Le nombre de nouveaux cancers est en très forte augmentation. Dans 90 à 95 % des cas le cancer est lié à des causes exogènes, c'est-à-dire, à l'environnement.
En 2011, 365 000 les nouveaux cas de cancers ont été enregistrés en France. Chez l'homme c'est surtout le cancer de la prostate qui a frappé (71 000 cas).Chez la femme le cancer du sein a été le plus fréquent (53 000 cas). Viennent ensuite chez l'homme, les cancers du poumon (27 500 cas) et du côlon-rectum (21 500 cas) et chez la femme, les cancers du côlon-rectum (19 000 cas) et du poumon (12 000 cas).
Dans l'Union Européenne, en 2008, le nombre de nouveaux cas de cancers a été estimé à environ 2,4 millions dont
1,3 million (54 %) d'hommes et 1,1 million (46 %) de femmes.
L'augmentation de l'incidence des cancers est observée partout dans le monde et le nombre de nouveaux cas de
augmente de manière très significative, notamment dans les pays en voie de développement.
Cette augmentation du nombre de nouveaux cas de cancer en France et en Europe est bien sûr liée en partie à
l'allongement de la durée de vie et à un meilleur dépistage.
" Mais ces deux facteurs ne suffisent pas à eux seuls à expliquer cette évolution ", viennent de conclure les
chercheurs et des professionnels de santé réunis à Paris dans un Colloque international organisé dans le cadre du plan cancer 2009-2013 par L'Anses ( Agence nationale de sécurité sanitaire),
l'INCa (Institut national du Cancer) et l'alliance Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé).
Invités à dresser un état des lieux des connaissances sur les liens entre expositions environnementales et cancers les participants ont ainsi constaté qu'une altération génétique (cause endogène) n'est identifiée que dans 5 à 10% des cas. Et que donc 90 à 95 % des cancers, sont liés à des causes exogènes, c'est-à-dire, à l'environnement au sens large. L'environnement inclut les modes de vie (tabac, alcool, sédentarité, habitudes de consommation alimentaire, exposition solaire...) et les expositions à des facteurs environnementaux naturels (radon...), aux agents chimiques, physiques et infectieux de l'environnement général et professionnel.
Prendre en compte l'effet cocktail et revoir l'approche dose/effet
Pour les chercheurs, " le rôle de certains facteurs environnementaux comme l'amiante, l'arsenic, les émissions de four à coke, la fumée de tabac ou encore les virus HPV est clairement établi ".
En revanche, si " les effets cancérogènes de nombreux autres agents chimiques et physiques sont aujourd'hui suspectés ou possibles, la mise en évidence des risques éventuels encourus soulève des difficultés méthodologiques : expositions à de faibles doses difficiles à quantifier, périodes de latence très longues entre l'exposition et l'apparition de la maladie, etc... ". En outre l'évaluation des risques liés à des expositions combinées à plusieurs produits chimiques (effet cocktail) et à des doses différentes, ne fait que commencer, et elle est malheureusement très difficile à réaliser.
Les grandes études menées sur de larges effectifs de population depuis quelques décennies fournissent des réponses sur certains facteurs environnementaux (expositions à des radiations ionisantes durant l'enfance, travail de nuit, radon, etc.). Mais pour les chercheurs la progression de l'incidence des cancers les plus fréquents (sein, prostate, colorectal...) reste en partie inexpliquée.
Il va donc leur falloir travailler avec des équipes pluridisciplinaires élargies, trouver de nouvelles méthodes
d'évaluation des expositions, revoir complètement les doses journalières admissibles actuellement en vigueur, revoir la notion de dose/effet, mettre au point de nouveaux protocoles pour évaluer
les effets combinés de différents produits, et à des âges différents, trouver de nouveaux biomarqueurs...
Un travail considérable mais indispensable pour réduire l'incidence des cancers.
"Malgré leurs caractéristiques modernes, les additifs alimentaires sont employés depuis des siècles. La conservation des aliments a commencé quand l'homme a appris à protéger chaque récolte jusqu'à la récolte suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les fumant.
Les Egyptiens ont utilisé des colorants et des arômes pour augmenter l'attrait de certains produits alimentaires
et les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et colorants pour la conservation et l'amélioration de l'apparence des aliments.
