9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 08:35

C’est le ministère de l’Écologie qui le dit et c’est une excellente nouvelle. Si le gouvernement aura sans doute des difficultés à se conformer à l’objectif fixé dans le cadre du Grenelle de l’environnement de 23 % d’électricité issue de sources renouvelables à l’horizon 2020, les derniers chiffres sont encourageants (NDLR : 14%)  et constituent une agréable surprise étant donné la conjoncture, que pléthore d’observateurs avaient quelques raisons de supputer défavorable pour l’une comme pour l’autre.

 

panneau-solaire-photovoltaique

L’énergie solaire a vu sa puissance installée presque tripler entre fin juin 2010 et fin juin 2011, passant de 580 mégawatts (MW) environ à 1 679 MW. Une augmentation d’autant plus étonnante que les projets de plus de 3 kilowatts crête (KWc – NDLR : l’unité de mesure représentant la puissance maximale d’un dispositif solaire) ont fait l’objet d’un moratoire de trois mois au cours de cette période. À ce standby synonyme de coup de massue pour de nombreuses PME a par ailleurs succédé l’instauration d’un nouveau cadre de développement largement décrié par les professionnels du secteur, lesquels ont été nombreux à estimer qu’il ne répond pas aux enjeux actuels et futurs et à douter de sa pertinence pour lutter contre la concurrence chinoise.


« Au cours du premier semestre, la puissance du parc solaire français a bondi de 55 % avec l’installation de plus de deux cent sept mille unités de production solaire. Quelque 599 MW ont été installés, soit 143 % de plus par rapport à fin juin 2010 », souligne le ministère, citant des pourcentages édités par le Commissariat général au développement durable (CGDD), sur son site Internet. Trois régions de la moitié sud de la France en particulier, l’Aquitaine, les Midi-Pyrénées et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA), ont tiré leur épingle du jeu, totalisant « près de 40 % des puissances raccordées au cours du premier semestre », rapporte le Commissariat.


 

La production d’électricité d’origine éolienne en hausse de 14 % entre juin 2010 et juin 2011


La puissance raccordée d’éoliennes, elle, a atteint 6 253 MW au début de l’été pour une production de 5,4 terawattheures (TWh), soit « 14 % de plus qu’il y a un an », précise le CGDD. Si la part de l’éolien dans la consommation électrique en France reste modeste (elle était 2,2 % fin juin), le fait est qu’elle est également en hausse.


Férocement critiquées par les associations écologistes, pour qui elles risquent de compromettre la progression de l’énergie éolienne sur l’ensemble du territoire national, les dispositions de la deuxième loi du Grenelle viennent d’entrer en application. Les lobbies hostiles à l’éolien ont globalement été entendus en amont de l’adoption de la nouvelle législation en juin 2010. Le dernier pointage du CGDD a toutefois démontré qu’il pouvait y avoir de bonnes surprises…


À plus long terme, l’implantation des premiers parcs éoliens offshore dans les eaux territoriales françaises augure de perspectives plutôt réjouissantes pour la filière. Il y a donc matière à rester optimiste pour l’avenir des technologies vertes dans l’Hexagone, malgré les nombreux coups de canif portés au Grenelle.

 

 


8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:26

Le Réseau Action Climat vient de sortir une étude sur les conséquences néfastes pour l'environnement de l'étalement urbain. Il propose des mesures pour freiner ce phénomène, et favoriser l'habitat à l'intérieur des agglomérations...


Quand l’humain s’étale, c’est le climat qui trinque. Une nouvelle étude du Réseau Action Climat (RAC) sur le phénomène d’étalement urbain, qui consomme en France 60.000 ha - soit l’équivalent de la surface d’un département- tous les sept ans, montre que le phénomène continue de s’accélérer, et qu’il est particulièrement néfaste pour l’environnement. Augmentation des mobilités et des distances domicile-travail, utilisation de la voiture plutôt que des transports en commun, émissions de gaz à effet de serre, fragilisation de la biodiversité, augmentation des risques d’inondation…  Pour le RAC, l’augmentation de la surface des agglomérations concourt à notre perte.


Le logement individuel est le premier responsable de cette perte d’espaces naturels, loin devant le réseau routier et les équipements de sport et de loisir, recense le RAC. Les terres agricoles sont les principales impactées.

Pourtant, ce phénomène semble correspondre au schéma de vie idéal des Français, qui plébiscitent largement la maison individuelle, et la périphérie ou la campagne plutôt que la ville - assimilée aux nuisances. La hausse des prix de l’immobilier en centre-ville ces dernières années a encore renforcé cette tendance, même si le RAC relativise son impact, citant une étude du Credoc qui relève que «les prix de l’immobilier évoluent au même rythme quels que soient le lieu et le type de bien.»


