Quel impact la perte de la biodiversité a-t-elle sur l’humanité ?

Publié le par Gerome

Un consortium de 17 chercheurs en écologie vient de passer près de 2.000 articles scientifiques en revue. Leur but : comprendre l'impact de la perte de la biodiversité sur l'humanité. Les écosystèmes sont évidemment fort touchés puisque leur fonctionnement risque de ralentir. La productivité de nos cultures, pêcheries et autres plantations pourrait également en pâtir. Va-t-on enfin voir apparaître de nouvelles politiques ?



Un peu à la manière des rapports sur le changement climatique réalisés par le Giec, un consortium de 17 chercheurs en écologie, parmi lesquels figure Michel Loreau, de la station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis, souhaite dégager dans un article publié dans la revue Nature un consensus scientifique à partir de l'analyse de quelque 2.000 papiers publiés ces 20 dernières années. À l'heure où les activités humaines détruisent des écosystèmes entiers, les chercheurs dégagent six points qui font l'unanimité dans la communauté scientifique.



Une de ces affirmations importantes est que la perte de biodiversité affecte négativement le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes. Cette perte réduit notablement l'efficacité avec laquelle les écosystèmes captent des ressources essentielles, produisent de la biomasse, décomposent et recyclent des ressources biologiques.

Une disparition des espèces aux conséquences variables

Les chercheurs présentent par ailleurs une série de résultats émergents, qui, s'ils doivent encore être confirmés par la recherche, pourraient changer notre façon d'appréhender la biodiversité. Par exemple, les effets de la disparition d'espèces et de gènes sont plus importants lorsque l'échelle temporelle ou spatiale considérée est plus grande. Ainsi, si un nombre limité d'espèces peut constituer un petit écosystème en apparence stable sur une courte période de temps, des écosystèmes plus vastes, pris dans des conditions variant au fil du temps, ont besoin d'un plus grand nombre d'espèces pour maintenir leur fonctionnement.



Autre point mis en avant par les chercheurs : les données récentes tendent à montrer que l'impact de la perte de biodiversité dans le monde est comparable à celui d'autres changements globaux comme le réchauffement climatique ou l'excès d'azote déversé par l'agriculture.

Moins de biodiversité, moins de productivité

L'article offre aussi une analyse nouvelle de l'impact de la perte de biodiversité sur de nombreux services écologiques dont dépend le bien-être des sociétés. Ainsi, un consensus se dégage sur le fait que la diversité en espèces et la diversité génétique au sein de celles-ci permettent d'augmenter la productivité des cultures, des pêcheries et des plantations d'arbres. En revanche, l'importance de la biodiversité semble moins claire pour d'autres services comme la pollinisation par les insectes ou la purification de l'eau dans les zones humides. Ceci constitue une invitation à approfondir les recherches sur ces aspects.



L'un des buts poursuivis par les chercheurs est d'alimenter les discussions lors de la conférence internationale Rio+20, qui se tiendra en juin 2012. Ce travail servira aussi de base à l'IPBES (Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), l'équivalent du Giec pour la biodiversité qui doit être mis en place cette année. De plus, en mettant en évidence les lacunes scientifiques, il pourrait servir à établir des programmes de recherche visant à les combler. Enfin, il devrait aider les décideurs à concrétiser des politiques appropriées pour freiner la dramatique perte de biodiversité.

 

 

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L'Australie impose sa taxe carbone

Publié le par Gerome

Le gouvernement australien a annoncé ce vendredi que 294 des plus grands pollueurs du pays devront payer une taxe carbone. Celle-ci sera mise en place dès le mois de juillet prochain dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

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La semaine dernière, le Brésil donnait le tournis aux écologistes, cette fois c'est au tour de l'Australie. A moins d'une semaine du sommet Rio+20, le gouvernement australien multiplie les annonces "vertes". Après avoir consterné les protecteurs de la nature en proposant de réguler les crocodiles marins par un tourisme "chasseur", le pays prend ses responsabilités en matière de pollution atmosphérique.

