Près de 80 substances chimiques dans les repas quotidiens d’un enfant

Publié le par Notre Terre

manger-tue.jpg

 

Plus de quatre-vingts substances chimiques, dont certaines susceptibles d’être cancérigènes, sont ingérées en une seule journée par un enfant de 10 ans à travers ses repas composés suivant les recommandations du ministère de la santé, selon une étude du mouvement Générations futures – qui milite notamment pour une agriculture sans pesticides et sans OGM – et du réseau Health and Environnement Alliance, en partenariat avec WWF-France et le Réseau environnement santé.

Les associations, qui lancent une campagne de sensibilisation intitulée « Cancer et environnement », ont acheté dans des supermarchés de l’Oise et de Paris entre juillet et septembre les denrées alimentaires généralement consommées en quatre repas et un encas en une journée par un enfant d’une dizaine d’années. Ces repas-types, incluant les recommandations officielles – telles que cinq fruits et légumes frais, trois produits laitiers et 1,5 litre d’eau par jour – ainsi que des friandises, ont été examinés par plusieurs laboratoires indépendants en France et en Belgique pour y détecter la présence de substances chimiques, pesticides, métaux lourds et autres polluants. 

Le bilan de l’assiette, selon cette étude publiée mercredi, est accablant : cent vingt-huit résidus, quatre-vingt-une substances chimiques, dont quarante-deux sont classées cancérigènes possibles ou probables et cinq substances classées cancérigènes certaines ainsi que trente-sept substances susceptibles d’agir comme perturbateurs endocriniens (PE). « Même si, dans la quasi-totalité des cas, les limites légales pour chaque substance chimique prise individuellement ne sont pas dépassées, on voit bien dans cette enquête que la réalité de l’exposition des consommateurs aux contaminants possiblement cancérigènes et/ou PE est préoccupante », note l’association. 

LE SAUMON, LE PLUS RICHE EN PESTICIDES 


Pour le petit-déjeuner, le beurre et le thé au lait contiennent à eux seuls plus d’une dizaine de résidus cancérigènes possibles et trois avérés comme des cancérigènes certains ainsi que près d’une vingtaine de résidus susceptibles de perturber le système hormonal. 

La pomme, importée du Brésil, prévue comme encas, présente des traces de six substances chimiques, dont un fongicide pourtant interdit en France. Même chose pour les haricots verts du Kenya, inclus dans le déjeuner, sur lesquels l’étude a détecté des traces d’un insecticide puissant également interdit dans l’Union européenne. 

Le steak haché, le thon en boîte, et même la baguette de pain et le chewing-gum, étaient truffés de pesticides et autres substances chimiques. Dans l’eau du robinet les analyses ont révélé la présence de nitrates et chloroforme. Mais c’est le steak de saumon prévu pour le dîner qui s’est révélé le plus « riche » avec trente-quatre résidus chimiques détectés. Même l’examen de l’assiette en plastique utilisée pour réchauffer le repas au micro-onde n’en était pas exempte. 

« COCKTAILS CONTAMINANTS » 

Le risque final pour le consommateur de ce « cocktails de contaminants » « est probablement sous-estimé », selon l’étude. Le problème serait-il résolu par un lavage voire un épluchage systématique des fruits et légumes avant consommation ? « Certaines études montrent que ces précautions ne sont pas suffisantes voire qu’elles sont inutiles », a souligné Générations futures. De même, « l’impact de ces résidus dans les aliments conjugué aux autres substances chimiques auxquelles nous sommes exposés tous les jours, par l’air, les cosmétiques, les biocides, n’est pas évalué non plus ». 

Le but de l’étude « est de faire prendre conscience aux citoyens et aux responsables publics de la part importante que représentent les facteurs de risque environnementaux parmi les causes de cancers et ainsi de les inciter à agir et prendre les mesures qui s’imposent ». Le groupement d’associations milite donc pour « l’application du principe de précaution dans l’objectif de diminuer au maximum l’exposition environnementale, et notamment alimentaire, de lapopulation à des substances soupçonnées d’être cancérigènes ou PE » en interdisant notamment « l’usage de pesticides au champ » et l’utilisation de certains additifs.

