Le brocoli, arme inattendue contre la radioactivité

Publié le par Notre Terre

Derrière le classique "Mange tes légumes !", il y a désormais bien plus que l'injonction du parent ou du diététicien. Les chercheurs ont en effet, depuis plusieurs années, mis en évidence qu'un régime riche en légumes crucifères (chou, brocoli, chou de Bruxelles, etc.) était lié à un risque réduit de développer différentes sortes de cancers. La raison en incombe à un composant présent dans ces plantes, l'indol-3-carbinol (I3C).

 

le-brocoli.jpg

 

 

Une fois digéré, l'I3C se transforme en une autre molécule dont l'acronyme est DIM (pour l'imprononçable 3,3′-diindolylméthane). Grâce à un mécanisme qui reste à déterminer précisément, le DIM prévient la formation des vaisseaux sanguins irriguant les tumeurs, empêche la prolifération des cellules cancéreuses et conduit celles-ci à la mort.

 

Cette action anti-cancérigène est déjà remarquable mais le DIM ajoute aujourd'hui une corde inattendue à son arc. Dans une étude publiée le 14 octobre dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une équipe américano-chinoise vient de montrer que la molécule en question conférait aux rats et souris une protection conséquente contre les effets mortels d'une forte radioactivité. Pour le déterminer, les auteurs de cette recherche ont exposé ces rongeurs à une dose de 13 grays qui, en temps normal, aurait dû les tuer. On estime qu'un organisme humain ne résiste pas à une dose supérieure à 10 grays. D'ailleurs, dans le cadre de cette étude, tous les rats du groupe témoin, qui ont été irradiés mais n'ont pas reçu de DIM, sont morts dans les huit jours qui ont suivi.


Cela n'a pas été le cas de tous ceux à qui l'on injectait la molécule. Dans la meilleure des configurations (dose élevée et première injection 10 minutes après l'irradiation), jusqu'à 60 % des rongeurs étaient toujours en vie un mois après l'irradiation, alors même qu'ils avaient reçu une dose considérée comme létale. Ce pourcentage de survie à 30 jours montait à 80 % pour une dose de 9 grays (qui tuait 80 % des animaux n'ayant pas reçu le traitement) et à 100 % pour une dose de 5 grays, laquelle venait à bout d'un quart des rats sans DIM. Les chercheurs ont constaté que des doses plus faibles étaient moins efficaces et que plus la première injection était proche de l'irradiation, plus les rats avaient de chances de s'en tirer.


Restait à déterminer comment le DIM s'y prenait pour protéger des organismes ayant été exposés à des doses de radiations normalement mortelles. Après avoir mené toute une série d'expériences sur des cellules en culture, les chercheurs ont fini par mettre au jour un double mécanisme. Ils se sont d'abord rendu compte que l'administration de DIM activait la protéine dite ATM, spécialisée dans la réparation de l'ADN, par exemple lorsque celui-ci est brisé sous l'effet de l'irradiation. L'étude apporte une nuance intéressante en montrant que cette action de réparation n'a pas lieu quand la cellule en question est... cancéreuse. Comme si le DIM ne conférait sa protection qu'à des cellules saines.


Mais la molécule ne se contente pas de stimuler la réparation de l'ADN : les auteurs de l'étude ont également découvert que le DIM parvenait à bloquer la mort cellulaire induite par les radiations. On sait en effet qu'une exposition à des rayonnements ionisants constitue une agression physique susceptible de provoquer une apoptose, c'est-à-dire une sorte de suicide de la cellule. C'est un peu comme si celle-ci préférait mourir plutôt que de se battre pour sa survie. Or, les chercheurs se sont aperçu que le DIM déclenchait la production d'une protéine qui elle-même allait activer des gènes chargés de combattre l'apoptose. Les deux mécanismes sont d'ailleurs peut-être liés quand on sait que la rupture de l'ADN peut provoquer l'apoptose de la cellule qui le contient.


Bien sûr, une grande partie de l'étude porte sur des rongeurs et il est difficile d'imaginer une irradiation volontaire d'humains pour tester l'efficacité du DIM chezHomo sapiens. Ceci dit, l'équipe américano-chinoise souligne que de précédents travaux ont montré que le DIM pouvait être administré sans problème à l'homme. Pour ces chercheurs, la molécule, par son mécanisme inédit de radioprotection, pourrait parfaitement atténuer les syndromes aigus liés à une irradiation, qu'elle soit consécutive à un accident radiologique, comme dans le cas des surirradiés d'Epinal, ou à une catastrophe nucléaire du type Tchernobyl ou Fukushima.

