Éco-anxiété : une jeunesse face aux angoisses écologiques

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L’éco-anxiété, cette angoisse vis-à-vis de l’avenir de notre planète, a gagné la moitié de la jeunesse, dans une dizaine de pays, dont la France. Cette détresse du XXIe siècle reflète des périls environnementaux grandissants. Mais quels sont les mécanismes qui l’alimentent ?

Rencontres avec de jeunes éco-anxieux, des psychologues ou thérapeutes confrontés à l’explosion du phénomène.

jeunesse-écoanxiété

“Des nuages de cendres incandescentes s’élevaient au-dessus d’étendues de forêts entièrement dévorées par les flammes, comme dans un film de fin du monde”

Sauf qu’ici, “pas de fond vert, jamais de clap de fin” raconte cette jeune bordelaise avec amertume : “ce jour-là, mercredi 20 juillet, dans les Landes, ce sont les paysages de mon enfance qui disparaissaient, sous mes yeux”.

Sous ses yeux, Solène, 17 ans, qui se définit comme "une éco-anxieuse" a vu ses peurs devenir réalité. Dès 2018, l'adolescente avait pris conscience des défis écologiques en voyant sa grande sœur participer aux manifestations de Fridays for Future, qui réunissaient des jeunes clamant leur aspiration à une "justice climatique et sociale".
Théorisée dans les années 90, très récemment médiatisée, l'éco-anxiété fait référence à un sentiment d’inquiétude chronique ressenti face aux menaces écologiques, une angoisse à l’idée que celles-ci condamnent la vie sur notre planète telle que nous la connaissons.

45 % des jeunes touchés

D’après une étude menée dans une dizaine de pays, dont la France, 45 % des jeunes souffrent aujourd’hui d'éco-anxiété. Bien qu'exclue du champ des pathologies psychologiques, celle-ci peut s’accompagner de troubles du sommeil, de pertes de poids, ou de comportements dépressifs.

Elle est généralement décrite comme une inquiétude“anticipatoire”.

Mais si “nous faisons aujourd’hui face à un nombre croissant d'éco-anxieux, explique Charline Schmerber, praticienne en psychothérapie, “c’est parce que la multiplication de phénomènes tels que les canicules empêche désormais d'arguer que le dérèglement climatique serait pour demain”.

Responsable de la destruction de la moitié de la biomasse et de la disparition de 7 % des espèces vivantes, l’humain pourrait initier la sixième extinction de masse de l’histoire du vivant.

Sentiment d’impuissance

Avec des phénomènes tels que la montée des eaux, l’extension des contrées exposées au stress hydrique, le recul galopant des terres arables amplifiant l’insécurité alimentaire d’un monde toujours plus peuplé, c’est la vie humaine elle-même qui s’invite au cœur des préoccupations écologiques.

L'angoisse n'est plus pour demain, mais concerne bien notre présent, si l'on se réfère à des études telles que celle parue en 2022 dans The Lancet Planetary Health : 9 millions de personnes meurent déjà chaque année du fait des différents types de pollution, soit 16 % de la mortalité mondiale.

À l’évocation de ces chiffres, qu’elle connaît depuis plusieurs années, Solène est prise de vertige. Comme pour d’autres éco-anxieux, son mal-être s’accompagne d’un tourbillon d’émotions, nourri par la peur : colère, culpabilité, abattement, ainsi qu’un sentiment d’impuissance. Ce dernier s’empara d’elle lors de ses premières prises de conscience écologiques, quand elle avait 13 ans :  “J’étais comme "nanifiée" par une montagne d’anxiété, par la puissance de tout ce que je ne pouvais pas contrôler à mon échelle individuelle”

Un classique chez les éco-anxieux, que reçoit Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne, à Montréal : “mon travail consiste à les aider à tolérer l’incertitude qui entoure la façon dont la situation environnementale, ou les décisions politiques vont évoluer”.

Le “plus douloureux” chez les patients de Charline Schmerber, précise cette dernière, “c’est de constater que des gens connaissent l’urgence, tout en ayant le sentiment que cela n’enclenche pas la moindre action.

“L’inertie d’Emmanuel Macron me remplit carrément d’angoisse”, confie Solène, “quand il déclare, avec solennité, que son second quinquennat “sera écologique ou ne sera pas”, après un premier mandat qui fut, sur ce plan, une farce”.

