Canicule en Chine : manque d’eau, coupures d’électricité… La province du Sichuan vit « en enfer »

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Touchée par une importante vague de chaleur, une partie de la Chine fait face à des coupures d’électricité, notamment en raison d’un usage important des climatiseurs. Le pays est ainsi contraint de faire des efforts pour réduire sa consommation.

rivière Yangtze
Une partie de la rivière Yangtze est asséchée, dans le centre de la Chine.

Une grande ville de Chine a réduit l’éclairage dans le métro et éteint ses panneaux publicitaires pour économiser l’électricité, au moment où une partie du pays fait face à des pénuries en raison de températures extrêmes.

Le mercure dépasse allègrement les 40 °C ces derniers jours au Sichuan (centre), une province qui dépend à 80 % des barrages hydrauliques pour son approvisionnement électrique. « Au Sichuan les étés sont d’habitude très chauds, mais cette année nous vivons en enfer », témoigne une commerciale de 40 ans à La Croix .
 

À cause de la canicule, les cours d’eau de la région sont asséchés, ce qui pèse sur le réseau électrique en raison des climatiseurs qui tournent à plein régime. Pour économiser l’énergie, le métro de la métropole de Chengdu (sud-ouest) a indiqué jeudi 18 août 2022 « optimiser » la température de la climatisation dans les rames et les stations.

L’éclairage public est par ailleurs réduit et les panneaux publicitaires ne sont plus éclairés dans le métro, a montré une vidéo du transporteur public, dans laquelle des stations apparaissent dans la pénombre.

Chengdu, qui compte plus de 20 millions d’habitants, est la capitale provinciale du Sichuan. La municipalité avait de son côté ordonné dès mardi de ne plus éclairer les publicités en extérieur. Dans la rue, les enseignes lumineuses, omniprésentes en Chine, doivent également être éteintes, a précisé la ville.

Depuis cette semaine, le Sichuan rationne l’électricité avec nombre d’usines et d’entreprises à l’arrêt et des coupures de courant intermittentes pour une partie des habitants. Des interruptions de trois heures ou plus sont prévues. Sur les 21 plus grandes villes de la province, 19 ont été sollicitées pour demander à leurs entreprises de suspendre temporairement leurs productions, jusqu’au samedi 20 août 2022.

La plus longue période de canicule en Chine depuis 1961

Ces difficultés posent un défi au poumon économique de la Chine, car les régions côtières du Jiangsu et du Zhejiang (est) sont alimentées par l’électricité du Sichuan.
Le débit du fleuve Yangtsé est par ailleurs inférieur de 51 % à la moyenne des cinq dernières années, selon l’agence de presse CNS.

Les vagues de chaleur en plein été ne sont pas inhabituelles en Chine, en particulier dans l’ouest aride et le sud du pays. Mais le pays fait face cette année à des conditions météorologiques extrêmes, exacerbées par le réchauffement climatique selon les scientifiques. D’après la météorologie nationale, la Chine traverse la plus longue période de fortes chaleurs depuis 1961, avec 64 jours consécutifs d’alerte à la chaleur dans plusieurs régions depuis le mois de juin, précise La Croix.

Au Jiangsu (est), il fait si chaud que le bitume atteint par endroits les 68 °C. Les autorités locales ont mis en garde les automobilistes contre le risque d’éclatement de pneus. Des inondations soudaines ont par ailleurs frappé mercredi le nord-ouest de la Chine, habituellement aride, et fait 17 morts.

Ces intempéries ont provoqué dans une zone montagneuse des coulées de boue et dévié le cours d’une rivière.

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Haute-Loire : un éleveur inquiet pour la santé de ses vaches coupe l'alimentation d'une antenne relais

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Frédéric Salgues- vaches

Une action pour couper l'antenne relais 4G soupçonnée d'affecter la santé d'un troupeau de vaches en Haute-Loire a été menée jeudi au lendemain d'une décision du Conseil d'Etat retoquant sa désactivation , a-t-on appris auprès de l'éleveur concerné.

