450 euros d’amende pour diffusion de « légumes clandestins »

Publié le par Gerome

LE MONDE VA MAL.

 

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« Légumes clandestins » ! L’inscription ironique figure sur les pancartes que des jardiniers et des consommateurs brandissent ce 4 juin sous les fenêtres de la direction régionale de la concurrence et de la consommation à Toulouse. Ils dénoncent la pression sur les petits producteurs qui commercialisent des variétés de légumes non inscrits au catalogue officiel (lire nos précédents articles). Quinze jours plus tôt, le 17 mai, des petits maraîchers ont reçu la visite d’un agent de la répression des fraudes, sur le marché de Lavelanet, en Ariège. Leur délit : vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel et ne pas disposer de la carte du GNIS, l’interprofession nationale des semences et des plants. Ils encourent une amende potentielle de 450 euros...



« Bien que pour eux qui vendent moins de 10 000 plants par an, cette carte soit gratuite, pour le moment du moins, cette visite a causé un certain émoi, d’autant plus que jusqu’ici cette activité annexe était tolérée et que ces maraîchers ignoraient même que cette carte était obligatoire », réagissent plusieurs organisations [1] dans une lettre commune. Ces dernières voient dans ce contrôle « un abus s’inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de toutes les activités et de toutes les personnes qui échappent au contrôle des multinationales ».

 

L’élu écologiste François Calvet, Vice-Président de la commission agriculture du Conseil régional Midi-Pyrénées, considère également ce contrôle comme « inopportun ». « La vente de plants par les maraîchers peut-être un revenu complémentaire non négligeable, écrit-il. Au moment où l’économie agricole est en crise, il n’est pas acceptable que ces paysans soient mis en difficulté par une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle ».



Plus largement, les organisations associatives et paysannes demandent à« répondre à la forte demande des jardiniers de pouvoir trouver sur le marché des plants leur permettant de cultiver toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue. »Entre 1954 et 2002, 80 % des variétés potagères auraient été radiées du catalogue selon le Réseau semences paysannes.

 

Des 876 variétés inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. La raison de ces radiations ? Le poids de l’industrie semencière, qui, depuis cinquante ans, cherche « à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques », estime le Réseau semences paysannes. « Ces contrôles sont effectués avec pédagogie pour protéger les consommateurs mais aussi les producteurs », assure pour sa part la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, Catherine d’Hervé. Cette action intervient alors que la législation sur la commercialisation des semences et des plants est en cours de révision à l’échelle européenne.



[1] Confédération Paysanne Midi Pyrénées et de tous les départements de la région, Réseau Semences Paysannes, Amis de la Terre Midi-Pyrénées, Amis de la Terre Périgord, Nature & Progrès Ariège, Nature & Progrès Hautes Pyrénées, Nature & Progrès Quercy Gascogne, Nature & Progrès Haute Garonne, Nature et Progrès Aveyron, Croqueurs de carottes, Collectif anti-OGM31, Pétanielle, Terre en vie 65, ATTAC Toulouse, Toulouse en transition, Collectif des Semeurs du Lodévois-Larzac, Kokopelli, collectif des Faucheurs Volontaires, les herbes folles de Saverdun,...

 

 


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Pollution à Pékin : Il fait nuit à midi !

Publié le par Gerome

Il y a quelques mois, Pékin avait des airs de Blade Runner , aujourd'hui la ville rappelle Matrix. Mais jusqu'où ira la folie des hommes ?

 

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Mark MacKinnon correspondant pour le " Canada's Globe and Mail "a posté un tweet ce matin montrant des images de Pekin plongée dans l'obscurité à midi :

Mark MacKinnon/马凯 @markmackinnon 

Allegedly, it's noon in Beijing. #smogmeetsstormhttp://twitpic.com/cv5skm 

 

 


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Moscou lance son programme de vélos en libre-service

Publié le par Gerome

1.000 vélos vont être répartis dès samedi en une cinquantaine de points dans le centre de la capitale...

 

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Après l’arrivée des «Citi Bike» à New York lundi, Moscou se met à son tour à pédaler à partir de ce samedi. La mise en place des «velobike», le programme moscovite de vélos en libre-service, est en effet prévue pour le 1er juin. Il commencera modestement avec 1.000 vélos répartis en une cinquantaine de points dans le centre de la capitale.


«Cela nous donne l’espoir que la civilisation arrive dans notre ville», s’est félicité Sergueï Iakobson, qui anime un site web militant pour la circulation à vélo. «Si 15 % des automobilistes utilisent ce système cet été, on respirera plus facilement à Moscou», a espéré le président de la Fédération des propriétaires d’automobiles de Russie, Serguei Kanaev.