Ce n’est pas là une question d’idéologie pour l’adolescente, mais de “faits et des chiffres” documentés :"la France elle-même" n’a pas respecté les accords (signés lors de la Cop21 en 2015) âprement négociés et conclus dans sa propre capitale. "Ce décalage entre les priorités politiques et la réalité me terrifie.”
Difficulté à "envisager un futur"

“Nice” – c’est son pseudonyme au sein du mouvement social écologiste Extinction Rébellion – a manifesté aux côtés des Jeunes pour le climat, en 2019. Cette jeune fille, 16 ans alors, découvre le militantisme dans une douloureuse prise de conscience : “j’ai réalisé avoir du mal à envisager un futur. Sur un plan collectif, se dire que les souffrances du monde, déjà grandes, vont forcément être décuplées, c’est très dur.”

Son éco-anxiété orienta ses choix professionnels : “Je me suis dit qu’en apprenant à coudre, je saurai faire quelque chose de mes mains, et développerai là un savoir utile aux autres.”

“Ce mal-être fait traverser une crise existentielle, au cours de laquelle beaucoup remettent en cause leurs choix de vie” note Charline Schmerber. Certains s’interrogent : "À quoi bon faire une école de commerce, si c’est pour entretenir un système toxique ?”, rapporte la thérapeute.

Les pressantes inquiétudes écologiques qu'elle ressentit elle-même en 2018 poussèrent cette jeune femme vers une question : “Comment puis-je me rendre utile, en tant que thérapeute, face à cette crise ?"

Charline Schmerber décide alors d'ouvrir la porte de son cabinet de psychothérapie aux éco-anxieux, et de développer des techniques pour les accompagner. Elle est aussi l’auteure d’un guide pratique sur la question, dont la publication est prévue en septembre 2022.
Plus informés, plus inquiets

Beaucoup de jeunes rencontrés par France 24, étayent leurs propos d'arguments issus de la littérature scientifique officielle.

“J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi on accorde si peu de crédit aux rapports du Giec”, explique Isaac, 22 ans, étudiant en archéologie :  “Le pire, c’est qu’en parler peut être perçu comme un positionnement politique, alors qu’il s’agit d'études scientifiques, internationales, et neutres.”

Le monde a encore une chance d’éviter le pire, concédaient ces experts climat de l'ONU, dans le rapport paru le 4 avril. Mais le délai imparti, en comparaison aux alertes des années précédentes, est drastiquement réduit : la communauté internationale n’a plus que trois ans pour conserver un monde “vivable”.

À la lecture de ces pages, Solène fut submergée, confie-t-elle, par "une indescriptible vague d’anxiété".

“Plus tu es informé, plus tu es inquiet”, résume Nice. À la faveur de l’été passé dans sa Drôme natale, la jeune fille retrouve un peu de sérénité, se déconnectant du torrent de mauvaises nouvelles qui inonde d'accoutumée son smartphone.

“Déni utile”

"Je ne tombe pas facilement dans le déni" explique Lou Attard, 22 ans. Cette future journaliste est une éco-responsable des plus zélées. Pourtant, aborder les périls écologiques lui coûte énormément : "je ne peux plus entendre parler de la destruction de la planète, simplement parce que j’ai l’impression qu’on va tous crever, et que je n’ai pas envie de nous imaginer mourir comme ça."

À plus forte raison au sein d’une jeunesse surexposée aux médias, le déni constitue un salutaire mécanisme de protection, estime Charline Schmerber. Elle invite les jeunes en souffrance à s’offrir une "détox" médiatique : "Chacun a besoin de break. Un individu ne peut sans conséquences brasser des mauvaises nouvelles à longueur de journée, puis s'endormir sur le rapport du Giec".

Certains de ses patients persistent dans une surinformation, invoquant  une solidarité envers les pays en développement davantage exposés aux sévices du dérèglement climatique que les pays industrialisés. “Aidez-vous les pays du Sud en vous imposant cette veille ?" questionne Charline Schmerber : “Malsaine, cette culpabilité prive le patient d’une énergie qu'il pourrait investir ailleurs;”

Burn out militant

Témoin d’une planète qui suffoque, Maxence, 23 ans, est envahi par un sentiment d'étouffement, qu’exacerbe sa solitude, dans son école d’ingénieur, à Lyon : “quand on parle d’environnement autour de soi, on est vite classé dans la case écolo-relou”, soupire-t-il.

À chaque éco-anxieux son remède, répètent les psychologues. Le futur ingénieur a trouvé le sien : investi dans la rédaction d’un essai décryptant les mécanismes ayant conduit à l'urgence écologique, Maxence caresse l’espoir de le publier, pour partager son cheminement avec autrui. “Ça me donne un sentiment de contrôle”, explique Maxence, apaisé.

