Du venin d’araignée comme insecticide naturel

Publié le par Gerome

La technique est encore à l’étude, mais le venin de plusieurs espèces d’araignées pourrait être utilisé comme insecticide naturel.

 

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Agriculteurs et jardiniers mènent un combat sans merci contre les insectes ravageurs. Et ce sont les araignées qui pourraient bien devenir de solides alliés pour nombre de fermiers. Des chercheurs de l’Institut pour la bioscience moléculaire de l’Université du Queensland (Australie) ont en effet identifié des centaines de protéines naturelles dans le venin de plusieurs espèces, protéines qui permettraient de tuer les insectes nuisibles proliférant dans les cultures, rapporte le site d’informations The Australian. L’araignée à toile entonnoir, la tarentule et l’araignée orbe seraient les producteurs de ces insecticides naturels, et d’après les scientifiques elles pourraient aussi servir à contrôler la propagation de parasites, en supprimant par exemple les moustiques, vecteurs de maladies.



D’après Glenn King, responsable de l’équipe de scientifiques, les insecticides les plus efficaces ont été trouvés chez les espèces d’araignées primitives qui tuent leurs proies en sautant dessus avant de les mordre avec leurs crocs, sans même attendre qu’elles se retrouvent piégées dans leur toile. Le venin de l’araignée à toile entonnoir contiendrait quant à lui jusqu’à 500 « protéines insecticides » différentes, chacune possédant sa propre puissance et son espèce cible. Chaque protéine pourrait en théorie être « fabriquée » par les scientifiques, lesquels utiliseraient alors des bactéries pour produire des quantités suffisantes et commercialisables d’insecticides naturels.



Si la recherche est toujours en cours – d’après M. King, il faudra encore de 5 à 7 ans pour que la technique soit au point -, le venin d’araignée pourrait constituer une alternative intéressante aux produits chimiques, auxquels ont recours beaucoup d’agriculteurs. En Australie comme ailleurs.

 

 


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Cameroun : plus de 500 éléphants auraient été tués depuis janvier

Publié le par Gerome

Selon le gestionnaire du centre touristique du parc national de Bouba Ndjidda (au nord du Cameroun), "plus de 500 éléphants" ont été abattus par des braconniers depuis janvier.

Contrairement à ce qu’affirment les autorités camerounaises, les responsables et agents du parc national camerounais de Bouba Ndjidda sont "unanimes à penser qu'il y a plus de 500 éléphants abattus", a affirmé Paul Bour, directeur du centre touristique du parc. "De surcroît, il y a des gens qui rapportent que les cavaliers (braconniers) leur ont dit avoir tenue une comptabilité [situant] à 650 [le nombre de pachydermes tués]. Ce chiffre me paraît plausible", a-t-il indiqué à l’AFP.

 

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"Il y aurait moyen [de connaître le nombre exact d'éléphants tués] si l'administration voulait s'en donner les moyens, mais manifestement il y a une volonté de minimiser l'ampleur [des massacres]", puisque le gouvernement avait fait état de "128 éléphants" abattus,  a-t-il poursuivi. Selon M. Ndjidda, la situation a l’air de se tasser "au niveau du parc [ … ] Ce qu'on sait c'est que les braconniers se sont déportés vers le sud-est en direction de la frontière avec la Centrafrique et le Tchad". "Ces gens ont fait preuve de témérité qui m'inciterait à la prudence. Ils ont une organisation très militaire. Ils sont très bien équipés. Ils seraient parfaitement capables d'oser un coup de main ou une réaction militaire face aux forces [camerounaises]" estime le responsable.



De plus, pour Natasha Kofoworola Quist, représentante de World Wildlife fund (WWF) pour l'Afrique centrale, "les forces [militaires] sont arrivées trop tard pour sauver la plupart des éléphants du parc et en trop petit nombre pour dissuader les braconniers". Le retard du gouvernement camerounais à agir dans le parc de Bouba Ndjidda a d’ailleurs été très critiqué. Il y a peu, le Fonds international pour la protection des animaux avait déjà alerté de la situation en racontant une récente attaque qui a fait deux morts, un braconnier et un soldat, ainsi que deux blessés.