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

Partager cet article

Ils l'ont fait : manipuler un insecte avec un smartphone...

Publié le par Notre Terre

Le premier insecte-cyborg bientôt commercialisé

 

Quand on fait rimer manipulation du vivant et argent

 

cafard-teleguide.jpg

 

En greffant des électrodes aux antennes d'un insecte, une entreprise a réussi à créer le premier cyborg contrôlable via smartphone. Une invention polémique, à la frontière du vivant et de la machine. Après en avoir lancé une version bêta, l’entreprise Backyard Brains commercialisera début novembre le premier être vivant robotisé. Le pionnier en question est un cafard, fusionné avec un circuit électronique, qui pourra être télécommandé par une application smartphone. Il faudra débourser 75 euros pour se le procurer.

Pour contrôler RoboRoach, des mini électrodes sont greffées aux antennes qui lui servent à se repérer dans l’espace. De petites décharges électriques donnent à l’insecte l’illusion de rencontrer un obstacle, et l’obligent à changer de direction. En reliant le générateur électrique au téléphone via un réseau sans fil, il est alors possible de forcer le pauvre cafard à tourner à droite ou à gauche.
 
Le dispositif ne fait heureusement pas illusion très longtemps. Au bout d’une dizaine de secondes, l’insecte, paniqué, finit par comprendre que son cerveau le dupe. Il réagit de moins en moins bien aux ordres du téléphone. Reste alors à lui enlever son armure électronique et à le laisser se reposer. Quelques jours plus tard, il est possible de recommencer l’opération, en plongeant préalablement le cafard dans de l’eau gelée pour l’anesthésier, avant de poncer sa carapace et d’y coller les électrodes.

 

 


Les bienfaits pédagogiques supposés de la stimulation électrique d’invertébrés ne vont cependant pas sans soulever des questions éthiques. En témoigne la longue foire aux questions sur le site de RoboRoach. On y apprend (entre autre) que les insectes ne ressentent pas la douleur, et que plutôt qu’un jouet, ce cyborg serait « un formidable outil pour s’initier aux neurosciences, à l’apprentissage, et à l’électronique ».
 
Financé sur Kickstarter, le projet a été présenté lors d’une conférence TedX à Detroit. Ses deux ingénieurs ont alors du faire face à un philosophe et un éthologue qui critiquaient « une manière de considérer des organismes vivants complexes comme des machines-outils ». D’autres chercheurs de la North Carolina State University ont pour leur part estimé ces cyborgs utiles en cas de catastrophe, pour leur capacité à arpenter les terrains accidentés.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

A quoi ressemblera la Terre en 2100 ?

Publié le par Notre Terre

terre.jpg

 

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) est alarmiste, mais reste prudent. Dans son cinquième rapport publié fin septembre, il prévoit que la température moyenne du globe augmentera de + 0,3 à + 4,8 °C d'ici 2100. Pourquoi une si large fourchette ? Parce que l'état de notre planète d'ici la fin du siècle dépend de nombreux facteurs : les sources d'où nous tirerons notre énergie, le nombre que nous serons, le type d'habitation dans lesquelles nous vivrons ou les véhicules que nous utiliserons, écrit New Scientist.

Le magazine scientifique anglo-saxon, l'un des plus influents en la matière, a voulu donner un meilleur aperçu de ce que sera la Terre en 2100 en fonction des choix que nous ferons. Se basant sur de nombreux modèles climatiques, démographiques et énergétiques, et suivant les recommandations d'un spécialiste de la discipline, New Scientist a imaginé quatre scénarios futuristes concernant notre environnement et nos sociétés. Extraits de ces quatre futurs possibles accompagnés du regard de Christian Gollier, économiste au Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC).


Aujourd'hui

Population : près de 7,1 milliards

Concentration en CO2 : près de 400 parties par million (ppm)


Scénario 1 : l'humanité n'a pas tardé à agir et à investir radicalement dans les énergies renouvelables et la géo-ingénierie.

