Quand les agrocarburants privent de céréales 127 millions de personnes

Publié le par Gerome

Nourrir les êtres humains ou faire rouler les voitures ? Selon un rapport de l’organisation Oxfam, les agrocarburants utilisés dans les voitures européennes auraient pu servir à fournir du blé, du maïs ou du soja à 127 millions de personnes pendant un an. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll vient de décréter une « pause » dans la politique de soutien à la filière agro-industrielle.

 

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NotesLes cours du blé, du maïs et du soja ont atteint des niveaux record cet été. Entre mi-juin 2012 et fin juillet, le prix du blé a bondi de 50 %, celui du maïs de 45 %. Quant au soja, il a grimpé de 30 %. La sécheresse n’est pas seule en cause. « Les politiques européennes de soutien aux agrocarburants jouent un rôle central dans la hausse des prix alimentaires », assure Oxfam. L’ONG révèle dans un nouveau rapport [1] que la surface agricole nécessaire pour alimenter les voitures européennes en agrocarburants en 2008 aurait pu permettre de produire assez de blé et de maïs pour nourrir... 127 millions de personnes pendant un an ! « C’est simple : si les gouvernements européens ne renoncent pas à leurs politiques de soutien aux agrocarburants, ils mettent en péril le droit à l’alimentation de millions de personnes », poursuit Oxfam.


Au niveau européen, la Directive énergies renouvelables impose que 10 % de l’énergie utilisée dans les transports soit produite à partir de sources renouvelables d’ici à 2020. Ces énergies renouvelables sont quasi-exclusivement (à 90%) des agrocarburants de première génération, c’est-à-dire produits à partir de matières premières agricoles (soja, colza, tournesol, huile de palme, maïs, blé...), ajoutés aux carburants traditionnels.

L’appétit croissant de l’Europe pour les agrocarburants pourrait continuer de faire grimper les prix de certaines denrées alimentaires de 36 % supplémentaires d’ici à 2020, souligne Oxfam. Une inquiétude que partage plusieurs agences des Nations Unies [2], qui ont lancé le 4 septembre un appel conjoint intitulé : « Affronter les causes profondes de la hausse des prix alimentaires et de la faim dans le monde ».


Vers la fin des agrocarburants ?


Face à ces dramatiques effets pervers, la Commission européenne envisagerait de réviser ses objectifs d’incorporation d’agrocarburants à la baisse, en baissant le seuil de 10 à 5 % d’ici 2020. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a également déclaré vouloir marquer une pause dans le développement des agrocarburants entrant en concurrence avec les cultures à vocation alimentaire. Selon le plan d’action pour l’agriculture présenté le 12 septembre, le taux d’incorporation d’agrocarburants serait limité à 7 %. Rappelons qu’en France, les subventions aux agrocarburants, via des incitations fiscales, se sont élevés, entre 2005 et 2010, à 3 milliards d’euros.


Cette pause dans le soutien aux agrocarburants est une bonne nouvelle a priori. Sauf que dans le cas de la France comme de l’Union européenne, ces limitations ne concernent que les agrocarburants de première génération. L’un comme l’autre désirent encourager les agrocarburants de deuxième génération. Ceux-ci proviennent de matière organique n’entrant pas en apparence en conflit avec l’alimentation : l’éthanol est par exemple produit à partir de lignine et de cellulose, et l’agrodiesel à partir d’algues. Mais le risque demeure d’une concurrence avec la production vivrière pour l’accès aux terres ou à l’eau, déplorent plusieurs organisations environnementales.


Lire aussi :


Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains

Agrocarburants : bienvenue dans l’enfer vert

[1Télécharger le rapport « Les semences de la faim »

[2] L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM)

 

 


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3000 blaireaux vont être éliminés en Grande-Bretagne

Publié le par Gerome

Les défenseurs des animaux se sont indignés mardi de la décision des autorités britanniques qui ont autorisé l'élimination dans près de 300 fermes du Gloucestershire (sud-ouest) de 3.000 blaireaux, une espèce protégée, afin d'éviter la transmission de la tuberculose aux bovins.