"En fin de matinée, on a tombé le disjoncteur. On n'a rien cassé, on a simplement coupé car ce n'est plus tenable", a déclaré à l'AFP Frédéric Salgues, éleveur à Mazeyrat d'Allier, un village de Haute-Loire. Plusieurs dizaines de personnes, dont le maire du village, étaient présentes en soutien à cette action destinée à voir si l'état des vaches s'améliore quand l'antenne est désactivée, a souligné l'éleveur.

La santé des vaches nettement détériorée

Frédéric Salgues assure en effet que la santé de son bétail s'est détériorée et que la production de lait a chuté depuis l'installation de cette antenne 4G en juillet 2021, à environ 200 mètres de son exploitation. Il assure également avoir perdu une cinquantaine de bêtes sur 200. Le tribunal de Clermont-Ferrand avait ordonné le 23 mai la désactivation de l'antenne pour deux mois, pour permettre la poursuite de l'expertise judiciaire. La décision donnait trois mois à l'État et aux opérateurs (Bouygues Télécom, Free, SFR et Orange) pour stopper son fonctionnement.

Le Conseil d'Etat a annulé mercredi cette décision, relevant une "erreur de droit" et estimant que le tribunal administratif n'avait "pas caractérisé l'existence d'un péril grave". L'éleveur, lui, n'a aucun doute: "s'ils viennent la remettre en fonctionnement, on sera obligé d'arrêter et il y aura des vies sacrifiées", a-t-il dit.

15% à 20% de production de lait en moins

Lors de l'audience à Clermont Ferrand, l'expert judiciaire avait souligné que "ce cheptel fait partie des 10% à 20% meilleurs du département" et qu'il n'avait "pas d'éléments médicaux pour expliquer la chute brutale de la production de lait, de 15% à 20%, dans les jours qui ont suivi la mise en place de l'antenne". Les avocats des opérateurs avaient de leur côté mis en avant l'absence d'élément scientifique liant la santé des vaches aux champs électromagnétiques.

Pour l'avocat de l'éleveur, Me Romain Gourdou, la décision du conseil d'Etat a été "une grande déception". "Le simple fait de rechercher la vérité ne nous est pas permis", a-t-il dit en indiquant étudier d'autres recours. Cette décision "ne doit pas être surinterprétée : elle ne signifie ni le règlement, ni la fin du litige" et il est "indispensable que l'expertise judiciaire prescrite par le tribunal judiciaire puisse aller à son terme" a pour sa part estimé Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique, dans une déclaration écrite.

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L'arrosage des greens de golf, en pleine sécheresse, fait polémique

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Alors que les agriculteurs doivent réduire leur utilisation d'eau, les greens des 70 golfs de la région PACA sont toujours arrosés, même s'ils ont dû aussi revoir les volumes d'eau à la baisse. Une situation dénoncée par plusieurs élus. Les propriétaires de golf rappellent de leur côté que, sans green, ils devront fermer boutique et mettre à la porte leurs salariés.

arrosage golf

Alors que la région fait face à une période de sécheresse exceptionnelle, les golfs bénéficient d'une exception et peuvent continuer à arroser, au moins les greens - la zone où se trouve le trou - et terrains d'honneur.

Un "deux poids deux mesures" inacceptable pour certains élus de la région.

"On ne peut pas demander aux agriculteurs de restreindre leur arrosage et voir que le golf, un sport qui, en plus, n'est réservé qu'à une certaine élite, continue d'arroser ses greens", dénonce Juliette Chesnel-Le Roux, élue d'opposition, présidente du groupe EELV à la métropole.

À Marseille, le député LFI Hendrik Lavi est également monté au créneau.
Concrètement, l'arrêté préfectoral impose différents types de restrictions aux golfs en fonction du niveau de sécheresse de la zone concernée.