Mais pour Marie, 20 ans, l’anxiété est tout bonnement concomitante de son engagement écologique, fin 2018, lorsqu'elle découvrait le futur mouvement citoyen Youth for Climate, où elle milite depuis lors.

À défaut d’agir sur autrui, réduire son impact individuel n’est-il pas source d'apaisement ? "Pas du tout", répond Nice, d’Extinction Rébellion, végétarienne depuis cinq ans. Au contraire : “ça me stresse de ne pas être irréprochable”

Chez certains, l’action se révèle être une fuite en avant, conduisant à un “burn out” militant, explique Geneviève Beaulieu-Pelletier : “une fois entré dans un cycle d’anxiété, l’action devient négative. On est piégés dans une boucle : le patient agit pour conjurer sa détresse, mais constatant que cela a un impact limité, il agit encore, sans succès, et ainsi de suite.”
Habituellement, le militantisme demeure toutefois une démarche constructive”, explique la psychologue québécoise : “plus ce militantisme est vécu en communauté, plus il dilue la sensation d’impuissance par le nombre”.

L’enfer c’est pas les autres

C'est le ressenti qui anime Solène. “Ce qui apaise mon éco-anxiété, ce sont les autres”, constate-t-elle finalement dans un sourire.

Me rappeler que je ne suis pas seule : en manifestation, je réalise le nombre de ceux qui sont prêts à se battre pour sauver la planète. De lire des économistes, des philosophes, des journalistes, qui réfléchissent à de nouvelles façons de penser notre système. C’est une bouffée d’oxygène.”

Prix de la lucidité, l'éco-anxiété est une réaction adaptative et fonctionnelle dans un monde dysfonctionnel, estime Charline Schmerber.

Mais sur le thermomètre de nos inquiétudes, il y aurait selon elle un juste "degré'' à trouver : celui que cette thérapeute a elle-même jadis cherché, celui qui “permet de se remettre en mouvement. Et de se battre pour demain, sans sacrifier aujourd’hui. Car une seule temporalité demeure en notre pouvoir : c’est le présent”.

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Climat : Paris et d'autres grandes villes du monde appellent à la "mobilisation générale pour bâtir des sociétés écologiques et solidaires"

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 "Territoires les plus vulnérables face aux dérèglements climatiques, premières émettrices de gaz a effet de serre, les villes sont aussi en première ligne pour protéger leurs populations et leur santé", affirme "Le manifeste d'Abidjan pour le climat" signé par plusieurs grandes villes, dont Paris, à Abidjan samedi 2 juillet.

Un appel contre le dérèglement climatiques. Réunis à Abidjan, en Côte d'Ivoire, plusieurs dizaines de maires de grandes villes du monde ont appelé samedi 2 juillet à "la mobilisation générale" contre ce qui, selon eux, les affecte tout particulièrement.

"Territoires les plus vulnérables face aux dérèglements climatiques, premières émettrices de gaz a effet de serre, les villes sont aussi en première ligne pour protéger leurs populations et leur santé", affirme "Le manifeste d'Abidjan pour le climat", que les maires ont signé après la tenue de la première "COP des villes" dans la capitale économique ivoirienne.

Ils "réaffirment ensemble la nécessité absolue pour leurs populations d'une action climatique déterminée qui, à la fois anticipe les chocs et se conjugue avec des besoins sociaux toujours plus importants". Ils appellent en conséquence "à la mobilisation générale pour bâtir des sociétés écologiques et solidaires".

Pour y parvenir, ils s'engagent pour leur part "à accélérer leurs coopérations décentralisées dans le cadre de leurs jumelages, de leurs accords, ou via les programmes et les réseaux dont elles (les villes) sont membres, à les rendre 100% compatibles" avec l'Accord de Paris sur le climat qui prévoit la limitation du réchauffement climatique d'ici la fin du siècle "et à veiller à ce que tous les projets financés présentent des co-bénéfices pour le climat".
Prochaine COP27 en novembre

Ils s'engagent en outre "à publier régulièrement les résultats de leurs avancées et à venir les présenter lors de la journée des villes à la COP27". La COP (conférence des parties) désigne la réunion annuelle des Etats pour fixer les objectifs climatiques mondiaux. La prochaine COP dite COP27, est prévue à Charm el-Cheikh en Egypte en novembre.

Les signataires du manifeste d'Abidjan demandent également aux "Etats de reconnaître le rôle majeur, indispensable, des villes dans la mise en oeuvre d'un développement économique soutenable" et "d'augmenter de manière significative les budgets nationaux soutenant les investissements municipaux favorables au climat". Ils demandent aussi une aide internationale accrue et aux banques centrales et de développement "de faciliter l'accès direct aux financements des projets 'Climat-biodiversité' des villes".

