La diminution des insectes pollinisateurs menace les cultures mondiales

Publié le par Gerome

La diminution de la population d'insectes pollinisateurs sauvages due à la perte de leur habitat et au réchauffement climatique menace la production agricole mondiale, met en garde jeudi une étude internationale publiée aux Etats-Unis. Les 50 chercheurs qui ont participé à ces travaux ont analysé des données provenant de 600 champs de cultures de fruits, de café ou de différentes sortes de noix, dans 20 pays.

 

insecte-pollinisateur.jpeg

 

 


Ils ont constaté que les abeilles domestiques ne sont pas des pollinisateurs aussi efficaces que les autres insectes dans la nature, dont surtout les abeilles sauvages. 

La baisse continue du nombre de ces insectes fait craindre des conséquences néfastes pour les récoltes et rend nécessaire de maintenir et de gérer la diversité de ces pollinisateurs pour accroître la production agricole à long terme, insistent les auteurs dont l'étude paraît dans la revue américaine Science datée du 28 février. 

« Notre étude démontre que la production d'un grand nombre de fruits et de graines qui permettent la variété de l'alimentation est limitée parce que leurs fleurs ne sont pas suffisamment pollinisées », souligne Lawrence Harder, professeur de biologie à l'Université de Calgary au Canada, un des co-auteurs. 

« Nous avons aussi observé que le fait de mettre davantage d'abeilles domestiques dans ces zones de cultures n'était pas suffisant pour régler ce problème qui nécessite un accroissement du nombre des insectes pollinisateurs sauvages », ajoute-t-il. 

Les fleurs de la plupart des récoltes doivent recevoir le pollen avant de produire des graines et des fruits, un processus amplifié par la présence d'insectes. 

Ces pollinisateurs sauvages dont les abeilles, les mouches et les scarabées, vivent généralement dans des habitats naturels ou semi-naturels tels que l'orée des forêts, des haies ou des prairies, autant d'habitats qui se raréfient du fait surtout de leur conversion en terres agricoles. 

« Paradoxalement, la plupart des approches pour accroître l'efficacité de l'agriculture comme la mise en culture de toutes les terres disponibles et le recours aux pesticides, réduit l'abondance et la variété des insectes pollinisateurs qui pourraient accroître la production de ces récoltes », explique le biologiste. 

Les auteurs de cette étude font valoir l'importance de mettre en œuvre de nouvelles approches pour intégrer la gestion des abeilles domestiques et des pollinisateurs sauvages en préservant davantage leur habitat. 

Les rendements agricoles mondiaux s'en verraient accrus, permettant de promouvoir la production agricole à long terme, soulignent-ils.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Les abeilles disparaissent, mais les pesticides survivent

Publié le par Gerome

Le plan gouvernemental de soutien à la filière apicole ne s’attaque pas à l’une des causes majeurs du mal…

 

abeilles pesticides


Menacées à la fois par les maladies, les parasites, les OGM, les insecticides, les pesticides, le frelon asiatique, « débarqué » accidentellement dans nos frontières en 2004 et qui gagne constamment du terrain depuis, voire par les ondes des téléphones portables si l’on en croit les résultats de plusieurs expérimentations scientifiques, les abeilles voient leurs stocks fondre comme neige au soleil depuis plusieurs décennies. Un phénomène qui, eu égard à leur importance au sein de la biodiversité, pourrait avoir un impact de premier plan sur l’espèce humaine et inquiète logiquement les pouvoirs publics.


Un phénomène qui entraîne aussi, fatalement, une diminution vertigineuse – - 40 % depuis dix ans ! – du nombre d’apiculteurs. Moribonde, souffrant d’un manque d’aides et de financements chronique, la filière va faire l’objet d’un plan triennal de soutien dont le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a dévoilé les grandes lignes vendredi à l’occasion d’un déplacement dans la Sarthe. L’intention est louable sauf qu’une fois encore, le puissant lobby des pesticides s’en tire à (très) bon compte.


Point d’interdiction en effet des insecticides néonicotinoïdes, dont la responsabilité dans la baisse constante des effectifs d’apidés est pourtant indiscutable. Et nos confrères du Monde de décrypter : « Cette nouvelle classe est d’une foudroyante efficacité. Ses représentants – Cruiser, Gaucho, Poncho etc. – [...] sont principalement utilisés en enrobage des semences sur les grandes cultures. Le principe est simple : la plante s’imprègne du produit et devient toxique pour les insectes, tout au long de sa croissance. Le déploiement de cette technologie de protection des plantes s’est accompagné d’une forte accélération du déclin des insectes pollinisateurs. Or, depuis plus de dix ans, de nombreuses études menées en laboratoire montrent une variété d’effets toxiques inattendus, attribuables aux néonicotinoïdes : désorientation des insectes, perte des fonctions cognitives, synergie avec des pathogènes naturels etc ».