 


Pour en savoir plus : 

- Lire le détail de l’étude sur le site www.menustoxiques.fr. L’étude est également disponible en PDF 

- Le site de Générations futures (ex-Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) : www.mdrgf.org 

- Le site de la campagne Cancer et environnement : www.environnement-et-cancer.com

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

Partager cet article

Accords de libre échange et OGM : quand Monsanto dicte sa loi

Publié le par Notre Terre

monsanto21.jpg

 

Alors que viennent de s'ouvrir début juillet les négociations entre les Etats-Unis et l'Union européenne pour établir un "grand marché transatlantique" à travers l'accord de libre échange du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP ou TAFTA), les américains bouclent au même moment un accord similaire avec leurs voisins du Pacifique. Négociés dans l'ombre, façonnés par les multinationales américaines, imposant de nouveaux droits supranationaux aux entreprises, ces accords sont précurseurs de ce qui attend les européens...


Article issu d'une traduction d'un article de Nation of Changeparu le 24 juin 2013 sous la plume de Barbara Chicherio, membre du Parti Vert américain

 

Quelque chose se profile dans l'ombre qui pourrait réduire nos droits fondamentaux et contaminer notre alimentation à jamais. L’ Accord de Partenariat Transpacifique (PTP) pourrait bien devenir le plus grand accord de libre-échange régional de l’histoire, à la fois en termes de taille économique, tout comme dans sa capacité à englober silencieusement toujours plus de pays. Déjà en 2011, au moment de l'élargissement de l'alliance, "les 12 pays signataires du traité représentaient 30 % des exportations agricoles mondiales" indique le journal américain.

 

Ces pays sont les Etats-Unis, l’Australie, le Brunei, le Chili, le Canada, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, le Vietnam et le japon.  L'objectif de cet accord de libre échange, dont la base existe depuis 2005, est « d'atteindre en 2015 des droits de douane égaux à zéro pour les pays de la zone. Ce traité couvre pratiquement tous les échanges de biens, les règlements de litiges, l'application des mesures phytosanitaires, les échanges de services, la propriété intellectuelle, les contrats gouvernementaux et les politiques liées à la compétition. »


Monsanto en embuscade


Le degré de secret autour de cet accord est sans précédent. Au cours de sa négociation, le projet d'accord n'a fait aux Etats-Unis l'objet d'aucun débat public, ni dans la presse ni parmi les décideurs politiques. En revanche, « six cent conseillers d’entreprises américaines ont contribué à l’élaboration du PTP »affirme le journal Nation of Change. « Tout au long des discussions transnationales, la majorité du Congrès a été tenue dans le flou, tandis que les représentants des entreprises américaines étaient consultés et au courant de chaque détail » selon Barbara Chicherio, du Parti Vert américain.


S’il est ratifié, le PTP imposerait des dispositions réglementaires punitives qui donneraient aux multinationales un droit sans précédent. Ces entreprises seraient légalement fondées à exiger du contribuable une compensation financière si leurs représentants décidaient de politiques nationales s'apparentant à des barrières aux profits et à la vente des produits commercialisés par les multinationales. « Cet accord cherche à établir de nouveaux droits supranationaux pour les entreprises visant à contourner les lois nationales et les cours de justice » prévient Chicherio. Surtout il permettra d’intenter directement des procès aux gouvernements pour obtenir des compensations financières, « compensations qui seraient directement puisées dans les poches du contribuable via le Trésor public » poursuit la militante.


D'une façon surprenante, aucun chapitre précis relatif à l’agriculture n’apparaît dans le PTP. C'est parce que les règles affectant les systèmes alimentaires et la sécurité alimentaire ont été intégrées un peu partout dans le texte. Ces négociations ont été menées par Islam Siddiqui, principal négociateur dans le domaine de l’agriculture pour les États-Unis, qui n'est d'autre que l'ancien vice-président de CropLife America, le principal organe de lobbying des entreprises de biotechnologie dont Monsanto est l'un des leaders. Depuis les années Clinton, Islam Siddique s’emploie à défendre les biotechnologies dans le monde, alternant entre postes officiels au sein de la diplomatie américaine et lobbying stratégique pour le secteur privé. Durant toute sa carrière, il s'est ouvertement opposé à toute politique d'étiquetage, reprenant l'argument des producteurs que la transparence sur les OGM reviendrait à « suggérer un risque là où il n'y en a pas ».