Dangerosité des routes


Sur le boulevard Tverskoï, au centre ville, à la veille du lancement de l’opération, les vélos rouges vif déjà installés attiraient l’attention. «L’idée est super, notamment la première demi-heure gratuite et la deuxième à 30 roubles (un dollar). Mais la ville n’est pas faite pour les vélos. Ca va être dangereux dès qu’on sortira des petites rues tranquilles et qu’on sera dans les embouteillages», estime Aliona, 22 ans, étudiante en médecine.


Deux accident spectaculaires à Moscou ces derniers jours sont en effet venus rappeler que la Russie est l’un des pires pays au monde pour la sécurité routière, avec près de 28.000 morts en 2012. Mardi dernier, un automobiliste ivre et sans permis a renversé trois cyclistes à Moscou, tuant l’un d’entre eux sur le coup. Quelques jours auparavant, un conducteur avait posté sur YouTube une vidéo le montrant à 190 km/h en plein Moscou, juste avant de percuter une dizaine de voitures.


Manque de pistes cyclables


Autre problème, la capitale russe manque cruellement de pistes cyclables. La mairie de Moscou a annoncé qu’elle allait développer les pistes cyclables pour que leur longueur totale atteigne 131 km fin 2013, un chiffre bien modeste comparé à d’autres capitales. New York dispose ainsi de plus de 1.100 km de pistes cyclables, Stockholm de 760 km, Berlin de 620 km et Paris de 440 km. Le maire de Moscou Sergueï Sobianine avait estimé en octobre dernier que pour développer le transport en vélo dans la capitale, la priorité n’était pas de construire des pistes cyclables mais d’augmenter le nombre de parkings à vélo et de magasins de location.


«On manque de pistes cyclables à Moscou. Si l’opération vélos en libre-service marche, ce sera dans les quartiers excentrés. Au centre, c’est bourré de voitures et il n’y a pas une seule piste cyclable», a regretté une spécialiste de l’Institut de la construction à Moscou, Zinaïda Azarenkova. Les premières stations de vélos en libre-service se trouvent actuellement pour l’essentiel sur la «ceinture des boulevards», où les voies de circulation sont séparées par un parc avec sentiers pour piétons, un terrain où les cyclistes peuvent circuler sans danger.


L’opération velobike à Moscou devrait s’interrompre fin octobre, mais «s’il y a une demande, nous poursuivrons pendant la période hivernale», a déclaré le vice-maire de Moscou chargé des transports, Maksim Liskoutov. Les amateurs de vélos en hiver sont rarissimes à Moscou, alors que les températures peuvent descendre jusqu’à -30 degrés, avec de fortes chutes de neige et une chaussée verglacée difficilement praticable même en voiture. Début juillet, le nombre de stations de vélos en libre service devrait passer à 120, avec quelque 1700 vélos disponibles.

 

 


 

 


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Les évènements climatiques et météorologiques extrêmes ont contraint au déplacement 32 millions de personnes dans le monde en 2012

Publié le par Gerome

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D'après le rapport "Global Estimates 2012", publié, lundi 13 mai, par l'International Displacement Monitoring Centre (IDMC) et le Norwegian Refugee Council (NRC), les événements climatiques et météorologiques extrêmes – inondations, mousson, cyclones, tempêtes – constituent la quasi-totalité (98 %) des catastrophes naturelles qui, en 2012, ont conduit au déplacement de 32,4 millions de personnes dans 82 pays. L'Asie a été la plus affectée (22,2 millions de déplacés), devant l'Afrique (8,2 millions) et le continent américain (1,8 million).


Le chiffre est deux fois supérieur à celui de 2011, qui était de 16,4 millions. Entre 2008 et 2012, le rapport, qui s'appuie aussi sur les données de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de la Banque mondiale, évalue à 143,9 millions le nombre total de personnes obligées de migrer à cause de catastrophes climatiques. Dans la quasi-totalité des cas, ces déplacements restent internes au pays.


D'une année à l'autre, le nombre et la violence des accidents climatiques varient, bien sûr. En 2012, en Chine, plusieurs typhons ont entraîné l'exode de 4 millions d'habitants, et les inondations celui de 1,3 million d'autres. Aux Philippines, typhons et mousson ont forcé 3,5 millions de personnes à migrer. En Afrique, au Nigeria, 6,1 millions d'habitants ont été déplacés du fait d'inondations.

 

Mais une constante demeure. "Les régions les plus pauvres sont les plus touchées, même si les Etats-Unis sont aussi frappés. Il y a une interaction entre la vulnérabilité aux phénomènes climatiques et la pauvreté économique", estime Bettina Laville, avocate spécialisée dans le développement durable et auteur d'un rapport sur les réfugiés climatiques.


Comment définir ces derniers ? Doit-on parler de "réfugiés", terme que le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et les Nations unies ont banni s'agissant des questions climatiques ? "J'ai personnellement opté pour le terme d'écoréfugiés, car il permet de faire le lien entre deux migrations – les réfugiés écologiques sont aussi des réfugiés économiques –, même si le HCR veut protéger le terme défini par la Convention de Genève de 1951 ", précise Mme Laville.


