L'Arctique continue à se réchauffer et son écosystème est bouleversé

Publié le par Gerome

Ces changements majeurs devraient se poursuivre dans les prochaines années...


L'Arctique continue à se réchauffer, entraînant depuis ces dernières années un bouleversement durable de l'écosystème de la région, conclut un groupe international de scientifiques dans un rapport rendu public jeudi par le gouvernement américain. Selon ces experts «un nombre suffisant de données annuelles a été collecté permettant d'indiquer un changement dans le système de l'océan Arctique depuis 2006». Ils relèvent également la répétition en 2011 d'un vent d'hiver arctique qui sort de la norme pour la région. Etant donné les projections de poursuite du réchauffement planétaire, «il est très probable que ces changements majeurs vont se poursuivre dans les années à venir avec des impacts climatiques, biologiques et sociaux accrus», écrivent les auteurs de ce rapport appelé «Arctic Report Card».

 

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Cinq chauds étés de suite


Cet état des lieux de l'Arctique est publié annuellement depuis ces dernières années par l'Agence nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA). «Ces travaux menés par 121 chercheurs de quatorze pays concluent que l'Arctique continue à se réchauffer avec moins de glace dans l'océan et une végétation sur le sol plus abondante», relève Monica Medina, une haute responsable de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). «Un Arctique plus vert et plus chaud fait qu'il fera probablement l'objet d'un plus grand développement et un rapport comme celui-ci aide à nous préparer à davantage de demandes d'exploitation des richesses arctiques et à prendre de meilleures décisions concernant la gestion et la protection de ces ressources de plus en plus accessibles», ajoute-t-elle. Les fonds marins sont notamment riches en pétrole et gaz.


En 2011, la température moyenne annuelle de l'air près de la surface de l'océan Arctique était d'environ 1,5 degré Celsius plus élevée que durant la période de 1981 à 2010, précise le rapport de la NOAA. La superficie minimum de glace de l'océan en septembre 2011 a été la seconde plus faible pour la saison d'été, après 2007, mesurée depuis le début des observations par satellite en 1979. Et depuis 2006, l'Arctique a connu les cinq étés durant lesquels l'étendue des glaces a été la plus faible jamais enregistrée. Durant deux années de suite, les trois principaux accès à l'océan Arctique étaient libérés des glaces et accessibles à la navigation, un fait très inhabituel.


430 milliards de tonnes de glace en moins entre 2010 et 2011


De 2010 à 2011, l'Arctique a subi une perte nette de masse de glace de 430 milliards de tonnes, soit la plus forte réduction annuelle jamais mesurée par les satellites depuis 2002. Une telle fonte nette de la glace de l'Arctique équivaut à une montée de 1,1 millimètre du niveau de l'océan, selon ces chercheurs. Une acidification des eaux arctiques résultant d'une absorption accrue de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, a également été mesurée dans les mers de Beaufort et de Chukchi. En outre, cette fonte plus étendue des glaces fait que l'Arctique réfléchit moins l'énergie solaire durant l'été et absorbe plus de chaleur aggravant d'autant plus le réchauffement, relèvent les auteurs du rapport.


Le recul des glaces dans l'Arctique menace l'habitat des morses et des ours polaires dont sept des dix-neuf sous-populations voient leur nombre diminuer. Mais le réchauffement du permafrost se traduit par une végétation plus verdoyante et abondante dans la Toundra des régions côtières adjacentes aux zones où les glaces de l'océan Arctique disparaissent le plus. Autre avantage du réchauffement, le phytoplancton dans l'océan, qui est à la base de la chaîne alimentaire des espèces marines, a augmenté de 20% depuis dix ans, notent ces experts.

 

 


Publié dans Nature

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Produire de l'élèctricité à partir de plantes, c'est possible!

Publié le par Gerome

Des chercheurs du CNRS ont transformé l'énergie chimique issue de la photosynthèse en énergie électrique. Cette nouvelle stratégie pourrait permettre d'utiliser les plantes pour convertir l'énergie solaire en énergie électrique, de manière écologique et renouvelable.