Pour les communes en alerte renforcée : l'arrosage est interdit de 9 h à 19 h et les volumes d'eau utilisés doivent être réduits de 40%. Pour les endroits classés "en crise" - comme Saint-Raphaël, Antibes ou Biot - l'arrosage est uniquement autorisé sur les greens et terrains d'honneur, à hauteur de 30% des volumes d'eau habituels. Mais au même niveau "crise", l'arrosage des potagers est totalement interdit et les agriculteurs doivent diminuer de 40% leur consommation d'eau, ce qui ne manque pas de faire réagir sur les réseaux sociaux.

Juliette Chesnel-Le Roux abonde : "Vous vous rendez compte qu'on culpabilise le citoyen qui ne coupe pas son robinet en se lavant les dents et pendant ce temps-là, il y a ce type de dérogation ? Tout le monde doit prendre sa part".

    On ne peut plus se permettre de réserver à la distraction une ressource qui est essentielle à la vie
    Juliette Chesnel-Le Roux, élue écologiste à la mairie de Nic
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Du côte des propriétaires de golf, on comprend l'enjeu, moins la polémique. "90% de l'eau utilisée dans les golfs est de l'eau non-potable", assure Jean-Yves Ortega, président de la ligue régionale de golf pour la région PACA. Dans les territoires en crise sécheresse, "on ne maintient l'arrosage que sur 1 à 1,5% du parcours pour éviter de perdre le green", ajoute-t-il.

Cette partie particulièrement sensible du terrain - là où est situé le trou - est "le cœur du golf", précise Armand Gadea, directeur du golf Bleugreen l'Estérel à Saint-Raphaël. "Si demain, je dois arrêter de l'arroser, je ne pourrais pas recevoir de clients, je devrais fermer. Il faudra attendre qu'il se mette à pleuvoir ou que les restrictions cessent, puis il faut compter environ six à sept mois pour qu'un green repousse", ajoute le directeur du golf, qui emploie 32 salariés.

15.000 postes menacés

Cette menace sur l'emploi est l'un des arguments avancés par le ministère de la Transition écologique, interrogé par FranceInfo, pour maintenir un arrosage minimum sur les golfs. Environ 15 000 salariés seraient concernés en France.

Selon un rapport du Sénat de 2003, la consommation totale de tous les golfs représentait en 2002 l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 500 000 habitants (36 millions de mètres cubes). Une étude publiée par la Fédération française de golf (PDF) évalue, de son côté, cette consommation à 29 millions de mètres cubes d'eau en 2010.

"Mais, depuis 20 ans, on s'est énormément amélioré, assure le responsable de terrain d'un golf des Alpes-Maritimes, qui préfère rester anonyme. Les techniciens, on est tous conscients et prêts à voir nos outils de travail se dégrader. Actuellement, on fait mourir nos gazons".

En suspens, reste la question de la soutenabilité à long terme de l'activité des golfs, avec le réchauffement climatique dans la région. "C'est un sport qui vient du Royaume-Uni, un pays où il pleut régulièrement", rappelle l'élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux.

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Sécheresse : vers une pénurie de lait l'automne prochain ?

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En raison de la sécheresse qui touche l'ensemble de l'hexagone, les différentes cultures affichent un rendement moindre et les stocks de fourrage, qui servent à nourrir les vaches, sont déjà entamés. De quoi soulever des questions autour de la présence ou non de lait dans les supermarchés en automne.

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Y'aura-t-il du lait dans nos supermarchés en automne ? La question est loin d'être fantaisiste. La sécheresse qui frappe de plein fouet le pays affecte considérablement le rendement des cultures et réduit les stocks de fourrage qui permettent de nourrir le bétail. Si la situation se poursuit, une pénurie de lait n'est pas à exclure.

Bruno Martel produit du lait bio en Bretagne depuis un mois. Impossible pour lui de nourrir ses vaches dans son pré asséché et la météo est devenue une véritable obsession. "Aujourd'hui, au quotidien, on est en train de scruter les températures, la pluviométrie, le ciel, en se disant 'il faut absolument qu'il y ait de l'eau'. Et du coup, ça devient angoissant à la fin d'être complètement tributaire de l'eau puisque là, on va vraiment l'attendre", expose-t-il au micro d'Europe 1.