De tout temps, les cuisiniers ont régulièrement employé la levure en tant qu'agent levant, des épaississants
pour les sauces, les sauces au jus et colorants comme la cochenille pour transformer des matières premières de bonne qualité en des produits alimentaires sûrs, sains et agréables à manger. Le but
de la cuisine traditionnelle n'est guère différent de celui des aliments préparés ou en conserve d'aujourd'hui." (EUFIC).
Et pourtant, certains additifs alimentaires sont au coeur de scandales sanitaires...
Les additifs alimentaires sont des substances qui, ajoutées en petite quantité, permettent notamment :
D'après le décret du 18/09/1989, "on entend par additif alimentaire toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et habituellement non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l'alimentation, possédant ou non une valeur nutritive, et dont l'adjonction intentionnelle aux denrées alimentaires, dans un but technologique au stade de leur fabrication, transformation, préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage, a pour effet, ou peut raisonnablement être estimée avoir pour effet, qu'elle devient elle-même ou que ses dérivés deviennent, directement ou indirectement, un composant des denrées alimentaires".
Il existe le Comité Conjoint d'Experts sur les Additifs alimentaires (JECFA, Joint FAO/OMS Expert Commitee on Food Additive) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les additifs alimentaires sont autorisés pour ses États membres, ainsi que pour la Norvège et
l'Islande.
L'utilisation des additifs est strictement réglementée selon le principe dit "de listes positives". Autrement
dit : ce qui n'est pas expressément autorisé est interdit.
Avant, une procédure d'évaluation était établie par le Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine (CSAH) en
collaboration avec le JEFCA. Maintenant, c'est le Groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (AFC
Panel) de Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) qui est chargé de cette tâche.
La demande d'autorisation comprend un dossier technique, technologique, toxicologique et analytique.
Les additifs risquant d'être cancérogènes sont évalués par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Sur les 29 additifs à risque qui ont été évalués et autorisés, aucun n'appartient au groupe 1 (cancérogène pour l'Homme).
Les additifs doivent obligatoirement être mentionnés sur l'étiquette des denrées alimentaires : soit en clair (par exemple : "poudre à lever : bicarbonate de sodium") ; soit à l'aide d'un code précédé du nom de la catégorie (par exemple : "colorant E 330").
C'est la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui contrôle la présence des additifs dans les produits alimentaires.
La plupart des additifs ne peuvent être utilisés que dans les quantités limitées dans certaines denrées alimentaires. Si aucune limite quantitative n'est prévue pour l'utilisation d'un additif alimentaire, il doit être utilisé selon la bonne pratique de fabrication, c'est-à-dire seulement autant que nécessaire pour réaliser l'effet technologique désiré. De plus, les additifs alimentaires ne peuvent être autorisés que si
Une étude britannique aurait établi un lien, chez les enfants âgés de 3 ans environ, entre le risque d'hyperactivité et l'ingestion d'aliments contenant des additifs comme l'acide benzoïque. L'hyperactivité se traduit par une incapacité à rester en place, à se concentrer et une impulsivité. En France, 3 à 5% des enfants souffrent d'hyperactivité (Archives of Disease in Childhood, 06/2004).
Certains additifs, pourtant autorisés, sont reconnus comme potentiellement cancérigènes. Il s'agit "de colorants : E123, E131, E142 ; de conservateurs : les dérivés benzoïques E210 à 219 et les dérivés nitrés E249 à 252 ; avec des doutes pour certains édulcolorants" (L. Le Goff, Médecines et alimentation du futur, 09/2009).
Notons qu'il est très difficile d'obtenir des informations sur la toxicité réelle des additifs, les rares études menées ne sont plus diffusées publiquement pour des raisons inconnues...
Enfin, une liste anonyme sur les méfaits des additifs alimentaires circula en 1976 sous le nom - abusif - de tract de Villejuif, ses recommandations sont sans fondements scientifiques.
