"La transition écologique aura sa feuille de route précise"

Publié le par Gerome

Pendant la campagne présidentielle, Marie-Hélène Aubert a dirigé le pôle "Environnement, développement durable et énergie" auprès du candidate socialiste. Membre du Parti socialiste, elle a commencé à travailler avec François Hollande à l'été 2009 après avoir quitté les Verts. De 1997 à 2002, elle a été députée d'Eure-et-Loir. Elle présente au Monde le projet écologique du président élu.

 

Dimanche 6 mai, à Tulle, François Hollande a rappelé l'urgence à mener la "transition écologique". Comment la définissez-vous ?


Nos modes de développement et de consommation ne sont pas durables, car ils mobilisent trop de ressources naturelles. Je pense aux énergies fossiles en particulier, qui contribuent au réchauffement climatique. Nous rejetons aussi énormément de déchets et nos ressources en eau sont fragiles. Nous devons veiller à les préserver.


L'objectif est de définir un nouveau modèle de développement écologique, mais aussi social: il faut intégrer ce surcoût que produit l'exigence environnementale dans une politique de redistribution. Il ne doit pas y avoir de contradiction entre le social et l'écologique. Il ne s'agit pas d'une rupture brutale, imposée d'en haut mais au contraire d'un processus démocratique. Nous devons prendre le temps d'examiner toutes les données, d'en débattre afin d'élaborer la meilleure feuille de route, le meilleur compromis possible pour cette transition.


Vous relancez un grenelle de l'environnement ? Quel bilan d'ailleurs en faites-vous ?


Nous avons auditionné nombre d'acteurs du Grenelle afin de savoir ce qui, selon eux, méritait d'être conservé ou amélioré.

Notre philosophie est de placer le dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social. C'est pourquoi nous organiserons une "Conférence environnementale" à six : les cinq du Grenelle, auxquels viendront se joindre des représentants du Parlement, car le lien avec les élus a été un des problèmes dans la mise en œuvre du Grenelle.


Nous souhaitons aussi établir une régionalisation du processus de dialogue. Il faut sortir des réunions de salon dans les ministères et traiter plutôt de ces problématiques au niveau des régions qui ont toutes leurs spécificités.

Nous fixerons, bien sûr, un agenda. Il est impossible de traiter tous les sujets à la fois. Des priorités sont nécessaires.


Et le bilan du Grenelle ?


Le dialogue transversal a bien fonctionné, mais rappelons que cette idée était celle des ONG. Elle n'avait pas germé d'un seul coup dans la tête de Nicolas Sarkozy. Malheureusement, ce dialogue n'a duré que quelques mois. On a abouti à une loi Grenelle I, assez consensuelle. En revanche, le processus a commencé à pécher avec la loi Grenelle II, dont la publication des décrets a traîné en raison du poids des lobbies concernés par telle ou telle mesure.


Allez-vous en faire l'audit ?


Oui, car nous avons besoin d'une synthèse claire pour bien hiérarchiser nos priorités d'action.


Quelles sont ces priorités ?


François Hollande a fait de la transition énergétique un enjeu prioritaire. C'est la première étape que nous mènerons au sein de la Conférence environnementale. Le nucléaire, qui avait été exclu des sujets du Grenelle, y sera traité.

Concrètement, le débat sur l'énergie devrait être lancé à l'automne et durera au moins six mois. Il donnera lieu à une loi votée au printemps 2013.

Il nous faut d'abord constituer un comité national organisateur dont l'indépendance ne pourra pas être contestée, et qui recevra une lettre de mission précise.


Pour autant, un certain nombre d'objectifs ont d'ores et déjà été fixés comme la mise aux normes énergétiques d'un million de logements par an (600 000 dans le parc ancien et 400 000 dans le neuf) ; la sobriété énergétique ; l'essor des énergies renouvelables (etc.). Concernant ces dernières, je peux vous dire que nous n'attendrons pas l'été 2013 pour réinstaurer un cadre réglementaire stable, visible et incitatif pour l'ensemble des filières (photovoltaïque, éolienne, etc.). Tous les acteurs le réclament. Il y a énormément d'emplois en jeu. Mais il ne s'agit pas de grever les finances de l'Etat.


Est-ce que la France a les moyens de faire face à la concurrence chinoise avec des subventions qui pèseront sur le budget du pays ?


