Réchauffement climatique : une réduction de l'intensité carbone encore insuffisante

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Selon une étude américaine l'amélioration de l'efficacité énergétique dans les pays industrialisés et les grands émergents reste insuffisante pour enrayer le réchauffement climatique. Bien que la tendance soit à l’amélioration, l'augmentation des besoins en électricité des pays en développement l’annule.


Menée par les chercheurs du Center for Global Development (CGD), entre 2004 et 2009, une étude révèle que les émissions de CO2 par unité de consommation énergétique (intensité carbone) ont diminué de 5,5% dans les pays développés et de près de 10% en Chine et en Inde. Des chiffres qui semblent annoncer une bonne nouvelle. Malheureusement, cette amélioration de l'"efficacité carbone" est contrebalancée par l'augmentation de 34% des besoins en électricité des pays en développement sur la même période.


"Réduire l'intensité carbone de 10 % en cinq ans est louable, mais je me demande si nous ne sommes pas coincés dans une tendance où tout le monde se concentre sur des petits gains d'efficacité", explique Kevin Ummel, chef de projet au CDG cité par l'AFP. Car, tout bien pesé, cette amélioration fait "pâle figure en comparaison avec le taux de consommation. Au niveau du climat, nous perdons vraiment la bataille, même si nous faisons de petits progrès ici et là", conclut-il. Réaliste, M. Ummel précise que, "franchement, personne n'imagine que cette courbe [d'émission de CO2] ne va fléchir dans un futur proche".


Si la croissance économique en Chine et en Inde a ralenti ces dernières années, c'est le Canada qui a connu la plus forte baisse d'intensité carbone entre 2004 et 2009 avec une diminution de 22,3%. Mais les autorités canadiennes qui cherchent à accroître leur production de sables bitumineux dont l'extraction est très émettrice de CO2, se sont récemment retiré du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Ce qui n'annonce évidemment rien de bon quant aux émissions de CO2 du pays. De leur côté, l’Espagne et les Pays-Bas arrivent juste derrière tandis qu’aux Etats-Unis l'intensité carbone a baissé de 7,3%.


Un chiffre qui serait dû d'après les chercheurs, à un usage accru de gaz naturel et un hiver très doux limitant les besoins de chauffage. Ces dernières années, on a relevé de nombreuses températures record à travers la planète. Au total, sur les 15 dernières années, 13 ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

 

 


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Cultiver avec moins d'eau pour nourrir neuf milliards de Terriens

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Pour nourrir les neuf milliards d'habitants que la Terre comptera en 2050 alors que les ressources hydrauliques auront diminué, il est nécessaire de mettre au point dès maintenant des techniques permettant d'accroître la production agricole avec moins d'eau, ont conclu des spécialistes réunis à Stockholm.

 

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Pendant la semaine internationale de l'eau qui s'est déroulée dans la capitale suédoise, experts, entreprises et ONG ont montré que l'adoption de techniques de planification de l'exploitation des ressources hydrauliques permettait de faire face aux besoins alimentaires croissants.

L'Université de Cambridge a ainsi créé avec PepsiCo, i-crop, une plate-forme complète qui permet aux cultivateurs de déterminer avec précision l'irrigation nécessaire à leurs champs grâce à la collecte sur Internet de différentes données, notamment météorologiques et sur l'état de la terre.

"Un intérêt mondial pour la sécurité alimentaire"
Le programme, lancé en 2010, se met à jour tous les quarts d'heure. Il a permis de diminuer de 8% l'utilisation d'eau et d'augmenter de 13% la production de pommes de terre.

I-crop présente "un intérêt mondial pour la sécurité alimentaire", a indiqué à l'AFP Ian Hope-Johnstone, directeur du département Agriculture durable de PepsiCo. Utilisé actuellement pour la culture de pommes de terre, principalement en Europe occidentale, le programme pourrait être adapté aux pays en voie de développement. "Il y a une occasion" à saisir, a pour sa part confirmé un professeur de Cambridge chargé du programme, David Firman.

Certaines composantes d'i-crop devront être adaptées aux conditions climatiques, aux types de cultures et à la nature des terres, et les zones voulant recourir au programme devront être équipées d'infrastructures suffisantes, a toutefois précisé l'universitaire.