Population : 9 milliards

Concentration en CO2 : 400 ppm, en baisse

"Ce n'était pas facile, mais grâce à nos efforts la planète est sauvée" : voilà la phrase qui résume le scénario le plus optimiste de New Scientist. Grâce au développement de techniques permettant de piéger le carbone et de l'enfouir dans le sous-sol, ainsi qu'à la généralisation des énergies renouvelables, les émissions de dioxyde de carbone dégringolent et leur concentration dans l'atmosphère est repartie à la baisse. La température du globe s'est stabilisée il y a fort longtemps, en 2050. La banquise a arrêté de fondre, l'acidification des océans a ralenti, mais le niveau des mers continue d'augmenter en raison de la chaleur stockée par le système marin au cours des années précédentes.

Christian Gollier : "Ce scénario c'est du rêve à l'état pur. Il sous-entend qu'on n'utilise plus du tout le pétrole des Saoudiens ni le gaz de schiste des Américains. Et même si on pouvait l'atteindre, ce ne serait pas souhaitable économiquement car les bénéfices ne seraient pas à la hauteur des coûts".


Scénario 2 : les menaces climatiques n'ont pas été prises trop au sérieux... mais le progrès technologique nous a aidés.

Population : 8,5 milliards

Concentration en CO2 : 550 ppm, stable

À moins d'une prise de conscience radicale, ce scénario est le plus réaliste avec celui qui suit. Il part du principe que la société de 2100 a tardé à voir le réchauffement climatique comme une vraie menace, mais qu'elle sera plus efficiente qu'aujourd'hui, consommant moins d'énergie et moins de matériaux pour produire plus. Le renouvelable et le nucléaire seront les énergies dominantes. L'économie sera "bas carbone". Les humains mangeront moins de viande, réduisant d'autant les émissions de gaz générées par le bétail. Les villes seront plus compactes et équipées d'excellents réseaux de transports publics. Et même si les températures et le niveau des mers auront augmenté, les plus extrêmes conséquences du changement climatique seront derrière nous.

Christian Gollier : "Ce scénario reste très ambitieux et exigera beaucoup de sacrifices. Arriver à une concentration en CO2 de 550 ppm est un objectif potentiellement réalisable si on parvient à un accord international sur le climat d'ici 2020. Mais cela implique aussi de laisser l'essentiel des énergies fossiles sous terre, donc un gros effort en matière de recherche technologique et de changement de nos modes de vie".


Scénario 3 : les émissions de gaz à effet de serre n'ont été réduites qu'à la fin du siècle.

Population : 9,5 milliards

Concentration en CO2 : 650 ppm, en hausse

"Durant la première moitié du siècle, on s'est avant tout préoccupé de business, comme d'habitude", postule New Scientist dans ce scénario : notre dépendance aux combustibles fossiles n'a pas diminué et nos modes de vie (consommation, voyage, nombre d'enfants) ont peu évolué. Et, logiquement, les conséquences du changement climatique sont alors impossibles à ignorer. "En réponse, nos gouvernements ont lentement commencé à mettre en place des politiques peu ambitieuses pour réguler les émissions", prédit New Scientist. En 2100, la consommation de pétrole baisse, certes, depuis des décennies, mais les températures et le niveau des mers continuent d'augmenter, et cela risque de se poursuivre pendant plusieurs décennies encore.

Christian Gollier : "C'est un scénario probable qui part du principe que la prise de conscience arrivera tard, au milieu du siècle probablement lorsque les catastrophes climatiques qui se produiront pousseront les populations à faire pression sur leurs gouvernements en faveur d'un vrai changement. Depuis l'échec du sommet de Copenhague, c'est vers ça qu'on se dirige : l'irresponsabilité collective. Personne ne peut vraiment prévoir ce qu'engendrera une concentration de CO2 dans l'atmosphère de 650 ppm, mais c'est une zone de grand danger. C'est un cercle vicieux, il peut se passer plein de phénomènes cumulatifs".


Scénario 4 : les émissions, tout comme la population, continuent d'exploser

Population : 12,5 milliards

Concentration en CO2 : 950 ppm, en hausse

C'est le scénario le plus pessimiste, dans lequel nous sommes encore accros aux énergies carbonées un siècle plus tard et où "croissance" est encore le maître-mot. La population mondiale a grimpé à 12,5 milliards d'individus et ceux-ci mangent encore plus de viande qu'aujourd'hui. Les investissements dans les énergies renouvelables ont été insuffisants et on en paye l'addition : la concentration en dioxyde de carbone a plus que doublé, rendant l'air difficilement respirable en de nombreux points du globe. L'équilibre des écosystèmes est menacé avec la chute de la biodiversité. L'eau continuera-t-elle de se recycler naturellement à travers son cycle ? Rien n'est moins sûr. Le changement climatique s'aggrave : les températures augmentent de plus en plus rapidement, les inondations et les sécheresses sont plus fréquentes et la banquise n'est plus recouverte de glace en été depuis plusieurs décennies.

