23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 13:29

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Quelles sources d'électricité pour la planète en dehors du nucléaire? La catastrophe de Fukushima oblige à se reposer la question. Inventaire des solutions.

 

Quel avenir pour le monde de l'énergie après Fukushima? Il y a de cela vingt-cinq ans, beaucoup auraient juré que Tchernobyl sonnerait le glas du nucléaire civil. Et pourtant... Alors que les autorités japonaises sont toujours à pied d'oeuvre pour limiter les conséquences de la catastrophe, difficile de tirer des plans sur la comète. On peut cependant avancer, sans grand risque de se tromper, que la tragédie nipponne ouvre une ère nouvelle, où la question énergétique est vouée à occuper durablement le devant de la scène. 

 

L'équation mondiale ressemble de plus en plus à un casse-tête: d'un côté, une demande qui devrait doubler d'ici à 2050, portée par le boom des grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil...). Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans les années à venir, leur consommation d'électricité va augmenter quatre fois plus vite que celle des pays de l'OCDE. 

De l'autre, une offre - notamment dans sa composante pétrolière - qui commence à montrer dangereusement ses limites. En ligne de mire: le fameux peak oil, moment à partir duquel les réserves d'or noir vont commencer à décliner inexorablement, et que beaucoup situent autour du milieu du siècle. Un seul exemple suffit à illustrer cette difficulté: si chaque ménage chinois avait une voiture, le pays consommerait la totalité de la production mondiale actuelle de pétrole!  


Mais le problème serait encore trop simple s'il se résumait à cette seule équation économique. Il s'y ajoute un angoissant compte à rebours environnemental, lié au réchauffement climatique. En cause: les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz...), qui représentent encore près des trois quarts de l'approvisionnement énergétique de la planète. Selon l'AIE, leur consommation mondiale devra décroître à partir de 2020-2025, si l'on veut éviter une hausse de plus de 2 °C de la température d'ici à la fin du siècle. 

De Gaulle et l'indépendance énergétique


Le nucléaire semblait répondre aux exigences de ce monde nouveau: une énergie peu chère, potentiellement abondante et dégageant peu de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. En jetant une ombre sur cette filière, l'accident de Fukushima vient transformer le casse-tête en véritable quadrature du cercle. "L'énergie nucléaire fait peur, remarquait ainsi le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, dans un communiqué diffusé la semaine passée. Cette peur s'était cependant largement assoupie. Les événements actuels la réveillent et font se dresser deux camps l'un contre l'autre." L'enjeu est particulièrement crucial pour la France, qui, depuis Charles de Gaulle, avait fait de l'atome le garant de notre indépendance énergétique. 


Dans nombre de pays, l'accident de Fukushima va conduire à revoir les programmes de développement du nucléaire civil, ou, a minima, à renforcer les normes de sécurité. Pour autant, cette énergie, qui représente à présent quelque 15% de la production mondiale d'électricité, n'est pas près de disparaître de la liste des grandes ressources. "A court terme, il va y avoir un ralentissement du développement du nucléaire, estime Jean-Marie Chevalier, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine. Mais le monde n'est pas prêt aujourd'hui à s'en passer."  

Les idées neuves n'en sont pas moins les bienvenues. Les énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse...) représentent une piste prometteuse, mais elles demeurent trop coûteuses. Aujourd'hui, elles constituent seulement un dixième de la consommation énergétique européenne. Mais cette part, pourvu que le soutien des Etats soit au rendez-vous, est inéluctablement vouée à grimper. 


D'autres pistes encore sont à l'étude, comme la valorisation des déchets, la capture et le stockage du CO2, ou encore les smart grids, réseaux de transmission et de distribution d'électricité intelligents, visant à optimiser production et distribution. Et si tout cela ne suffisait pas? Il faudrait alors envisager une solution à laquelle personne, à présent, ne veut se résoudre: changer nos modes de consommation... 

 

 


Published by Gerome - dans Nature
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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 08:15

Une équipe de chercheurs européens a étudié la densité de la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique, et révèlent que des températures particulièrement basses ont entraîné une diminution considérable de l'ozonosphère au cours des dernières semaines.