 

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L'agence gouvernementale britannique Natural England a pris cette décision à la suite du feu vert de la Haute Cour de Londres en juillet dernier à l'élimination de milliers de ces animaux.

La juridiction avait été dans le sens de l'argumentation du gouvernement britannique qui faisait valoir que la tuberculose bovine s'était étendue à de grandes zones de l'ouest et du sud-ouest de l'Angleterre, ainsi qu'au Pays de Galles, et que la vaccination des blaireaux n'était "pas une réponse suffisante au problème".


Le "Badger Trust", l'association de protection des blaireaux, avait dénoncé une position ouvrant la voie au massacre "absurde" de 40.000 d'entre eux ces quatre prochaines années.

Mardi, l'une des principales organisations de protection des animaux (RSPCA) s'est dite "dévastée" par la décision de Natural England et a appelé à élargir le programme de vaccination.

"Soignons au lieu de tuer", a appelé de ses voeux la RSPCA.


Les blaireaux sont de grands vecteurs de la tuberculose bovine et sont capables de retransmettre la maladie au bétail.

En 2010/2011, la maladie a entraîné l'abattage de plus de 26.000 bovins en Angleterre, une perte estimée à 91 millions de livres (115 millions d'euros).

 

 


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Oui ! Les OGM sont des poisons

Publié le par Gerome

Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l'industrie OGM.

 

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine "Food and Chemical Toxicology" - une référence en matière de toxicologie alimentaire - en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié.

 


Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. A tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait. 

En 2006, c’est comme un véritable thriller que commence cette recherche, dont le maître d’œuvre, Gilles-Eric Séralini, divulgue lui-même les conclusions dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine ("Tous cobayes !", Flammarion, en librairie le 26 septembre).

 


usqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence.

Le récit de l’opération – nom de code In Vivo - évoque la très difficile récupération de semences de maïs OGM NK 603, propriété brevetée de Monsanto, par le truchement d’un lycée agricole canadien. Puis la récolte et le rapatriement des "gros sacs de jute" sur le port du Havre fin 2007, avant la fabrication de croquettes dans le secret le plus total et la sélection de deux cents rats de laboratoires dits "Sprague Dawley". Bilan ? Glaçant : "Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, confie le professeur Séralini, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur".

 

 

Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l'herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaine de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM. 


Comparaison implacable : les rats OGM déclenchent donc de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24° mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles OGM sont touchées contre seulement 30% chez les non-OGM.

Surtout, les tumeurs surviennent nettement plus vite chez les rats OGM : vingt mois plus tôt chez les mâles, trois mois plus tôt chez les femelles. Pour un animal qui bénéficie de deux ans d’espérance de vie, l’écart est considérable. A titre de comparaison, un an pour un rongeur, c’est à peu près l’équivalent d’une quarantaine d’années pour un homme…

 

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Exiger des comptes

C’est forte de ces conclusions que Corinne Lepage, dans un livre qui paraît vendredi 21 septembre ("La vérité sur les OGM, c’est notre affaire", Editions Charles Léopold Mayer), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l'impact physiologique des OGM.

Cette bataille, l’ex-ministre de l’Ecologie et première vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire à Strasbourg, la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Eric Séralini. Une simple association 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre.

Une étude financée par Auchan et Carrefour

Comment ? Autre surprise : en sollicitant la Fondation suisse Charles Léopold Mayer. Mais aussi les patrons de la grande distribution (Carrefour, Auchan..), qui se sont réunis pour l'occasion en association. Depuis la vache folle, ces derniers veulent en effet se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. A tel point que c’est Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, qui a débloqué les premiers financements.

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques, laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d'études de 100 à 150 millions d’euros chacune !

Le temps de la vérité

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé. Dés le 26 septembre, chacun pourra voir au cinéma le film choc de Jean-Paul Jaud, "Tous Cobayes ?", adapté du livre de Gilles-Eric Séralini, et les terribles images des rats étouffant dans leurs tumeurs. Des images qui vont faire le tour de la planète et d’internet, puisqu'elles seront diffusées sur Canal+ (au "Grand Journal" du 19 septembre) et sur France 5 (le 16 octobre dans un documentaire). Pour les OGM, l’ère du doute s’achève. Le temps de la vérité commence.

