8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 09:06

Un groupe écologiste islandais a estimé mercredi déraisonnable la licence d'exploration de pétrole en mer accordée à un groupe chinois par Reykjavik.

 

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«L’Islande ne devrait pas parier sur le pétrole», a affirmé à l'AFP le président de l'Association islandaise de la préservation de la nature (INCA), Arni Finnsson.

«Il y a peu de signes qui montrent que la production de pétrole dans la zone de Dreki serait rentable», a-t-il ajouté, s'appuyant sur les doutes qu'ont suscités chez les analystes du secteur les ambitions de l'Islande.

En janvier, la compagnie pétrolière publique chinoise CNOOC International a obtenu une licence d'exploration dans l'océan glacial Arctique, dans la région de Dreki, à plus de 200 km de la côte septentrionale.


C'est la troisième licence accordée depuis le lancement de l'appel d'offres en 2009, après celle obtenue par la société islandaise Eykon Energy et celle de Petoro, détenue par la Norvège.

L'Islande, qui se rétablit lentement de la grave crise financière qu'elle a traversée en 2008-2009, espère pouvoir avoir la même chance que son voisin norvégien il y a un demi-siècle.

«C'est ça l'espoir», dit Thorarinn Sveinn Arnarson, à la tête du bureau des licences d'hydrocarbures au sein de la Direction nationale de l'énergie. «On ne sait pas s'il y a du pétrole là-bas, mais on explore et les entreprises prennent ces risques. L’Etat islandais n'a rien à perdre».


D'après lui, «si on trouve quelque chose qui est économiquement viable il y aura des retombées fiscales et bien sûr tout ce qui va avec, la création d'emplois et une capacité technique semblable à ce que l'on a vu en Norvège et dans îles Féroé».

Mais il y a encore loin avant d'y parvenir, souligne un expert du pétrole et du gaz de l'Université d'Oslo, Dag Claes. «Les Islandais ont misé là-dessus du fait de leur crise financière mais nous sommes un peu réservés sur la région : c'est assez éloigné», estime-t-il.


Il fait allusion à des règles environnementales «assez strictes» concernant la construction sur Jan Mayen, île volcanique norvégienne où les compagnies pourraient avoir envie de construire des pistes d’atterrissage et d'autres installations.

D'après une étude réalisée en 2008 par le Bureau d'études géologique américain, l'Arctique pourrait détenir 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel qu'il reste à découvrir sur la planète.

Toutefois le coût élevé de l'extraction dans des milieux rudes et isolés, outre les questions environnementales, laisse penser que ces hydrocarbures pourraient rester inexploités.

 

 


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Published by Notre Terre - dans Nature
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