Parmi les villes soutenant ce manifeste, figurent celles de Paris, Abidjan, Niamey, Montréal. Dans une intervention à la "COP des villes", Monique Olivier, présidente du comité exécutif de la ville de Montréal, a noté que la population des villes pourrait augmenter de "15% d'ici 2050".

Selon elle, "il faut être capable de repenser les espaces urbains" en prenant en compte leurs dimensions "écologique, économique et sociale", en coordination entre "élus et citoyens".

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Le nord de la France a désormais le climat du sud des années 1970 !

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Certaines villes du nord de la France ont désormais le climat du sud des années 1970. En l'espace de 50 ans, le réchauffement climatique a modifié le climat français de manière significative, et ce sont les villes de l'est du pays qui ont subi la plus forte hausse des températures.

campagne française

Si la hausse des températures au niveau mondial s'élève à 1,2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, le réchauffement ne se produit pas à la même vitesse partout : en France, la température moyenne s'est élevée de 1,7 °C depuis 1900, et possiblement de plus de 2 °C depuis 1760. « Chaque décennie depuis 1970 est plus chaude que la précédente. Ces dix dernières années, durant la période 2011-2020, la hausse atteint +0,6 °C et marque la plus forte progression observée entre deux décennies en France depuis 1900 », précise Météo France. La température moyenne sur la France métropolitaine est analysée avec un indicateur thermique qui prend en compte les données de 30 stations météorologiques disposant d’un historique.

Rappelons que 2020 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée en France et qu'en 2019, des canicules exceptionnelles ont donné lieu à un record de chaleur absolu pour le pays, de 46 °C relevé à Vérargues (Hérault) le 28 juin 2019.

Strasbourg a désormais le climat de Lyon des années 1970

Météo France a comparé les températures des années 1970 à celles d'aujourd'hui et les analogues, en matière de climat, sont frappants :

  • Strasbourg a désormais le climat de Lyon des années 1970 ;

  • Le Mans a désormais le climat de Bordeaux des années 1970 ;

  • Lille a désormais le climat de Rennes des années 1970 ;

  • Châteauroux a désormais le climat d'Agen des années 1970 ;

  • Orléans a désormais le climat de Poitiers des années 1970 ;

  • Besançon a désormais le climat de Clermont-Ferrand des années 1970 ;

  • Lyon a désormais le climat de Montélimar des années 1970.

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Biodiversité : l'Union européenne veut imposer la réparation des dommages infligés à la nature

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Bruxelles a proposé mercredi 22 juin une loi visant à réparer d'ici 2030 les dommages causés à la nature dans 20% des écosystèmes abîmés d'Europe, afin de protéger la biodiversité, en particulier les populations d'abeilles, mais aussi limiter le risque de désastres naturels.

pollinisateur

Ce projet législatif de la Commission européenne, qui sera discuté par les États membres et les eurodéputés, imposera des objectifs contraignants de restauration des écosystèmes (forêts, prairies, espaces marins...) abîmés par la pollution, l'abus de pesticides et d'engrais, l'exploitation intensive des sols ou la disparition de zones humides.

Un plan de restauration pour Chaque Etat

«Depuis trente ans, nous nous concentrons sur la préservation des espaces naturels, mais cela ne suffit plus pour inverser la perte de biodiversité: une trop grande partie de notre nature est détruite ou dégradée, 81% des habitats naturels de l'UE sont en mauvais état», a souligné le commissaire à l'Environnement Virginijus Sinkevicius. «Cette loi exigera que d'ici 2030, des mesures de restauration efficaces soient en place sur 20% des zones terrestres et maritimes abîmées, et d'ici 2050, sur tous les écosystèmes qui en ont besoin», a-t-il ajouté.

Chaque État sera tenu d'élaborer «un plan de restauration» selon des règles strictes de planification et d'évaluation, avec priorité aux «puits de carbone» (forêts, tourbières...) susceptibles de stocker du CO2. Les Vingt-Sept devront maintenir leur surface d'espaces verts en ville au niveau de 2021, tout en garantissant au moins 10% d'espaces arborés dans chaque agglomération. Bruxelles veut également supprimer des barrages et obstacles sur les fleuves et rivières, afin d'atteindre «au moins 25.000 km» de cours d'eau «libres» d'ici la fin de la décennie.
«Un jalon historique»

Autant de façons d'accroître la biodiversité (oiseaux, papillons, poissons...) dans les forêts, campagnes et milieux maritimes, et d'inverser le déclin des colonies de pollinisateurs - très menacés et dont dépendent une majeure partie des cultures européennes. Quelque 100 milliards d'euros du budget pluriannuel européen seront disponibles pour la biodiversité, notamment ces plans de restauration, précise la Commission.

