15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 09:10

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Fonte de la banquise et grands froids chez nous... Pour le glaciologue Claude Lorius, ces phénomènes s'inscrivent dans un nouvel âge agité: celui de l'homme.

 

Glaciologue de renom, médaille d'or du CNRS, Claude Lorius, 79 ans, a participé à plus d'une vingtaine d'expéditions polaires. Pionnier des forages glaciaires en Antarctique, il est le seul Français lauréat du prix Blue Planet, sorte de Nobel de l'écologie. Dans un bel essai, Voyage dans l'anthropocène (1), écrit avec le jour- naliste Laurent Carpentier, il raconte comment l'homme, devenu en quelques siècles la principale force géologique , a fait basculer l'environnement durable de la Terre dans une ère d'aléas, d'extrêmes et de destructions, en la transformant "comme aucun autre événement depuis des millions d'années". 


Peut-on relier les épisodes actuels de grand froid avec ce nouvel âge que vous appelez l'anthropocène?

Ces épisodes illustrent bien, en effet, ce temps nouveau qui est désormais le nôtre, dans lequel la notion de températures saisonnières "normales" oscillant par rapport à des moyennes disparaît au profit de conditions plus extrêmes. Loin de remettre en question le réchauffement du climat, ces phénomènes le confirment. 


Par quel mécanisme?

La fonte des glaces arctiques engendre un réchauffement de l'océan alentour. Ce phénomène crée une surpression d'énergie issue de la vapeur d'eau qui s'échappe de la mer pour passer dans l'atmosphère. La circulation de l'air ainsi modifiée provoque des températures très élevées. Le fait que la banquise arctique fonde - de 20 à 30 % depuis une dizaine d'années environ - ne veut pas dire qu'il va faire plus chaud partout ; cela signifie que l'on peut connaître des températures exceptionnellement clémentes au Groenland, par exemple, et, chez nous ou en Amérique du Nord, des extrêmes de froid. 


D'où vient cette notion d'anthropocène?


Le mot - un peu obscur - a été inventé au début des années 2000 par le géochimiste néerlandais Paul Crutzen. Il fait référence aux émissions anthropiques de dioxyde de carbone - du grec anthropos, "humain". Crutzen est parti du constat suivant : sur les dix derniers millénaires, les courbes établies par les glaciologues pour mesurer l'évolution du dioxyde de carbone et du méthane présents dans l'atmosphère montrent une très grande stabilité. Il en est de même pour les courbes de température. Mais, à partir du xixe siècle, ces courbes grimpent de façon exponentielle. Toutes les informations recueillies accréditent l'idée que cette ère nouvelle, même si elle constitue une époque relativement courte, est une anomalie. Une anomalie dont témoignent les carottes de glace remontées des profondeurs de l'Antarctique, véritables "archives de l'atmosphère". 


"Les glaces apprennent la sagesse", écrivez-vous...


C'est en tout cas l'enseignement que j'ai tiré de mes expéditions au pôle Sud. Je me souviens de mon premier hivernage, en 1957, à la station Charcot, en Terre-Adélie. Nous avions dû cheminer trois semaines en plein blizzard, pour atteindre, à 2 400 mètres d'altitude, notre base enterrée dans les glaces et livrée au silence absolu et au vent. Avec mes deux compagnons d'aventure, nous y avons passé un an. Une dure épreuve. Dans cet univers uniformément blanc, nous avons appris que la solidarité était une nécessité pour notre survie. Une voie que l'on devra suivre pour le devenir de notre planète, soumise aux contraintes de nos modes de vie. On croit que le monde est infini, comme pourraient l'être la Terre et ses ressources, les archives contenues dans les glaces de l'Antarctique nous montrent qu'il n'en est rien. 

 


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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 16:44

Un rapport de chercheurs français a mis en lumière la nécessité de réduire la consommation de viande des pays occidentaux...

 

Si l'on veut nourrir 9 milliards d'êtres humains tout en préservant notre planète, un changement de nos habitudes alimentaires est nécessaire, explique le rapport Agrimonde, une étude de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD). "Une vraie rupture" y est préconisée...


C'est notre consommation en viande qui est épinglée. "Dès que le régime alimentaire est caractérisé par une forte part de calories animales, la pression sur les ressources naturelles est beaucoup plus importante", explique à l'AFP Sandrine Paillard, responsable de l'unité prospective de l'INRA. En plus de provoquer des déséquilibres dans les régimes alimentaires des consommateurs, avec un nombre record de 400 millions d'obèses en 2003, cela provoque également des déséquilibres entre les différentes régions de la planète, beaucoup de ressources céréalières étant utilisées pour satisfaire nos besoins en viande alors qu'elles pourraient directement servir à l'homme

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Autre abus des pays riches, les "pertes à la consommation" qui peuvent s'élever jusqu'à 30% dans certaines régions. Gaspillage, aliments jetés après date de péremption, qui s'avère souvent trop prématurée. "L'industrie agroalimentaire aussi se protège, les dates de péremption ne reflètent pas forcément la réalité de la sécurité des aliments", lance à ce sujet Sandrine Paillard. Il n'y a qu'à ce prix que l'on obtiendra à la fois une meilleure répartition des ressources alimentaires que la préservation de notre planète...