> A lire : l'interview de Gilles-Eric Séralini, ainsi que des extraits de son livre "Tous cobayes!" (Flammarion), dans "Le nouvel Observateur" du 20 septembre.

 

Source: Le Nouvel Observateur

 

OGM : Greenpeace demande un moratoire immédiat en Europe


Paris, le 19 septembre 2012 – Une étude scientifique menée par le professeur Gilles-Eric Séralini et rendue publique aujourd’hui montre comment la consommation d’un maïs OGM par des rats de laboratoire a provoqué chez ces derniers de graves problèmes de santé : tumeurs, mortalité précoce… Or, ce maïs OGM – le NK 603 de Monsanto résistant aux herbicides – peut se retrouver dans des aliments vendus en Europe et destinés aux humains comme aux animaux.

« Cette étude renforce considérablement les inquiétudes portant sur les impacts négatifs des OGM sur la santé humaine et animale, déclare Anaïs Fourest, chargée de campagne OGM à Greenpeace. De nouvelles études scientifiques sont nécessaires très rapidement pour confirmer ces résultats. On ne joue pas avec la santé des Européens. »

Greenpeace demande une réponse immédiate de la part de l’Union européenne. Celle-ci doit décréter un moratoire sur tous les OGM résistants aux herbicides en Europe. Le gouvernement français doit prendre ses responsabilités et transformer ses discours anti-OGM en actes en poussant la Commission européenne à prendre les mesures nécessaires.

Gouvernement Ayrault : concrétiser son opposition aux OGM
Le gouvernement Ayrault a affiché à plusieurs reprises et avec fermeté son souci d’interdire durablement les OGM en France. Une telle interdiction doit d’abord passer par la révision des procédures d’évaluation des OGM, demandée à l’unanimité par les 27 États membres de l’UE en 2008 sous la présidence française. Mais cette demande n’a fait l’objet d’aucune suite sérieuse à ce jour de la part de la Commission européenne.


La réforme de l’EFSA
La durée de l’étude de Gilles-Eric Séralini – environ 2 ans – révèle des impacts qui n’apparaissent pas dans les études beaucoup plus courtes (3 mois) présentées par les industriels des biotechnologies dans le cadre de leur demande d’autorisation des OGM en Europe. Ces résultats soulignent aussi la nécessité d’une recherche scientifique indépendante sur l’évaluation des risques des OGM. A l’heure actuelle, ces risques sont évalués par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Or, cet organisme s’est distingué depuis de nombreuses années par la proximité flagrante de ses membres avec les industriels vendant des OGM et son manque d’indépendance.


« L’EFSA doit être profondément réformée afin de protéger les citoyens européens et cesser de servir les intérêts commerciaux exclusifs des entreprises de biotechnologie. Greenpeace demande à ce que l’EFSA évalue les OGM en prenant en compte des études scientifiques menées sur le long terme, mais également en s’appuyant sur des études indépendantes et non uniquement sur les analyses fournies par les industriels du secteur comme c’est le cas actuellement. » poursuit Anaïs Fourest.

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

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La pollution atmosphérique tue dans les grandes villes

Publié le par Gerome

Les concentrations de microparticules dépassent les normes OMS à Marseille, Lille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, etc.

 

Le constat est simple: la pollution atmosphérique des neuf villes françaises  (Marseille, Strasbourg, Lille, Lyon, Paris, Bordeaux, Rouen, Le Havre, Toulouse) soit quelque 12 millions d'habitants. étudiées dans le cadre de la grande enquête européenne baptisée Aphekom (25 villes, dans douze pays) dépasse systématiquement les recommandations de l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Cette situation a de lourdes conséquences sanitaires.

 

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Il en va ainsi des microparticules. Des poussières qui pénètrent plus ou moins profondément dans les poumons. Les poussières très fines PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres), de la taille d'une bactérie, sont les plus dangereuses puisqu'elles peuvent s'infiltrer jusque dans les alvéoles des voies respiratoires. Le respect des normes OMS (10 µg/m3) au lieu des 14 à 20 µg constatés dans toutes les villes, permettrait de «différer plus de 2900 décès en moyenne par an dont près de 1500 pour des causes cardio-vasculaires», précise l'INVS (Institut national de veille sanitaire) en charge de cette grande enquête pour la France. Avec un bénéfice économique associé considérable: cinq milliards d'euros selon l'institut.