Les multinationales mettent les pays au pas


Bien que dans son ensemble le contenu du PTP reste encore partiellement caché, voici quelques points qui s'imposeront aux pays signataires et porteront irrémédiablement atteinte à leur souveraineté :

  • Le PTP risque d'ouvrir la porte aux importations sans résoudre les questions relatives à la sécurité alimentaire ou aux impacts environnementaux.

 

  • Les règles de passation des marchés publics interdisent toute discrimination basée sur la qualité de la production. « Ceci signifie que des programmes publics qui favorisent l’utilisation d’une alimentation durable, biologique ou produite localement, pour les cantines scolaires pourraient être interdits » affirme Barbara Chicherio au journal Nation of Change.

 

  • L’étiquetage des aliments contenant des OGM (Organismes génétiquement modifiés) ne sera pas autorisé, ou s'il est maintenu comme c'est le cas actuellement au Japon, cela pourrait donner lieu à des compensations financières pour les entreprises de biotechnologies se jugeant « discriminées ».  La Nouvelle-Zélande et en Australie sont dans la même situation. Aux États-Unis, alors qu'une forte mobilisation en faveur d’un étiquetage des produits OGM a été enregistrée, 93% des américains y seraient favorables selon un sondage du NY Times, « en cas d’application du PTP, l’étiquetage des produits OGM pour des aliments américains ne pourrait ne jamais être autorisé » s'inquiète la militante américaine.

 

En novembre 2012, le Pérou a mis en place un moratoire de 10 ans sur les aliments et les plantes OGM. Il interdit l’importation, la production et l’utilisation des semences OGM dans les aliments afin de protéger la diversité agricole du Pérou. Que deviendra le moratoire mis en place par le Pérou avec le PTP ?


Au Vietnam, également signataire du PTP, une résistance croissante se développe contre les plans d'hégémonie agricole de Monsanto en raison de son lourd passé de producteur de l'Agent orange durant la guerre (1954-1975). Beaucoup estiment que Monsanto n’a aucunement le droit de faire du business dans le pays, alors que selon les estimations de l'ONU l’agent orange a tué 400 000 vietnamiens, provoqué des malformations chez 500 000 autres et contribué à développer des diverses maladies chez 2 millions d’autres.


Tirer les leçons des autres accords commerciaux avec les Etats-Unis


Dix ans après la mise en place de L’ALENA signé (Accord de libre-échange nord-américain) entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, plus d'un million et demi de fermiers mexicains ont fait faillite parce qu’ils n’étaient pas en mesure de rivaliser avec le maïs subventionné et OGM américain qui entrait sur le marché mexicain. En matière d'agriculture, ces accords commerciaux ont provoqué le déplacement de dizaines de millions de petits fermiers, contraints à l'immigration ou la misère des bidon-villes. La destruction des économies alimentaires locales a entraîné une forte hausse des prix (plus de 100%)  jusqu'à provoquer la « crise de la tortilla » et ses émeutes de la faim en 2007. Vingt ans après la signature des accords, le Mexique est passé d’un pays auto-suffisant produisant l’intégralité de son maïs à un pays important maintenant au moins le quart de cet aliment de base, et 40% de son alimentation, depuis les Etats-Unis. En 2013, le Mexique devançait cependant les Etats-Unis sur une chose : le pays compte désormais le plus fort taux d'obésité au monde selon la FAO.


« Alors que le Traité trans-pacifique est à de nombreux égards semblable à l’ALENA, il apparaît que les entreprises ont également su tiré les leçons des expériences précédentes. Elles peaufinent le PTP afin de s’assurer que les citoyens des pays impliqués n’aient aucun contrôle sur la sécurité alimentaire, sur ce qu’ils vont manger, sur le lieu où cette nourriture sera cultivée, sur les conditions dans lesquelles la nourriture sera cultivée et sur les restrictions d’utilisation d’herbicides ou de pesticides » analyse Chicheria pour Nation of Change. « Si le PTP est adopté, la porte sera alors encore plus ouverte aux abus envers les droits de l’Homme et de l’environnement » poursuit-elle.