L’image de la densité «est toujours assimilée aux grandes tours»


Comment réconcilier les Français avec l’habitat urbain? Marion Richard, chargée de mission climat énergie au RAC, dresse quelques pistes. «On ne met pas assez en avant d’autres formes de logement, autres que l’appartement et la maison individuelle, comme la maison de ville ou le logement intermédiaire, appartement doté d’un jardin à partager avec les logements voisins.» Dans la même veine, elle suggère que les collectivités «communiquent davantage sur les programmes de densification urbaine réalisés à l’aide de petits ensembles collectifs. L’image de la densité est aujourd’hui négative car elle est assimilée aux grands ensembles et aux grandes tours, qui ont été un échec et ont marqué les esprits.»


Le RAC préconise également de renforcer la construction de logements sociaux en centre et de les rendre pérennes. «Si au bout de quelques années  on les met en accession à la propriété, et que leur prix flambe, ils deviendront de nouveau inaccessibles aux classes les moins aisées qui seront encore obligées de s’éloigner.» Pour le réseau, un dispositif comme le PTZ+ (prêt à taux zéro) est devenu par ailleurs «contre-productif dès lors qu’il ôte toute condition de ressources: dans un contexte de marché tendu, les ménages pauvres sont moins compétitifs et devront s’exiler plus loin.» Il serait donc nécessaire de «rétablir des conditions de ressources dans les critères d’obtention de ce prêt.» Enfin l’organisme réclame «un vaste plan de rénovation énergétique de l’habitat existant.»


Une taxe carbone pour influencer le choix de localisation des ménages


Si les collectivités ont commencé à s’emparer du sujet, le RAC souligne que l’unité urbaine aujourd’hui en France est trop petite pour appliquer une politique cohérente. «On comptabilise 36.000 communes en France, pour  90.000 dans l’ensemble des 27 pays de l’Union. C’est énorme. On ne peut pas réfléchir à l’échelle d’une commune de 1.500 habitants à des phénomènes aussi complexes que l’urbanisation et les déplacements. Le bassin de vie, c’est-à-dire l’espace dans lequel on travaille, on va faire ses courses, est beaucoup plus vaste. Il faut réfléchir au niveau de l’intercommunalité, or, les plans locaux d’urbanisme, et les permis de construire, s’accordent toujours au niveau de la commune. C’est un non-sens.»


Dernière mesure réclamée par le RAC, la fameuse Taxe carbone, un temps évoquée avant d’être abandonnée. «Il s’agirait d’une taxe indexée  sur les consommations d’énergie. Elle permettrait d’intégrer l’impact d’un habitat éloigné du lieu de travail et ainsi d’influencer le choix de localisation des ménages et des entreprises. Les recettes permettraient de compenser les ménages à faibles revenus, et de financer les économies d’énergie.» D'ici là, la hausse du prix de l’essencesera peut-être devenue le critère principal dans le choix du lieu de son habitat.

 

 


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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 08:23

Paris, New-York (Etats-Unis), Londres (Grande-Bretagne). Qu’est-ce que ces villes ont notamment en commun ? Des lignes de métro bien sûr ! Et par la même occasion un joli potentiel énergétique encore inexploité.

 

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D’après les ingénieurs de l’entreprise californienne Vycon Energy, il serait en effet possible de récupérer l’énergie cinétique des rames de métro et des trains légers et de la transformer en électricité. En accélérant, les trains génèrent une grande quantité d’énergie cinétique, un phénomène physique qui se produit en fait à chaque fois qu’un corps entre en mouvement.

 

Celle-ci est toutefois automatiquement perdue au moment de la décélération. Un immense gâchis que ces ingénieurs croient pouvoir éviter grâce au freinage régénératif, technologie déjà utilisée sur certains véhicules hybrides. En connectant un volant d’inertie à la voie, l’énergie cinétique pourrait être transformée en électricité, laquelle serait ensuite stockée dans la station de métro et permettrait de faire redémarrer une rame.

 

« Quand le train voudra partir, il suffira d’utiliser l’énergie créée précédemment », résume le vice-président de Vycon Energy Louis Romo, selon lequel un métro composé de dix voitures nécessiterait une décharge comprise entre trois et quatre mégawatts (MW) pendant trente secondes pour regagner sa vitesse de croisière. Pour que le système soit encore plus efficace, l’entreprise suggère par ailleurs de modifier les horaires des métros pour que deux rames s’arrêtent simultanément. L’énergie serait ainsi immédiatement utilisée en limitant les creux de tension, « un véritable problème pour les entreprises ferroviaires » aux dires de M. Romo.


