28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 08:31

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Le Nicaragua a inauguré lundi la construction d'un canal interocéanique avec l'ambition de concurrencer celui du Panama, malgré les doutes sur ce projet mené par un groupe chinois et critiqué par la population pour son impact écologique.


«Aujourd'hui nous allons commencer les premiers travaux du canal du Nicaragua, avec le soutien du gouvernement, la compréhension et le soutien fort du peuple nicaraguayen», a déclaré le magnat chinois Wang Jing, président de l'entreprise HK Nicaragua Development Investment (HKND), lors d'une cérémonie à Rivas (sud).


Une autre cérémonie doit être organisée en fin de journée à Managua, en présence du président Daniel Ortega.

«Ce qui a été un rêve pour des générations depuis un siècle au Nicaragua va commencer à devenir réalité», assurait à l'AFP, il y a quelques jours, Telémaco Talavera, porte-parole de la Commission du Canal et de HKND.

HKND, un groupe inconnu jusque-là, est chargé de ce chantier pharaonique, estimé à 50 milliards de dollars (cinq fois le PIB du pays), soit le projet le plus ambitieux d'Amérique latine.


Mais la population ne semble pas partager ce «rêve» : depuis des mois, les manifestations se multiplient, de paysans menacés d'expropriation mais aussi d'associations inquiètes du risque de catastrophe écologique.

«Si l'on additionne les 15 manifestations locales organisées en deux mois et demi, au total il y a eu 40.000 participants», expliquait récemment à l'AFP Monica Lopez Baltodano, directrice de la fondation de développement local Popolna, l'une des organisatrices des protestations.

Les forces de l'ordre étaient déployées lundi pour empêcher de nouvelles manifestations.


Les travaux, qui dureront cinq ans, débuteront au niveau de l'embouchure du fleuve Brito, sur la côte Pacifique sud.

Il s'agira d'abord de construire les premiers chemins d'accès au canal et un port, étape qui occupera quelque 300 des 50.000 ouvriers prévus au total, selon l'Australien Bill Wild, principal consultant du projet.

Le canal traversera le lac Cocibolca, plus grande réserve d'eau douce d'Amérique centrale, continuera son chemin à travers des forêts tropicales et au moins une quarantaine d'agglomérations avant d'aboutir à l'embouchure de la rivière Punta Gorda, côté Caraïbes.

D'une profondeur de 30 mètres, il permettra le passage de bateaux de jusqu'à 400.000 tonnes.

 

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Lac de Cocibolca, la plus grande réserve d'eau douce d'Amérique centrale

 

 

 

Le chantier, dont les études de viabilité technique, environnementale et financière restent secrètes, menace de déplacer 30.000 paysans et indigènes ramas et nahuas qui vivent sur le tracé.

«Nous ne voulons pas qu'ils coupent le Nicaragua en deux», témoignait il y a peu un des manifestants, Wilson Pross, 27 ans.

La crainte est aussi que le canal, en traversant le lac Cocibolca, n'y fasse entrer de l'eau salée, ce qui menacerait les espèces locales, dont le requin-bouledogue, qui vit en eau douce.

Le gouvernement rétorque que ce chantier est la manière la plus rapide de sortir de la pauvreté, qui touche 45% de la population au Nicaragua.

Il assure même que l'infrastructure fera du pays le plus riche d'Amérique centrale.


«Le projet fait face à de gros obstacles», estime James Bosworth, analyste de la société américaine de conseils Southern Pulse, citant les difficultés techniques.

Mais «en réalité, le contrat (avec HKND, ndlr) va beaucoup plus loin que le simple canal. Il offre des opportunités pour de nombreux projets d'infrastructures dont des ports, des routes, un complexe touristique et un aéroport rénové», qui eux «sont certainement viables économiquement».

Et «logiquement, si le canal finit par se construire, la présence des entreprises chinoises dans toute la région se multipliera», ajoute Ronald Arce, chercheur au Centre latinoaméricain pour la compétitivité et le développement durable (CLACDS), organisme de recherche de l'école de commerce Incae, au Costa Rica.


Car l'arrivée de groupes chinois en Amérique centrale, jusque-là chasse gardée des Etats-Unis, «est un phénomène vraiment récent», explique-t-il.

HKND doit construire puis administrer pendant 50 à 100 ans ce canal de 278 kilomètres de long, soit trois fois plus que celui du Panama.

Ce dernier, qui travaille à son élargissement à l'occasion de son centième anniversaire, voit évidemment ce projet d'un mauvais oeil, redoutant sa concurrence sur les 5% du commerce maritime mondial qu'il fait transiter.