Dans un ultime avertissement, la militant prévient que « les choses auxquelles nous devons nous attendre avec certitude sont les suivantes : plus d’exploitations agricoles à grande échelle et plus de monoculture ; la destruction des économies locale ; aucune donnée sur la façon dont notre nourriture sera cultivée ou sur ce que nous mangerons ; plus de déforestation ; une utilisation accrue des herbicides et des pesticides ; plus de pollution industrielle ; un nombre croissant de dépôts de brevets sur le  vivant ; plus de plantes et d’aliments OGM ; aucun étiquetage des OGM contenus dans la nourriture. »

 

Tout ceci représente un pas en arrière pour les droits de l’Homme et un pas de géant vers le contrôle de notre nourriture par Monsanto et toutes les multinationales de l'agroalimentaire américaines. Malgré ces conséquences désastreuses pour les Droits fondamentaux, ainsi qu'une perte de souveraineté alimentaire sans précédent, la plupart des américains comme les  citoyens des autres pays signataires ne sont courant ni de cet accord commercial, ni de ses effets plus qu’inquiétants, tous soigneusement maintenus dans l'ignorance la plus crue. 


Début juillet 2013, les Etats-Unis ouvraient avec l'Union Européenne des négociations similaires pour répliquer l'accord trans-pacifique avec les pays européens sous le nom de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP ou TAFTA). De la même manière, l'accord est négocié dans le secret entre les dirigeants européens et les négociateurs américains, de la même manière les multinationales cherchent à imposer des normes moindres pour introduire leur produits en Europe, de la même manière, un système de compensation financière sera érigé en système d'assurance des actionnaires contre la décision des citoyens de se protéger contre des produits indésirables, au premier rang desquels les OGM. Monsanto n'aura alors aucun mal à venir collecter ses « compensations » dans les pays qui maintiendront un moratoire sur ses semences...


Pourtant il existe une différence de taille :  les négociations viennent tout juste de s'ouvrir pour aboutir en 2015 et déjà des informations fuites sur ces accords du TTIP. Les citoyens européens se montreront dès lors plus apte à se mobiliser pour éviter cette catastrophe annoncée. De plus, les élections du Parlement européen se tiennent en mai 2014, et « ce seront ces eurodéputés issus du scrutin de 2014 qui auront, in fine, leur mot à dire » comme le rappelait le journal Politis. La mobilisation ne fait donc que commencer !

 

Article tiré d'une traduction de Trans-pacific Partnership and Monsanto, dans le journal Nation of Change (24 juin 2013), et rédigé par Barbara Chicherio, trésorière du Gateway Green Alliance et membre du comité national du Parti vert des Etats-Unis.

 

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

Partager cet article

L'invention d'un chercheur japonais va révolutionner le rendement des éoliennes (multiplié par trois)

Publié le par Notre Terre

L'invention d'un chercheur japonais, Yuji Ohyav, travaillant à l'Université de Kyushu, a permis de faire un grand pas en avant car elle permet de multiplier le rendement des éoliennes d'une nouvelle génération capable de produire de 2 à 3 fois plus d'énergie.

 


L'invention d'un chercheur japonais, Yuji Ohyav, travaillant à l'Université de Kyushu, a permis de faire un grand pas en avant car elle permet de multiplier le rendement des éoliennes d'une nouvelle génération capable de produire de 2 à 3 fois plus d'énergie. L'invention est aussi simpliste que génial. Il suffit d'ajouter une paroi, une sorte de court cylindre de forme conique appelle « lentille » positionné autour des palles. L'ajout de cette « lentille » ( "Wind Lens" ou « Wind Lens Turbine » en anglais) permet de créer une zone de dépression qui aspire le vent, concentrant et accélérant le flux à travers les hélices. À l'instar d'une lentille optique qui a pour caractéristique de faire converger les rayons lumineux, la lentille à éolienne agrège les flux de vent.

 

 


 

 


Les opposants reprochent aux éoliennes classiques d'être bruyantes, or l'ajout de la lentille contribue à réduire le bruit de manière significative permettant ainsi leur utilisation même dans les zones urbaines (comme cela a été déjà fait à Saint Sébastien - Espagne en 2010) ! 

Pour rappel : 
La Navarre a produit (en début 2012) 81,1% de son électricité à partir des renouvelables et va passer à 100% dès 2020 ! << vidéo à regarder >> Outre le gain en énergie produite, l'éolienne à "lentille" permettrait aussi de faire baisser le coût de production. Les promoteurs de la technologie parlent de ramener directement ce coût à hauteur du charbon, sans subventions. 