 

Bruxelles tranchera


Le refus d’agir du gouvernement est un coup dur de plus pour les abeilles, « indispensables à la vie végétale » de l’aveu même du ministre, et par extension pour les associations de protection de l’environnement, lesquelles réclament une législation beaucoup plus stricte en matière de recours aux pesticides depuis des années. Rappelons par ailleurs que le plan Ecophyto 2018, concocté par l’ancienne majorité et qui visait à réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires à cette date (par rapport aux niveaux de 2008), est loin d’avoir eu les effets escomptés, celle-ci étant même repartie à la hausse l’an dernier…


Indissociables du modèle agricole dominant dans les pays développés, les insecticides et pesticides sont-ils une fatalité ? Force est en tout cas de reconnaître que rien d’ambitieux, rien de courageux n’est entrepris pour les faire disparaître, alors même qu’ils pénètrent aussi les nappes phréatiques, posant de fait un problème sanitaire majeur.


Partant de là, les dispositions dévoilées par le ministre semblent secondaires. Alors qu’environ quatre mille cinq cents apiculteurs français renoncent chaque année à leur activité et que les importations de miel sont en perpétuelle augmentation, une enveloppe de quarante millions a tout de même été débloquée « pour la formation initiale et la formation de techniciens spécialisés », résume le site Internet du quotidien, selon lequel les objectifs étatiques sont de « favoriser la structuration de la profession, la promotion des produits de l’apiculture (miel, gelée royale), l’amélioration des circuits de distribution et la mise en place d’une filière compétitive d’élevage de reines ».


Récemment créé, l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (ITSAP) peut favoriser leur concrétisation à travers notamment la production de données économiques et sanitaires fiables, lesquelles ne sont pas légion aujourd’hui… L’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) aurait quant à elle souhaité une interdiction totale et définitive des insecticides précitées. Un voeu auquel M. Le Foll n’a pas accédé, préférant s’en remettre à l’avis de la Commission européenne, qui doit débattre jusqu’à la fin du mois de la mise en oeuvre d’un moratoire de deux ans portant sur la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame, trois molécules chimiques appartenant à la famille des néonicotinoïdes et qui n’y sont pas pour rien, on l’a vu, dans le déclin des abeilles.


Bruxelles a le choix : tenter de l’endiguer ou persister à protéger des intérêts industriels qui, en l’occurrence, se font au détriment direct de la vie.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

MONSANTO PROTESTE CONTRE LE JARDIN BIO DE MICHELLE OBAMA

Publié le par Gerome

obama-jardin-bio.jpg

L’association américaine qui représente des grands noms de l’agrochimie a récemment écrit à Michelle Obama pour protester contre son jardin bio. Leur crainte : que l’exemple de la First lady ne donne aux consommateurs une mauvaise image de l’agriculture « conventionnelle ».

« Cultivez et manger bio pour faire peur à Monsanto ! », s’amuse un des blogueurs deGreenpeace au Canada. La MACA, l’association américaine qui représente des grands noms de l’agrochimie, dont le géant des pesticides et des semences OGM Monsanto, a récemment écrit à Michelle Obama. Objet du courrier : le jardin bio que la première dame des Etats-Unis a créé dans l’enceinte de la Maison Blanche.

Ce jardin où fruits et légumes sont cultivés sans pesticides pourrait donner aux consommateurs, par comparaison, une mauvaise image de l’agriculture conventionnelle dont les produits sont « sains, savoureux et plus économique », assure la MACA.

Les géants de l’agrochimie estiment aussi que Michelle Obama devrait soutenir leurs méthodes de production agricole.

« Si les Américains devaient encore cultiver eux-mêmes des produits de première nécessité pour subvenir aux besoins de leur famille, les Etats-Unis seraient-ils les leaders dans les domaines scientifiques, de la communication, de l’éducation, de la médecine, des transports et de l’art ? », s’interroge encore cette association d’agrochimistes.

Michelle Obama a décidé de créer un jardin biologique pour faire la promotion d’une nourriture saine. Sa production doit permettre de fournir en fruits et légumes les occupants, les salariés et les invités de la Maison Blanche.