Le code utilisé est fixé au niveau européen. Il se compose de la lettre "E" suivie d'un numéro permettant d'identifier facilement la catégorie. Par exemple :
Les fruits et légumes issus de l'agriculture biologique sont bien exempts de résidus de pesticides alors qu'aucun de ceux produits de façon conventionnelle n'y échappe, a affirmé mardi l'association Générations futures qui a comparé entre eux des repas «bio» ou «non bio». «Les sceptiques» disent que les cultures bio peuvent être contaminées par des pesticides pulvérisés dans des champs conventionnels et mettent en doute le sérieux des agriculteurs, transformateurs ou certificateurs du bio, souligne l'association, qui a donc choisi de vérifier par elle-même.

Elle a comparé la teneur en pesticides de quatre repas-type d'une journée (petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner) selon qu'ils sont composés de produits issus de l'agriculture biologique ou non. «La grande différence entre les pratiques culturales et de stockage des aliments bio et non bio réside dans l'usage, ou non, de pesticides de synthèse», rappelle Générations futures, opposée à l'usage des pesticides. Il ressort de la comparaison qu'aucun des 14 aliments conventionnels étudiés n'est exempt de pesticides. Ils comptent au total 37 résidus représentant 27 molécules différentes, dont 17 sont suspectées d'être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens.
Par exemple, dans une pomme venue du Brésil, on trouve six résidus de pesticides dont trois pourraient être cancérigènes et un qui pourrait être un perturbateur endocrinien. Dans des citrons d'Argentine on en trouve 3, dont un produit interdit dans les cultures en France. En revanche, les 12 fruits, légumes ou riz «bio» analysés ne présentent aucun résidu de pesticides. En revanche deux échantillons de pain biologique font apparaître des traces d'une molécule de synergisant (un produit utilisé pour le nettoyage des lieux de stockage).
Les analyses ont été confiées au laboratoire belge Fytolab, précise Générations futures, qui relève que «les résultats n'ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d'échantillons analysés, mais sont illustratifs de la problématique traitée». Cette «enquête» fait suite à une autre de l'association qui avait recherché l'an dernier les substances chimiques dans le repas d'un enfant de 10 ans.
Les Français devancent les Allemands et les Américains au concours de celui qui a le plus de pesticides dans le sang. Les concentrations biologiques de plusieurs substances chimiques ont été mesurées, entre 2006 et 2007, par l'Institut national de veille sanitaire, sur un échantillon représentatif de la population (2000 adultes pour les métaux, 365 pour le mercure, 400 pour les pesticides et les PCB): les trois conclusions qui en découlent sont alarmantes.
Si les niveaux de plomb, cadmium, mercure, arsenic organique, sont stables ou en baisse, les pesticides, eux, sont présents dans notre sang à des niveaux au moins trois fois plus élevés que dans celui des Américains ou des Allemands. Ces pesticides sont largement utilisés en agriculture, en horticulture et pour un usage domestique (idéaux pour se débarrasser des insectes à la maison, désherber les allées, protéger les plantes du jardin, en finir avec les tiques et les puces de nos animaux de compagnie, ou les poux chez l'enfant).
Par ailleurs, il va peut-être falloir apprendre à aimer les trous dans les vêtements ou changer la ventilation dans les toilettes. En effet, les substances que l'on retrouve dans les produits antimites ou les désodorisants pour toilettes, véhiculent d'autres types de pesticides, dits "organochlorés". Or, mauvaise nouvelle, le taux de ces produits chimiques dans notre sang est dix fois supérieur à celui trouvé dans le sang des Allemands!
Pire encore, les PCB. Malgré leur interdiction totale dès 1979, ils sont encore largement présents dans notre environnement. Ils se sont disséminés dans l'air, le sol, l'eau, les sédiments, contaminant les plantes, les animaux et enfin les hommes. Présents à l'époque dans les encres d'imprimerie et les adhésifs, le site du ministère de l'Ecologie rappelle qu'ils ont aussi été utilisés comme huile pour les transformateurs et les condensateurs, ainsi que dans certains radiateurs ou autres équipements électriques. Ils ont servi de lubrifiant dans les turbines et les pompes, le traitement du métal, les soudures, les peintures et les papiers autocopiants sans carbone.
Toujours selon cette étude, la concentration des PCB dans le sang des Français est plus élevée que chez nos voisins allemands et américains.