12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:14

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«Nous n'avons pas de temps à perdre», a lancé le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon en début de journée, alors que les discussions sont parasitées par des sujets historiquement difficiles: la répartition des efforts entre pays développés et en voie de développement, et les garanties sur les aides promises au Sud.


Les travaux sont désormais centrés sur un texte qui doit entériner la forme des «contributions nationales», c'est-à-dire les engagements sur les gaz à effet de serre.

Une décision par consensus doit absolument être adoptée à Lima à ce sujet pour éviter d'avoir, à Paris fin 2015, un accord au rabais. Faute d'avoir instauré des règles communes aux plus de 190 pays membres de la Convention de l'Onu sur le climat, il ne sera pas possible d'évaluer les «contributions» et de mesurer leur ambition globale par rapport à l'objectif de limiter la hausse de la température globale à 2°C.


Le futur accord multilatéral sur le climat doit donner un cadre pour amorcer une réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui augmentent chaque année et qui, à leur rythme actuel, conduisent la planète vers une hausse de 4 à 5°C d'ici la fin du siècle.


Cette perspective étant synonyme de mise en danger de nombreuses populations (sécurité alimentaire, accès à l'eau, recrudescence d'évènements climatiques extrêmes, maladies, submersion de nombreuses côtes, etc.), la communauté internationale s'est donnée comme objectif de limiter à 2°C la hausse du thermomètre mondial par rapport à l'ère pré-industrielle.

«Les conversations sur les contributions se sont déroulées jusque tard dans la nuit mercredi soir avec des progrès limités sur les questions épineuses», a estimé jeudi l'ONG Oxfam international.



«Le débat reste sur la façon d’établir une distinction entre pays et les conséquences que cela a en termes de responsabilité», a indiqué Oxfam. La convention de l'Onu de 1992 reconnaît à deux catégories de pays, les développés et ceux en voie de développement, une «responsabilité commune mais différenciée» dans le réchauffement.


Il y a trente ans, les pays développés avaient une claire responsabilité historique dans le niveau d'émissions des gaz à effet de serre enregistrés depuis le début de la révolution industrielle.

Mais depuis, cette différence s'atténue :la Chine et l'Inde sont actuellement les 1er et 4e plus gros émetteurs. D'où le refus, des Etats-Unis et de l'Union européenne notamment, d'en rester à ce strict découpage qui leur donne plus de devoirs que les autres.


«Une division permanente entre deux catégories établies en 1992 (...) n'a pas de sens dans un monde où les conditions de vie changent rapidement», a estimé mercredi Todd Stern, le négociateur américain.

Concernant la forme des contributions, les débats portent sur la date à laquelle les pays devront annoncer leur engagement en 2015 et sur les informations qu'ils devront fournir (année de référence pour la réduction des émissions, engagement sur 10 ou 15 ans, quelle politique sectorielle pour atteindre leur objectif, etc.).


L'évaluation de ces contributions est un autre point de contentieux, certains pays comme la Chine y étant opposés.

L'élaboration d'un projet de texte devant servir de base aux négociations intermédiaires courant 2015, puis à Paris dans un an, est l'autre grand objectif de Lima.


«Cela est quasiment fait», a assuré Todd Stern, même si le texte inclue à ce stade des points de vue très disparates.

Le secrétaire d'Etat américain était attendu jeudi après-midi à la COP 20 (20e conférence des parties), où il devait rencontrer des ministres de plusieurs pays.


Dans la matinée, Felipe Calderon, l'ex-président mexicain, qui dirige la commission globale sur l'économie et le climat, avait prononcé à la tribune un discours très volontariste, contrastant avec la lenteur des débats techniques entre négociateurs: «Oui, il est possible de s'attaquer au changement climatique et en même temps d'avoir de la croissance», a-t-il lancé, «mais pour cela nous devons prendre des décisions audacieuses et nous devons les prendre maintenant».

 

 


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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 07:54

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La fuite sur un oléoduc dans le désert israélien, où des milliers de mètres cubes de pétrole brut se sont répandus dans la nuit de mercredi à jeudi, est le plus grand désastre écologique qu'ait connu le pays, a estimé lundi un expert.

La fuite, qui s'est produite juste à côté de la cité balnéaire d'Eilat, a été rapidement arrêtée, mais au moins un million de litres de pétrole a eu le temps de se déverser dans la zone, une réserve naturelle protégée.


«C'est le plus grand désastre écologique qu'Israël ait connu», a affirmé à l'AFP Dr. Guilad Golub, directeur adjoint de l'Agence gouvernementale israélienne pour la protection de l'Environnement. «C'est à la fois lié au fait que le matériau lui-même - du pétrole non raffiné - est particulièrement difficile à purger, et en raison de la localisation de la fuite».