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

Partager cet article

La croissance de l'éolien et du solaire marque le pas en France

Publié le par Gerome

Malgré le ralentissement des nouveaux raccordements d'origine éolienne et solaire, le parc éolien a franchi le cap des 7.500 mégawatts, en hausse de 11%. Et le photovoltaïque a dépassé les 4 gigawatts, en croissance de 37%.

 

centrale_solaire_Reunion.jpg

 

Les nouveaux raccordements de puissance électrique d'origine éolienne et photovoltaïque ont ralenti de 9% et 39% respectivement en France en 2012, selon les statistiques du ministère de l'Ecologie et de l'énergie publiées vendredi.

L'an passé, 753 mégawatts de nouvelles éoliennes et 1.079 mégawatts d'installations photovoltaïques ont été raccordées au réseau électrique français, selon un tableau de bord du Commissariat général au développement durable. En 2011, ces chiffres étaient de 830 mégawatts pour l'éolien et de 1.759 mégawatts pour le solaire.

Ce ralentissement a été particulièrement sensible au premier semestre dans l'éolien et au second dans le solaire: en effet, de nombreux projets photovoltaïques avaient jusqu'au 30 juin 2012 pour bénéficier d'anciens tarifs plus favorables.

L'éolien fournit 3% de l'électricité

Ce ralentissement n'empêche pas le parc éolien installé en France de franchir le cap des 7.500 mégawatts (à 7.562 mégawatts, en hausse de 11% sur un an), et de produire désormais 3% de l'électricité française (contre 2,4% en 2011). Mais au rythme de 2012, il faudrait 15 ans à la France pour atteindre son objectif --fixé lors du Grenelle de l'Environnement-- de 19 gigawatts de puissance éolienne terrestre en 2020.

Le photovoltaïque se rapproche l'objectif fixé par le Grenelle

Le photovoltaïque franchit lui aussi un seuil, celui des 4 gigawatts (4.003 mégawatts) avec un parc total en croissance de 37% sur un an et se rapproche lui très vite de l'objectif du Grenelle (5,4 gigawatts). Mais le quatrième trimestre a été particulièrement médiocre, avec seulement 75 mégawatts de raccordements. Fin 2011, le parc éolien français était d'environ 6.800 mégawatts et le parc solaire de près de 2.900 mégawatts.


Le nouveau gouvernement cherche à relancer ces deux filières, notamment avec des assouplissements --toujours pas adoptés au Parlement-- de la réglementation sur l'installation des éoliennes, ou des nouveaux appels d'offres ainsi que des tarifs bonifiés pour les panneaux européens dans le solaire.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Les médicaments dans la viande, un autre scandale alimentaire à venir ?

Publié le par Gerome

viande-medicament.jpg

 

 

Fabrice Nicolino, journaliste, jette un sacré pavé dans la mare dans Le Monde de ce lundi. Pour lui, un autre scandale alimentaire s’annonce : celui des médicaments présents dans la viande. Un constat que fait aussi l’Union vétérinaire belge qui tire la sonnette d’alarme.

 

 

Samedi, le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll annonçait que trois carcasses de viande de cheval contenant des produits potentiellement nocifs pour la santé humaine avaient été consommées en France. Ces carcasses avaient été détectés positives au phénylbutazone, un anesthésiant anti-inflammatoire pour les chevaux de course, en Grande-Bretagne et exportées vers la France. Trois ont été bloquées mais trois autres n’ont pas été retrouvées et ont donc été consommées.

 

Le ministre a cependant relativisé : les doses retrouvées ne sont pas dangereuses.

 

Oui, mais… Selon le journaliste d’enquête Fabrice Nicolino, qui s’exprime dans Le Monde, tout n’est pas si simple. Et cette histoire n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il cite ainsi deux études : l’une datant de 2011, qui montrait la présence dans le lait d’anti-inflammatoires, d’antibiotiques, de bêta bloquants; l’autre datant de 2012 qui avait trouvé la présence d’antibiotiques et d’antiparasitaires dans les petits pots pour bébé. Tout ça en doses très faibles.

 

La législation est assez complète concernant la prise d’antibiotiques et de médicaments. Ainsi, une limite maximale de résidus est définie au niveau européen.

Mais, explique le journaliste dans Le Monde, aucune étude n’est menée sur les effets combinés de ces médicaments sur la santé humaine.