Au-delà de la terminologie, le nombre des déplacés ne peut qu'augmenter dans les décennies à venir. "Deux tiers de la population mondiale vivent à moins de cent kilomètres des côtes, trente des cinquante plus grandes villes sont en bord de mer et une montée des eaux de moins de 20 cm aura un impact certain", rappelle Dina Ionesco, chargée des politiques sur les migrations et le changement climatique à l'OIM.

 

Les raisons de migrer sont nombreuses. "Certains désastres naturels ont des effets immédiats avec des déplacements de population, explique Mme Ionesco. Il y a aussi une dégradation plus lente – salinité des terres, montée des eaux, grandes sécheresses, désertification... – qui va amener des millions de personnes à bouger."


Ces problèmes se combinent avec des conflits, économiques, sociaux ou militaires. Il n'est alors pas toujours aisé de définir la part des raisons environnementales dans ces migrations. En Birmanie, l'annonce du déplacement, en prévision de l'arrivée du typhon, de 166 000 personnes musulmanes rohingyas, pour la plupart déjà évacuées l'an passé en raison de violences et de meurtres dont elles étaient victimes, et installées depuis dans des camps insalubres, illustre cette complexité.

 

 


 

Publié dans Nature

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Des poissons OGM toujours plus gros et plus voraces

Publié le par Gerome

NotesSes détracteurs l’appellent le « Frankenfish » : un saumon génétiquement modifié qui grossit deux fois plus vite que ses congénères naturels, baptisé « AquAdvantage » par ses concepteurs. Il pourrait très prochainement être commercialisé aux États-Unis. AquaBounty Technologies, l’entreprise qui a créé ce poisson, assure qu’il n’y aucun risque de dissémination dans la nature.

 

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Et si cela se produisait quand même et que plusieurs de ces saumons d’élevage prenaient le large ? L’hypothèse a été étudiée par l’Université Memorial de Terre-Neuve (Canada). Le résultat est effrayant. Les saumons génétiquement modifiés ont été croisés avec des truites sauvages : 40 % des rejetons hybrides issus de ce croisement héritent du gène ajouté artificiellement au génome de leur parent (un gène d’anguille qui accélère la croissance). Et ces hybrides grandissent encore plus vite que le saumon créé par Aquabounty !

Les saumons transgéniques AquAdvantage atteignent leur maturité en 18 mois, au lieu de trois ans pour les saumons « naturels ». Leur poids augmente de 1,9 % par jour (contre 1,5 et 1,7 % pour les saumons et truites « naturels »). Et celui de leurs rejetons hybrides de 2,1 % ! Autre conséquence : la présence de ces hybrides en milieu semi-naturel – les bassins utilisés pour l’expérience – a provoqué la diminution de moitié de la croissance des saumons sauvages. Logique : ils s’accaparent tous les aliments. Et si les rejetons de ces hybrides grossissaient eux-mêmes encore plus vite ? Un scénario catastrophe ?



Poissons mi-saumon mi-truite avec gène d’anguille



Peut-être les saumons hybrides s’en sortiraient-ils moins bien en milieu naturel. Peut-être les croisements entre espèces sont-ils plus rares dans la nature [1]. AquaBounty affirme ne produire que des saumons femelles, stérilisées. La stérilisation n’est cependant efficace qu’à 99,8 %, admet l’entreprise. Elle attend l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour pouvoir commercialiser ses saumons transgéniques.



Ces résultats ne donneront-ils pas envie aux créateurs d’animaux GM d’expérimenter d’autres croisements entre espèces ? Les producteurs de saumons GM ne seront-ils pas tentés, pour accroître leurs rendements, de procéder à quelques expériences non autorisées, puisque les rejetons hybrides semblent avoir un net « avantage compétitif » sur leurs parents ? Qui peut affirmer que ces saumons d’élevage, « confinés » dans des bassins, ne se retrouveront pas en masse dans les eaux où leur prolifération deviendra incontrôlable ?

 

La transmission d’un gène d’anguille à des poissons mi-saumon mi-truite vient poser de nouvelles questions sur la transgénèse animale, alors que des cochons génétiquement modifiés avec un gène de souris attendent leur autorisation de mise sur le marché au Canada. Et que les poulets transgéniques, les chèvres avec un gène d’araignée, les lapins et autres poissons-zèbres fluorescents sortent déjà des laboratoires de biotechnologies. Pour le moment, personne n’a encore songé à fabriquer des requins OGM...



- Lire l’étude parue dans Proceedings of the Royal Society – Biological Sciences, le 29 mai 2013.
- Lire notre enquête Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare.

[1] « Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) s’accouple parfois dans la nature avec la truite brune (Salmo trutta), une espèce qui lui est apparentée. Toutefois, les taux d’hybridation dépassent rarement 1%. Par contre, quand ce sont des saumons d’élevage qui se retrouvent dans le milieu naturel, les taux peuvent atteindre jusqu’à 41%. »

 

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

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