La barbarie de la chasse à courre : un cerf se réfugie en ville pour échapper aux chasseurs

Publié le par Notre Terre

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Alors que la saison de la chasse à courre vient tout juste d’ouvrir, un nouvel incident vient ternir l'image de cette tradition toujours autorisée en France. Un cerf  s'est réfugié pendant plusieurs heures à proximité d'habitations pour fuir la meute à ses trousses. La scène s'est déroulée samedi 19 septembre en forêt de Compiègne, dans l'Oise, et n'a pas manqué d'être dénoncée par les militants anti-chasse. 

Le cerf, épuisé, est couché sur le bitume devant un chantier. C'est la consternation sur place. "C'est vraiment un exemple de ce que fait la chasse à courre, dénonce Stanislas Broniszewski, le porte-parole du groupe AVA (Abolissons la vènerie aujourd'hui). Regardez ! Il y a un cerf avec la langue pendante à 10 mètres de nous. On ne sait pas s'il va faire un arrêt cardiaque. Cela n'a pas de sens au XXIe siècle d'assister à des scènes pareilles." 

Des riverains sont également sortis de chez eux, alertés par les cris des chiens. Eux aussi sont choqués par la situation. "Je ne trouve pas cela normal : un animal doit rester dans la forêt et pas sur la route", assure une habitante. "La prochaine fois, on l'aura directement dans notre cour, alerte une autre. C'est vraiment très inquiétant, surtout qu'on habite juste devant la forêt. Ça fait peur."

La présence de la presse et des militants dérange

À quelques mètres de là, à côté de leurs 4x4, les chasseurs stoppés dans leur élan observent la scène. Visiblement la présence des militants et de la presse sur leur terrain de chasse les dérange. "Je vous emmerde", lâche l'un d'eux. "On est dans notre droit, on a retiré nos chiens ! C'est légal, alors pourquoi ils nous emmerdent ?", dit un autre.

Les militants anti-chasse ne s'en cachent pas : leur objectif est bien de perturber les équipages, mais aussi de prendre des photos, des vidéos pour sensibiliser l'opinion publique. "On est un peu les vigies des forêts, explique une militante. On est juste à pied, armés de caméra, on ne peut pas faire grand-chose... Mais si on peut au moins filmer ça et expliquer aux gens ce qui se passe, c'est déjà énorme." Le cerf s'en est tiré sain et sauf. Il a été gracié. Mais la nouvelle saison qui s'ouvre s'annonce houleuse. Il y a une semaine, la préfète de l'Oise a pris un arrêté pour restreindre l'accès de la forêt de Compiègne certains jours de chasse. Le but : éviter les affrontements entre les deux camps.

 

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Lyon, Bordeaux, Marseille : les maires de 11 grandes villes demandent un moratoire sur la 5G

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Une soixantaine d'élus dont Emmanuel Denis (EELV) le maire de Tours mais aussi les maires de Bordeaux, Lyon, Marseille, et Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Piolle signent ce dimanche 13 septembre une tribune dans le JDD pour demander au gouvernement un moratoire sur le déploiement de la 5G.

Ils sont une soixantaine d'élus, de la Gauche notamment, dont tous les nouveaux maires Europe Ecologie les Verts, à signer une Tribune ce dimanche 13 septembre dans le Journal du Dimanche pour réclamer un moratoire immédiat sur le déploiement de la 5G et l'organisation d'un débat dans tout le pays jusqu'à l'été prochain.

Ils s'inquiètent de l'impact environnemental que pourrait avoir cette nouvelle technologie et proposent d'en rester à la 4G, de mieux l'installer partout sur le territoire et de développer la fibre qui manque dans les zones rurales.
Le nouveau maire de Tours, Emmanuel Denis, en appelle à la vigilance citoyenne. "Il est important, quand on fait de la politique, de dire  la vérité. La vérité aujourd'hui c'est qu'on ne peut pas continuer à développer ce type de technologie qui finalement sera néfaste et en tous cas il faut avoir le débat public !" explique Emmanuel Denis.

"Les choses ne sont pas aussi simple qu'on voudrait nous le faire croire." - Emmanuel Denis, maire EELV de Tours

"Nous ne sommes pas sûrs d'avoir la vérité sur ce sujet mais dans ce cas là, il faut qu'on nous démontre l'inverse. Un vrai débat public doit être organisé sur l'ensemble du territoire et c'est à l'issu de ce débat et de cette discussion que l'on pourra répondre ou pas à cette question là. Dans tous les cas nous sommes dans notre rôle d'élu d'alerter et d'essayer d'organiser ce débat", explique le maire de Tours avant de conclure, "les choses ne sont pas aussi simples qu'on voudrait nous le faire croire."