 


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Retour de l'épandage aérien des pesticides

Publié le par Gerome

En principe, l'épandage aérien de pesticides est interdit en France. En principe seulement, car la circulaire du ministère de l'agriculture, publiée très discrètement le 5 mars, introduit de nombreuses exceptions. Intitulé "Liste des produits phytopharmaceutiques autorisés ou en cours d'évaluation pour les traitements par aéronefs", ce texte, "à diffusion limitée" et que Le Monde s'est procuré, fournit aux directions régionales et départementales de l'agriculture, aux directions des populations, aux services vétérinaires, la possibilité de délivrer des dérogations pour toute une série de fongicides, herbicides, insecticides destinés à traiter le maïs, le riz, la vigne et les bananiers.La circulaire risque de passer pour un feu vert et présagerait alors des conflits probables entre commanditaires de l'épandage, cultivateurs bio, apiculteurs, riverains, comme ce fut le cas dans plusieurs régions en 2011.

 

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La loi Grenelle II du 13 juillet 2010, qui, dans son article 103, interdit la pulvérisation de ce type de produits depuis un avion, un hélicoptère ou un ULM, comporte elle-même une part d'ambiguïté puisqu'elle prévoit des dérogations. Mais restreintes: lorsque cette pratique "présente des avantages manifestes pour la santé et l'environnement par rapport à une application terrestre", lorsqu'il faut agir en urgence face à un danger qui menace les plantes, les animaux, la santé humaine, ce mode d'intervention peut se justifier "dans des conditions strictement définies par l'autorité administrative pour une durée limitée" et après avis de plusieurs commissions compétentes en matière d'environnement.

 

"EFFETS GRAVES POUR LA SANTÉ"


La loi stipule en outre que lors des pulvérisations, l'opérateur doit respecter une distance minimale de sécurité de 50 mètres par rapport aux habitations, jardins, parcs, points d'eau, marais... La France avait par ailleurs renforcé son dispositif d'encadrement de l'usage des pesticides par épandage aérien en transposant, en juillet 2011, une directive européenne datant d'octobre 2009. La réglementation approuvée par les Vingt-Sept impose que les pesticides doivent être "expressément approuvés par l'Etat membre à la suite d'une évaluation spécifique des risques" qu'ils comportent.


La circulaire du 5 mars émanant de la direction générale de l'alimentation donne la liste de sept pesticides "autorisés", dans la mesure où ils ont été évalués par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail (Anses) spécifiquement pour être appliqués par voie aérienne. Il s'agit de quatre fongicides, d'un insecticide, un herbicide et un stimulateur de défenses naturelles utilisés dans la culture des bananes et du riz.


Six sont classés officiellement "dangereux pour l'environnement" et "nocif" sur le plan toxicologique. Le site Internet du ministère de l'agriculture recense quelques-unes de leurs caractéristiques: "risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par ingestion", "très toxique pour les organismes aquatiques" au sujet du Sico par exemple; l'inhalation de vapeurs de Tilt - qui s'avère irritant pour les yeux et la peau - "peut provoquer somnolences et vertiges" et son ingestion "une atteinte des poumons"; le Gardian présente "des risques d'effets graves pour la santé en cas d'exposition prolongée par ingestion". Les autres (Bion 50 WG, Mimic LV, Amistar, Clincher) présentent le même genre de profil.


 

Le ministère fournit aussi une liste de seize pesticides dont le dossier a été déposé auprès de l'Anses à la fin de l'année 2011 ou qui devrait l'être d'ici au 31 mars et qui "peuvent en conséquence être intégrés dans les demandes de dérogation" formulées par les commanditaires de pulvérisation aérienne. S'agit-il de les autoriser avant même que l'Agence ne se penche sur leur cas respectif ? Au ministère de l'agriculture, on assure qu'il n'en est pas question. N'empêche, l'administration semble soucieuse de ne pas faire perdre de temps aux agriculteurs convaincus par ce type d'épandage. Le texte prévoit que si l'évaluation des produits n'est pas terminée au 31 mars, date limite pour cette année, une dérogation pourra néanmoins être octroyée ultérieurement.