 

 


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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 16:29

Qui a dit que la Nature était inerte? La preuve elle nous rend au centuple chaque coup qu'on lui donne.

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 14:57

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Au moment où le prix de l’essence atteint des sommets, l’ingéniosité de nos concitoyens fait des miracles.

Elle trouve le moyen de carburer autrement, par exemple, en transformant les déchets de plastique en essence.

L’Inde, comme on le sait, est un pays en pointe au niveau technologique.

Avec ces 30% de taux de croissance dans le domaine des technologies de l’information, l’Inde est l’un des pays les plus prometteurs dans de nombreux domaines scientifiques. lien


Alka Zadgaonkar, responsable du département de chimie à Nagpur à trouvé en 1995 un moyen bon marché pour transformer des déchets de plastique en bon pétrole, sans pertes, et sans pollution.

Chacun sait que la matière plastique provient de la transformation des hydrocarbures.

La seule différence est que la chaine moléculaire du plastique est plus longue que celle des hydrocarbures.


Pour parvenir à ces fins, cette scientifique a donc trouvé le moyen de casser cette chaine, afin d’obtenir des segments plus petits.

Le résultat obtenu est pour 80% des hydrocarbures liquides, 15% de gaz, et 5% de résidus de charbon (coke).

Ces derniers sont utilisés pour l’incinération, et les hydrocarbures vont servir de carburant.


L’IOC ((Indian Oil Corporation) à évalué le processus, testé les produits, et présenté un rapport en mars 2003, suivi en juin suivant par un protocole d’entente entre l’administration et le professeur Alka Zadgaonkar.

Selon Niranjan Raje, directeur de la branche recherche et développement de l’IOC le procédé demande à être optimisé, mais çà marche.


Alka a donc pris contact avec la plus grande banque de l’Inde (C.Slate Bank of India) et obtenu une aide financière qui va permettre de développer le procédé sur une grande échelle.

C’est une bonne nouvelle pour sa ville de Nagpur qui produit 60 tonnes de matières plastiques par jour. lien


C’est une bonne nouvelle pour la planète, puisque les 150 millions de tonnes de plastique que nous produisons annuellement pourraient être transformés en carburant, à un prix plus que raisonnable.

Quand l’on songe qu’en 2004, en Amérique du Nord, 28 milliards de bouteilles de plastique ont été utilisées, nécessitant 17 millions de barils de pétrole pour leur fabrication, on voit tout l’intérêt de cette invention. lien

Alka Zadgaonkar a estimé que le cout total de la production avoisinerait les 20 cts d’euros le litre, en tenant compte de tous les frais.

En France, on joue, comme souvent, la carte du scepticisme.


Jean François Gruson, est directeur adjoint aux affaires économiques de l’IFP (institut français du pétrole).

Après avoir épluché le brevet, il a déclaré avec dédain :  « il s’agit d’un document plutôt pauvre en informations, qui décrit un appareil de laboratoire, une sorte de catalyseur- mais laisse en suspens tout un tas de questions : quels sont les bilans de matières employées, ou sont les descriptions thermiques ?…Bref, je ne vois pas comment on pourrait créer une unité de raffinage à partir d’un tel brevet (…) pour notre part, nous travaillons plus sur la façon de fabriquer des plastiques neufs à partir de matières usagées». lien

Fermez le ban.


La France continue donc de nager à contre courant.

Ailleurs, on a pris l’affaire au sérieux.

Au Japon, par exemple, un chercheur, Akinori Ito de la Blest Corporation a inventé une petite machine qui transforme le plastique en pétrole.

1 kilo de déchets plastiques devient 1 litre de pétrole, en utilisant 1 kilowatt-heure  d’électricité, et ceci sans émission de CO2.

La machine qu’il a inventé utilise une chaleur contrôlée, sans flammes, et peut traiter du polyéthylène aussi bien que du polypropylène ou du polystyrène. vidéo


L’intérêt de sa machine est sa petite taille, et le fait d’éviter la création d’une usine, puisqu’elle est directement utilisée par le consommateur.

En même temps, elle évite le problème lié à l’incinération du plastique, qui rappelons le, produit, sous certaines conditions, des dioxines dont on connait les conséquences sur notre santé. lien


Et puis, rien n’empêche d’utiliser l’énergie photovoltaïque, c’est-à-dire celle de la lumière,  qui permet de transformer celle-ci en électricité, d’autant que d’énormes progrès viennent d’être réalisés dans ce domaine, avec les panneaux Graetzel.