En ce qui concerne les poussières un peu plus grosses dites PM10 (inférieures à 10 micromètres soit 6 à 8 fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu), le seul respect des normes de l'OMS (20 µg/m3) «aurait conduit à différer plus de 245 décès par an et à éviter plus de 1000 hospitalisations pour des raisons cardiaques ou respiratoires» ajoute l'organisme. Le bénéfice associé cette fois-ci est de 4 millions d'euros.

Enfin le seuil en matière d'ozone a quant à lui été dépassé de 81 à 307 fois suivant les villes au cours de la même période (2004-2006) conduisant à une soixantaine de décès et autant d'hospitalisations en trop.

Ces résultats confirment que les effets sur la santé de la pollution atmosphérique sont observés au jour le jour, «en l'absence même de pics de pollution» poursuit l'Institut. «La France se situe dans la moyenne européenne», ajoute de son côté Christophe Declercq, épidémiologiste à l'INVS.

L'Europe poursuit la France

Les microparticules se trouvent en grande quantité à proximité des rues où se concentre le trafic automobile. Or, au niveau européen, l'étude «a montré qu'en moyenne, plus de 50 % de la population de dix villes européennes résident à moins de 150 mètres de rues ou de routes empruntées par plus de 10.000 véhicules par jour».

Ce type de travail est une utile piqûre de rappel alors que la Cour européenne de justicepoursuit la France pour le non-respect des normes PM10 fixées par l'Europe et pourtant moins sévères (40µg/m3 en moyenne) que celles de l'OMS. Cette procédure engagée il y a plus d'un an et demi devrait conduire à la condamnation de la France et au paiement d'une lourde amende. L'Europe travaille par ailleurs à la révision de la directive européenne sur la qualité de l'air prévue en 2013 qui pourrait également conduire à un renforcement de la législation concernant cette fois-ci les PM2,5.


106 milliards de dollars par an: le coût de la pollution en Chine

Les nuages de pollution qui obscurcissent certains jours le ciel des villes chinoises suscitent de plus en plus d'inquiétudes dans la population. Les autorités sont suspectées de minimiser les concentrations de polluants et de ne pas prendre en compte certaines substances toxiques. Il y a néanmoins des stations de mesure, elles enregistrent notamment les concentrations de particules fines (PM10) dont l'impact sur la santé est important (mortalité en excès, bronchite chronique, accident cardio-vasculaire).

 

Des chercheurs chinois, qui se sont basés sur les données recueillies en 2009 dans 421 grandes villes, chiffrent l'impact économique des PM10 à 106,5 milliards de dollars au cours de cette année-là, soit 2,1 % du produit intérieur brut (The Science of the Total Environment, octobre 2012). Le coût est particulièrement élevé dans les villes de Pékin, Shanghaï, Guangzhou, Tianjin, Changsha et Chongqing. Quasiment tout le pays, sauf le plateau tibétain, est exposé à une pollution chronique de PM10 supérieure aux normes européennes (40 microgrammes/m³). Les régions où les concentrations dépassent 100 µg/m³ sont peu peuplées et peu développées: Turkestan oriental, Amdo et Gansu. Le phénomène est dû aux tempêtes de lœss ou de sable.

 


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Inde: des villageois tentent un dernier effort pour contrer un projet d’implantation de centrale nucléaire

Publié le par Gerome

Le combat sans fin mené par des villageois pour stopper le nouveau projet de construction d’une centrale nucléaire en Inde semble aujourd’hui s’intensifier. La semaine dernière au moins 51 personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre. Le rassemblement a tourné à la violence entre policiers et manifestants après que des milliers de personnes aient passé la nuit sur une plage, protestant contre le projet de construction du  «Kudankulam Nuclear Power Project» prévu dans le sud de l’Inde.