 
Malgré la faible popularité de la taxe carbone, Julia Gillard, Premier ministre, citée par le Winnipeg Free Press, a maintenu qu'il était essentiel de réaliser l'objectif de 2020 : faire chuter les émissions de gaz à effet de serre de 5% par rapport aux niveaux de 2000. Les entreprises et les gouvernements locaux qui produisent annuellement plus de 25.000 tonnes de dioxyde de carbone, ou l'équivalent d'autres gaz carboniques, devront donc payer une taxe de 23 dollars australiens (environ 18 euros) pour chaque tonne de dioxyde de carbone produite et ce, à partir du 1er juillet.

 
BHP Billiton, la plus grande entreprise minière au monde, et Macquarie Generation, l'une des plus grandes centrales électriques d'Australie, sont sur la liste des futurs payeurs, tout comme les gouvernements locaux qui possèdent des décharges émettrices de méthane. L'industrie agricole, troisième plus gros pollueur d'Australie, devrait en revanche être exemptée de cette taxe, au vu des difficultés à mesurer les émissions produites par les fermes.

 
Greg Combet, ministre du Changement Climatique, a déclaré que le nombre de pollueurs-payeurs pourrait changer dans les mois à venir, en fonction de l'augmentation ou de la diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre. L'Australie est l'un des pays qui émet le plus de gaz à effet de serre au monde (en nombre par habitant). Une propension à polluer liée à sa forte dépendance aux abondantes réserves de charbon du pays : une ressource-clé pour sa production d'électricité.

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Fini les nouveaux forages pétroliers en Guyane française

Publié le par Gerome

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Shell ne débutera pas de nouvelles prospections pétrolières off-shore ultra-profondes au large de la Guyane française. La ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, a décidé de suspendre la campagne d'exploration pétrolière qui devait démarrer d'ici la fin de ce mois. La compagnie déchante car du pétrole a été découvert au large des côtes de ce département d'Outre-mer lors du forage exploratoire mené de mars à septembre 2011 à 6.000 mètres de profondeur...


La société Shell avait déposé, fin mars 2012, auprès de la Préfecture de la Guyane, un dossier de déclaration d’ouverture de travaux de forage et d’étude sismique en mer à 130 km des côtes et sur une zone d’environ 5.300 km2. Actionnaire majoritaire d’un consortium pétrolier avec Total (Tullow Oil et Northern Petroleum), Shell souhaitait réaliser quatre forages d’exploration ultra-profonds, deux en 2012 et deux en 2013. La société entendait aussi mener une campagne de recherche d’hydrocarbures par ondes sismiques en 2012.


Ces recherches auraient permis l’acquisition de données acoustiques grâce à des canons à basses fréquences. Lorsque ces basses fréquences atteignent le substrat géologique, un écho remonte en surface et permet ensuite d’établir une carte en 3D de la géologie sous-marine. Les compagnies pétrolières savent ainsi où forer pour optimiser leurs chances de découvrir du pétrole.


Impacts sur la faune marine


Seul problème des recherches sismiques, «pour des raisons de hauteur d’eau et de pénétration suffisante des ondes dans les formations géologiques, l’intensité des ondes est très élevée», avait concédé Shell dans son étude d’impact. Elle estimait cependant que les ondes sismiques n’auraient eu qu’au mieux un impact moyen à fort sur les cétacés. Les poissons, les tortues marines et les oiseaux n’auraient dû en souffrir que modérément.


Christian Roudgé, coordinateur de la Fédération Guyane Nature Environnement qui, sur ce dossier, travaille en lien étroit avec Greenpeace France et la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), n’était alors pas du même avis. Selon lui, «les impacts sur la faune aquatique (notamment cétacés et poissons, ndlr) sont mal connus. A proximité directe des canons on sait ce qui se passe. Plus loin, non.»


Idem pour ce qui est des forages exploratoires, l’étude de Shell estimait que les impacts sur les poissons, les tortues, les cétacés et les oiseaux seront faibles à moyens voire négligeables.


Mobilisation des défenseurs de l’environnement


Des mesures d’atténuation avaient été proposées par Shell pour protéger la faune marine : présence d’observateurs de la faune marine à bord des navires, mise en place d’une surveillance acoustique passive, pas de source lumineuse intense dirigée vers l’eau, période d’intervention qui n’interfère pas avec les cycles biologiques des espèces aquatiques. Mais cela n’a pas empêché les anti-pétrole de s’organiser dans le département.