Rappelons que ce nouveau procédé photovoltaïque, au lieu d’utiliser du silicium amorphe, s’inspire de la fonction chlorophyllienne des plantes, pour proposer des panneaux souples et transparents, en utilisant de l’oxyde de titane. lien

Une équipe américaine, dirigée par le professeur Guozhong Cao vient d’améliorer encore plus ce procédé en doublant le rendement des cellules Graetzel, pour un prix de revient toujours plus bas. lien

Mais revenons à nos plastiques.


Malgré l’indifférence française à ces avancées indéniables, l’Europe semble à son tour être intéressée par ce choix.

Une usine a ouvert ses portes à Berlin pour transformer les déchets plastiques en gasoil.

Ce procédé, importé d’Australie, est développé par une société Hollandaise « EnvoSmart Technologie »et repose sur le principe de la pyrolyse.


Les plastiques sont brûlés, et dégagent des gaz qui sont condensés en liquide appelé par les inventeurs du procédé « Envofuel ». La partie solide restante peut être utilisée pour le revêtement des routes.

Ce système permet de faire 1 litre de gasoil avec 1 kilo de plastique, alors qu’on se souvient qu’il faut plus de 2 litres de pétrole pour faire un kilo de polystyrène. lien


La Suède, puis la Pologne se sont lancé à leur tour dans l’aventure, suivis par les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique, l’Italie, le Danemark, la Norvège, la Slovaquie, la République Tchèque, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie. lien

Une filiale de Suez Environnement, Sita UK, associée à Cynar Plc vient à son tour d’annoncer la possibilité de transformer à l’échelle commerciale le plastique en carburant pour diesel.


Le communiqué de presse proposé par l’entreprise affirme que « Chaque usine est conçue pour assurer la conversion de quelque 6000 tonnes de déchets plastiques mixtes par an (…) chacune devrait produire plus de 4 millions de litres de combustible diesel (…) ce processus de valorisation des déchets plastiques devrait conduire à un coût inférieur à celui du diesel normal ». lien

Ces inventions sont aussi une bonne nouvelle pour « the Pacific Trash Vortex ». vidéo


Pour ceux qui l’ignoreraient encore, il existe en plein Pacifique, entre Hawaï et la Californie une ile grande comme la France constituée d’un assemblage improbable de déchets de plastique. vidéo

Il est probable que d’autres iles du même type existent ailleurs.

François Chartier, membre de l’association « Greenpeace » raconte : « Ce sont les courants océaniques qui sont à l’origine de cette concentration de déchets »


Elle est constituée de plastiques et de plancton.

Les études ont prouvé qu’il y a 6 kg de plastique pour 1 kilo de plancton, et qu’il s’agit en fait d’un continent de 3,5 millions de km2.

Ce sont les membres de l’équipage de l’Algalita Fondation qui affirment avoir vu cette ile quasi synthétique. vidéo

On imagine la quantité phénoménale de pétrole qui pourrait être tirée de cette masse de déchets de plastique.

Encore faudrait-il pouvoir la récolter.


En Méditerranée, une récente étude menée par plusieurs laboratoires universitaires européens, il y aurait environ 250 milliards de microplastiques flottants pour l’ensemble de la méditerranée.

On peut trouver leur rapport sur ce lien.

Bruno Dumontet, chef de l’expédition qui a fait les prélèvements affirme : « nous avons fait les premiers prélèvements sur une hauteur de 10 à 15 cm d’eau, et c’est donc une extrapolation sur des micros déchets flottants, ce n’est pas sur toute la colonne d’eau (…) mais c’est déjà particulièrement inquiétant ». lien


Les scientifiques qui ont mené cette expédition ont lancé une pétition européenne que l’on peut signer sur ce lien.

Pour que cette pétition aboutisse, il faudrait 1 million de signataires, soit 54 000 signatures pour la France.

Depuis le jour où il a découvert 17 bouts de plastique dans le ventre d’un poisson qu’il venait d’ouvrir pour s’en nourrir, Marcus Eriksen, docteur en enseignement des sciences, et amateur de sushis,  à fait un voyage original : avec son collègue Joël Paschal, ils ont construit un radeau a l’aide de 15 000 bouteilles de plastique vides, afin de relier, en 2008, Los Angeles à Hawaï. lien


Façon pour lui de tenter de dénoncer l’utilisation du plastique dans les produits de consommation.

Pas sur que sa belle initiative ait changé grand-chose, mais il a eu le mérite d’essayer.

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Celui qui n’essaye pas ne saura jamais s’il aurait pu réussir »