Il n'est en outre pas sûr que les experts de l'Anses aient eu le temps d'étudier dans le détail les spécificités des sept pesticides accrédités. Certains d'entre eux disposaient d'une autorisation de mise sur le marché ancienne, qui a bien vite été actualisée.

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

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La ville, malade, veut retrouver ses racines

Publié le par Gerome

La ville, lieu de pollution, d'agressions de toutes sortes, de dangerosité permanente, déconnectée de la Nature, bétonisée, souffre et demande du vert!

 

Lisez plutôt cet article :

 

Aujourd'hui, plus de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain. Il est donc de plus en plus important de s'assurer que des espaces verts existent dans ces villes grandissantes. C'est l'ambition du Pacte pour le jardin dans la cité, dont la campagne «Plus de jardins dans ma ville» a débuté il y a quelques jours. Explications...

 

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Les avis sont presque unanimes parmi les Français: d’après un sondage Harris Interactive, 93% d’entre eux pensent qu’il est important de développer des jardins dans les espaces urbains. Pour quelles raisons? Parce qu’ils rendraient la ville plus belle et plus agréable (pour 93% des sondés) et qu’ils favoriseraient, pour 76% des Français, les liens sociaux.


Partant de ce constat, les acteurs du Pacte pour le jardin dans la cité souhaitent montrer que les bienfaits des jardins en ville s’étendent à tous les domaines: social, économique, sanitaire, environnemental, éducatif et artistique.


Jardinage politique


Entre le 15 mars et le 15 avril, tous les acteurs du Pacte se rassembleront pour porter leur message aux dirigeants politiques, avec l’espoir que ceux-ci intégreront ce projet à leurs stratégies futures. Le groupe veut travailler à sensibiliser petits et grands, leur faire redécouvrir l’univers du jardin, en exalter les vertus thérapeutiques, souligner ses avantages économiques, favoriser les liens sociaux et reconnaitre le potentiel artistique du jardin.


Aujourd’hui, les initiatives allant dans ce sens se multiplient et entrent dans la norme: jardins partagés, guérilla gardening, jardins thérapeutiques ou pédagogiques, urbanisme vert… La campagne «Plus de jardins dans ma ville» souhaite unifier et organiser ces mouvements pour en faire un projet à l’échelle de la société toute entière: une «Stratégie nationale du jardin». Et c’est d’actualité, puisqu’avec les élections présidentielles et législatives qui approchent, le sujet doit pouvoir s’inscrire dans les projets politiques des années à venir.


Comment participer?


Tout le monde peut devenir acteur de ce projet: les personnalités ont le choix de devenir parrain ou marraine, comme l’a fait notre rédactrice-en-chef Yolaine de la Bigne. Chacun peut aussi devenir ami du pacte en le signant en ligne. Et enfin, les organismes peuvent devenir partenaire du projet, comme le sont déjà l’Association Jardiniers de France ou la Ligue de l’enseignement.

 


Publié dans Nature

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La mort est dans le pré

Publié le par Gerome

A l'occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, nous nous sommes intéressés au dernier documentaire d'Eric Guéret, «La mort est dans le pré». Montré en avant-première vendredi 23 mars à l'Hôtel de Ville de Paris, le film se penche sur la vie des agriculteurs français victimes de leur utilisation massive de pesticides. Rencontre...

 

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Parlez-nous de votre film…


C’est un documentaire qui aborde un sujet très douloureux: les problèmes de santé des agriculteurs à cause de l’utilisation de pesticides. Avant de me lancer dans ce projet, j’avais fait une enquête sur l’alimentation, dans laquelle j’avais déjà abordé le sujet des pesticides. Je trouvais intéressant de faire un film sur l’agriculture en voyant les producteurs comme les premières victimes de leurs pratiques. Je suis parti d’un constat assez incompréhensible : ces personnes tombent malades et meurent parfois à cause de leur utilisation de pesticides, pourtant, ils changent très peu leurs pratiques.


Avez-vous réussi à comprendre pourquoi?