 

 


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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 07:57

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Un Kényan, chef présumé d'un vaste trafic d'ivoire au Kenya et l'un des suspects de «crimes contre l'environnement» les plus recherchés par Interpol jusqu'à son arrestation lundi en Tanzanie, a comparu mercredi devant un tribunal kényan, selon un correspondant de l'AFP.


Feisal Mohamed Ali, extradé dans la matinée de Tanzanie, a été inculpé par un tribunal de Mombasa d'infraction à la législation sur le commerce des dépouilles issues de la faune sauvage et de la possession illégale de 314 pièces d'ivoire. Ces crimes sont passibles de la prison à vie quand il concernent des espèces protégés, à savoir des éléphants.

L'accusé, barbe poivre et sel et chemise blanche, est arrivé menotté et sous forte garde au tribunal, où il a plaidé non-coupable des deux chefs. Il a été maintenu en détention jusqu'au 30 décembre, date d'une audience devant statuer sur une mise en liberté provisoire.


«Nous étudions la possibilité que Feisal puisse être lié à la criminalité internationale allant du terrorisme au crime organisé. Nous savons que les revenus du trafic d'ivoire sont utilisés pour financer le terrorisme», a expliqué au tribunal un enquêteur de la police, Said Kitur.

Le représentant du Parquet, Alexander Muteti, a réclamé le maintien en détention de l'accusé, rappelant «qu'il était en fuite depuis le 5 juin», avait «été arrêté dans un pays étranger» et présentait «un risque de fuite le rendant inadmissible à une libération sous caution».


Feisal Mohamed Ali, homme d'affaires de Mombasa, principal port d'Afrique de l'Est, était visé par un mandat d'arrêt au Kenya depuis la découverte en juin dans un entrepôt de la ville, principal port d'Afrique de l'Est, de plus de deux tonnes d'ivoire, dont 228 défenses d'éléphants entières.

Deux de ses complices présumés avaient été arrêtés, mais Feisal Mohamed Ali, soupçonné d'être le chef du réseau, avait réussi à prendre la fuite. Arrêté lundi soir à Dar es Salaam par des agents d'Interpol, il a été remis mercredi aux autorités kényanes à un poste-frontière du sud du Kenya et transféré à Mombasa.


Feisal figurait, avec huit autres suspects, sur un avis de recherche diffusé publiquement en novembre par Interpol, dans le cadre de son opération «Infra-Terra» lancée un mois plus tôt et visant 139 suspects de crimes environnementaux en fuite.

«La capture de ces (neuf) criminels contribuera au démantèlement de groupes organisés qui ont fait des atteintes à l’environnement une activité professionnelle lucrative», avait indiqué Interpol.


Infra-Terra est la première opération d’Interpol ciblant des individus spécifiquement recherchés pour des crimes contre l'environnement.

Le Kényan est le deuxième individu figurant sur cet avis de recherche à être arrêté, après l'interpellation en Zambie début décembre de Ben Simasiku, un Zambien recherché pour possession illégale d'ivoire au Botswana.

Les sept autres suspects toujours en fuite sont un Italien, un Pakistanais, un Mexicain, un Swazi, un Néerlandais, un Indonésien et un Germano-Russe. Ils sont recherchés pour diverses infractions telles que déchargements de déchets toxiques, trafic d'animaux sauvages, braconnage, exploitation forestière ou pêche illégales.


Mombasa est une des principales plate-formes d'exportation de l'ivoire et de la corne de rhinocéros, braconnées au Kenya ou dans les pays voisins, vers les pays du Golfe ou d'Asie.

Par ailleurs le tribunal avait plus tôt convoqué plusieurs policiers, qui devront venir s'expliquer sur la disparition apparente des 314 pièces d'ivoire saisies en juin et devant servir de pièces à conviction.

 

 


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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 14:13

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Un tribunal argentin vient de reconnaître le droit de vivre en liberté à une femelle orang-outan, vivant au zoo de Buenos Aires depuis vingt ans, en considérant l'animal comme «une personne non humaine», une première mondiale.


Dégustant paresseusement des fruits, l'orang-outan, Sandra, semblait lundi impassible face aux objectifs des médias locaux, venus la filmer et la photographier après l'annonce du jugement pendant le week-end.

La Chambre de cassation pénale de la capitale a décidé d'appliquer une ordonnance d'Habeas Corpus (le droit de ne pas être emprisonné sans jugement) à l'animal, considérant ainsi que, même s'il ne s'agit pas d'un être humain, il a des sentiments et le droit à une plus grande liberté.

Une demande similaire avait été rejetée en décembre 2013 par la justice de New York : une organisation de défense des animaux demandait alors que quatre chimpanzés en captivité soient considérés comme «personnes non humaines» et bénéficient du droit à la liberté.