Un «Collectif Or bleu contre Or noir» s’est créé le 3 mai dernier. Il a vite regroupé plus de 1.000 personnes opposées au projet de Shell en Guyane, sur les quelques 200.000 habitants que compte la Guyane française. Les revendications de ce collectif n’ont pas concerné uniquement la faune marine. «Les forages se situent dans une zone de très forts courants marins, mal connus, qui rendent particulièrement périlleuses toute exploitation» et «en cas de marée noire, les industriels admettent qu’il serait impossible de nettoyer la mangrove du plateau des Guyanes, un écosystème primordial pour notre région» avait alors précisé le collectif sur son site internet (http://or-bleu-contre-or-noir.org/)


Le bras de fer entre écologistes et sociétés pétrolières a été arbitré aujourd’hui par Nicole Bricq: il n’y aura pour l’instant pas de nouveau forages en vue en Guyane. Le ministère du développement durable a déclaré dans un communiqué de presse que «dans le cadre d’un code minier inadapté et obsolète, le précédent Gouvernement a octroyé un permis exclusif de recherches à un consortium privé sans contrepartie suffisante pour l’intérêt national. La prise en compte des problématiques d’environnement n’est pas satisfaisante.»


Un bel exemple qui montre que le poids de 1.000 citoyens face au lobby des multinationales du consortium peut parfois peser…

 

 


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Maroc: De grands projets pour les énergies renouvelables

Publié le par Gerome

Soleil, montagnes et mer en abondance, mais point de carburant: pour répondre à cette anomalie le Maroc s'est lancé dans un vaste chantier afin de devenir un champion mondial des énergies renouvelables. Avec les montagnes qui surplombent ses rivages et s'étendent à l'intérieur, et son long littoral -plus de 3.500 km de côtes de la Méditerranée à l'Atlantique-, le Maroc est présent sur deux fronts: l'éolien et le solaire. Dans les prochains jours doit être dévoilé le consortium international choisi pour construire la première tranche d'une immense centrale solaire à Ouarzazate (sud) d'une capacité de 500 MW à l'horizon 2015.

 

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Trois consortium ont été retenus par l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Masen) dans son appel d'offres d'une valeur de quelque 500 millions de dollars, financés notamment par la Banque mondiale. D'une capacité de 160 mégawatts, la centrale fait partie du Plan énergétique qui vise à construire cinq parcs solaires d'une capacité de 2 000 mégawatts d'ici 2020. Ce projet ambitieux devra permettre au Royaume de réduire les émissions de CO2 de 3,7 millions de tonnes.


Ambassadeur du futur


De l'avis des experts, le consortium mené par le saoudien Saudi international company for Water and Power (ACWA) partenaire de l'espagnol Aries IS et de l'allemand TSK EE, part favori face à deux autres groupes, l'un avec le japonais Mitsui et l'autre avec l'italien Enel. «L'annonce des résultats est prévue dans les prochains jours», a indiqué à l'AFP Mustafa Bakkoury, le président de Masen. Cette annonce devait intervenir à Ouarzazate en présence du pilote de l'avion solaire Solar Impulse et de l'équipe du projet partenaire de Masen. Elle a été reportée à cause du retour de l'appareil expérimental suisse contraint de faire demi-tour mercredi de raison des vents.


Solar Impulse --qui se veut «ambassadeur du futur» en matière d'énergie renouvelable et a choisi le Maroc comme partenaire --a accompli la semaine dernière le premier vol intercontinental avec pilote de l'histoire et sans carburant, en atterrissant à Rabat venant de Suisse, après une escale à Madrid. Pour le projet solaire au Maroc --qui a une bonne longueur d'avance sur l'Algérie et la Tunisie -- la Banque Mondiale a accordé deux prêts d'un montant global de 297 millions de dollars (270 M d'euros), remboursable sur une durée allant de 30 à 40 ans, avec des périodes de franchise de 5 à 10 ans. L'Agence française de développement (AFD) pour un crédit de 100 millions d'euros est aussi de la partie avec l'Union européenne qui a signé en janvier des conventions de financement de deux projets relatifs à la centrale solaire à concentration de Ouarzazate pour 30 millions d'euros.


