Un projet d'hydroliennes au large du Cotentin et de la Bretagne, EDF s'intéresse aux courants marins.

Publié le par Gerome


Des prototypes d'hydroliennes seront immergés dans le Cotentin et en Bretagne. L'objectif ? Produire de l'électricité à partir des courants marins. Pour EDF, la première étape du projet consiste à mesurer le potentiel énergétique de ces courants.
D'ici à quelques années, des champs d'hydroliennes pourraient fleurir à proximité des côtes de Bretagne et du Cotentin. C'est dans la Manche , en effet, que se concentre l'essentiel du potentiel de cette forme d'énergie. L'hydrolienne est à l'eau ce que l'éolienne est à l'air. Le principe est simple. La force des courants marins actionne les pales d'un ou de plusieurs rotors. L'énergie mécanique produite par la rotation des pales est transformée en énergie électrique.

Ces « éoliennes sous marines » sont attractives pour plusieurs raisons. « D'une part, la production d'électricité est prévisible, puisque les marées peuvent être calculées à l'avance. Par ailleurs l'espace nécessaire pour ces installations et l'impact sur l'environnement sont réduits. Enfin les courants marins constituent une ressource énergétique intéressante car la densité de l'eau est importante (1.000 fois supérieure à celle de l'air). », explique Cyrille Arbonnel, chargé du projet hydroliennes à EDF.

Hier, des courantomètres ont été installés près de la pointe de Barfleur, dans le Cotentin. Ils vont mesurer, pendant quinze jours, l'énergie produite par les courants marins. Immergés entre 20 et 50 mètres de profondeur, ils seront signalisés en surface par des bouées lumineuses.

La même opération sera renouvelée, au printemps, sur les côtes bretonnes. Cyrille Arbonnel estime que « 3 000 mégawatts peuvent être installés en France. Soit 20 % du potentiel théorique européen, ce qui est important. L'objectif à terme est la mise en place d'ici 2008 d'un site démonstrateur industriel. »


Le temps de charge d'une hydrolienne, c'est-à-dire le temps durant lequel elle produit de l'électricité dans une année, sera de l'ordre de 40 %. Par comparaison, une centrale nucléaire comme Flamanville produit 2 600 mégawatts quasiment sans arrêt.
Le projet est européen. Déjà, la Grande-Bretagne , la Norvège et l'Italie testent des prototypes. En France, l'Institut national polytechnique de Grenoble et la société Hydroélix Énergies de Quimper travaillent sur ces technologies. Mais on est encore loin de la phase industrielle. « Pour l'instant, il s'agit de doter EDF des éléments pour décider de l'implantation d'un site pilote. La prochaine étape consistera à s'associer avec des constructeurs de machines. » EDF croit au développement des énergies marines, mais ne veut pas brûler les étapes, échaudée par les critiques formulées à l'encontre des éoliennes. « Tout cela doit se faire en concertation avec les acteurs du monde maritime. À commencer par les pêcheurs. »


Le premier site pilote d'hydroliennes devrait être implanté en 2008. Pas forcément là où le courant est le plus fort, comme dans le raz Blanchard, où sa vitesse atteint 6 à 10 m par seconde. « Nous considérons qu'à partir de 2 m par seconde un courant est suffisamment fort pour faire fonctionner une hydrolienne. » À terme, des parcs de 10 à 50 machines pourraient coloniser certaines zones et compléter l'offre énergétique, notamment en bout de ligne, comme en Bretagne. « Il n'est pas exclu de décentraliser quelques unités pour alimenter des îles par exemple. »
Mieux, avec cette technologie EDF espère se placer à l'exportation. Les énergies renouvelables intéressent les pays en voie de développement.




Publié dans Les bonnes nouvelles

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