L’alternative paraît tout à fait plausible, d’autant qu’elle est proposée par une entreprise leader dans le secteur du recyclage de l’énergie cinétique. Créée en 2002, Vycon Energy a déjà fait ses preuves auparavant, grâce notamment aux volants cinétiques qu’elle a installés sur des grues de chantier. En descendant un container de trente tonnes, le volant génère jusqu’à 200 kilowatts (KW) d’électricité. Les municipalités de Los Angeles, Sacramento (Californie) et Denver (Colorado) seraient en train de négocier un contrat avec Vycon Energy afin d’installer le dispositif sur leurs réseaux de transports en commun. Elles ont manifestement compris qu’il peut permettre d’alléger sympathiquement leurs factures énergétiques…

 

 


6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 07:59

La gravité de la pollution industrielle en Chine, et l'incapacité, ou la mauvaise volonté dont font preuve les autorités pour faire respecter les normes et mettre au pas les pollueurs, conduisent les ONG chinoises de l'environnement à se montrer de plus en plus agressives. Le rôle pivot qu'occupe la Chine au sein des chaînes d'approvisionnement des multinationales leur procure en outre, un nouveau moyen de pression.

 

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Deux nouvelles affaires illustrent ce phénomène. La première concerne une région de la province du Yunnan où des déversements sauvages de résidus de chrome, un métal lourd, depuis vingt ans, ont provoqué un désastre écologique et sanitaire non loin d'un affluent de la rivière des Perles, qui coule jusqu'à Canton. Les prélèvements effectués sur place par Greenpeace montrent que la pollution atteint les nappes phréatiques. Plusieurs ONG s'apprêtent à porter plainte contre les usines responsables.



La seconde affaire touche la vaste chaîne de sous-traitance d'Apple, épinglée dans un nouveau rapport mis en ligne par un groupe d'ONG chinoises mené par l'Institut des affaires publiques et environnementales (IPE), spécialiste de la pollution des eaux. Les auteurs déplorent que la compagnie américaine, malgré une première étude publiée en janvier, "a systématiquement manqué de répondre à nos demandes d'information au sujet des violations environnementales le long de sa chaîne d'approvisionnement", expliquent-ils.



En cinq mois d'enquête, ils affirment toutefois avoir rassemblé des éléments accablants sur les rejets polluants de 27 "sous-traitants supposés" de la marque. Comme des prélèvements in situ, mais aussi des données recueillies auprès des agences locales de l'environnement, ainsi que des plaintes et des témoignages de riverains.

C'est le cas par exemple du fabricant de circuits imprimés, Meiko Electronics, à Guangzhou et Wuhan, verbalisé à maintes reprises pour avoir violé les normes environnementales régissant le rejet de métaux lourds. Toutes sortes de manquements ont également été identifiés dans les procédures de transport et de traitement des déchets dangereux.



IRRESPONSABILITÉS ET DÉNIS



En réponse à ces accusations, Apple évoque les audits effectués chez ses sous-traitants. Mais le rapport s'interroge sur ces "procédures d'audit soi-disant rigoureuses", à la lumière notamment du grave incident qui a eu lieu, en mai, dans l'usine géante de Foxconn à Chengdu, d'où sortent les iPad 2.

L'IPE, fondée par l'écologiste Ma Jun, a été l'une des premières ONG chinoise à tenter de mieux faire appliquer les réglementations en vigueur en Chine en moralisant d'abord les industriels étrangers, les plus sensibles à la pression de l'opinion publique.



Malgré l'existence de normes très strictes en Chine, le contrôle et les pénalités sont trop faibles pour être dissuasifs : "Grâce aux progrès sur la transparence de l'information sur les questions de l'environnement, on peut par exemple retrouver les historiques de pollution", explique Ma Jun au Monde. "Mais Apple a choisi de ne pas en tenir compte et de continuer à coopérer avec des entreprises qui polluent. C'est profiter indirectement du fait que le coût juridique d'une violation des lois environnementales est très bas en Chine", poursuit-il.

La pollution dans le Yunnan, près de la ville de Daqing, découverte suite à la mort d'un troupeau d'animaux et d'abord minimisée, découle, elle, d'une chaîne d'irresponsabilités et de dénis de la part des autorités de supervision, et des industriels.



La Chine, et notamment les provinces de l'intérieur du pays, accueille les procédés les plus polluants de l'industrie chimique mondiale. "Cet incident reflète un problème bien plus vaste : le fait que les déchets de métaux lourds en Chine pèsent énormément sur l'environnement et la santé.

Il y a un million de tonnes de dépôts de résidus de chrome à travers la Chine, soit la plus grande quantité au monde", signale Simon Pollock, porte-parole de Greenpeace à Pékin, qui se félicite des engagements que vient de prendre le gouvernement chinois pour répertorier tous les sites existants et les nettoyer. Reste à surveiller la mise en œuvre de cet ambitieux programme.

 

 


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