Hausse de 26% des superficies OGM en Afrique, selon l’ISAAA

Publié le par Gerome

Même si les Etats-Unis demeurent chef de file mondial, c’est depuis l’année dernière dans les pays en développement que plus de la moitié, 52%, des superficies mondiales de cultures OGM se situent, a annoncé cette semaine Clive James, président d’International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA). Présentant leur étude annuelle des cultures OGM dans le monde, le patron de l’organisation pro-OGM a souligné: « Les évolutions de ces cinq prochaines années seront en faveur des pays en développement. C’est là où les bouches que nous avons à nourrir se trouvent. »

 

coton-OGM.jpg


Au plan mondial, 2012 a été une année record avec 170,3 millions d’hectares (Mha) ensemencés en OGM, en hausse de 10,3 millions par rapport à 2011. Les Etats-Unis à eux seuls recensent 69,5 Mha d’OGM. En total mondial, 17,3 millions de fermiers ont recours à ces semences génétiquement modifiés, soit 600 000 de plus que l’année précédente. Les cultures visées sont essentiellement le maïs, le soja et le coton.


Et donc pour la première fois dans l’histoire, ce sont les pays en développement qui, collectivement, obtiennent la palme d’or. L’Inde (10,8 millions ha), la Chine (4 millions ha), le Brésil (36,6 millions), l’Argentine et l’Afrique du Sud totalisent 78,2 Mha d’OGM, soit 46% des superficies mondiales. Le Brésil, n°2 derrière les Etats-Unis, est en tête des pays du Sud avec une progression de 6,3 Mha par rapport à 2011, et représente 21% du total mondial.

En Afrique, le Soudan a planté des OGM pour la première fois l’année dernière, devenant le quatrième pays à y recourir après l’Afrique du Sud (2,9 Mha de maïs, soja et coton, soit +600 000 ha sur 2011), le Burkina Faso (300 000 ha de coton) et l’Egypte. Le Soudan a ainsi ensemencé 20 000 ha de coton Bt en zones irrigué et pluviale. Quelque 10 000 producteurs y ont eu recours, chacun sur une superficie allant de 1 à 2,5 ha.


Quant à l’Afrique du Sud, c’est sa 15ème année consécutive de croissance de ses superficies d’OGM. A noter que l’Egypte a planté moins de 50 000 ha de maïs BT l’année dernière, en nette baisse par rapport à 2011.

Au total, les superficies africaines en OGM atteignent 2,9 Mha en 2011/12 contre 2,3 millions en 2011/12, une hausse massive de 26% sur un an, selon ISAAA.

 

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

Partager cet article

Effrayant! Le palmier à huile menace désormais le bassin du Congo

Publié le par Gerome

Jusqu’à présent épargnées par les plantations de palmier à huile, les forêts du bassin du Congo voient s’ouvrir les premières exploitations. Et ça n’est pas fini.

 

palmiers.jpg


Retour au bercail pour Elaeis guineensis. Après avoir dévasté les forêts primaires d’Indonésie et de Malaisie, le palmier à huile revient dans l’une des régions qui l’a vu naître: le bassin du Congo.

Originellement, cet arécacée poussait naturellement dans les pays du golfe de Guinée et du bassin du Congo. Faute de débouchés, pas plus les pays africains que les ex-puissances coloniales n’exploitèrent cette ressource industriellement. En 2010, la surface plantée en palmier à huile au Cameroun, dans les deux Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et en République centrafricaine n’excède pas 100.000 hectares (dont plus de la moitié au Cameroun): 100 fois moins qu’en Indonésie et en Malaisie, les deux premiers producteurs mondiaux d’huile de palme.


La situation est pourtant en train d’évoluer. Dans un rapport publié en fin de semaine, Rainforest Foundation UK dénonce le développement massif en cours des plantations de palmier à huile dans les 6 pays du bassin du Congo. Selon l’ONG, qui s’appuie sur une enquête de Earthsight Investigation, pas moins de 500.000 ha ont déjà été plantés, comme à Kango (Gabon), ou sont en cours de défrichage ou d’aménagement. Soit 5 fois la superficie déjà plantée dans ces pays de l’Afrique tropicale.


Plus inquiétant: des études estiment à 115 millions d’hectares la superficie des terres de la région favorable à la culture du palmier. D’ores et déjà, estime l’ONG britannique, de nouveaux projets prévoient de porter à 1,6 Mha la surface des plantations. S’ils sont menés à bien, ils permettront l’émergence de gigantesques forêts industrielles, à l’instar des plantations d’Atama (470.000 ha en République du Congo) ou de celles que Sime Darby (300.000 ha) et Siva (200.000 ha) comptent prochainement inaugurer au Cameroun.


En faisant reculer la forêt naturelle, ces champs de palmier contribueront à diminuer la biodiversité et à réduire les habitats des habitants de la forêt et des espèces sauvages menacées. Des dégâts collatéraux régulièrement dénoncés en Indonésie et en Malaisie. Sans surprise, ce sont d’ailleurs des entreprises issues d’Asie du Sud-est qui sont souvent derrière ces investissements. Sime Darby est malaise.


