Dérèglement climatique : "On a tous les signaux et pourtant on va droit dans le mur", Thibault, 21 ans, souffre d'éco-anxiété

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"Quand le Giec a publié son dernier rapport sur le dérèglement climatique, j'ai eu du mal à m'endormir..." Thibault, 21 ans, étudiant en école de design à Paris a récemment mis un mot sur les angoisses et les frustrations qu'il ressentait : l'éco-anxiété. "Dans quelle société vais-je vivre quand j'aurai 50 ans ? Est-ce que ce monde sera encore désirable, et surtout vivable pour les générations futures ?" Autant de questionnements qui empoisonnent la vie de ce Lyonnais d'origine.

L'éco-anxiété a récemment été définie comme la combinaison de plusieurs émotions : angoisse, frustration, colère, peur, etc. que peuvent ressentir des personnes quand elles pensent au futur de notre planète et au dérèglement climatique qu'elle subit. "Ce qui m'angoisse c'est qu'on a tous les signaux, toutes les informations scientifiques, on assiste à des conséquences très concrètes de ce dérèglement, et pourtant, on va droit dans le mur", explique encore le jeune homme.

Beaucoup de questions, peu de réponses

L'étudiant se dit encore "très frustré" de voir que la question écologique "n'est quasiment pas abordée par la sphère médiatique ou par les institutions politiques et que le reste de la population reste impassible". Jusqu'à récemment, Thibault ne s'informait pas énormément sur la question climatique, indiquant seulement "faire attention à l'environnement par des gestes de bon sens" dans son quotidien. Depuis ce qui relève d'une véritable prise de conscience chez lui, il a décidé de rejoindre le mouvement militant citoyen Alternatiba pour "s'entourer de personnes qui vivent la même chose et agir ensemble".

Selon lui, œuvrer pour la planète "ne se résume pas à fermer le robinet ou pisser sous la douche, il faut un changement de paradigme de la société !' Même s'il ne se dit pas "découragé" ou "fataliste" devant la situation, il admet que ses angoisses le poussent à réfléchir différemment : "Quelle sera la place d'un designer, le métier que j'apprends, dans dix ans quand on sait l'impact colossal du numérique sur notre planète ?" S'il aimerait pouvoir inclure la question environnementale dans son travail, il regrette que le monde de l'entreprise "n'intègre pas suffisamment cette dimension". "Des questions se posent, ça n'est pas facile de trancher...", conclut-il.

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Climat : une consultante démissionne de Shell, l'accusant de causer des "dégâts extrêmes" à l'environnement

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"Shell est pleinement conscient que leurs projets continus d'extraction de pétrole et gaz et d'expansion causent des dégâts extrêmes à notre climat, notre environnement, la nature et les gens", argumente Caroline Dennett, expliquant sa démission.

Elle accuse Shell de causer des "dégâts extrêmes" à l'environnement en connaissance de cause. Une consultante de Shell a démissionné avec fracas lundi 24 mai.

Dans un message écrit sur LinkeIn, Caroline Dennett annonce mettre "fin à ma relation de onze ans en tant que consultante sécurité pour Shell", et appelle d'autres employés du géant sectoriel à faire de même.

"Le manque total d'intérêt de Shell pour le risque causé par le changement climatique veut dire qu'ils échouent complètement dans leurs ambition de transition vers la neutralité carbone", fait-elle valoir.

"Shell est pleinement conscient que leurs projets continus d'extraction de pétrole et gaz et d'expansion causent des dégâts extrêmes à notre climat, notre environnement, la nature et les gens", argumente-t-elle.

"Contrairement aux déclarations publiques sur la neutralité carbone, (le groupe) ne diminue pas sa production de pétrole et gaz mais prévoit d'explorer et d'extraire beaucoup plus", ajoute la consultante.

"Nous devons mettre fin à tous les projets d'extraction immédiatement et transitionner rapidement des carburants fossiles vers les énergies renouvelables", poursuit Caroline Dennett.

Shell tient ce mardi son assemblée générale d'actionnaires

Un investisseur institutionnel, Royal London Asset Management, avait critiqué le plan de transition climat de Shell la semaine dernière, estimant qu'il ne diminuait pas assez la consommation de pétrole.