 

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La photosynthèse est un processus naturel qui permet aux plantes de convertir l'énergie solaire en énergie chimique. A la lumière, le dioxyde de carbone (CO2) et l'eau (H20) sont transformés en sucre (glucose) et en dioxygène (O2) grâce à une série complexe de réactions chimiques. Les chercheurs du centre de recherche Paul Pascal ont ainsi mis au point une biopile, alimentée par les produits de la photosynthèse (glucose et O2) : composée de deux électrodes modifiées avec des enzymes, celle-ci a été insérée dans une plante vivante, en l'occurrence un cactus.

 

Le dispositif génère une puissance de 9 μW par cm². C'est très peu, mais le rendement étant proportionnel à l'intensité de l'éclairage, on peut imaginer que dans un futur (lointain, malheureusement), cette technique pourrait permettre de transformer l'énergie solaire en énergie électrique de façon écologique.


Plus près de nous, l'objectif initial de ces travaux est la mise au point d'une biopile utilisée à des fins médicales : cette dernière fonctionnerait alors sous la peau de façon autonome, en puisant l'énergie chimique de l'oxygène et du glucose, naturellement présents dans notre organisme. L'une des applications possible pourrait être un capteur autonome sous-cutané mesurant le taux de glucose des patients diabétiques. Encore une preuve des services rendus par la nature à l'espèce humaine. 

 

 


 

 


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Fonte du permafrost: une bombe à retardement pour le réchauffement

Publié le par Gerome

L'Arctique pourrait contribuer fortement au changement climatique avec la fonte de ces terres gelées...


La fonte accélérée des sous-sols arctiques gelés, le «permafrost», va encore accentuer l'effet du réchauffement climatique dans des proportions d'autant plus inquiétantes qu'elles sont largement sous-estimées par les modèles climatiques actuels, avertit une étude publiée mercredi. Avec la hausse rapide des températures dans les régions arctiques, le permafrost, qui reste habituellement gelé tout au long de l'année, est en train de fondre. Aussi appelé «pergélisol», il représente près de 19 millions de km2, soit environ un cinquième des terres émergées de l'Hémisphère nord.

 

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Du carbone enfoui qui remonte à la surface


Ce permafrost constitue une gigantesque réserve de carbone organique, les restes des plantes et des animaux qui se sont accumulées dans le sol au fil des millénaires. Ce stock de carbone est neutralisé par le gel dans le sous-sol, mais avec la fonte du permafrost, les organismes microbiens commencent à le décomposer et à en libérer une partie dans l'atmosphère. Au total, les terres arctiques renfermeraient quelque 1.700 milliards de tonnes de carbone. C'est «environ quatre fois plus que tout le carbone émis par les activités humaines au cours des temps modernes et le double de ce que contient l'atmosphère actuellement», soulignent deux biologistes américains, Edward Schuur et Benjamin Abbott, dans un commentaire publié mercredi par la revue britannique Nature.


Selon ces scientifiques et une quarantaine d'experts internationaux du réseau Permafrost Carbon Network signataires de l'étude, ce chiffre représente «plus du triple» des estimations précédentes utilisées dans les modèles de changement climatique. La raison de cet écart est toute simple: on mesure habituellement le carbone au sein du premier mètre de sol en surface. Mais au fil des millénaires, l'alternance de gel et de dégel et la migration des sédiments ont produit un effet de «brassage» qui a enfoui le carbone du permafrost beaucoup plus profondément, expliquent ces experts.


Des scénarios à l'étude


Selon leurs calculs, la fonte du permafrost va relâcher dans l'atmosphère un volume de carbone équivalent à celui produit par la déforestation, si cette dernière se poursuit au rythme actuel. Mais ces émissions auront un impact sur le réchauffement climatique 2,5 fois plus élevé, car la fonte du permafrost produit non seulement du dioxyde de carbone (CO2) mais aussi du méthane (CH4), un gaz à effet de serre particulièrement redoutable.


L'impact potentiel du méthane sur le réchauffement est environ 25 supérieur à celui du CO2 à un horizon d'une centaine d'années, insistent les membres du réseau Permafrost Carbon Network. En fonction de différents scénarios retenus par le GIEC (Groupe d'experts sur l'évolution du climat), ils ont donc tenté d'évaluer la fonte du permafrost et les émissions de carbone qui en découleraient, obtenant selon eux des «résultats frappants». Si la température moyenne des zones arctiques augmentait de 2,5°C d'ici 2040 (par rapport à la moyenne de la période 1985-2004), le permafrost relâcherait 30 à 63 milliards de tonnes de carbone (CO2 et méthane confondus). Avec une augmentation de 7,5°C d'ici 2100, on passerait à une quantité de 232 à 380 milliards de tonnes. Une estimation «1,7 à 5,2 fois plus grande» que celles retenues par des études récentes sur la base de scénarios similaires, relèvent les auteurs.