 

Menés par des scientifiques de 16 institutions de recherche européennes, et basés sur les données de plus de 30 stations de sondage de l'ozone situées en Arctique et Subarctique, ces travaux indiquent que la couche d'ozone a été réduite de moitié au-dessus de l'Arctique au cours de ces dernières semaines, rapporte le site Radio Canada. 

Comme l'explique Markus Rex, chercheur à l'Institut Alfred-Wegener de recherches polaires et marines de Postdam, cette diminution a été engendrée par un climat exceptionnellement froid dans la haute atmosphère, allié à la présence persistante de chlorofluorocarbones (CFC). Si ces gaz interdits par le protocole de Montréal sont l'une des multiples origines de la destruction de la couche d'ozone, les chercheurs insistent également sur le rôle du réchauffement climatique dans ce phénomène.


"La concentration de gaz à effet de serre retient la radiation thermale de la Terre dans les couches inférieures de l'atmosphère, ce qui les réchauffe. Il y a moins de radiation de chaleur qui rejoint la stratosphère (où se trouve la couche d'ozone), intensifiant son refroidissement" explique en effet Markus Rex. Toutefois les chercheurs conservent un certain optimisme, en rappelant que la couche d'ozone a la capacité de se régénérer à long terme.

 


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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 17:57

Alors que le débat sur l'énergie nucléaire est de nouveau ouvert partout dans le monde face à la catastrophe qui s'abat sur le Japon, les Français se montrent très favorables au développement des énergies renouvelables, pour leur rôle économique avant tout.

 

Une étude Ifop sur les énergies renouvelables, commandée par Qualit'EnR et publiée par 20minutes.fr, montre à quel point les Français croient aux bénéfices que pourraient apporter les énergies renouvelables.

Aujourd'hui, peu de foyers français produisent eux-même leur énergie à partir des énergies propres, mais une personne interrogée sur deux s'est déclarée prête à investir dans une installation telle que des panneaux solaires ou une pompe à chaleur. 66% de ces personnes expliquent être avant tout encouragées par les économies qu'elles pourraient ainsi réaliser. Au total, 81% des Français sondés pensent qu'ils pourraient réduire leur facture énergétique grâce à de tels équipements.


Si les Français semblent prêts à se tourner vers les énergies renouvelables, le prix des installations reste un frein majeur pour nombre de foyers. Pour 39% des personnes interrogées, le coût trop élevé des équipements permettant de produire de l'électricité grâce aux énergies renouvelables est le premier facteur qui bloque l'achat.

 

 


20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 08:13

Le gouvernement écossais a approuvé l'installation, dans le détroit d'Islay, au large de la côte ouest de l'Écosse, d'un complexe de production d'énergie marémotrice comptant 10 hydroliennes. Une première mondiale.

 

La société Scottish Power Renewables a mis en avant son plan d'investir 40 millions de livres dans l'installation de turbines dans les eaux au large d'Islay, qui offrent d'importants flux de marée, tout en étant abritées des tempêtes. Les 10 hydroliennes prévues produiront suffisamment d'électricité pour alimenter plus de 5.000 foyers. Soutien enthousiaste du gouvernement.


"Avec près d'un quart du potentiel européen en énergie marémotrice et un dixième de la capacité d'utilisation de la force des vagues, les mers d'Écosse offrent d'incomparables possibilités de générer de l'énergie verte, de créer de nouveaux emplois à faible impact CO2, et d'apporter des milliards de livres d'investissements à ce pays. C'est ce que fait ce projet - le plus grand déploiement de ce genre dans le monde - et ce sera un jalon dans le développement global de l'énergie marémotrice", commente John Swinney, secrétaire des Finances et du Développement durable.

"Compte tenu de l'énorme potentiel énergétique renouvelable autour de nos côtes, et de nos solides compétences en ingénierie offshore, l'énergie marine offre une opportunité fantastique à l'Écosse", déclare de son côté le Dr Richard Dixon, directeur du WWF pour ce pays, dont le gouvernement a pour objectif de satisfaire 80% de sa demande d'électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici 2020.