"Nous avons fixé des objectifs de court, moyen et long terme et avons l'intention de les atteindre. Nous investissons déjà des milliards de dollars dans l'énergie à bas carbone, même si le monde aura encore besoin de pétrole et gaz pour des décennies dans des secteurs qui ne peuvent facilement être décarbonnés", a réagi une porte-parole de Shell jointe par l'AFP.

Shell tient ce mardi son assemblée générale d'actionnaires et des organisations écologistes comme Money Rebellion ont prévu de manifester pour dénoncer l'inaction climatique de la "major" pétrolière, après avoir perturbé ces dernières semaines les AG des banques HSBC, Barclays et Standard Chartered.

Le Financial Times écrivait dimanche, citant des sources proches du dossier, que HSBC a suspendu Stuart Kirk, directeur mondial de l'investissement responsable à la division de gestion d'actif, après qu'il a accusé les banquiers centraux et des responsables politiques d'exagérer l'impact du changement climatique. Des porte-paroles ont refusé de commenter cette information lundi.

Dimanche, Noel Quinn, directeur général du groupe, avait réagi en disant que les remarques faites par Stuart Kirk lors d'une conférence organisée par le FT ne reflétaient pas la stratégie du groupe.

HSBC, "l'une des pires" banques ?

Stuart Kirk a entre autres déclaré d'après le FT : "Qu'est-ce que ça peut faire si Miami est six mètres sous l'eau dans 100 ans ? Amsterdam est sous l'eau depuis des lustres, et c'est un endroit très agréable. Nous nous adapterons."

Les association écologistes Bank on our Future et Global Witness se sont indignées de propos "choquants" et "inexacts", particulièrement de la part du dirigeant de l'investissement responsable de la banque, estimant qu'ils témoignent de l'état d'esprit dans la finance, et appelant les gouvernements à légiférer.

Dénonçant "tout un secteur qui continue à financer la déforestation, les carburants fossiles et l'effondrement climatique", Global Witness accuse notamment HSBC d'être "l'une des pires" banques.

 

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Avec leurs économies, ils rachètent des forêts françaises de plusieurs hectares pour les sauver

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Au lieu de placer leur épargne dans des assurances vies ou d’investir dans l’immobilier, des Français préfèrent utiliser leurs économies pour acquérir des forêts. Pour cela, ils ont rejoint le groupement forestier Cerf Vert, né près de Lyon en 2020. Ils ont déjà acheté deux parcelles et viennent de signer des compromis de vente pour deux autres. Une façon bien à eux de protéger la biodiversité.

Foret-exuberante-Bourgogne

C’est un investissement d’un nouveau genre qui se développe petit à petit dans le sud-est de la France depuis 2020. Des particuliers peuvent placer leurs économies dans le groupement forestier Cerf Vert et devenir copropriétaires de bois pour y faire de la sylviculture.

Pour devenir associé, il faut au minimum verser 2 000 €. Ils profitent d’une réduction d’impôt et peuvent retirer leur argent sans condition au bout de cinq ans. « Nous ne pouvons pas garantir de taux de rentabilité annuel de 1 % ou 2 % », prévient l’un des trois cogérants Max Senange. Pour le moment, le capital de Cerf Vert s’élève à 500 000 €.

40 000 € pour dix hectares

Avec cet argent, le groupement achète des forêts. Il a déjà fait l’acquisition de deux parcelles depuis 2020. La première de dix hectares se situe en Ardèche et est composée notamment de sapins pectinés, de pins sylvestres, de hêtres, d’épicéas et de chênes. La seconde de 22 hectares se trouve en Savoie, a repéré le Dauphiné libéré Cerf Vert est en passe de devenir propriétaire de deux autres forêts. « Nous attendons le rendez-vous chez le notaire », nous précise Max Senange.

Pour identifier ces forêts en vente, Cerf Vert s’appuie sur son réseau mais aussi sur des agents immobiliers spécialisés dans le domaine. Il consulte des petites annonces et repère des terrains sur la bourse forestière. « Pour dix hectares, il faut compter 40 000 €. Un hectare se vend entre 1 000 et 20 000 €, selon son accessibilité et la qualité du bois. »

Quels sont leurs objectifs ?

