21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 07:53

Un chercheur new-yorkais a conçu une structure synthétique qui pourrait contribuer à capter les milliards de tonnes de dioxyde de carbone que nous rejetons dans l'atmosphère chaque année.

 

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Ces forêts de métal apparaîtront peut-être bientôt dans nos paysages. Plantées d'arbres synthétiques qui absorberont le gaz carbonique rejeté à l'excès par les énergies fossiles que nous brûlons.
Voilà le projet que le Dr Klaus Lackner peaufine dans son laboratoire de la prestigieuse université de Columbia, à New York.
Une tâche colossale : chaque année, dix milliards de tonnes de carbone, sous forme de CO2, sont rejetées dans l'air… Un quart est absorbé par la végétation, un autre quart, par les océans – ce qui provoque leur acidification –, et le restant se balade dans notre atmosphère.


« Chaque arbre synthétique pourrait absorber une tonne de CO2 par jour, affirme Klaus Lackner. C'est mille fois plus que ce que collecte un arbre naturel pour faire sa photosynthèse. »


Le design envisagé : un pylône de métal sur lequel est fixé un gros panneau contenant le dispositif capturant le gaz.
« Imaginez une ruche géante, ouverte au vent, dont les alvéoles filtreraient l'air et retiendraient le dioxyde de carbone, décrit Klaus Lackner. Cette partie filtrante mesurerait environ deux mètres de long sur un mètre de large et 30 centimètres de profondeur. »
Le scientifique allemand a eu l'idée de faire correspondre la hauteur totale de l'arbre à la dimension d'un container standard pour faciliter son transport : douze mètres.


Une fois le filtre saturé, il suffit de le rincer


Le dispositif filtrant le dioxyde de carbone est composé d'un matériau aux propriétés innovantes. Il s'agit d'une résine plastique, imprégnée de carbonate de sodium (Na2CO3).
Ce composé absorbe le gaz carbonique de l'air avec lequel il est en contact.
Une fois la matière absorbante saturée de CO2, il suffit de la rincer à l'eau pour la séparer du gaz.
Le filtre est alors remis au sommet de son tronc de métal pour commencer un nouveau cycle.


« Cette technique est très innovante. Il faut qu'elle parvienne à arriver à maturité », estime Jean Jouzel, climatologue et vice-président Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).
De son côté, Klaus Lackner teste depuis 2008 la méthode dans son laboratoire.
« Plus j'aurai de financements, rappelle-t-il, plus vite mon projet verra le jour. Cela pourrait arriver d'ici deux ans. »
De nombreux paramètres techniques restent encore à définir. Notamment celui du stockage du CO2.


Une fois la résine filtrante rincée, le gaz pourrait être séparé de l'eau, puis compressé sous forme de liquide. Il sera ensuite injecté sous terre pour y être emprisonné.
Cette technique a déjà été testée entre autres au Canada, en Norvège ou en Algérie.
Avec l'idée du Dr Lackner, des forêts entières pourraient être installées, le sommet des arbres synthétiques capturant le gaz, tandis que leurs racines l'enverraient en sous-sol.
« Nous ne savons pas exactement à combien cela reviendrait, c'est très nouveau, reconnaît le scientifique. Mais plus nous travaillerons dessus, plus ce sera efficace, et moins ce sera cher. Il est possible de descendre sous les 75 euros par tonne de CO2 traitée. »
Cette somme correspond à une moyenne du prix de capture et de stockage par les techniques traditionnellement envisagés.


Les cultivateurs d'algues intéressés


Car ces arbres synthétiques diffèrent des solutions jusqu'alors à l'étude.
« Les projets plus classiques consistent à capturer le CO2 sur son lieu d'origine, auprès des usines ou des industries qui en produisent beaucoup, puis à l'envoyer sous terre », explique Jean Jouzel.
L'approche de Klaus Lackner est différente. Il s'agit d'implanter ses créations là ou on pourrait avoir l'usage du CO2.
« C'est un gaz qui se mélange très bien et très vite dans l'atmosphère. Le dioxyde de carbone est un problème global, autant le capturer là où il peut être réutilisé », affirme-t-il.


Certains secteurs d'activité sont friands de ce gaz qui a si mauvaise réputation.
Les cultivateurs d'algues ou les producteurs de fleurs sous serre en ont par exemple grand besoin.
Mais est-il possible de trouver suffisamment de débouchés pour recycler l'immense quantité de CO2 que nous rejetons ?
Il est certes important de trouver les moyens de le capturer. Mais encore plus urgent d'en limiter les émissions.

 

 

(NB : bien que le projet soit innovant et très tentant, il montre ici l'échec de nos dirigeants à contenir nos émissions de CO2, à mon sens ce projet signifie : "continuons à polluer, nos arbres en métal feront le reste". Ceci dit, il faut que ce projet aboutisse vite car ça chauffe de partout).

 

 


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Published by Notre Terre - dans Les bonnes nouvelles
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