22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:06

Ironie du sort : cette décision vivement souhaitée par les agriculteurs et les industriels a été prise en pleine polémique sanitaire des lasagnes à la viande de cheval…

 

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Une polémique au retentissement continental, dont Findus se serait volontiers passé et que les trois cents salariés du fournisseur Spanghero, au chômage technique depuis la suspension de l’agrément sanitaire de l’entreprise, pourraient payer au prix fort.


La condamnation ferme du gouvernement, prématurée aux yeux de certains, et les premières conclusions à charge de l’enquête de la répression des fraudes présagent en effet du pire pour ces employés. Plus largement, d’aucuns se demandent aujourd’hui, et on peut les comprendre, si les plats cuisinés en vente dans les supermarchés sont fiables. Et les spécialistes de disserter sur les diverses répercussions économiques de l’« affaire » de la viande chevaline – parfaitement comestible en l’occurrence, il faut tout de même le rappeler -, tandis que les pouvoirs publics réfléchissent à des mesures pour renforcer les contrôles, ce qui serait il est vrai la moindre des choses.


C’est dans ce contexte de forte défiance alimentaire qu’est parue au Journal officiel de l’Union Européenne (UE) la décision de Bruxelles (approuvée en fait en juillet) d’autoriser le recours aux farines de porcs et de volailles pour nourrir les poissons. Devant entrer en vigueur dès le 1er juin prochain, l’agrément a suscité de nombreuses critiques, y compris en haut lieu. Le triste souvenir de la vache folle sans doute…

 

« Ce n’est pas dans le logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons »

« J’en pense le plus grand mal », a ainsi commenté la ministre de l’Écologie Delphine Batho hier sur la radio RCJ, emboîtant le pas à ses collègues de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll et Guillaume Garrot. Et d’ajouter, désireuse de voir s’appliquer le principe de précaution ici également : « C’est vrai que ce ne sont pas exactement les mêmes farines animales que dans le passé [NDLR : Il s'agit en fait de Protéines animales transformées (PAT) ], là ce sont des farines animales faites avec des morceaux propres à la consommation […], mais ce n’est pas dans le logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons. »


Des propos qu’ont dû apprécier les écologistes et les associations de protection de l’environnement, auxquels il n’a pas non plus échappé que la Commission européenne souhaite étendre l’utilisation de ces farines animales pour les porcs et les volailles à compter de 2014. Totalement interdites depuis 2001, revenues dans le débat public à plusieurs reprises ces dernières années, elles vont donc effectuer leur grand retour, plus de quinze ans après le scandale de la vache folle.


Paris ne peut s’y opposer, mais a tout de même prôné la création d’un label « sans farine animale ». Le meilleur moyen pour rassurer des consommateurs qui ont de quoi être passablement décontenancés.

 

 


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