Après avoir acheté ces terrains, les 130 associés doivent évidemment les gérer. L’idée première de ce groupement est la sauvegarde de la biodiversité. Ils effectuent un inventaire des espèces de la faune et de la flore, comme l’a souligné France 3 Auvergne Rhône Alpes dans un reportage. Ils analysent la qualité des bois et déterminent quelles filières pourraient être intéressées par leur projet : ameublement, construction, énergie…

Ils vendent le bois essentiellement à des scieries installées à proximité. Pour le bûcheronnage manuel, ils font appel à des professionnels locaux tout en respectant bien sûr les périodes de nidification et en n’abîmant pas les sols.

Les associés ont la possibilité de s’investir à 100 % en venant régulièrement sur place, en visitant le site avant de signer le compromis de vente, en participant à l’inventaire ou à la récolte du bois, en organisant des animations sur place. Ils apprennent à gérer une forêt, préserver les fleurs, les champignons… Néanmoins, la plupart d’entre eux se contentent de placer leur épargne.

Bientôt des forêts franciliennes ?

Cerf Vert ne court pas après une rentabilité maximisée sur chaque forêt achetée. Il a par exemple fait le choix de ne pas toucher à deux hectares lui appartenant à cause de la qualité du bois et du terrain. « C’est du bois fin et tordu sur une parcelle en pente. Un écosystème y est installé depuis plusieurs années. Nous avons décidé de n’y faire aucune intervention. » Pas question non plus de faire de la monoculture.

Pour le moment, le groupement a acquis des forêts exclusivement en Auvergne Rhône-Alpes mais compte s’étendre à d’autres régions, comme l’Île-de-France ou encore la Bourgogne Franche-Comté. Il espère aussi convaincre des propriétaires forestiers de leur vendre leurs parcelles. Il pourrait aussi travailler avec des organismes comme l’ONF pour ses animations. Cerf Verf organise d’ailleurs une sortie ludique samedi 26 mars 2022 dans sa forêt de Vocance. L’occasion de profiter d’un espace protégé.

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Maroc : une sécheresse inédite fait craindre une grave pénurie d'eau

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Le Maroc est frappé de plein fouet par sa pire sécheresse depuis près de 40 ans, une catastrophe qui fait craindre une sévère pénurie d'eau potable cette année, conséquence du changement climatique et d'une gestion hydrique inefficiente.

sécheresse Maroc

«Le pays n'a pas enregistré une telle situation depuis le début des années 80», a indiqué à l'AFP Abderrahim Hendouf, spécialiste des politiques de l'eau. Si par le passé, la sécheresse - récurrente au Maroc - touchait principalement les régions rurales et le secteur agricole, elle pèse actuellement sur «l'approvisionnement en eau potable en zone urbaine», a récemment prévenu le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, devant les députés. Soumis de longue date aux variations climatiques, le pays subit un sévère déficit pluviométrique depuis septembre 2021 et une baisse alarmante des réserves des barrages de près de 89% par rapport à la moyenne annuelle, selon les statistiques officielles.

Ce déficit est «un indicateur inquiétant même s'il a été résorbé par des mesures préventives, afin d'éviter les pénuries d'eau», a reconnu Abdelaziz Zerouali, directeur de la Recherche et de la Planification de l'eau, dans un entretien télévisé. Deux grandes villes, Marrakech (Sud), capitale touristique, et Oujda (Est), ont évité le pire en ayant recours depuis fin décembre à la nappe phréatique pour assurer leur approvisionnement.

«Changement climatique réel»

Pour contenir les effets dévastateurs de la sécheresse, le gouvernement a débloqué à la mi-février un programme d'aide au secteur agricole - premier contributeur du PIB (14%) devant le tourisme et l'industrie et principale source d'emplois en milieu rural - de près d'un milliard d'euros. Mais à long terme, il est «nécessaire de changer notre vision sur la question de l'eau. Le changement climatique est réel et nous devons nous préparer pour y faire face», a alerté Abdelaziz Zerouali lors d'une conférence sur «le droit à l'eau» à Rabat. Avec seulement 600 mètres cubes d'eau par habitant et par an, le Maroc se situe largement sous le seuil de la pénurie hydrique. À titre de comparaison, la disponibilité en eau était quatre fois supérieure à 2600 m3 dans les années 1960.