Une éolienne est capable de capter maximal 59,3% de l'énergie cinétique (Loi de Betz)

Suite à l'accident de Fukushima le gouvernement japonais a lancé un grand plan de fermeture des différentes centrales nucléaires qui sont installées sur l'archipel nippon. 

Les éoliennes avec « lentille » sont particulièrement efficace avec des vents faibles comparé aux éoliennes classiques, grâce à la lentille qui crée une zone de dépression qui aspire le vent, concentrant et accélérant le flux à travers les hélices.

Forte de ce succès, l'équipe de M. Ohya planche actuellement sur la création d'un champ d'éoliennes, capable de produire jusqu'à 500 MW d'électricité, soit l'équivalent de la production énergétique d'un réacteur nucléaire.

 

champ_eolienes_9579a.jpg

 


Des brevets ont été déposés

20120086216 - Fluid machine, wind turbine, and method for increasing velocity of internal flow of fluid machine, utilizing unsteady flow 

Brevet en format PDF 

Brevet 3621975 Name : Wind Power Generator 
Japon, Etats-Unis, Chine et Hong Kong ainsi en Europe 

Mes recherches m'ont amené à découvrir un autre modèle d'éolienne, également breveté, reposent sur un concept assez proche. Ce modèle inventé par une société américaine à l'inconvénient d'être bien plus encombrant par rapport au modèle développé par le chercheur japonais Yuji Ohyav.

 

 


Publié dans Les bonnes nouvelles

Partager cet article

Équateur : Rafael Correa pour l’exploitation du pétrole amazonien…

Publié le par Notre Terre

Le président équatorien autorise l'exploitation d'un gisement de pétrole dans le parc Yasuni, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Il avait tenté, en 2007, de négocier la non-exploitation de ce site en contrepartie d’une aide internationale.

 

tumblr_m6auy7DUdr1r61ju5o1_12801.jpg


Par Gaëlle LE ROUX  (texte)

 

"Avec une profonde tristesse, mais aussi avec une absolue responsabilité envers notre peuple et envers l’histoire, j’ai été obligé de prendre une des décisions les plus difficiles de tout mon gouvernement." Par ces mots emprunts de regret, le président équatorien jeudi 15 août, a demandé à l’Assemblée nationale, où il dispose de la majorité absolue, l’autorisation d’exploiter les millions de barils de pétrole dans le sous-sol d’une importante réserve écologique en Amazonie. Rafael Correa a ainsi mis fin à un projet original, visant à éviter l’extraction du pétrole dans le parc naturel Yasuni en contre partie d’une aide internationale.


L’initiative du président Correa remonte à 2007. D’importants gisements pétroliers, plus de 920 millions de barils de pétrole, soit 20 % des réserves de l’Équateur, sont découverts dans le parc Yasuni. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1989, il est situé au cœur de la forêt amazonienne, à la frontière avec le Pérou. C’est là qu’a été recensée l'une des plus grandes biodiversités au kilomètre carré du monde : 696 variétés d’oiseaux, 2274 d’arbres, 382 de poissons, 121 de reptiles… C’est également dans cette zone que vivent quelque 11 000 indigènes quechuas, huaorani, tagaeri et taromenane.


"Nouvelle logique économique"


Le président équatorien propose alors à l’ONU un marché original : il accepte de ne pas exploiter le bloc Yasuni ITT (du nom des gisements d’Ishpingo, Tiputini et Tambococha) au nom de la préservation de l’environnement, en échange d’une aide internationale. L’Équateur, le plus petit des pays membres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) demande une contribution financière aux pays qui polluent le plus à hauteur de la moitié des revenus que génèrerait l’exploitation du pétrole de Yasuni, soit 3,6 milliards de dollars sur 12 ans.


Il s’agissait ainsi de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, d’éviter l’émission des 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone que génèrerait l’exploitation du gisement, tout en permettant à l’Équateur de mener à bien sa transition énergétique. Rafael Correa y voyait l’opportunité de développer les sources d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne et solaire. Et une manière de financer "des stratégies de lutte contre la déforestation, de préservation des zones protégées, la reforestation, la régénération des sols, le développement social, les programmes d’éducation, de santé et de recherche".