Quel que soit le scénario de réchauffement retenu, l'essentiel du carbone émis dans l'atmosphère serait du CO2, le méthane ne représentant qu'environ 2,7% du total. «Néanmoins, le CH4 ayant un potentiel de réchauffement global plus élevé, il serait responsable de plus de la moitié du changement climatique induit par les émissions de carbone du permafrost», soulignent-ils.

 

 

 


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Pollution en Chine: à Pékin, un air de plus en plus irrespirable

Publié le par Gerome

L'asthme et les cancers du poumon touchent de plus en plus de Pékinois...


Officiellement, «la qualité de l'air s'améliore» à Pékin. Pourtant ces dernières semaines, des centaines de vols ont été annulés ou retardés, des autoroutes fermées et des habitants en détresse respiratoire ont afflué dans les hôpitaux. Des mois d'octobre et de novembre calamiteux avec une absence de vent ont relancé le débat sur la pollution qui préoccupe de plus en plus les 20 millions de Pékinois. Et aussi la polémique sur l'indice de qualité de l'air de la municipalité de Pékin qui s'entête à rester dans le vert quand celui de l'ambassade des Etats-Unis vire au rouge et qu'un simple coup d'oeil par la fenêtre peut calmer toute velléité de sortie.

 

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240.000 voitures supplémentaires arrivent cette année dans les rues


Fin octobre, les autorités de Pékin ont dû fermer six autoroutes et retarder ou annuler plus de 200 vols en raison de l'épais couvercle gris-jaune qui recouvrait la mégapole, l'une des capitales les plus polluées du monde. «Ces dernières années, la qualité de l'air à Pékin n'a cessé de s'améliorer», affirme pourtant à l'AFP Yu Jianhua, chargé de la pollution atmosphérique à la municipalité : «274 journées avec un air de bonne qualité en 2008» --année de gros efforts pour les jeux Olympiques—«285 en 2009 et 286 en 2010». Pékin, assure-t-il alors que l'air de la capitale semble irrespirable ce matin-là, s'est attaqué aux causes majeures de pollution: véhicules, chauffage domestique et centrales au charbon, usines et chantiers. «Nous avons réduit la combustion de charbon pour le chauffage et les usines, relevé les normes d'émission des véhicules et mis à la casse cette année 150.000 vieilles voitures», explique Yu Jianhua.


Ce que Yu Jianhua ne dit pas, c'est qu'à Pékin 240.000 voitures supplémentaires arrivent cette année dans les rues, où il en circule déjà cinq millions. Chez Greenpeace, Zhou Rong explique que «la pollution est bien plus préoccupante qu'à Shanghai ou Canton», parce que Pékin «n'est pas proche de la mer et reçoit très peu de pluies». De plus, ajoute Zhou Rong, «Pékin est encerclé de provinces qui brûlent énormément de charbon».


Le cancer du poumon a augmenté de 60% en dix ans


A l'hôpital Tongren de Pékin, le Dr Gu Haitong, chef adjoint du service de pneumologie, voit les patients se bousculer. D'habitude «je prends entre 20 et 30 personnes souffrant de problèmes respiratoires par demi-journée», dit-il à l'AFP, «mais depuis le mois dernier c'est entre 40 et 50». «L'asthme à Pékin est en hausse» constate le médecin. Le cancer du poumon a augmenté de 60% en dix ans pour devenir la première cause de mortalité dans la capitale, les effets de la pollution se greffant sur ceux du tabagisme.


Le gouvernement ne peut plus ignorer la mobilisation croissante des Chinois contre la pollution et le ministère de l'Environnement a commencé à sonder mi-novembre l'opinion publique. «Les normes en vigueur ne répondent plus aux exigences de la qualité de l'air. Il est donc nécessaire de les amender le plus tôt possible», reconnaît le ministère sur son site, tout en évoquant la date lointaine de 2016. Il s'agirait notamment de rendre publiques les concentrations de particules fines PM2,5 (d'un diamètre égal ou inférieur à 2,5 microns), et non plus comme aujourd'hui les particules PM10. Les PM2,5 peuvent pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires et migrer dans le sang.