Oui, et c’est un peu l’objet du film. J’y fais un constat de l’état de santé des exploitants, mais je m’interroge aussi sur leurs pratiques paradoxales. J’ai découvert le piège dans lequel ils sont tous pris: celui de l’utilisation intensive de la chimie qui a révolutionné leur métier. En même temps, il existe un contrecoup énorme puisque beaucoup d’entre eux développent des pathologies graves. Pourtant aujourd’hui, arrêter l’utilisation massive de pesticides, c’est extrêmement compliqué.


Pourquoi?


Le système est tenu par les firmes qui fabriquent ces pesticides, comme BASF ou Monsanto. Elles font du lobbying pour que rien ne change, et elles ont une grande influence sur la FNSEA, le syndicat majoritaire de l’agriculture. En 50 ans, elles ont réussi à imposer une idée simple: il n’y a pas d’autre modèle possible. Et quand on est persuadé que si on veut nourrir la planète correctement il n’y a pas d’autre modèle possible, on est piégé. Pour sortir du modèle chimique, il faudrait passer au bio, mais ça demande des moyens que les producteurs n’ont pas. Ils sont surendettés, ce qui permet aux banques et aux firmes de les tenir. Et puis en 50 ans, ils ont oublié les pratiques de l’agriculture traditionnelle. Aujourd’hui ils ne savent plus faire autrement.


Comment avez-vous rencontré les agriculteurs que vous avez choisi de suivre?


Je suis allé filmer la constitution de la première association des victimes des pesticides, Phyto Victimes. Enfin des personnes qui osent braver la loi du silence! C’est là que j’ai choisi mes personnages. Je voulais qu’il y ait une forme de cohérence dans leur combat, mais j’ai quand même choisi trois profils très différents, qui incarnaient aussi des combats différents.

Le film commence avec un quatrième personnage, qui reste absent du cadre: c’est Caroline, la femme de Yannick Chenet, le premier agriculteur décédé en étant reconnu victime des pesticides. C’est elle qui narre le film, en s’adressant aux autres producteurs. Ensuite, il y a Frédéric, qui a un cancer de la vessie et de la prostate et se bat pour faire reconnaître sa maladie par la Mutuelle sociale agricole, qui refuse la plupart des demandes des agriculteurs. Malheureusement, Frédéric meurt avant la fin du film.


Le deuxième personnage, c’est Paul,  qui a été intoxiqué par un produit de Monsanto, et qui a commencé un procès contre eux. Le film raconte donc aussi la préparation de son procès, qu’il gagne à la fin du film. Et enfin il y a Denis, dont la tumeur a attaqué la moelle épinière. Il est en fauteuil roulant, mais il continue d’exploiter sa ferme. On le voit tout au long du film se demander s’il peut changer ses pratiques ou non. Mais pour les agriculteurs, c’est un mur souvent infranchissable : ils ont une peur incroyable du regard des autres. Dans ce milieu, celui qui veut sortir du rang est montré du doigt. Les réactions peuvent être très brutales.


Pensez-vous quand même que les choses sont en train de changer?


Oui. Des substances dangereuses ont été retirées, les produits évoluent et il y a une prise de conscience citoyenne. Mais il reste tant à faire et je pense que bientôt on n’aura plus le choix. Aujourd’hui, on voit les premières conséquences de 50 ans de pratiques folles: si cette épidémie se confirme, on sera obligé de réagir, et les grandes firmes devront participer.

NB: le documentaire «La mort est dans le pré» sera prochainement diffusé pour la case Infrarouge de France 2.


*Pesticides et présidentielles*


Malgré des initiatives comme le plan Ecophyto 18 dont l’ambition est de réduire de 50% l’utilisation de produits phytosanitaires, les choses ne s’arrangent pas: entre 2008 et 2010, on observe au contraire une augmentation de 2,6% dans l’utilisation de pesticides pour les traitements foliaires, et de 7% pour les traitements de semences, selon la FNE (France Nature Environnement).

L’association appelle les candidats aux élections présidentielles à s’engager contre l’utilisation massive de pesticides, en évaluant les différents produits et en faisant un travail de prévention auprès des agriculteurs.

 

 


Publié dans Nutrition & Santé

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