22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 13:19

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Le gouvernement brésilien va bientôt lancer le chantier du futur troisième plus gros barrage hydroélectrique au monde. Plusieurs associations environnementales organisent des manifestations pour dénoncer l'impact environnemental de cet ouvrage...


L’autorisation définitive pour le barrage de Belo Monte au Brésil a été donnée le 1er juin dernier par l’Institut brésilien de l’Environnement (Ibama). Mais les opposants au projet ne baissent pas les bras. Ce week-end plusieurs associations, France libertés, Survival France, Amazon Watch,  organisent à travers le monde deux journées d’action contre ce barrage. En France le rendez-vous aura lieu samedi 20 août entre 15 h et 18 h devant la grande arche de La Défense dans les Hauts-de-Seine. Le public aura l’occasion de signer la pétition lancée par le chef Raoni, connu pour ses combats en faveur de la forêt amazonienne, et qui s’oppose farouchement depuis des années à cet ouvrage.


Belo Monte, c’est un barrage de 6 km de large avec ses canaux de dérivation, une zone d’inondation estimée à 500 km2 sur les berges du Xingu, dans l’Ouest de l’état amazonien du Para, et le déplacement de 16.000 personnes. Quelque 100.000 personnes devraient par ailleurs s’installer à Altamira, une ville située en bordure du Xingu. Soit autant que sa population actuelle. Les associations écologistes dénoncent surtout l’atteinte de cet ouvrage sur la forêt amazonienne, la disparition certaine de nombreuses espèces de poissons et de vertébrés, et le dérèglement de l’équilibre de la rivière.


Il assurera 11% de la production électrique du Brésil


Côté autorités, on estime que la réalisation de ce complexe hydroélectrique est essentielle, car il assurera 11% de la production électrique du Brésil quand il sera prêt, en 2019. Ce sera alors le troisième barrage le plus puissant au monde, derrière celui des Trois-Gorges en Chine et celui d’Itaipu qui alimente le Brésil et le Paraguay. Le gouvernement brésilien assure, au terme d’une étude d’impact environnemental, que les conséquences écologiques seront limitées.


Mais selon les associations, «les gouvernements successifs des présidents Lula et Dilma Rousseff ont délibérément bafoué à plusieurs reprises la Constitution brésilienne et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies, qui affirment notamment que tout projet ayant un impact sur des territoires indigènes doit s’établir en concertation avec la population y vivant.» Elles estiment surtout que des «solutions alternatives » à ce barrage existent, «utilisant les énergies renouvelables».

 

 


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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 11:33

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L'Autorité indienne de la biodiversité a annoncé, le 11 août, qu'elle allait engager des poursuites judiciaires à l'encontre du semencier américain Monsanto pour avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.


C'est la première fois, en Inde, qu'une entreprise va être poursuivie pour acte de "biopiraterie", une infraction passible de trois années d'emprisonnement.
Monsanto, son partenaire indien Mahyco et plusieurs universités indiennes s'étaient associés en 2005 pour mener les recherches, avec l'appui de l'agence américaine de développement Usaid, favorable aux organismes génétiquement modifiés (OGM).



MORATOIRE RECONDUIT EN 2011



Une dizaine de variétés existant dans les régions du Karnataka et du Tamil Nadu, parmi les 2 500 que compte le pays, avaient été utilisées pour mettre au point cette première aubergine génétiquement modifiée, destinée à être commercialisée en Inde.



Or, contrairement à ce qu'exige la loi sur la biodiversité votée en 2002, aucune autorisation n'avait été demandée pour utiliser des variétés locales. Les agriculteurs auraient dû notamment être consultés afin de négocier une éventuelle participation aux bénéfices tirés de l'exploitation commerciale de l'aubergine. "Monsanto était parfaitement au courant de la législation et l'a volontairement ignorée", estime Leo Saldanha, directeur de l'organisation de défense de l'environnement Environment Support Group, qui a saisi l'Autorité indienne de la biodiversité de ce cas de biopiraterie.