Dans le même temps la Corse dit «non» à la 5G.
L’Assemblée de l’île demande un moratoire sur le déploiement de la 5G sur son territoire.

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Ecologie et sapin de Noël : pourquoi nous devons soutenir le maire de Bordeaux.

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Ici une photo montrant un sapin de noël en Alsace. L'arbre doit être porté par un convoi exceptionnel.

Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux, est en ce moment sous le feu des critiques à la suite de sa récente décision de supprimer « l’arbre mort de Noël ». Certaines personnes mal intentionnées voudraient se servir de cet événement pour faire passer les écologistes pour des rabat-joie, voire des trouble-fête sans cœur à l’égard de la magie de Noël.

Une magie qui coûte cher à la planète :

Commençons par les premiers chiffres dévoilés par la mairie de Bordeaux concernant la vénération d’un cadavre d’arbre :

« Le coût d’installation de cet arbre est de 60.000 euros, il doit traverser plus de la moitié de la France en camion et en convoi exceptionnel (pour un arbre de 17 mètres), temps de montage de quatre nuits, avec 12 agents mobilisés en horaires de nuit avec trois nacelles et une grue de trente tonnes ; mise en lumière de 10 km de guirlandes électriques, vandalisme fréquent induisant des coûts de gardiennage de nuit ».

Voici maintenant des chiffres plus globaux concernant le gaspillage sans nom des fêtes de Noël :

Entre le 24 et le 25 décembre l’obèse en rouge aura émis en moyenne soixante-dix millions de tonnes de CO2 soit l’équivalent des émissions totales du Qatar sur une année.

Les quelque trois cent vingt-et-un mille tonnes de jouets auront parcouru cent quatre-vingt-seize millions de kilomètres.

La production des matières premières à leur distribution, l’ensemble des présents que les enfants retrouvent au pied du sapin ont généré un peu plus de soixante-huit millions de tonnes d’émissions de CO2, dont neuf cent quatre-vingt-trois mille ont été rejetées par les usines.

Quant à l’emballage papier utilisé pour confectionner les paquets cadeaux, il engendre à lui seul une émission de deux cent quatre-vingt-quatre mille tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

En plein bouleversement climatique a-t-on le droit d’agir ainsi ? Noël ne serait-elle pas la fête de trop ? Combien de Noël la Terre pourra encore supporter ?

La manifestation d’amour que l’on porte à nos proches n’est pas obligatoirement une preuve matérielle. Noël est avant tout une fête de rassemblement, où l’on se retrouve en famille, où l’on revoit celles et ceux qui nous ont manqués. On peut tout à fait passer des fêtes où la sobriété remplacerait l’opulence des jouets en plastiques, des consoles de jeux vidéo et autres tablettes et téléviseurs. Le principal est d’être uni autour de la table avec ceux qui nous sont chers. Le reste n’a aucune importance. Le reste inflige de graves blessures à la Terre, car la plupart des cadeaux qui se retrouvent au pied du sapin viennent de Chine, confectionnés par des personnes en état de semi esclavage ou par des prisonniers politiques. Noël a un coût humain et environnemental très élevé. 

Ayatollahs de l’écologie ?

Le nouveau garde des sceaux, Eric Dupont Moretti, considère certains écologistes -notamment celles et ceux s’inquiétant de la souffrance animale- comme des ayatollahs. Ayatollah est un titre honorifique donné aux principaux chefs religieux de l'islam chiite et c’est manquer de respect à la religion d’autrui que d’utiliser ce terme pour décrire telle ou telle personne. Mais soit, reprenons donc les mots du ministre de la justice.

Selon la définition du Larousse, le mot Ayatollah a été utilisé afin de décrire une « Personne aux idées rétrogrades qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose ».

Ayatollahs du capitalisme : explications.

Le capitalisme mondialisé est la forme de commerce la plus agressive qui existe sur Terre. Le réchauffement climatique, l’acidification des océans, la fonte des glaciers, le recul des terres, la baisse de productivité agricole, les cancers et autres maladies de civilisation, les OGM, la cinquième extinction de masse des espèces vivantes, le septième continent de plastique et j’en passe, sont des monstruosités générées par un capitalisme mondialisé, déréglé, sans foi ni lois.