Christian Gollier : "C'est un scénario repoussoir, sur lequel aucun scientifique ne travaille à ma connaissance, mais qui n'est pas irréaliste bien qu'hyper-catastrophique ! C'est ce vers quoi on se dirige naturellement si rien n'est fait, si le sommet sur le climat de Paris en 2015 est un échec, si les pays producteurs continuent de vendre leur pétrole. En même temps, je ne vois pas comment on pourrait leur interdire de vendre cette richesse…"

De quoi nous faire réfléchir sur les actions que nous entreprendrons, ou non, en faveur de la planète dans les prochaines années.

 

Atlantico

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) est alarmiste, mais reste prudent. Dans son cinquième rapport publié fin septembre, il prévoit que la température moyenne du globe augmentera de + 0,3 à + 4,8 °C d'ici 2100. Pourquoi une si large fourchette ? Parce que l'état de notre planète d'ici la fin du siècle dépend de nombreux facteurs : les sources d'où nous tirerons notre énergie, le nombre que nous serons, le type d'habitation dans lesquelles nous vivrons ou les véhicules que nous utiliserons, écrit New Scientist. 

Le magazine scientifique anglo-saxon, l'un des plus influents en la matière, a voulu donner un meilleur aperçu de ce que sera la Terre en 2100 en fonction des choix que nous ferons. Se basant sur de nombreux modèles climatiques, démographiques et énergétiques, et suivant les recommandations d'un spécialiste de la discipline, New Scientist a imaginé quatre scénarios futuristes concernant notre environnement et nos sociétés. Extraits de ces quatre futurs possibles accompagnés du regard de Christian Gollier, économiste au Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC).

Aujourd'hui

Population : près de 7,1 milliards

Concentration en CO2 : près de 400 parties par million (ppm) 

Scénario 1 : l'humanité n'a pas tardé à agir et à investir radicalement dans les énergies renouvelables et la géo-ingénierie.

Population : 9 milliards

Concentration en CO2 : 400 ppm, en baisse

"Ce n'était pas facile, mais grâce à nos efforts la planète est sauvée" : voilà la phrase qui résume le scénario le plus optimiste de New Scientist. Grâce au développement de techniques permettant de piéger le carbone et de l'enfouir dans le sous-sol, ainsi qu'à la généralisation des énergies renouvelables, les émissions de dioxyde de carbone dégringolent et leur concentration dans l'atmosphère est repartie à la baisse. La température du globe s'est stabilisée il y a fort longtemps, en 2050. La banquise a arrêté de fondre, l'acidification des océans a ralenti, mais le niveau des mers continue d'augmenter en raison de la chaleur stockée par le système marin au cours des années précédentes.

Christian Gollier : "Ce scénario c'est du rêve à l'état pur. Il sous-entend qu'on n'utilise plus du tout le pétrole des Saoudiens ni le gaz de schiste des Américains. Et même si on pouvait l'atteindre, ce ne serait pas souhaitable économiquement car les bénéfices ne seraient pas à la hauteur des coûts".

Scénario 2 : les menaces climatiques n'ont pas été prises trop au sérieux... mais le progrès technologique nous a aidés.

Population : 8,5 milliards

Concentration en CO2 : 550 ppm, stable

À moins d'une prise de conscience radicale, ce scénario est le plus réaliste avec celui qui suit. Il part du principe que la société de 2100 a tardé à voir le réchauffement climatique comme une vraie menace, mais qu'elle sera plus efficiente qu'aujourd'hui, consommant moins d'énergie et moins de matériaux pour produire plus. Le renouvelable et le nucléaire seront les énergies dominantes. L'économie sera "bas carbone". Les humains mangeront moins de viande, réduisant d'autant les émissions de gaz générées par le bétail. Les villes seront plus compactes et équipées d'excellents réseaux de transports publics. Et même si les températures et le niveau des mers auront augmenté, les plus extrêmes conséquences du changement climatique seront derrière nous.

Christian Gollier : "Ce scénario reste très ambitieux et exigera beaucoup de sacrifices. Arriver à une concentration en CO2 de 550 ppm est un objectif potentiellement réalisable si on parvient à un accord international sur le climat d'ici 2020. Mais cela implique aussi de laisser l'essentiel des énergies fossiles sous terre, donc un gros effort en matière de recherche technologique et de changement de nos modes de vie".