M. Golub est également inquiet que «les pluies à venir entraînent le pétrole dans le Golfe d'Eilat».


Un porte-parole de l'Eilat Ashkelon Pipeline Company (EAPC), qui exploite l'oléoduc, a affirmé à l'AFP que la fuite avait été stoppée en «quelques minutes», mais s'est refusé à communiquer la quantité exacte de pétrole déversé.

Une voiture aurait heurté accidentellement l'oléoduc, générant la fuite, selon des médias israéliens.

Le quotidien Haaretz a cité une lettre de EAPC au ministère de l’Environnement faisant état d'une fuite de 3 millions de litres.

Dans un communiqué, l'EAPC a indiqué qu'elle continuait, avec le ministère, à travailler «jour et nuit» au nettoyage de la zone.

 

 


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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 07:46

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Voici le texte rédigé par le comité permanent à Strasbourg :

 

 

 

 

 

 Strasbourg, le 17 octobre 2014 T-PVS (2014) 9

[tpvs09f_2014.docx]

CONVENTION RELATIVE A LA CONSERVATION DE LA VIE SAUVAGE

ET DU MILIEU NATUREL DE L'EUROPE

Comité permanent  

34e réunion

Strasbourg, 2-5 décembre 2014

__________

PROJET DE RECOMMANDATION SUR LES CROISEMENTS ENTRE LES LOUPS SAUVAGES (CANIS LUPUS) ET LES CHIENS DOMESTIQUES (CANIS LUPUS FAMILIARIS)  

Document

établi par

Direction de la Gouvernance démocratique T-PVS (2014) 9 - 2 -

 

Convention relative à la conservation de la vie sauvage

et du milieu naturel de l’Europe

Projet de Recommandation n° ... (2014) du Comité permanent, adopté le … décembre 2014, sur les croisements entre les loups sauvages (Canis lupus) et les chiens domestiques (Canis lupus familiaris)

Le Comité permanent de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, agissant en vertu de l'article 14 de la Convention,

Eu égard aux objectifs de la Convention, qui consistent à préserver la flore et la faune sauvages et leurs habitats naturels;

Rappelant en particulier les articles 2, 3, 6 et 7 de la Convention;

Rappelant ses Recommandations n° 74 (1999) sur la conservation des grands carnivores, n° 82 (2000) sur des mesures urgentes concernant la mise en oeuvre des plans d'action pour les grands carnivores en Europe, n° 115 (2005) sur la sauvegarde et la gestion des populations transfrontalières de grands carnivores, n° 137 (2008) sur la gestion des effectifs des populations de grands carnivores, n° 162 (2012) sur la sauvegarde des populations de grands carnivores en Europe appelant des mesures spéciales de conservation et n° 163 (2012) sur la gestion de l'expansion de populations de grands carnivores en Europe;

Rappelant également le « Plan d'action pour la conservation du loup (Canis lupus) en Europe » [Collection « Sauvegarde de la nature » n° 113] et les « Lignes directrices pour les plans de gestion des niveaux de populations des grands carnivores » [document T-PVS/Inf(2008)17];

Conscient des défis auxquels se heurte la sauvegarde du loup (Canis lupus) en raison des croisements entre les loups sauvages et les chiens domestiques (Canis lupus familiaris);

Constatant la nécessité de relever ces défis à l’aide de mesures efficaces de prévention et d’atténuation, y compris le repérage des hybrides du loup et du chien circulant librement dans la nature et leur élimination, sous contrôle du gouvernement, quand ils vivent au milieu des populations sauvages du loup;

Notant également que, dans l’intérêt d’une sauvegarde efficace du loup, il faut protéger contre le grand public les hybrides du loup et du chien vivant en liberté au même titre que les loups – notamment en raison de la difficulté de distinguer les loups des hybrides – et veiller à ce que l’élimination de tout hybride du chien et du loup soit exclusivement réalisée sous le contrôle du gouvernement;

Relevant que la législation nationale de plusieurs Parties contractantes accorde déjà aux hybrides du loup et du chien un degré de protection similaire à celui dont bénéficient les loups;

Gardant à l’esprit l’approche adoptée dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) à l’égard des hybrides, et notamment dans la Résolution Conf. 10.17 (Rev. CoP14) de la CITES sur les hybrides d’espèces animales;

Définissant, aux fins de la mise en oeuvre de la présente recommandation, le terme « hybride du loup et du chien » comme signifiant un animal vivant à l’état sauvage avec aussi bien des origines venant - 3 - T-PVS (2014) 9

 

du loup que du chien ce qui peut être confirmé par les techniques taxonomiques actuelles (utilisant aussi bien les caractéristiques morphologiques que génétiques) ;

Se référant au document T-PVS/Inf (2014) 15, analysant la portée et le fond des obligations de la Convention de Berne pertinentes par rapport au problème de l’hybridation chien-loup ;