Pas question de créer une économie subventionnée ad vitam aeternam. Ces filières sont naissantes, elles ont besoin d'un soutien transitoire. Certains acteurs industriels estiment qu'elles pourraient être rentables et compétitives d'ici à 2017. La France a des atouts, du savoir-faire, et nous encouragerons la recherche et l'innovation. Et la filière solaire, ce n'est pas uniquement la fabrication des panneaux.


Quels sont les autres dossiers urgents, selon vous ?


La biodiversité, l'eau, l'agriculture durable. Il faut une méthode de concertation qui nous permette d'avancer vraiment et de sortir d'une logique de confrontation entre écologistes et agriculteurs.


Même avec la puissante Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) qui a montré, ces derniers mois, son hostilité à toute contrainte environnementale ?


Les choses bougent sur le terrain. Il faut s'appuyer sur les initiatives locales pour faire évoluer les états d'esprit. Le monde agricole a besoin de reconnaissance. Beaucoup de ses filières sont en crise.
Une réforme de la politique agricole commune [PAC] est en cours. La France peut avoir, dans ce domaine, une position forte pour que les pratiques vertueuses soient valorisées, soient "payantes" dans tous les sens du terme.


Quel serait, selon vous, le périmètre idéal du futur ministère de l'écologie ? Faut-il par exemple lui adjoindre l'agriculture ?


Cette question est du ressort du chef de l'Etat et de son futur premier ministre, qui sera d'ailleurs en charge du dossier de la transition écologique. Mais il est clair que nous aurons besoin d'une transversalité très forte.


Comment allez-vous financer cette transition écologique ?


Plusieurs pistes existent. La réforme fiscale annoncée par François Hollande aura un versant écologique important avec l'instauration de bonus-malus, du principe pollueur-payeur et d'une réflexion sur l'évolution du financement de la protection sociale qui pourrait à terme notamment s'appuyer sur la création de taxes sur les différentes sources de pollution.


La réduction progressive des niches fiscales défavorables à l'environnement sera aussi une source de revenus. De même que la mise aux enchères, le 1er janvier 2013, des quotas de CO2 sur le marché européen. Il est important de penser la transition énergétique à l'échelon européen, et c'est aussi à ce niveau que des fonds devront être mobilisés.


François Hollande est, comme Nicolas Sarkozy, partisan d'une instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe. L'Union doit-elle s'armer contre le dumping environnemental des pays en développement ?


L'Europe doit se protéger contre le dumping social et environnemental. Elle ne peut pas avoir un haut niveau d'exigences environnementales et laisser ses portes ouvertes à la production de pays qui ne respectent pas ces mêmes normes.


Pour que cette demande de réciprocité soit acceptable, il faut que les pays riches assument aussi leurs responsabilités vis-à-vis des pays pauvres en augmentant leurs aides pour les accompagner dans un modèle de développement durable.

 

 


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Airpod, la voiture à air comprimé

Publié le par Gerome

L’AIRPod est le nouveau concept de voiture à air comprimé complètement revu et corrigée, mieux adaptée au marché.

 

Le fabricant MDI (Motor Development International) propose l’AIRPod dans une version bien finie, dont sept exemplaires vont être testés dès cet été, par Air France et KLM sur les sites de Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol. 

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Le véhicule est basé uniquement sur un moteur à air comprimé, sans aucun rejet polluant à l’utilisation. Avec un réservoir de 200 litres, l’AIRPod offre une autonomie variant entre 120 et 200 km selon l’utilisation.

Avec 2,07 m de long, 1,60 m de large, 1,74 m de haut, 1,90 m de rayon de braquage, une vitesse maxi comprise entre 45 et 70 km/h (selon version) sa vocation est essentiellement urbaine. Ce véhicule devrait donc essentiellement intéresser les flottes de location de véhicules urbains type Autolib’, et les entreprises de déplacement/livraison en milieu urbain.

Malgré son gabarit très réduit (60 cm de moins qu’une Smart !), son habitabilité est étonnante. Selon la version, plus d’un mètre cube de marchandise en plus du conducteur ou deux adultes et un enfant peuvent y prendre place, le tout pour un poids en charge d’environ 500 kg.

Le plein d’air s’effectue à l’aide d’un compresseur électrique du commerce (entre 3 et 4 heures de charge), mais la mise en place de stations d’air à haute pression promet un remplissage en 3 minutes.  Economiquement, le coût d’utilisation oscille entre 0,5 et 1 € d’électricité aux 100 km.