Scénario 3 : les émissions de gaz à effet de serre n'ont été réduites qu'à la fin du siècle.

Population : 9,5 milliards

Concentration en CO2 : 650 ppm, en hausse

"Durant la première moitié du siècle, on s'est avant tout préoccupé de business, comme d'habitude", postule New Scientist dans ce scénario : notre dépendance aux combustibles fossiles n'a pas diminué et nos modes de vie (consommation, voyage, nombre d'enfants) ont peu évolué. Et, logiquement, les conséquences du changement climatique sont alors impossibles à ignorer. "En réponse, nos gouvernements ont lentement commencé à mettre en place des politiques peu ambitieuses pour réguler les émissions", prédit New Scientist. En 2100, la consommation de pétrole baisse, certes, depuis des décennies, mais les températures et le niveau des mers continuent d'augmenter, et cela risque de se poursuivre pendant plusieurs décennies encore.

Christian Gollier : "C'est un scénario probable qui part du principe que la prise de conscience arrivera tard, au milieu du siècle probablement lorsque les catastrophes climatiques qui se produiront pousseront les populations à faire pression sur leurs gouvernements en faveur d'un vrai changement. Depuis l'échec du sommet de Copenhague, c'est vers ça qu'on se dirige : l'irresponsabilité collective. Personne ne peut vraiment prévoir ce qu'engendrera une concentration de CO2 dans l'atmosphère de 650 ppm, mais c'est une zone de grand danger. C'est un cercle vicieux, il peut se passer plein de phénomènes cumulatifs".

Scénario 4 : les émissions, tout comme la population, continuent d'exploser

Population : 12,5 milliards

Concentration en CO2 : 950 ppm, en hausse

C'est le scénario le plus pessimiste, dans lequel nous sommes encore accros aux énergies carbonées un siècle plus tard et où "croissance" est encore le maître-mot. La population mondiale a grimpé à 12,5 milliards d'individus et ceux-ci mangent encore plus de viande qu'aujourd'hui. Les investissements dans les énergies renouvelables ont été insuffisants et on en paye l'addition : la concentration en dioxyde de carbone a plus que doublé, rendant l'air difficilement respirable en de nombreux points du globe. L'équilibre des écosystèmes est menacé avec la chute de la biodiversité. L'eau continuera-t-elle de se recycler naturellement à travers son cycle ? Rien n'est moins sûr. Le changement climatique s'aggrave : les températures augmentent de plus en plus rapidement, les inondations et les sécheresses sont plus fréquentes et la banquise n'est plus recouverte de glace en été depuis plusieurs décennies.

Christian Gollier : "C'est un scénario repoussoir, sur lequel aucun scientifique ne travaille à ma connaissance, mais qui n'est pas irréaliste bien qu'hyper-catastrophique ! C'est ce vers quoi on se dirige naturellement si rien n'est fait, si le sommet sur le climat de Paris en 2015 est un échec, si les pays producteurs continuent de vendre leur pétrole. En même temps, je ne vois pas comment on pourrait leur interdire de vendre cette richesse…"

De quoi nous faire réfléchir sur les actions que nous entreprendrons, ou non, en faveur de la planète dans les prochaines années.


Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/quoi-ressemblera-terre-en-2100-christian-gollier-867023.html#setRAbXX0ScWFyWI.99

Publié dans Nature

Partager cet article

Manipuler le climat ? La CIA finance une vaste étude pour tester la géo-ingénierie

Publié le par Notre Terre

La CIA, intéressée par les potentiels de la géo-ingénierie en matière de manipulation des intempéries et de lutte contre le réchauffement climatique, a participé au financement d’une étude globale de ces domaines par l’académie des sciences américaine.

 

chemtrail.jpg


Alors que le changement climatique suscite de plus en plus d’inquiétudes, certaines chercheurs se questionnent sur la possibilité de manipuler de façon délibérée le climat. Objectif : lutter contre les effets du réchauffement climatique en agissant par exemple sur le rayonnement solaire ou sur l’élimination du dioxyde de carbone atmosphérique.

En octobre 2012, des chercheurs écossais ont notamment émis l’idée d’utiliser un nuage de poussières d’astéroïde comme un parasol pour renvoyer les rayons du soleil et ainsi limiter le réchauffement. Or, aussi inattendu et irréalisable qu’il puisse paraitre, ce genre de concept est aujourd’hui de plus en plus pris au sérieux. Ce sujet est même au coeur d’un tout nouveau projet scientifique lancé par les hautes autorités des Etats-Unis.