Selon le quotidien China Daily, seulement 20% des villes chinoises auraient une qualité de l'air acceptable si ces particules étaient prises en compte, contre 80% actuellement. C'est justement cette mesure qu'utilise l'ambassade des Etats-Unis pour établir le niveau de pollution à Pékin. Et depuis plusieurs semaines, l'indice américain diffusé sur Twitter --qualifié de «sensationnaliste» par Pékin-- oscille entre «dangereux» et «très dangereux». Chez Greenpeace, Zhou Rong espère que le gouvernement «introduira les mesures de PM2,5 rapidement», car «2016, c'est trop tard». Mais «les gouvernements locaux vont perdre beaucoup de bons jours» et ils s'inquiètent de voir leurs performances baisser aux yeux de Pékin. Les provinces craignent aussi «de provoquer la panique» en publiant les chiffres réels de la pollution, ajoute Zhou Rong.

 

 


 

 


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La déforestation s'accélère encore et encore...

Publié le par Gerome

Le rythme de la déforestation s'est accéléré sur la planète depuis l'an 2000, avec la perte de 6,4 millions d'hectares par an, a déploré dans un rapport paru mercredi l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (Food and Agriculture Organization – FAO –, en anglais). En s'appuyant sur les techniques d'imagerie satellitaire les plus récentes, la FAO a constaté qu'entre 1990 et 2000, environ 4,1 millions d'hectares de forêts disparaissaient chaque année et que la moyenne avait grimpé à 6,4 millions entre 2000 et 2005.

 

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"La déforestation prive des millions de personnes de biens et de services forestiers cruciaux pour la sécurité alimentaire, le bien-être économique et la santé de l'environnement", a souligné Eduardo Rojas-Briales, sous-directeur général de la FAO responsable du département des forêts. Les chiffres montrent que "la planète a perdu en moyenne 4,9 millions d'hectares de forêt par an, soit près de 10 hectares de forêt par minute" entre 1990 et 2005. Selon la FAO, ce phénomène est dû en grande partie à la conversion de forêts tropicales en surfaces agricoles cultivables en particulier en Amérique du Sud et en Afrique.


 

Autre enseignement, la nouvelle étude montre que "les pertes nettes de couvert forestier, partiellement compensées par le reboisement ou l'expansion naturelle" ont représenté au total 72,9 millions d'hectares sur quinze ans, 32 % de moins qu'une précédente estimation (107,4 millions d'hectares). La FAO a souligné que les chiffres diffèrent de l'évaluation des ressources forestières mondiales effectuée en 2010, car ils sont "basés sur des données satellitaires à haute résolution". En 2010, la FAO avait pour l'essentiel compilé des rapports par pays utilisant une grande variété de sources.

 

LES FORÊTS TROPICALES PARTICULIÈREMENT TOUCHÉES


La Russie, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis, la Chine, l'Australie, la République démocratique du Congo, l'Indonésie, le Pérou et l'Inde restent les pays les plus boisés du monde, les cinq premiers concentrant plus de la moitié du total des forêts existant sur Terre. "Nous avons constaté que le plus fort taux de déforestation a touché les forêts tropicales" d'Amérique du Sud et d'Afrique entre 1990 et 2005, a souligné M. Gerrand. En revanche, l'Asie connaît une tendance inverse et a été la "seule région à afficher des gains nets dans l'utilisation des terres forestières entre 1990 et 2005". Car "les plantations extensives qui ont été signalées par plusieurs pays d'Asie [principalement la Chine] ont dépassé le chiffre des superficies boisées perdues", selon l'expert.


La FAO a préparé son rapport pendant quatre ans et avec l'aide de plus de 200 chercheurs de 102 pays qui ont notamment analysé les images satellitaires de l'agence aéronautique et spatiale des Etats-Unis (NASA) et de l'United States Geological Survey (USGS). En 2005, les forêts couvraient environ 30,3 % des surfaces émergées de la planète, représentant au total 3,69 milliards d'hectares.

 

 


 

 


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