Contacté par Le Monde, Monsanto s'est refusé à tout commentaire. D'après l'hebdomadaire India Today, le semencier rejetterait toute responsabilité, tout en accusant ses partenaires indiens de ne pas avoir demandé les autorisations nécessaires. Mahyco, dont Monsanto est actionnaire à hauteur de 26 %, a indiqué qu'il s'était contenté de fournir le gène de transformation. L'accusation de biopiraterie est un nouveau coup dur pour Monsanto, et risque de freiner le développement de ses activités en Inde.

Le moratoire décrété en février 2010, par le ministre indien de l'environnement, sur la commercialisation des aubergines génétiquement modifiées a été reconduit cette année. Et sa levée ne semble pas à l'ordre du jour. A l'époque, le Comité de consultation de génie génétique avait pourtant émis un avis favorable à la commercialisation de l'aubergine.



Les opposants aux OGM espèrent que Monsanto ne sera pas autorisé à mener des recherches sur les oignons génétiquement modifiés, comme l'entreprise en a fait la demande au mois de juin.

L'Inde, qui abrite 7,8 % des espèces animales et végétales de la planète sur seulement 2,5 % des terres émergées, est très exposée aux risques de biopiraterie. Le sujet y est particulièrement sensible depuis qu'en 1997, des paysans du nord du pays avaient violemment protesté contre le brevetage, par le semencier américain RiceTec, d'une variété de riz basmati appelée "kasmati".



VICTOIRE DES OPPOSANTS AUX OGM



Afin de disposer de tous les éléments nécessaires, le gouvernement a démarré un projet pharaonique de recensement du savoir-faire en matière de médecine traditionnelle : 200 000 traitements – y compris les postures de yoga – ont déjà été répertoriés. Des centaines de scientifiques épluchent les traités anciens de médecine ayurvédique pour y recenser les vertus déjà éprouvées de fruits ou de plantes médicinales.



Cette "bibliothèque numérique du savoir traditionnel", qui compte 30 millions de pages et a été traduite en cinq langues, a déjà permis d'annuler de nombreux brevets. Celui déposé par une université américaine sur le curcuma pour ses vertus dans la lutte contre le cancer a été annulé à la suite d'une plainte du gouvernement indien. Et la demande de brevet déposée en 2007 par le laboratoire pharmaceutique chinois Livzon, auprès de l'Union européenne, sur la menthe et l'Andrographis (échinacée d'Inde), utilisées notamment comme traitement contre la grippe aviaire, a été rejetée.



Mais aucune de ces organisations n'avait été poursuivie en justice. "Il aura fallu six ans à l'Autorité nationale de biodiversité pour engager les poursuites", regrette Leo Saldanha. Après avoir enquêté sur une éventuelle infraction commise par Monsanto et ses partenaires, l'Environment Support Group avait donné l'alerte en février 2010. "Il faut que l'Autorité nationale accélère et multiplie les enquêtes pour lutter contre les cas de biopiraterie", insiste le directeur de l'organisation non gouvernementale.



Cette action en justice contre Monsanto constitue une victoire pour les opposants aux OGM. Seule la culture du coton génétiquement modifié est actuellement autorisée en Inde. Elle a propulsé le pays au rang de deuxième producteur mondial, devant les Etats-Unis. Mais ces nouvelles semences, coûteuses, sont accusées de ruiner les producteurs les plus fragiles.



L'aubergine, très présente dans l'alimentation quotidienne partout dans le pays, est aussi utilisée comme offrande religieuse. Dans le temple d'Udupi, dans le sud de l'Inde, les fidèles du dieu Krishna s'étaient ainsi violemment opposés à la commercialisation de l'aubergine génétiquement modifiée. Ils craignaient de susciter la colère de leur divinité en lui offrant des légumes "impurs".

 

 

20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:00

Des bactéries transgéniques pouvant supporter de fortes doses de mercure ont été capables d'en débarrasser leur environnement. Cette avancée pourrait faciliter le nettoyage biologique de zones polluées, selon des scientifiques...


Quelque 6.000 tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans l'environnement par les industries chimiques et minières, polluant eaux et sols, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Ce métal, qui peut s'intégrer à la chaîne alimentaire, est très toxique, surtout sous la forme de méthylmercure, pour l'homme et l'animal. Oscar Ruiz et ses collègues de l'Université interaméricaine de Puerto Rico voient dans les bactéries transgéniques qu'ils ont créées «une alternative» aux coûteuses techniques actuelles de dépollution.