Au-delà des facteurs environnementaux, «la forte demande en eau» et «la surexploitation des nappes phréatiques» contribuent à faire pression sur les ressources hydriques, souligne le ministre Nizar Baraka. Dans un article pour l'Institut marocain d'analyse des politiques (MIPA), la chercheuse Amal Ennabih estime que la rareté de l'eau est «profondément liée à la façon dont cette ressource est utilisée pour l'irrigation, consommant environ 80% de l'eau du Maroc chaque année». Une situation d'autant plus alarmante que 10% seulement des terres agricoles sont irriguées, relève l'expert Abderrahim Hendouf, qui plaide pour une réduction du poids excessif du secteur agricole dans l'économie marocaine.

«Retards»

Le royaume chérifien mise principalement sur le dessalement de l'eau de mer pour remédier au déficit hydrique, un procédé polluant à cause de la saumure produite. Mais la mise en chantier du programme est confrontée à «des retards». La station de dessalement de Casablanca est toujours en chantier et la mégapole économique est menacée d'un déficit en eau dès 2025. Autre exemple: le retard de livraison de l'usine de dessalement de la station balnéaire de Saïdia (nord-est) a «provoqué une pénurie» dans les villes environnantes, selon Nizar Baraka. Par ailleurs, la construction de 15 barrages prend aussi du retard.

La menace d'un déficit en eau potable planait également sur la ville touristique d'Agadir, à hauteur de 70% en mars par rapport à ses besoins. Un risque évité grâce notamment à la nouvelle station de dessalement de ce chef-lieu de la plus importante région agricole du Maroc, selon des chiffres officiels. Les mesures draconiennes imposées à Agadir à l'automne 2020 - l'eau des robinets était coupée la nuit - ne sont aujourd'hui plus qu'un mauvais souvenir.

 

 

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Climat : l'Antarctique frappé par une vague de chaleur sans précédent

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Coup de chaud sur le continent le plus froid de la planète. En Antarctique, plusieurs stations météorologiques ont battu, vendredi 18 mars, des records de chaleur, sidérant les scientifiques spécialistes de la région.

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L'anomalie de température atteint +30 à +35°C actuellement sur le plateau de l'Antarctique de l'est. Concordia au Dôme C a établi un nouveau record absolu de température élevée, tous mois confondus : -12,2°C, contre -13,7°C le 17 décembre 2016. Données depuis 2005.

Alors que l'automne commence sur ces terres australes, il a ainsi fait -17,7 °C sur la base russe de Vostok (contre -32,7 °C pour le précédent record mensuel), -12,2 °C à Concordia (record tous mois confondus) ou encore 4,9 °C à Dumont d'Urville, la base française de l'est du continent (contre 3,4 °C pour le précédent record mensuel).
Pour le chercheur Jonathan Wille, de l'université de Grenoble-Alpes, "c'est un événement comparable au dôme de chaleur de 2021 en Amérique du Nord. Ce n'est pas censé arriver."

Un événement favorisé par le changement climatique

Cette vague de chaleur intervient alors que la température planétaire grimpe sous l'effet du réchauffement climatique. Interrogé par le Washington Post (en anglais), Jonathan Wille rappelle qu'il est toujours difficile d'attribuer un événement ponctuel à ce phénomène global, mais précise que ce dernier favorise l'apparition de telles vagues de chaleur. "Nous pensons qu'elles deviendront plus intenses, parce que c'est juste de la physique. Mais nous sommes encore en train d'essayer de comprendre les détails. Il me paraît très difficile de dire qu'il n'y a pas la trace du changement climatique dans un événement comme celui-ci", poursuit le chercheur.

Pour le moment, Jonathan Wille ne s'inquiète pas d'une éventuelle fonte des glaciers. "On est plutôt en train de se dire : 'tiens, c'est bizarre, cela pourrait arriver plus souvent à l'avenir. Et là, cela pourrait être grave", poursuit-il dans les colonnes du journal américain. D'éventuelles fontes en Antarctique alimenteraient encore un peu plus la montée des océans.

 

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