Notant que la présente recommandation vise notamment à clarifier le sens de l’Article 6 de la Convention en rapport avec les hybrides du loup et du chien, et non de l’Article 4 concernant la protection des habitats;

Désireux de clarifier le sens des dispositions de la Convention en rapport avec le problème des hybrides du loup et du chien;

Recommande aux Parties contractantes à la Convention:

1. de prendre les mesures qui s’imposent pour surveiller, prévenir et limiter les croisements entre les loups sauvages et les chiens et, le cas échéant, des dispositions efficaces pour réduire le nombre de chiens sauvages ou errants (installés dans la nature) et pour interdire ou restreindre la possession de loups et d’hybrides du loup et du chien comme animaux de compagnie;

2. de promouvoir le repérage des hybrides du loup et du chien circulant dans la nature et de veiller à une élimination, sous le contrôle du gouvernement, de tels hybrides qui seraient présents dans les populations du loup;

3. d’interpréter les interdictions énoncées dans la deuxième phrase de l’Article 6 de la Convention pour qu’elles couvrent non seulement les loups sauvages, mais également les hybrides du loup et du chien présents dans la nature, et assurent ainsi l’efficacité du système de protection dont bénéficie le loup;

4. d’accorder dans la législation nationale aux hybrides du loup et du chien présents dans la nature, là où le loup bénéficie d’une protection spéciale en vertu de l’Article 6 de la Convention, un niveau de protection équivalent à celui du loup contre les abattages, la capture et les autres agissements interdits par l’Article 6, indépendamment de l’élimination prudente, sous le contrôle du gouvernement, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup.

 


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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 07:21

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La Coordination rurale (CR), réunie jeudi en congrès national dans son fief d'Agen (Lot-et-Garonne), a demandé au gouvernement de présenter des études scientifiques sur l'impact des nitrates sur l'environnement, pour obtenir de la Commission européenne une révision des normes en vigueur, que le syndicat agricole ne juge plus d'actualité.


«Nous, Coordination rurale, on demande au niveau européen une révision de cette norme nitrates qui date de 30 ans», a martelé le président de la CR, Bernard Lannes, dans un entretien avec un correspondant de l'AFP.

«La France est un grand pays agricole, c'est pourquoi on demande au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, de présenter devant la Commission européenne une étude scientifique qui dira si oui ou non la norme nitrates européenne est la bonne», insiste-t-il.


«On n'est pas là pour faire du +Tout nitrates+, mais aujourd'hui on a d'autres méthodes de travail qu'il y a 30 ans, beaucoup moins polluantes. Nous pensons que la norme nitrates peut être relevée à 70 milligrammes/litre au lieu de 50 actuellement», assure M. Lannes.

«Comme la France s'est fait taper sur les doigts par l'Europe pour la mauvaise application de la directive Eau, l'Etat a jeté en pâture une nouvelle carte d'extension des zones vulnérables qui ne veut plus rien dire et qui s'attaque aux zones céréalières ou aux zones d'élevage au détriment de nos éleveurs. Ils risquent de disparaître au profit des Américains qui, eux, n'ont pas ces normes-là, et on rentrera en France la viande hormonée des Etats-unis», s'insurge le président de la CR.

 

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La CR du Lot-et-Garonne avait bloqué Agen et ses administrations au cours d'une journée d'action musclée le 6 octobre pour protester contre la directive nitrates (dérivés des engrais azotés notamment).

Le 5 novembre, à l'appel de la FNSEA cette fois, les agriculteurs avaient massivement manifesté dans toute la France pour protester contre l'élargissement des «zones vulnérables» visées par cette directive qui impose des investissements coûteux pour limiter la pollution des eaux et une éventuelle prolifération des algues vertes.


Pour apaiser les tensions, le gouvernement a relancé la concertation sur le sujet et promis d'éviter les contraintes injustifiées.

«Mais nous ne nous faisons pas d'illusions. Une fois que la nouvelle carte des zones vulnérables sera établie par décret, nous porterons plainte auprès du tribunal administratif», prévient déjà Serge Bousquet-Cassagne, le président de la CR du Lot-et-Garonne, où le syndicat est majoritaire.

Pour Bernard Lannes, «il est temps de rétablir la vérité: les nitrates sont bons pour la santé, contrairement à ce que veulent nous faire croire les lobbys des marchands d'eau.» (!!!!!!!!!!!!!!!!!!)


«Nous sommes d'accord pour encadrer leur utilisation mais pas au détriment de notre agriculture et sur des bases scientifiques», insiste-t-il.

La Coordination rurale, fondée au début des années 1990 et plutôt classée à droite, est un des principaux syndicats d'agriculteurs. Elle revendique le titre de deuxième syndicat agricole français, derrière la FNSEA, et a récolté un peu plus de 20% des voix lors des dernières élections aux chambres d'agriculture en janvier 2013.

 

 


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