Capables de proliférer dans une solution contenant 24 fois la dose mortelle de mercure pour des bactéries non-résistantes, les souches transgéniques ont pu absorber en cinq jours 80% du mercure se trouvant dans le liquide, selon une étude publiée à Londres par BMC Biotechnology, revue scientifique accessible gratuitement sur internet. Les bactéries Escherichia coli ont été rendues résistantes à de fortes concentrations de mercure grâce à l'insertion d'un gène leur permettant de produire de la métallothionéine, une protéine jouant un rôle de détoxification de l'organisme chez la souris. Elles se sont avérées près de deux fois plus résistantes au mercure que d'autres souches que l'équipe avait dotées du gène de l'enzyme polyphosphate kinase.


Une utilisation pour dépolluer les sols n'est pas exclue


Il s'agit, selon les chercheurs, de la «première étude» montrant que la métallothionéine «assure une résistance au mercure et permet son accumulation dans la bactérie» qui l'absorbe. Le mercure récupéré par les bactéries dans les zones polluées pourrait être réutilisé dans de nouvelles applications industrielles, selon l'équipe scientifique.

Les bactéries transgéniques ayant montré, lors de l'étude, qu'elles pouvaient retirer le mercure d'un liquide, «la première et principale application pourrait être de récupérer le mercure dans l'eau et d'autres liquides», a précisé à l'AFP M. Ruiz lors d'un échange par mail. Une utilisation pour dépolluer les sols n'est pas exclue à plus long terme: «nous avons des idées quant à la façon dont cela pourrait marcher», a-t-il noté.


Relevant que les techniques actuelles de dépollution «coûtent de 40.000 à 70.000 dollars par livre» de mercure (100.000 à 150.000 dollars par kg), M. Ruiz estime que le nouveau procédé devrait être «plus abordable». Il serait aussi «moins perturbant pour l'environnement», car la dépollution pourrait être réalisée sur place, sans devoir déplacer les énormes quantités d'eau polluée.


«Dans l'approche que nous envisageons, l'eau peut être pompée in situ dans des colonnes contenant la bactérie modifiée et, une fois nettoyée, l'eau peut retourner sur le site entrainant le minimum de perturbation pour l'écosystème», explique M. Ruiz. Quant aux bactéries transgéniques utilisées, elles sont «sans danger», assure-t-il, et seraient confinées dans les «colonnes de filtration ou bioréacteurs sans pouvoir être relâchées dans l'environnement».

 

 


19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 11:35

Les déboisements en Amazonie brésilienne ont augmenté de 15% lors des douze derniers mois, même s'ils ont chuté de moitié en juillet par rapport à juillet 2010, a indiqué mercredi l'Istitut brésilien de recherches spatiales (Inpe) sur la base de données satellitaires provisoires.

 

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De juillet 2010 à juillet 2011, la forêt amazonienne a perdu 2.654 km2 de végétation dans les Etats du Mato Grosso (centre-ouest) et du Para (nord) notamment. Au cours des douze mois précédents, elle en avait perdu 2.295. Pour le seul mois de juillet, 225 km2 de forêt amazonienne ont été dévastés mais cela représente la moitié seulement de la zone déboisée l'an dernier: 485 Km2.


Après un effort notoire du gouvernement dans la lutte contre la déforestation, celle-ci avait connu une hausse brutale en avril dernier: 477 km2 de forêts étaient partis en fumée, dont près de 406 km2 dans le seul Etat du Mato Grosso, terre d'élevage de bovins et grand producteur de soja.Face à cette recrudescence, la ministre brésilienne de l'Environnement, Izabella Teixeira, avait annoncé la création d'un cabinet de crise contre la déforestation, et en mai les déboisements avaient reculé à 268 km2.


Les chiffres de mercredi sont calculés à partir d'un système satellitaire (Deter) qui surveille en temps réel les zones de plus de 25 hectares, mais qui ne donne pas de résultat définitif. Lors du sommet sur le climat de l'ONU, en 2009 à Copenhague, le Brésil s'était engagé à réduire la destruction de la forêt amazonienne de 80% d'ici à 2020.

 

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