Optimiser la répartition de l'eau en fonction de la météo
Le Stockholm Environment Institute vient pour sa part de mettre au point un système, ECONWEAP, qui adapte l'offre hydraulique aux besoins de l'agriculture. Il permet d'optimiser la répartition de l'eau dans un champ en fonction des variations des températures et des précipitations. 

"ECONWEAP garantit que les choix de consommation d'eau sont compatibles avec l'offre actuelle dans chaque région au cours de l'année - mais il attribue aussi l'eau selon le modèle hydrologique afin de maximiser les avantages socio-économiques", a écrit une des responsables du projet, Laura Forni. Actuellement utilisé en Californie, il est transposable dans n'importe quel bassin.

Dans les pays en voie de développement, la mise en place de tels programmes n'est possible que si les gouvernements sont présents, a souligné à l'AFP un responsable de l'ONG WaterAid, Dave Hillyard.

Au Burkina-Faso, l'implication de l'Etat dans la gestion des ressources en eau vise à améliorer l'agriculture et la vie des cultivateurs. "Nous essayons de montrer aux agriculteurs que, outre [l'adoption de] techniques, ils doivent utiliser l'eau de manière plus efficace (...) et améliorer la manière dont ils cultivent", a déclaré le ministre burkinabé de l'Agriculture, de l'Eau et de la Pêche Laurent Sedego.

 

 

 

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Un million de Français en surdose de sulfites à cause du vin

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En France, 40 millions de personnes consomment du vin au moins une fois par an. Parmi elles, un million seraient en surdose de sulfites, ces additifs chimiques utilisés pour conserver le vin.

 

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Voilà une nouvelle qui devrait particulièrement attirer l'attention des amateurs de vin. Un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) indique que 3% des adultes français dépasseraient la dose quotidienne admissible de sulfites, et ce "principalement en raison de la consommation de vin". Cette boisson constitue en effet à elle seule environ 70% de nos apports en sulfites, ces additifs qui participent à la conservation du vin.


Aujourd'hui, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas consommer plus de 0,7 mg de sulfites par kg de poids chaque jour. Par exemple, un homme pesant 70 kg ne doit pas dépasser 50 mg quotidiens de sulfites. Or, d'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), plus d'un million de Français outrepasseraient cette dose maximale. Heureusement, cela ne correspond qu'à 2,5% des 40 millions de Français qui consomment du vin au moins une fois par an. Ces 2,5% sont ceux qui boivent le plus de vin et sont donc statistiquement plus exposés aux sulfites.


Il fait savoir que la limite de sulfites admissible est atteignable bien avant un stade avéré d'alcoolisme. 20 à 25 cl de vin très sulfité par jour peuvent même suffire à la franchir. Ces composés peuvent alors provoquer des maux de tête, des démangeaisons ou d'autres types de symptômes. Selon l'allergologue Jean-François Nicolas du CHU de Lyon : "Ce n'est pas une vraie allergie, mais une réaction d'hypersensibilité. Elle peut être grave chez certains asthmatiques". Pour le million de Français en surdose, le "risque toxicologique ne [semble pas pouvoir] être écarté", précise l'Anses.


Des labels pour repérer les vins sans sulfites


Afin de repousser ce risque, les personnes concernées devraient procéder à une "diminution des usages des sulfites" et un "abaissement des fortes consommations d'alcool", insiste ainsi le rapport de l'Agence. Par ailleurs, plusieurs vignerons adeptes des vins naturels, dont le Français installé au Chili Louis-Antoine Luyt, estiment qu'il "faut essayer [de] mettre le moins possible" de sulfites pour conserver le vin. En effet, les vins naturels permettent d'éviter certains éléments néfastes tels que les sulfites, les métaux lourds et les résidus de pesticides.