 

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Le 31 août dernier, la Cour Suprême de Madras a rejeté une pétition visant à stopper l’avancement du projet controversé. Le gouvernement a, d’autre part, annoncé le chargement d’uranium dans les réacteurs de la centrale pour le 11 septembre.  

 

«Depuis plusieurs semaines, le gouvernement parle de ‘faire le plein de carburant’, sans jamais évoquer de date précise. Alors que les décisions de la Cour Suprême allaient à l’encontre de demandes des protestants, nous avons changé notre manière de revendiquer et avons voulu quitter le village» explique Léon, un manifestant du village d’Idinthakarai.

 

Selon Léon, après que des manifestants se soient rassemblés devant l’église, le gouvernement a fermé tous les accès routiers allant vers Kudankulam. En réplique, environ 8000 contestataires se sont rendus à la plage située à environ 500 mètres du site samedi.

 

«Toute la journée de dimanche nous étions là et tout le monde a dormi sur la plage pendant la nuit. Le 10 septembre, alors que certains manifestants sont repartis chez eux un moment pour se rafraichir et que seulement 300 personnes sont restées sur place, la police est arrivée et à commencé à menacer les personnes présentes», explique Léon.

 

Selon les autres manifestants, lors d’un échange avec la police, les forces de l’ordre ont commencé à pousser quelques personnes. Puis, le groupe de contestataires a poussé de son côté. La scène s’est rapidement transformée en panique et des gaz lacrymogènes ont été utilisés.

 

«J’étais sur le rivage. Les officiers de police et les femmes parlaient. Soudainement, une bouteille de gaz lacrymogène s’est enflammée et à brûlé ma jambe. Je n’aurais jamais pensé qu’une telle chose aurait pu arriver», raconte Jeniker, des points de suture à la jambe. 

 

La répression a été sévèrement critiquée par Greenpeace et Amnesty international.

 

Les villageois pensent que le site nucléaire représenterait un grand danger. Plus d’un million de personnes vivent à moins de 30km du site, un nombre d’habitants impossible à évacuer en cas de problème. La population s’en inquiète, ayant qui plus est en tête l’accident de Fukushima.

 

Dans un communiqué, l’activiste de Greenpeace, Karuna Raina réitère: «La mise en service d’une centrale nucléaire devrait être inenvisageable sans un consensus entre les parties prenantes».

 

Selon les médias locaux, après que les manifestants aient été «pris en sandwich» entre les policiers et la mer, plusieurs personnes n’ont trouvé comme défense que de jeter du sable. Certaines personnes ont été vues s’enfuyant dans des bateaux, tandis que d’autres sont restées longtemps dans l’eau lors des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. 

 

Gloudin, pêcheur du village et père de huit enfants, est un des manifestants ayant été blessé. Il a décrit comment tout s’est très vite passé: «La police cernait environ 300 activistes le lundi matin. Tout s’est déroulé en quelques secondes. Au moment où je me suis retourné, j’ai été frappé à la tête par un bâton».

 

Le 10 septembre, les protestations se sont étendues à une ville adjacente: Tuticorin. Un fermier y est décédé après que la police a ouvert le feu lundi soir, après une journée de manifestations. Mardi, le mouvement protestataire s’est aussi déplacé à Chennai et Coimbatore.

 

La police a inculpé plusieurs manifestants après qu’ils aient mis le feu à une maison. Le groupe a également bloqué la route allant de Tuticorin à Nagercoil et a tenté de stopper le train Mysore Express à la gare de Tuticorin.

 

Le jour suivant, les différents sur la question de la construction de la centrale sont parvenus jusqu’à la Cour Suprême par l’intermédiaire d’une pétition visant à restreindre le gouvernement de New Delhi et d’autres autorités de mettre en place ce projet controversé. 

 

Dans un dernier effort pour barrer la route à l’uranium, l’activiste G. Sundarrajan a composé une pétition spéciale de retrait (Special Leave Petition – SLP) s’opposant à la décision de la Cour Suprême de Madras et invoquant la non-mise en œuvre des divers projets de l’équipe du gouvernement, qui «met en danger la sécurité de millions de citoyens».

 

 


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