Cette insolente beauté de la Nature

Publié le par Gerome

Cette lettre a été publiée en Janvier 2005 dans le Dauphiné Libéré, un pamphlet contre la croisière blanche superbement écrit et qui a le mérite d'être clair. Deux ans plus tard ce texte est malheureusment d'actualité.

La croisière blanche est un crime.

 

Cette manifestation repose sur un dévoilement sémantique lorsqu’on peut lire à juste titre (dans votre spécial « Vroum vroum y’en a pour tout l’hiver ! ») : face à l’insolente beauté de la nature…

 

La beauté peut et sait être insolente, et c’est tant mieux ! Reste à savoir apprécier cette beauté ou… la détruire !

 

Mais pourquoi vouloir détruire ce qui peut apparaître comme une « aspiration » de vie ?

 

Le motoriste est par définition quelqu’un qui à besoin de son engin pour se sentir puissant, dominateur, sans quoi il est faible, pitoyable. Face à lui il ressent la provocation de la nature et cela lui est insupportable ; aussi il s’arrange de diverses manières pour y laisser son empreinte : sous forme d’ornières comme des traces de violence, par des taches d’huile comme du sperme pollué, ou encore, par une odeur de gaz d’échappement caractéristique… ; cet acte porte un nom : le viol !

 
 

Le motoriste cherche vainement à afficher sa supériorité face à ce qu’il lui est impossible d’apprécier, la beauté, il n’a alors d’autre solution pour se sentir exister que de la bafouer, essayer de l’enlaidir afin qu’au moins elle lui ressemble s’il ne parvient à la dominer.
Mais la nature avec son insolente beauté ne lui appartient pas, jamais, il n’a aucun droit sur elle quoi qu’il fasse, il s’approprie seulement d’un bien commun pour tenter d’imposer sa laideur à lui ; cet acte aussi porte un nom : le totalitarisme !

 

Viol et totalitarisme sont toujours étroitement liés, tous les deux tendent vers un seul but : l’accaparement au seul « profil » (sens : caractère (?)) du crime. C’est donc en cela que la croisière blanche est doublement condamnable.

 

Elle véhicule l’image édulcorée mais bien réelle de toute la bassesse humaine.

 

M. BRAO

 

Gap

Publié dans Hautes-Alpes

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