Comme l’a annoncé la National Academy of Sciences (NAS) américaine, chargée du projet, il s’agit d’une vaste étude globale de 600.000 dollars co-financée par la Central Intelligence Agency (CIA), la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ainsi que la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

Examiner les impacts potentiels des techniques de géo-ingénierie

Son but est de déterminer si la géo-ingénierie pourrait être utilisée pour lutter contre les effets du changement climatique. Mais l’étude se penchera sur « un nombre limité de techniques de géo-ingénierie proposées« , a souligné la NAS. Plus précisément, l’optique de l’étude est d’examiner « globalement les impacts potentiels du déploiement de ces technologies en tenant compte d’éventuelles préoccupations environnementales, économiques et de sécurité nationale« , dit encore la NAS.

Reste que la géo-ingénierie demeure un concept controversé qui implique l’intervention délibérée et à grande échelle sur le système climatique de la Terre dans le but de lutter contre le réchauffement global. « Il est naturel que sur un sujet comme le changement climatique, l’Agence [de renseignements] travaille avec des scientifiques afin de mieux comprendre le phénomène et ses implications sur la sécurité nationale« , commente pour sa part la CIA.

Néanmoins, le contexte est tendu car certains accusent le pouvoir américain de jouer déjà dangereusement avec le temps grâce aux installations du High Frequency Active Auroral Research Program (HAARP), basées en Alaska.

 

 

 

Publié dans Nature

Partager cet article

La France et la Chine veulent construire une ville écolo modèle

Publié le par Notre Terre

Un pré-accord de coopération franco-chinois sur le grand chantier d’une ville nouvelle, modèle de développement durable, dans la province de Hubei, au centre-est de la Chine, a été signé vendredi à Lille.  Le premier secrétaire du PC de la province de Hubei, Li Hongzhong, le ministre français de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Philippe Martin, et Martine Aubry, présidente de Lille métropole et représentante spéciale pour le partenariat avec la Chine, ont ainsi paraphé une lettre d’intention après avoir visité un écoquartier lillois.

 

maison.png


Cinq sites d’accueil possibles de la future ville pilote de 200 à 300 km2 ont été pré-sélectionnés. Et une trentaine d’entreprises françaises sont potentiellement intéressées à participer au projet, qui n’en est encore qu’au stade préliminaire. De nombreuses sociétés françaises sont déjà implantées dans le Hubei, qui compte près de 60 millions d’habitants.


Martine Aubry s’était rendue en juillet dernier sur place pour présenter le «savoir-faire» français dans le domaine du développement durable.  Li Hongzhong a souhaité lui que «les entreprises françaises performantes dans l’écologie et le développement durable fassent de (sa) province leur point d’entrée en Chine». Le ministre Philippe Martin a souligné de son côté que «l’enjeu de la ville durable c’est aussi de lutter contre l’effet de serre»


Parmi la dizaine d’entreprises qui assistaient à la signature du pré-accord, vendredi, chacune a ses spécialités. Ainsi Thales espère placer ses systèmes de gestion de trafic dans la future plateforme intermodale qui accompagnera le nouveau terminal 3 de l’aéroport de Wuhan, outre les équipements de signalisation ferroviaire, ou servant à la mobilité et à la sécurité urbaine. Alstom compte mettre en avant ses réseaux électriques intelligents, tenant compte des énergies nouvelles à la production intermittente (éolien et solaire), ou du développement à venir de la voiture électrique. Suez Environnement et Veolia, grands groupes français de service (assainissement, déchets, eau potable et électricité), déjà très actifs en Chine, sont aussi dans les starting blocks.


De plus petites sociétés étaient également présentes, comme UMO, dans l’ingénierie, qui regroupe six entreprises spécialisées dans les bâtiments verts (Terao), la gestion de l’eau et des déchets (Burgeap), l’architecture et l’urbanisme (AOA), le conseil aux collectivités pour la mobilité (Iris) ou encore l’acoustique urbaine (Tisseyre) et la climatologie (Meteodyne). Le cabinet d’architecture ARTE Carpentier, qui a construit deux opéras en Chine, dont celui de Shanghai, ainsi que la maison du peuple à Wuhan, veut aussi être de la partie.

 

 


Publié dans Les bonnes nouvelles

Partager cet article