Diminuer la dépendance aux importations


A l'horizon 2020, le Plan solaire marocain ambitionne d'attirer des investissements d'environ 9 milliards de dollars visant à produire 2 GW d'énergie solaire, ce qui correspond à 38% de la capacité actuelle de production électrique de ce pays en développement de quelque 33 millions d'habitants. Le Maroc devrait ainsi réduire à l'horizon 2020 sa dépendance du pétrole, a indiqué en mai à l'AFP le ministre de l'Energie et de l'Environnement Fouad Douiri. «Plus de 80% de nos besoins en énergie sont importés et il est crucial de diminuer cette dépendance», a-t-il dit.


Les achats de carburants reviennent très chers au trésor, amenant le nouveau gouvernement islamiste d'Abdallah Benkirane d'augmenter le 2 juin le prix du litre d'essence de pas moins de 20% d'un coup. Dans le seul éolien cinq projets de 720 MW sont en chantier pour une mise en service en 2012, et pour un coût de 12 milliards de dirhams (1,09 md d'euros). Les côtes du Maroc possèdent un important gisement d'énergie éolienne avec un potentiel de 6.000 MW environ. D'ores et déjà, des projets sont en cours pour doter de grands groupes cimentiers de «fermes éoliennes», préparant ainsi un avenir où l'environnement sera protégé.

 

 


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Shell abandonne un projet controversé d’agrocarburants suite à la protestation d’Indiens brésiliens

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Une compagnie d’agrocarburants filiale de Shell au Brésil a renoncé à acquérir la canne à sucre cultivée sur une terre spoliée à un peuple indigène, suite à une campagne d’envergure menée par les Indiens et Survival International.

La compagnie Raízen a été créée en 2010 par Shell et le géant brésilien Cosan pour produire des agrocarburants à base de canne à sucre.

Une partie de cette canne à sucre est cependant cultivée sur un territoire revendiqué par les Guarani, l’un des peuples les plus persécutés et les plus démunis d’Amérique du Sud. Leurs chefs sont régulièrement assassinés par les hommes de main à la solde des propriétaires terriens et des éleveurs qui se sont accaparé la majeure partie de leurs terres.

Raízen a récemment accepté de renoncer à acquérir la canne à sucre cultivée sur un territoire indigène reconnu par le ministère de la Justice. La campagne d’envergure de Survival et la pression du ministère public brésilien ont favorisé la conduite de négociations entre Raízen et la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement.

Raízen a également promis de consulter la FUNAI pour prévenir d’autres investissements ou expansions dans des régions conflictuelles qui pourraient être reconnues à l’avenir comme territoires indigènes.

Les Indiens guarani ont accueilli la nouvelle avec satisfaction. Après avoir été expulsés de leurs terres, nombre d’entre eux vivent dans des conditions désastreuses, dans des réserves surpeuplées ou de misérables campements au bord des routes.

La communauté de Valdelice Veron dans l’Etat du Mato Grosso do Sul est directement affectée. Les Guarani rapportent que leurs rivières ont été polluées par les pesticides utilisés dans les plantations. Elle a déclaré : ‘Nous allons à nouveau pouvoir boire l’eau de notre territoire. Nous allons enfin pouvoir revivre’.

Raízen qui a reconnu les problèmes auxquels les Guarani sont confrontés et a promis de mener un ‘programme d’investissement social centré sur la population indigène’ a déclaré à Survival : ‘Nous voulons faire de notre retrait un bon exemple à suivre pour les autres compagnies. Nous nous engageons à respecter tout territoire indigène reconnu par le ministère de la Justice’.

Cette décision historique de Raízen devrait créer un précédent au Brésil; elle sera suivie de l’arrêt définitif de son approvisionnement en canne à sucre cultivée sur des territoires indigènes le 25 novembre prochain.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘La décision de Raízen est une excellente nouvelle pour les Guarani qui ont été dépossédés de leurs terres et laissés à l’agonie au bord des routes pour faire place à la production de canne à sucre. Les autres compagnies doivent suivre l’exemple de Raízen et cesser de financer la spoliation des territoires indigènes. Il est temps que le monde prenne conscience que les agrocarburants brésiliens sont entachés du sang des Indiens’.

 


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