«Il faut détruire le mythe selon lequel ce serait de l'argent gaspillé: chaque euro investi dans la restauration naturelle rapportera au moins 8 euros grâce aux avantages d'écosystèmes sains: prévenir l'érosion des sols renforce la sécurité alimentaire, restaurer des zones humides évite les inondations en aval», a fait valoir Virginijus Sinkevicius.

C'est «un jalon historique», a salué Arnaud Gauffier, de WWF France, tout en appelant États et parlementaires à spécifier «des objectifs ambitieux de restauration des cours d'eau, plaines inondables et tourbières». L'eurodéputée Marie Toussaint (Verts) a cependant déploré un arsenal judiciaire encore fragile: la Commission «fait preuve de volontarisme (...) mais l'UE a encore du travail pour permettre un meilleur accès à la justice» afin de poursuivre les responsables de dommages environnementaux.

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Après le blé et le tournesol, la moutarde vient à manquer

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graines de moutarde

Depuis quelques semaines, les pots de moutarde se font plus rares dans les rayons des supermarchés. Au moins trois supermarchés du Nord Isère et l’aéroport Drive Carrefour de L’Isle-d’Abeau n’avaient plus du tout de moutarde, ce samedi 7 mai. Une pénurie qui s'explique par plusieurs facteurs, du changement climatique à la guerre en Ukraine.

Vous avez peut-être remarqué, en faisant vos courses, que certains produits venaient à manquer ces dernières semaines. Parmi les victimes de cette pénurie, l'huile de tournesol, mais aussi la moutarde, qui se raréfie peu à peu. Dans Le Bien Public, Michel Liardet, président de l'Européenne des condiments, estime « que la baisse d'approvisionnement sur les derniers mois de février et de mars a été de l'ordre d'au moins 25 à 30% et cela va s'accentuer ».

1/La sécheresse au Canada

Si la moutarde reste produite en France, notamment en Côte-d'Or, la plupart des graines proviennent en réalité du Canada, l'un des plus gros exportateurs de graines de moutarde au monde. Sauf que cette année, le pays a subi une des plus fortes sécheresses de son histoire. Selon un rapport du ministère de l'Agriculture canadien, la production 2021-2022 « est estimée en chute de 28% en raison de la baisse des rendements et de la superficie ensemencée ». Le rapport ajoute qu'en conséquence, « le prix moyen devrait presque doubler par rapport à 2020-2021, à un record de 1 700 dollars la tonne », soit un peu plus de 1500 euros. Or, jusqu'à présent, les producteurs canadiens permettaient d'obtenir des prix bien plus bas. Face à cette chute de la production, Ottawa a rationné ses exportations.
 

2/La guerre en Ukraine

Les importations sont également touchées par la guerre en Ukraine, qui empêche l'importation de graines de moutarde récoltées là-bas. « L'Ukraine, sans être un gros producteur, représentait un plan de secours. Nous comptions dessus pour faire la jonction avec la prochaine récolte, mais cette solution est tombée à l'eau », analyse dans L'Usine nouvelle le directeur général de Reine de Dijon en Bourgogne, Luc Vandermaesen.

« L'Europe de l'Est représentait environ 5% de la production de graines de moutarde. C'était notre troisième territoire de production, mais aujourd'hui on ne peut plus compter dessus », renchérit Michel Liardet, le président d'Européenne de condiments (EdC), dans Le Bien Public.

3/Des cultures abîmées

La moutarde de Dijon, 100% française, reste donc la seule denrée disponible, mais son prix est bien plus élevé, sans compter qu'elle aussi a rencontré des aléas cette saison  : les insectes ont ravagé les cultures. « De 12 000 tonnes en 2016, nous sommes passés à 4 000 tonnes en 2021. C'est simple, on n'arrive plus à gérer les ravageurs », constate dans Libération Fabrice Genin, président de l'Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB). Depuis l'interdiction des insecticides, les producteurs avouent être démunis et ne parviennent pas à faire face.

4/La flambée des prix des matières premières

Si la valeur d'un pot de moutarde risque donc de flamber pour toutes les raisons évoquées plus haut, ce n'est pas tout  : les fabricants doivent aussi composer avec la flambée des prix des matières premières, dont le verre et le métal, qui sont utilisés pour le conditionnement du produit.

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