La crise rend les Français moins écolos et plus égoïstes

Publié le par Gerome

 Selon le baromètre 2012 de la consommation responsable, l'environnement passe après les économies...



La crise va-t-elle tuer l’écologie ou lui donner un autre sens? Selon l’enquête annuelle sur la consommation responsable publiée ce mardi par le cabinet Ethicity, les Français se préoccupent de moins en moins de l’environnement mais sont de plus en plus sensibles à la production locale et à la chasse au gaspillage. Ainsi,  si seulement 43% des personnes interrogées se déclarent concernées par l’avenir de la planète, soit 5,5 points de moins qu’en 2012, elles sont 88% à privilégier les entreprises ayant une implantation locale.



La plus grosse progression par rapport à l’année précédente concerne le gaspillage: 31% des sondés disent ne jamais jeter les fruits et légumes qui n’ont plus l’air frais, alors qu’ils n’étaient que 19% en 2012. Un geste écolo plutôt motivé par les cordons de la bourse qui se resserrent: la principale préoccupation des Français est désormais le coût de la vie (pour 26% des personnes interrogées), suivi par le chômage et la précarité pour 22% des sondés, soit 17 points de plus qu’en 2012.


Les petites entreprises privilégiées



Logiquement, les Français à qui l’on parle de consommer «responsable» pensent maintenant à soutenir l’économie locale plutôt qu’à prendre soin de l’environnement. Ainsi, 56% des personnes interrogées déclarent qu’un produit permettant de consommer responsable doit être fabriqué localement et pour 31% d’entre eux, consommer  «malin» c’est éviter les intermédiaires. Echaudés par les scandales alimentaires et les licenciements dans les grandes entreprises, 77% des Français interrogés déclarent faire plus confiance aux petites entreprises qu’aux grandes.



«Les consommateurs ont d’abord besoin d’être rassurés sur les fondamentaux des produits: sécurité, traçabilité, qualité», commente le cabinet Ethicity. Mais ces souhaits sont liés à des préoccupations individuelles, comme la santé, la sécurité et le pouvoir d’achat, plutôt qu’à la volonté de préserver la planète. Le changement climatique est ainsi cité comme principale préoccupation environnementale par seulement 27% des sondés, alors que la pollution, qui les touche plus directement, caracole en tête des sujets d’inquiétude avec 47% de Français qui la citent en premier lieu. Les Français plus concernés par leur santé et leur porte-monnaie que par l’état de la planète: la crise pourrait changer l’écologie en «égologie», conclut le cabinet.

 

 

Publié dans Nature

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