Ils conservent cependant les effets vasodilatateurs et antioxydants positifs dus au resvératrol. Ces vins sont fabriqués à partir de grappes de raisins bios, vinifiées sans recours aux additifs chimiques. Ils ne provoqueraient alors ni maux de tête, ni maux de ventre. Pourtant, il n'existe aucun label français officialisant les vins naturels. Certaines associations de vignerons comme l'Association des vins naturels et Les Vins S.A.I.N.S. permettent toutefois de distinguer ces vins particuliers. Les labels bios ou biodynamiques tels Demeter et Nature & Progrès étiquettent quant-à-eux les vins bios et donnent à l'acheteur l'assurance d'un usage modéré de sulfites.

 

 


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Grenelle de l'environnement : on est encore loin du but

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A la veille de la conférence environnementale, le ministère de l'Ecologie a voulu faire un point sur la réalisation des objectifs du Grenelle...


Bien, mais peut mieux faire. Le bulletin de rentrée environnemental de la France n’est pas vraiment à la hauteur des espérances suscitées par le Grenelle de l’environnement. Un rapport commandé par le ministère de l’Ecologie à la veille de la première conférence environnementale montre que sur les  trente indicateurs de progrès permettant de mesurer le chemin parcouru pour atteindre les objectifs fixés pour 2020 par le Grenelle, des efforts importants restent à faire notamment concernant l'agriculture biologique, les émissions de gaz à effet de serre et l'usage des pesticides.

Progrès pour les déchets, statu quo pour les pesticides


Les meilleurs élèves sont les déchets: la production d'ordures ménagères non recyclées est passée de 391kg par habitant et par an en 2007 à 374kg en 2009. Encore un petit effort pour atteindre l'objectif de 363kg en 2013. Le recyclage se développe en parallèle, passé de 31% en 2006 à 35% en 2010: l'objectif 2012 est donc déjà atteint depuis deux ans. Le secteur des transports a aussi bien progressé, avec une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2002, notamment en raison de la baisse des émissions des voitures neuves et de la progression des transports en commun.


Peut mieux faire en revanche pour la construction de bâtiments basse consommation et le développement des énergies renouvelables: leur part dans l'énergie consommée était de 10% en 2006 et 13,1% en 2011, contre 23% prévus en 2020. Bonnet d’âne pour l’artificialisation des sols, qui a encore progressé, pour l’usage des pesticides dans l’agriculture qui devait diminuer de moitié entre 2008 et 2018 mais qui est encore très loin du compte, et pour la concentration de particules fines dans l’air, qui progresse toujours.


Ces indicateurs serviront de base aux travaux de la conférence environnementale, qui se tiendra les 14 et 15 septembre, et réunira les associations, ONG, syndicats et membres du gouvernement autour de plusieurs grands thèmes: énergie, biodiversité, risques sanitaires liés à l’environnement, fiscalité écologique et gouvernance environnementale.

 

 


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Le méthane en Antarctique, véritable bombe climatique

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La menace sous la glace. Selon une étude américaine, parue dans le journal Nature, l'Antarctique recèle des tonnes de méthane qui pourraient avoir un effet catastrophique sur le climat si elles étaient libérées par la fonte des glaces.

 

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Quatre milliards de tonnes


Ce méthane, dont on connaît déjà la présence sous le permafrost de Sibérie, aurait été créé par la décomposition de matières organiques déposées il y a 35 millions d'années sur ce qui était alors un continent au climat plus chaud qu'aujourd'hui. «Une partie des matières organiques a été piégée dans les sédiments, explique Slawek Tulaczyk,  un des auteurs de l'étude. Notre modèle montre que pendant des millions d'années, des microbes ont converti ces matières en méthane.»


L'Antarctique repose en effet sur des couches sédimentaires qui contiendraient environ 21.000 milliards de tonnes de carbone, selon les scientifiques. Cela représente plus de dix fois la quantité de carbone tapie sous le permafrost, cette région au sol gelé du cercle polaire. «Ce carbone est certainement transformé en dioxyde de carbone (CO2) et en méthane par des microbes», explique Jemma Wadham, co-auteur de l'étude. Et il pourrait ainsi y avoir plus de quatre milliards de tonnes de méthane sous les glaces antarctiques. Sachant que le méthane a un pouvoir de réchauffement près de vingt fois plus important que le CO2, le climat mondial aurait un sacré coup de chaud s'il venait à être libéré dans l'atmosphère.

 

 

 

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