35%), la perdrix grise huit individus sur dix...

- 'Effondrement sous nos yeux' -

"Ce qui est alarmant, c'est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse. Cela signifie que c'est la qualité globale de l'écosystème agricole qui se détériore", analyse le chercheur.  

Grosses ou petites, migratrices ou pas, toutes les espèces sont concernées, probablement du fait de l'effondrement des insectes.

"Il n'y a quasiment plus d'insectes, c'est ça le problème numéro un", souligne M. Bretagnolle.

Car même les volatiles granivores ont besoin d'insectes à un moment dans l'année, pour leurs poussins.

Cette disparition massive est concomitante à l'intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009, période qui correspond à la fin des jachères imposées par la Politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du recours massif au nitrate et à la généralisation des insecticides néonicotinoïdes, ajoutent le CNRS et le Muséum dans leur communiqué.

Selon M. Loïs, le constat est similaire en Europe, notamment dans l'ouest du continent.

Selon deux études récentes, l'Allemagne et l'Europe ont perdu 80% d'insectes volants et 421 millions d'oiseaux en 30 ans.

Les scientifiques français s'interrogent sur les raisons de "l'accélération très forte" de ce déclin constatée en 2016 et 2017, et à ce stade largement inexpliquée. Ce qui les a conduits à diffuser ce communiqué commun mardi, sans attendre de voir leurs études publiées dans une revue scientifique.

"On a l'impression qu'il y a une forme d'effondrement en train de se produire sous nos yeux", dit M. Loïs. "Cette accélération est-elle liée à la multiplication des facteurs? A une nouvelle pratique agricole dommageable qu'on n'aurait pas encore identifiée? A-t-on franchi un seuil?"

De quoi redouter un "printemps silencieux", comme le "silent spring" prédit par la célèbre écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du DDT, finalement interdit?  

"Si cette situation n'est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole, et d'abord les agriculteurs, pour accélérer les changements de pratiques", appellent le Muséum et le CNRS.

Source : l'express.fr

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