La solidarité des consommateurs

Et pour cause, la sécheresse lui fait déjà perdre entre 7.000 et 8.000 € de production par mois. Comme lui, la FNSEA, la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles, prévoit une pénurie de lait dans les prochains mois à cause de cette sécheresse. Les stocks de fourrage de l'hiver sont déjà en train d'être consommés. Certains agriculteurs vont même devoir vendre leurs animaux, faute de moyens pour les nourrir. Pour Bruno Martel, les consommateurs doivent se montrer solidaires.

"Ce que je demanderai, c'est surtout la bienveillance de la société. Nos modes de consommation influencent nos modes de production. Si on veut continuer à avoir une agriculture respectueuse de l'environnement, qui s'engage pour la planète, et bien il faut aussi l'accompagner par l'acte d'achat pour pouvoir tenir, même dans les périodes compliquées", soutient-il.

De son côté, la FNSEA demande la mise en place d'un fonds d'urgence et une revalorisation des prix payés aux éleveurs.

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Pour les ninjas écolos, prière d’éteindre la lumière en fermant le magasin

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Allier l’utile à l’agréable, telle est la devise du collectif On the Spot Parkour qui a trouvé une mission d’utilité publique pour ses acrobaties urbaines: couper le courant des boutiques qui restent éclairées toute la nuit.

on the spot parkour Paris

Monoprix, Franprix, Lévis, Bershka mais aussi Dior et Rolex. Au cœur de la nuit, grande distribution, fast fashion et marques de luxe ne se gênent pas pour laisser leurs vitrines rutilantes baigner dans la lumière artificielle. Un constat qui agace le collectif On the Spot Parkour - du nom de cette pratique sportive qui consiste à franchir des obstacles urbains par des mouvements fluides et agiles - et dont les membres s’emploient à éteindre les enseignes lumineuses des commerces. Pour ces jeunes, de 16 à 36 ans et qui ne connaissent du vertige que le nom, le but est d’atteindre les interrupteurs incendie des magasins, souvent placés à quelques mètres de hauteur sur les façades. Une fois ceux-ci actionnés, les vitrines plongent dans le noir. L’objectif des sportifs ? Joindre «l’utile à l’agréable», comme le résume Kevin Ha, l’un des adeptes de Parkour.

30 % d’économies d’énergie

Kevin, Hadj, Emeric… Ils sont sept ou huit à s’être donné rendez-vous à minuit et demi ce vendredi soir, du côté de Châtelet-Les Halles, dans le très animé centre de Paris. Une fois tous les membres réunis, le groupe s’engage dans les rues et repère très vite une première enseigne à éteindre. Hadj, 21 ans, tout sourire, prend de l’élan et s’élance sur la façade pour atteindre l’interrupteur d’un magasin de baskets, à trois mètres de hauteur. Raté, la vitrine reste illuminée. Pas de quoi démotiver les jeunes, qui, enceinte et musique populaire sous le bras, réussiront à éteindre une petite dizaine d’enseignes tout au long de la soirée. En une nuit, les membres du collectif peuvent en éteindre 60. Impossible de savoir précisément quel pourcentage d’énergie économisée cela représente. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime tout de même que 30 % d’économies d’énergie pourraient aisément être réalisées sur l’éclairage public dans son ensemble, soit 1,6 TWh d’électricité ou encore 175 000 tonnes de CO2.

Hors-la-loi, ces ninjas écolos ? Les commerces ont pour obligation d’éteindre leurs enseignes lumineuses «au plus tard une heure après la cessation de l’activité, et sont rallumées à 7 heures du matin au plus tôt ou une heure avant le début de l’activité si celle-ci s’exerce plus tôt», selon un Arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses. Même chose pour les éclairages de vitrines qui doivent être «éteints à une heure du matin au plus tard ou une heure après la cessation de l’activité si celle-ci est plus tardive». Faute de contrôles - ou d’intérêt pour la question ? - ces obligations, respectivement consignées par un décret de 2012 et cet arrêté, sont très peu suivies. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré vouloir renforcer ces lois déjà existantes à travers le plan sur la sobriété énergétique, attendu pour la rentrée. L’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (Anpcen) déplore un manque total de communication sur les contrôles et les sanctions prises depuis les premiers textes de loi.