Cette fois, c'est l'Association de fonctionnaires et avocats pour les droits des animaux (AFADA) qui avait saisi le tribunal pour demander la libération de Sandra, une orang-outan de 50 kilos, haute d'1,50 mètre, locataire du zoo de Buenos Aires.

Les responsables de ce dernier défendaient lundi ses conditions de captivité.

«Elle vit depuis vingt ans dans un grand espace, avec des spécialistes qui s'occupent de son alimentation, contrôlent sa santé, et de manière générale, elle vit dans de très bonnes conditions», a assuré à l'AFP Adrian Sestelo, responsable du département biologique du zoo.


Mais pour l'association AFADA, Sandra «est une personne non humaine car elle a des liens affectifs, elle réfléchit, elle ressent, elle se frustre d'être enfermée, elle prend des décisions, elle est dotée de conscience et de perception du temps, elle pleure quand elle perd (un proche), elle apprend, elle communique et elle est capable de transmettre son savoir».

L'Orang-outan née en 1986 dans le zoo allemand de Rostock, elle est arrivée dans celui de Buenos Aires en septembre 1994.


Les conséquences immédiates du jugement n'étaient pas connues lundi.

Même si, légalement, elle peut désormais recouvrer la liberté, les experts estiment que Sandra ne connaît pas son habitat naturel et ne pourrait pas y survivre.

Le zoo a lui indiqué que, même avant ce jugement, il étudiait déjà la possibilité de la transférer dans un sanctuaire naturel au Brésil ou aux États-Unis.

 

 


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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 08:58

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Un bureau d’étude lorrain a conçu un prototype de petite éolienne au rendement stable même avec un vent irrégulier, donc installable en milieu urbain et en montagnes, et dont les plans sont en licence libre. Tout le monde pourra se procurer les plans pour construire, améliorer, diffuser l’innovation.

 

C’est sur Planet-libre que j’ai découvert ce projet tout à fait intéressant, qui regroupe en son sein plusieurs de mes (vos ?) préoccupations : énergie renouvelable, open source hardware et software. La première phase du projet a été financée à hauteur de 8 216 euros sur Ulule.com.


Faire tourner des éoliennes en ville ?

De quoi s’agit-il ? C’est une éolienne sur axe vertical à voilure adaptative, conçue pour garder un rendement régulier quand le vent ne l’est pas (vent tournant, irrégulier…), ce qui permet de l’utiliser en milieu urbain ou en montagne.


Le financement actuel permet à Aeroseed (le bureau d’étude lorrain qui a conçu le projet) de mettre en service la première éolienne, de fabriquer la partie électronique ainsi qu’un banc de test et de mesure.

Atteindre 20 000 € leur permettrait de mettre le produit aux normes, de proposer des kits prêts à monter, de le rendre plus silencieux, économique et esthétique ainsi que de payer un informaticien pour coder le logiciel de contrôle et de commande.

 

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Le concept est passionnant. Une des principales contraintes des éoliennes est que l’on ne peut pas en mettre partout parce que le vent doit être régulier et toujours ou presque dans le même sens, ce qui empêche d’en installer en ville ou en montagne (j’habite dans une ville à la montagne : on y voit peu d’éoliennes…). La conception de celle-ci, si l’on en croit Aeroseed, pallie à ce problème.


Des plans sous licence libre

De plus, c’est de l’open hardware : les principes de l’open source appliqués aux matériels. Tout le monde pourra se procurer les plans pour la construire soi-même et/ou améliorer le concept, y compris de petites entreprises qui n’auraient pas pu supporter le coût d’un brevet.

Vous pourrez alors soit la construire vous-même dans votre garage, soit à terme en acheter une toute faite. L’usage de licences libres permet de gros avantages pour la diffusion et l’industrialisation de tels projets. L’innovation est ainsi profitable pour tous. Et quand cette innovation touche à l’efficience et à la résilience énergétique, c’est encore plus enthousiasmant.

 

Un serveur de mel auto-hébergé et auto-alimenté ?


Les utilisations possibles sont nombreuses, quelques idées sont présentées sur le site d’Aeroseed. Je pense qu’il serait tout à fait possible d’alimenter un petit serveur domestique ou une boite mel auto-hébergée (double gain dans cet exemple : vous alimentez votre serveur et soulagez ceux que vous auriez utilisé autrement). Imaginez le bénéfice si de telles pratiques se généralisaient !

L’article de Planet-libre vous propose une interview très intéressante de Théophile Bresson d’Aeroseed qui revient entre autres sur l’historique du projet.

Vous pouvez également contacter les concepteurs de l’éolienne via leur page sur Ulule ou leur site web pour de plus amples renseignements ou pour participer au projet. Aeroseed a aussi pour objectif de créer une communauté d’utilisateurs et de contributeurs sur le modèle de ce qu’on voit dans le monde du logiciel libre.

 

Source : green IT

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