Devant l’ONU, en 2007, Rafael Correa évoque "un exemple extraordinaire d’action collective mondiale, qui permet non seulement de réduire le réchauffement global pour le bénéfice de toute la planète, mais aussi d’inaugurer une nouvelle logique économique pour le XXIe siècle". La communauté internationale, les associations altermondialistes et de préservation de l’environnement applaudissent alors unanimement ce nouveau modèle de développement, dans lequel les ressources naturelles ne sont plus sacrifiées sur l’autel de la croissance. Les promesses de don se multiplient, atteignant 100 millions de dollars.


Un projet tombé aux oubliettes


Mais six ans plus tard, ce vaste programme n’est plus qu’un souvenir. L’Équateur n’a perçu que 13,3 millions de dollars, soit 0,37 % des fonds attendus, estime le président équatorien. Ces fonds ont été versés par des entreprises privées ou des pays comme la Belgique, la France, le Chili, l’Italie, l’Espagne ou encore l’Indonésie. Ils ont été déposés sur un compte administré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui garantit le retour de l’argent aux donateurs en cas de non réalisation du projet.

"Le monde nous a lâchés", a déclaré Rafael Correa jeudi 15 août. L’extraction du pétrole pourrait se faire sur une "zone supérieure à 1 % du parc national Yasuni", qui s’étend sur près d’un million d’hectares, a-t-il ajouté.

 

Selon les défenseurs de l’environnement, l’exploitation, même partielle, du bloc ITT portera gravement atteinte à la richesse biologique de la région. Les communautés indigènes ont d’ores et déjà averti qu’elles se mobiliseraient contre l’exploitation. La loi équatorienne est d’ailleurs de leur côté : l'Équateur est l'un des seuls pays à consacrer des droits constitutionnels à la nature. La loi fondamentale du pays stipule notamment que "toute personne, communauté, peuple ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique l’accomplissement des droits de la Nature".

 

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Comment le réchauffement climatique change... le goût des pommes

Publié le par Notre Terre

tas-pomme.jpg

Une étude japonaise conclut que le réchauffement climatique rend les pommes moins acides et plus sucrées. Le goût de ce fruit, le troisième le plus consommé au monde, pourrait encore évoluer.

 

Plus sucrées, mais moins croquantes. Le réchauffement climatique modifie les paramètres liés au goût et à la texture des pommes, selon une étude japonaise publiée ce jeudi par la revue Scientific Reports.

Des chercheurs japonais ont étudié les caractéristiques de deux variétés de pommes, la Fuji (la plus répandue dans le monde selon l'étude) et la Tsugaru, enregistrées au cours des années depuis 1970 dans deux vergers dans les préfectures de Nagano et d'Aomori.

Avec l'augmentation de la température moyenne sur cette période, respectivement de 0,31°C et de 0,34°C par décennie dans chacune de ces deux régions, les dates de l'ouverture des bourgeons et de la floraison des pommiers ont avancé peu à peu dans l'année, ont constaté les chercheurs.
Hausse de la concentration en sucres

Pour les deux variétés, ils ont relevé une diminution au cours du temps de l'acidité et de la fermeté des fruits mais en revanche une tendance à la hausse de la concentration en sucres. Des changements modérés mais "significatifs" qui, selon les chercheurs, témoignent que les attributs de texture et de goût des deux variétés se sont modifiés en réponse à la hausse du thermomètre.

Dans ces deux vergers, les pratiques agricoles et les variétés cultivées sont restées les mêmes, excluant ainsi l'influence de facteurs non-climatiques comme d'éventuelles améliorations techniques.

Si le changement climatique se poursuit, "les modifications dans les attributs de goût et de texture des pommes pourraient être plus frappantes avec des floraisons encore plus précoces et une hausse des températures pendant la période de maturation du fruit", estime l'équipe conduite par Toshihiko Sugiura, chercheur à l'Organisation nationale de recherche sur l'alimentation et l'agriculture à Tsukuba.

Quelque 60 millions de tonnes sont produites chaque année dans le monde, selon cette étude, ce qui en fait le troisième fruit le plus consommé de la planète après les agrumes et les bananes.

 

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article