Santé humaine

«Les passants s’arrêtent, certains nous applaudissent, d’autres proposent de nous aider. Une fois, un policier nous a même demandé de faire un salto arrière. Certains agents ne connaissent pas la loi, mais nous n’avons jamais eu de problème», s’amuse Kévin Ha. C’est dire si leur démarche fait l’unanimité. «Je pense que c’est le côté acrobate, bienveillant et surtout dépolitisé de notre démarche qui permet de rassembler si largement», veut croire le jeune homme. Selon l’Anpcen, 52 % des Français désignent les enseignes et publicités lumineuses comme première source de nuisances lumineuses et 84 % se disent favorables à leurs extinctions aux heures creuses.

Au-delà de l’évident bon sens en matière de sobriété énergétique, l’action du collectif est également bien plus bénéfique que ne le soupçonnent ses jeunes membres. Chez les militants d’Europe Écologie-Les Verts de Paris Centre, on déplore une pollution lumineuse liée aux enseignes «particulièrement significative» dans les quatre premiers arrondissements de la capitale, où il y a 82 commerces pour 1 000 habitants contre 28 en moyenne à Paris.

Une source de pollution aux conséquences majeures - et souvent méconnues - sur la santé humaine.

En effet, la pénétration d’une source de lumière artificielle extérieure dans l’habitation trouble le sommeil et entraîne des effets néfastes sur l’organisme. La disruption du rythme circadien (l’horloge biologique) peut entraîner à long terme : fatigue persistante, troubles du sommeil jusqu’à l’insomnie chronique, troubles de l’humeur jusqu’à la dépression, troubles de l’appétit, diminution des performances cognitives et physiques et de la vigilance. Ainsi, dans le rapport Pollution lumineuse et santé publique publié en 2021, l’Académie nationale de médecine demande aux pouvoirs publics de considérer la lumière artificielle nocturne et les écrans comme perturbateurs endocriniens.

Face à ces enjeux, Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris en charge de la santé environnementale et de la lutte contre les pollutions salue l’action du collectif On the Spot. «Il y a trois leviers sur lesquels nous devons travailler : les enseignes lumineuses, en appliquant mieux la réglementation existante, déjà peu contraignante, la pub et les écrans numériques, dont on n’a absolument pas besoin la nuit et l’éclairage des rues, qu’il faut maintenir pour des raisons de sécurité mais mieux organiser.»

Biodiversité

La pollution lumineuse est également «désastreuse pour la biodiversité», indique Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris en charge des espaces verts et de la biodiversité. Par exemple, la lumière artificielle est la seconde cause d’extinction des insectes après les pesticides. Cet éclairage a également un impact sur les oiseaux qui nichent aux alentours et la flore, en retardant la chute des feuilles et en perturbant la germination. Si les zones très urbanisées comme le centre de Paris sont compliquées à plonger dans le noir, Christophe Najdovski le promet, les efforts sont portés sur les espaces verts, pour créer des corridors d’obscurité totale. En attendant une meilleure réglementation, l’application Dans ma rue permet aux Parisiens de signaler les commerces qui ne respecteraient pas l’obligation d’extinction des enseignes lumineuses. Les professionnels risquent ainsi 150 euros d’amende, un montant qui peut grimper jusqu’à 750 euros en cas de récidive dans la même année.

Pour Christophe Najdovski aussi, l’action de ces jeunes est «salutaire». «Quelque part, ça montre la faiblesse de la police de l’environnement en France.» Une action citoyenne donc, contre une pollution qui ne devrait plus exister aux yeux de la loi.

Publié dans Les bonnes nouvelles

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