Trois gammes, toutes avec le même moteur à air comprimé, sont pressenties :
- AIRPod Passagers – la version de base destinée au transport de personnes (jusqu’à 3 adultes et un enfant) ;
- AIRPod Cargo – avec une seule place pour le conducteur, elle possède un volume de chargement supérieur à un mètre cube ;
- AIRPod Baby – deux places frontales et un coffre de plus de 500 litres, le tout pour moins de 1,80 m de long, en font la version la plus polyvalente de MDI.

 

Même si la technologie à air comprimé ne s’affranchit pas de l’électricité pour remplir ses réservoirs, son bilan énergétique et environnemental est très supérieur aux véhicules électriques notamment grâce à l’absence de batterie.
Guy Nègre, son concepteur, prévoit pour une commercialisation fin 2009, début 2010 pour un prix avoisinant les 6 000 €.

 

 


Publié dans Les bonnes nouvelles

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Monsanto condamné à rembourser des milliards aux paysans brésiliens

Publié le par Gerome

Par un savant tour de passe-passe, le géant Monsanto, à l’instar d’autres multinationales semencières, s’est approprié la réglementation brésilienne, imposant aux agriculteurs des redevances sur les semences génétiquement modifiées (GM) commercialisées.

 

monsantoland

 

De fait, au Brésil, les agriculteurs doivent s’acquitter de royalties non seulement sur les semences achetées mais également sur les semences conservées lors des précédentes récoltes. Dès lors, pour Monsanto, l’enjeu se joue au niveau du statut accordé aux semences GM. Or, si jusqu’alors la firme était parvenue à introduire ses produits dans le système brésilien, notamment grâce à de petits arrangements avec les producteurs et les négociants, une récente décision judiciaire a bouleversé ces petits accommodements.



Selon l’association Inf’OGM, le 4 avril dernier, un juge du tribunal de l’Etat du Rio Grande do Sul (Brésil) a ordonné la suspension des royalties sur les semences GM de soja de Monsanto. Il a également exigé le remboursement des frais de licence payés depuis la campagne culturale de 2003/2004. D’après Inf’OGM, le remboursement en question avoisinerait les 6,2 milliards d’euros pour plus de 5 millions d’agriculteurs au Brésil. En outre, en cas d’opposition à ce jugement, Monsanto encourt une pénalité de 400 000 euros par jour. Et si la firme envisage de faire appel de ce verdict au niveau de l’Etat fédéral du Rio Grande do Sul, la Cour suprême du Brésil doit encore trancher sur l’extension à l’échelle nationale de cette décision

 

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

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Des ruches pour surveiller l'environnement

Publié le par Gerome

Les abeilles peuvent apporter beaucoup d'informations sur l'environnement....

 

abeille ruche


Un projet de réseau de 30.000 ruches équipées de capteurs permettant de recueillir et de transmettre à distance des données environnementales à l'échelon européen a été présenté jeudi au forum 4i de Grenoble, consacré aux innovations technologiques. Appelé Bee-Secured, ce projet est issu d'une technologie développée par le CEA-Leti, laboratoire de recherche grenoblois spécialisé dans la microélectronique. «Il s'agit de collecter des informations environnementales qu'on revendra ensuite à des acteurs privés et publics», explique Jean Borel, initiateur du projet.


Pollution, biodiversité, bactéries et radioactivité


Grâce à de multiples capteurs surveillant le comportement des abeilles, les ruches de Bee-Secured recueilleront des informations sur la pollution, la biodiversité, les bactéries présentes dans l'environnement ou la radioactivité. «La densité de la grappe d'abeilles évolue en fonction du temps et de certains paramètres extérieurs», a donné en exemple Jean Borel. Les ruches pourront ainsi mesurer la qualité de l'air à partir des particules ramenées par les abeilles et cela «sur une étendue beaucoup plus grande» qu'un capteur fixe, les abeilles couvrant en moyenne un périmètre de 27 km2 autour de leur ruche, a-t-il ajouté.


Grâce aux informations collectées, Jean Borel affirme qu'il pourra proposer via un site internet des prévisions météorologiques, des prévisions de récoltes pour les plantes polliniques ou une estimation du stress hydrique d'une région. Les clients visés sont les collectivités locales, des industriels, des agriculteurs, etc. Actuellement, Bee-secured effectue une expérimentation sur 600 ruches installées au Portugal. La mise en place d'un réseau de 30.000 ruches instrumentées en Europe coûterait 3,5 millions d'euros, estime le fondateur de Bee-secured, qui assure sans plus de précisions pouvoir financer ce déploiement «sur fonds propres».

 

 


Publié dans Nature

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