L’être humain dans l'ensemble, ne connaît pas les vertus de la voie du milieu et sombre lamentablement dans les extrêmes. Mécaniquement, une situation extrême donnée va générer dans le même temps une réponse équilibrée de force proportionnelle équivalente. Il en va ainsi des lois de l’univers. Les ayatollahs du capitalisme ont créé les ayatollahs de l’écologie. Nous sommes devenus la réponse évidente et nécessaire à un mal qui nous ronge.

Le cas du sapin de Noël de la ville de Bordeaux est un symbole fort qui doit marquer les esprits comme un tournant que doit prendre l’humanité dès maintenant.

Jérôme Garnier

Fondateur de www.notreterre.org

Auteur : « Embrasement : histoire de la fin programmée d’une ère ». Livre en rupture.

 

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J'ai pleuré en voyant les arbres coupés

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Ecouter le témoignage sur France Culture

Le massif du Morvan est connu pour ses majestueuses forêts de feuillus. Depuis plusieurs dizaines d'années, elles sont rasées pour être remplacées par des plantations de résineux. Les habitants se battent contre les coupes rases et la transformation des forêts en monoculture.

Forêt du Morvan : halte aux coupes rases !

Valérie est née dans le massif du Morvan, elle s'y est installée avec ses brebis et ses enfants, loin de tout, au beau milieu de la forêt. Elle a été témoin de coupes à blanc, non loin de chez elle. Les coupes à blanc, également appelées "coupes rases" se définissent par l'abattage de la totalité des arbres d'une parcelle forestière. Elles sont une menace pour la biodiversité, puisqu’elles délogent les mammifères, les oiseaux et les insectes qui vivent dans le bois, détruisent les champignons, les plantes qui contribuent à l’écosystème forestier et empêchent la faune du sol de se reconstituer. En voyant les coupes rases s'étendre, Valérie a dû agir, et s'est engagée corps et âme dans la bataille contre ces pratiques. Elle est rejoint par d'autres habitants et ensemble, ils forment une association de lutte pour la protection de la forêt. 

Tout a commencé en 1993. Au mois de juin, j'ai vu arriver des bûcherons qui ont coupé des arbres, nuit et jour. A chaque fois qu'un arbre tombait, je ne respirais plus. J'ai tout de suite compris que ce n'était pas une coupe traditionnelle, c'était une coupe à blanc. 

Il faut savoir que quand on parle de coupe à blanc, il ne reste plus rien. Pas un arbre.  Et qui dit coupe rase, dit enrésinement et donc monoculture de sapins de Douglas en rang d'oignon. Ce n'est plus du tout une culture diversifiée, il n'y a plus rien, il n'y a plus de vie en dessous. 

Lucienne, inconditionnelle amoureuse de la forêt du Morvan, milite également pour la protection des bois. Elle a vu le paysage changer autour d'elle, la forêt se vider de ses grands arbres feuillus pour être remplacés par des plantations de monocultures. Sa passion pour les arbres l'a poussée à rejoindre le combat pour une gestion raisonnée des forêts. Elle alerte sur les dangers de la monoculture qui appauvrit les sols et les rend peu à peu stériles. 

Lorsque vous mettez votre oreille contre un arbre, on sent les sensations de cet arbre, on a l'impression qu'il nous redonne de l'énergie, ça vit ! 

A l'époque, on coupait de grands arbres feuillus, on les sciait à la base pour les faire mourir. Alors vous aviez dans le paysage des arbres morts, encore debout et je trouvais ça scandaleux. 

C'est terrible parce que le bois devient un produit consommable comme n'importe quel produit. Mais avant de dire qu'on consomme du bois, il faut penser à la forêt. Il ne suffit pas de claquer dans ses doigts pour avoir du bois, on ne peut pas demander à la forêt de s'adapter au marché. 

Sylvain est arrivé dans le Morvan il y a cinq ans et habite un chalet dans la forêt, il est directement impacté par les coupes rases et l'enrésinement, ce phénomène de remplacement des forêts de feuillus par des plantations de résineux. Etant membre d'une association de protection des forêts, il étudie et dénonce les pratiques des industriels qui dérèglent l'écosystème dans un but économique et commercial. 

On s'est rendu compte, en termes de traçabilité, que les forêts de feuillus étaient décimées, que des chênes centenaires et bicentenaires étaient coupés pour faire du bois de chauffage.

On doit vraiment dissocier les plantations de sapins Douglas des véritables forêts. On estime aujourd'hui que les forêts véritables ne représente pas plus de 40% de la surface totale des forêts du Morvan. 

La composition de la forêt et les méthodes de gestion durables sont directement liées aux débouchées économiques. 

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