Très active au Congo, Atama Plantations appartient, avec d’autres actionnaires fantômes, à l’énergéticien malais Wah Seong. La Singapourienne Olam prévoit de planter 130.000 ha au Gabon. Siva, elle, est d’origine indienne. Bien évidemment, ces multinationales ne visent pas les marchés locaux de l’huile de palme. Rainforest Foundation UK rappelle que les plantations existantes produisent un peu plus de 300.000 tonnes d’huile par an, dont moins de 9.000 sont exportées dans les pays de la région, et quelques dizaines de tonnes vers l’Europe.


Pour autant, c’est essentiellement la satisfaction des besoins des pays développés et émergents en huile de palme et en agrocarburants qui est indirectement responsable du recul annoncé des forêts tropicales africaines. Certaines études estiment que la demande mondiale en huile de palme va progresser de 60% entre 2010 et 2020. Ce qui ne doit pas masquer l’appétit croissant de l’Afrique pour cette huile bon marché: +15% par an.


Conséquence: l’Afrique importe 3 millions de tonnes d’huile par an, en moyenne. Paradoxe: les pays du bassin du Congo se battent depuis des années pour faire avancer le dossier Redd+. Derrière ce barbarisme se cache un mécanisme permettant aux pays forestiers des tropiques protégeant leurs massifs (qui stockent d’importantes quantités de carbone) d’émettre des crédits carbone, achetables par les pays industrialisés.


Or, en déforestant pour laisser la place au palmier à huile, les pays du Congo vont alourdir leur bilan carbone et laisser passer une chance de monétariser leur patrimoine vert. En détruisant 73.000 ha de forêt gabonaise, la compagnie américaine Herakles Farm devrait contribuer, estime un rapport de Greenpeace USA, à relâcher 9,5 millions de tonnes équivalent carbone: plus de 2 années d’émissions nationales de gaz à effet de serre!

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

L'image du jour

Publié le par Gerome

urbanisation.jpg

 

 

Publié dans Nature

Partager cet article

Bassin d'Arcachon : une trentaine de dauphins et marsouins échoués...

Publié le par Gerome

Près d'une trentaine de mammifères marins ont été trouvés sur les plages. Les photos qui ont circulé, hier, sur Internet, avaient de quoi intriguer et même révolter les défenseurs des animaux. On y voyait un tas de cadavres de dauphins et de marsouins, des traces rouges sur leur peau, entreposés à même le sol, dans la cour d'un local technique, au cœur de la zone artisanale de La Teste-de-Buch. Certains commentaires parlaient même de charnier. La réalité est moins cruelle, même si elle nécessite des explications. 

 

bassin_arcachon.jpg

 

Lundi, quinze dauphins et marsouins ont été trouvés sur les plages océanes de La Teste-de-Buch. Les services techniques de la ville les ont effectivement enlevés et transportés dans ce local technique. 


Examinés mardi 

Le Centre de recherches sur les mammifères marins (CRMM) de La Rochelle a bien été immédiatement alerté, comme le veut la procédure lorsqu'on trouve des mammifères échoués (1). 

Le CRMM a alors demandé à ses correspondants sur le Bassin, en l'espèce les agents de la Sepanso qui gèrent la réserve du banc d'Arguin, d'effectuer des prélèvements, dans la journée de mardi. Les traces rouges sur la peau des mammifères ont été faites à ce moment-là. Mercredi matin, l'équarrisseur est venu récupérer les carcasses. 

La mairie de La Teste-de-Buch, régulièrement confrontée à l'échouage d'animaux marins, reconnaît qu'elle devrait trouver un local plus adapté pour entreposer ces cadavres. 

Car cet échouage, s'il surprend par le nombre, n'est pas exceptionnel.« C'est une caractéristique de la saison. Nous constatons, chaque année, des pics hivernaux, de début janvier à fin mars », explique un chercheur du CRMM de La Rochelle. 

Les plages du Médoc 

Ainsi, le 16 février, 38 dauphins et marsouins ont été retrouvés sur la plage toute proche de Biscarrosse, dans les Landes. La veille, cinq mammifères avaient été ramassés sur les plages du Cap-Ferret où six autres ont également été retrouvés, hier. D'ailleurs, aujourd'hui, des correspondants du CRMM vont procéder à une reconnaissance sur les plages médocaines de Montalivet, du Porge et de Carcans. 

L'origine de la mort des dauphins et marsouins retrouvés à La Teste-de-Buch est encore inconnue. Les prélèvements sont en cours d'analyse. « Nous pouvons avoir des présomptions. Souvent, nous observons des traces de filets qui témoignent que ces animaux ont été victimes d'accidents de capture. Ils sont rejetés à la mer par les pêcheurs et poussés vers les plages par les fortes marées et la houle », ajoute-t-on à La Rochelle. 

Avec le début des vacances de février et le beau temps revenu, les promenades vont être plus nombreuses ces jours prochains sur les plages océanes et d'autres cadavres de mammifères marins pourraient être retrouvés sur le sable. 

(1) Centre de recherche sur les mammifères marins de La Rochelle, Tél. : 05 56 44 99 10.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article