 

L’utilisation d’antibiotiques, un danger

 

Pis, il pointe le problème des antibiotiques administrés aux animaux : les maladies deviennent plus résistantes à ces remèdes. Des tests sont ainsi menés en Belgique. En 2011, « la présence de staphylocoque aureus résistant à la méticiline (MRSA) a été détectée dans 6,5% des élevages de poulets de chair et 0,7% des élevages de poules pondeuses« , explique l’Afsca. Et cette résistance peut devenir une menace réelle pour la santé publique.

 

La législation l’a d’ailleurs pris en compte depuis quelques années. « Les antibiotiques vétérinaires ne peuvent être utilisés que pour un usage thérapeutique. Toute utilisation préventive ou comme facteur de croissance est interdite dans l’Union européenne depuis le 1er janvier 2006« , précise le porte-parole de l’Afsca.

 

Depuis des années également, Test-Achats dénonce la présence d’antibiotiques dans l’alimentation des Belges. En 2010, l’association de défense des consommateurs a ainsi testé six produits, dont des crevettes, du pangasisus, du porc et de la dinde en Belgique, en Italie, en Espagne et au Portugal. Les résultats étaient plutôt encourageants.

 

Seul un échantillon espagnol de crevettes contenait du chloramphénicol, un produit potentiellement toxique, les autres denrées testées ne posaient pas de problème. A l’époque Sigrid Lauryssen, experte alimentation de Test-Achats, concluait : « Ce sont les auto-contrôles du secteur et les contrôles officiels qui doivent garantir que la législation est respectée. C’est pourquoi Test-Achats continue à encourager le secteur agroalimentaire à utiliser les antibiotiques de manière raisonnable et responsable dans l’élevage« .

 

Le cri d’alerte des vétérinaires

 

Mais, justement, le secteur ne semble pas si bien s’auto-réguler. Réagissant au scandale de la viande de cheval, l’Union professionnelle vétérinaire belge a tenu à rappeler un combat un peu oublié dans le scandale actuel : celui du trafic de médicaments. « Nous prions instamment les autorités sanitaires et judiciaires de soutenir ce combat contre les brebis galeuses du secteur. Entre autres, l’importation de produits alimentaires provenant de pays tiers, le trafic de médicaments par internet, la pratique de vétérinaires d’autoroute doivent faire l’objet d’une vigilance toute particulière de la part des autorités« , expliquaient-ils dans un communiqué.

Et Alain Schonbroodt, de l’Union vétérinaire, de noter qu’il y a de gros problèmes avec les médicaments vendus sur internet, mais également avec les éleveurs peu scrupuleux qui détournent les médicaments qui leur sont prescrits. Il pointe aussi la viande provenant d’autres pays, où les contrôles pourraient ne pas être aussi développés. Selon lui, les hormones ne sont plus vraiment un problème, mais les fraudes aux anti-inflammatoires et aux antibiotiques se répandent de plus en plus.

 

A travers les mailles du filet

 

Bien sûr, des contrôles existent en Belgique, mais ils ne sont pas systématiques.

 

Ainsi, précise l’Afsca, 9627 échantillons ont été prélevés dans les abattoirs en 2011 avec 99,9% de conformité pour ce qui est des résidus de médicaments.

« A chaque abattage un vétérinaire officiel expertise l’animal vivant et la carcasse. Chaque année un certains nombre d’animaux sont exclus de la chaine alimentaire sur base de ces expertises ( 2125 bovins, 29 482 porcs, 4 000 000 volailles), en cas de doutes des échantillons peuvent être prélevés. 230 échantillons suspects ont été prélevés à l’abattoir en 2011, 61, 3% étaient conformes« , explique le porte-parole de l’Afsca, se basant sur le rapport annuel de 2011.

 

Des contrôles sont aussi pratiqués dans les autres Etats membres de l’Union. Et la législation européenne s’applique également aux entreprises hors UE. C’est l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne qui veille au respect des ces exigences.

 

Pour ce qui est de l’utilisation des médicaments dans les exploitations, c’est l’Afsca qui contrôle l’administration des médicaments au niveau des exploitations agricoles. L’Agence des médicaments contrôle le respect des bonnes pratiques vétérinaires.

 

« Le stock de médicaments, la présence d’un registre, de documents de fournitures des vétérinaires… y sont notamment inspectés. Sur les 4151 inspections menée en 2012, seuls 2% étaient non conformes« , explique le porte-parole Jean-Paul Denuit.

 

Mais même si être pris peut coûter cher, certains tentent de passer à travers les mailles du filet…

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

Partager cet article