La montée du niveau des océans a brutalement accéléré

Publié le par Notre Terre

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Refaire un calcul pour vérifier qu’on ne s’est pas trompé, ça arrive à tout le monde. Carling Hay et son équipe de l'université d'Harvard, eux aussi, ont refait un calcul: la mesure du niveau des océans de 1901 à 1990, rien que ça. Et devinez quoi? On s’était trompé.


La montée du niveau des mers, qu’on pensait être de 1,8mm par an jusqu’en 1990, n’était en fait que de 1,2mm, révèle l’étude de Hay, publiée mercredi dans Nature. Ce qui veut dire que pour atteindre le rythme actuel de 3mm par an, elle a connu en vingt ans une accélération 25% plus forte que ce que l’on croyait. Le niveau de l’eau a monté d’un grand coup. Ce qui pourrait bien avoir des conséquences sur les projections dont on disposait jusqu’ici, prévient l’auteur de l’étude.

 

 

Alors, le niveau des mers augmenterait-il plus vite que ce que l’on croyait? «Dire ça serait complètement faux», tranche le spécialiste de la question Gerhard Krinner, directeur de recherche au CNRS. «Le niveau des mers augmente à la vitesse qu’on connaît depuis des années. Ce qui change, c’est l’accélération de la montée, qui a été plus forte qu’on le croyait.» Comme une voiture dont on connaîtrait l’allure, mais qui aurait accéléré plus soudainement qu’on le pensait pour atteindre cette allure.


Par ailleurs, l’étude n’affecte pas tant que ça les projections présentées depuis des années par le Giec, la référence internationale en matière de climat. «Elles ne sont pas de simples extrapolations des tendances du passé, explique Gerhard Krinner. Celles que retient le plus souvent le Giec sont calculées grâce à des méthodes reposant sur des mécanismes physiques», et ne sont donc pas affectées par l’étude présentée par Nature. Les autres, qui pourraient effectivement devoir être recalibrées, sont en général écartées par le Giec, car plus alarmistes.


Et on n’a pas besoin de plus d’alarmisme. Selon les projections du Giec, d’ici à 2100 le niveau moyen des mers pourrait avoir grimpé de près d’un mètre. «Même si les températures se stabilisent en 2100, le niveau des mers continuera de monter tant que la calotte glaciaire ne se sera pas adaptée à ces températures», rappelle Gerhard Krinner. Ce qui pourrait prendre des centaines d’années.

 

 


Publié dans Nature

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