Récit d'un arbre abattu

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Récit d'un arbre abattu

Tout comme vous, j’étais une graine, une toute petite graine. Tellement minuscule que je pouvais tenir dans le creux de la main.

Si vous me demandez d’où je viens, je vous répondrais : « des quatre vents », car pour être honnête avec vous, je ne sais pas d’où je viens.

 

Je me rappelle avoir été bercé par des courants d’air, des souffles tantôt chauds et tantôt froids.

J’entendais le vent siffler, je le sentais me porter avec grâce, parfois très haut, parfois très bas.

 

Si vous me demandez où étais-je avant de danser avec le grand Eole, je vous répondrais : « auprès de mon créateur », mais cela je le suppose car je n’ai aucune mémoire qui précède mon arrivée dans les cieux.

Un jour, le vent s’arrêta de souffler et la danse s’acheva, par la grâce de ma légèreté je tombais délicatement à terre.

 

Le vent décida où il fallait me déposer. Peu importe l’endroit, je savais qu’il serait de toute façon parfait.

Le sol était doux, il sentait bon, il était frais et humide. Je faisais connaissance avec celui qui m’accompagnerait pour toujours.

 

Je ne sais combien de temps je passais là, à la surface des choses, cela aurait pu être un jour ou une année car lorsqu’on est une graine, le temps n’existe pas.

Je ressentais le froid et le chaud, le sec et l’humide, le doux et le dur, comme si j’étais vivante. Mais l’étincelle de vie n’était pas encore en moi. Il fallait attendre. Je n’étais ni morte, ni vivante, j’attendais le souffle divin.

 

Et puis un jour, alors que j’étais là à attendre l’étincelle de vie, je pénétrai le sol d’un coup d’un seul ! Je me retrouvai dans un nouveau lieu de vie : dans la terre.

Elle sentait bon, elle était fraiche et accueillante. J’étais heureuse, je me sentais aussi bien que lorsque le vent me berçait.

 

Je n’ai jamais su par quel miracle je fus enterrée : un pied, une patte, une roue de brouette, que sais-je ? Je rendais grâce à cette vie qui commençait à jaillir de moi.

Les jours passèrent et ma petite coque se fêla tout doucement, laissant entrevoir un bout de moi dont j’ignorais l’existence. J’étais en train d’accoucher de moi-même.

Et puis un jour, je naquis. Je m’extrayais enfin de mon enveloppe, de mon cocon. Toutes mes extrémités n’aspiraient alors plus qu’à une chose : toucher le soleil !

 

Je finis par pousser la terre qui se trouvait au dessus de moi, c’était merveilleux. Le soleil caressait mes jeunes pousses qui deviendraient plus tard de robustes branches.

La vie, ma vie, était chaque jour un festival des sens. Je sentais à nouveau le vent qui agitait mes petites feuilles, la douceur du soleil qui me rappelait le bien être lorsque je volais dans les cieux et la rosée du matin qui me nourrissait.

 

Au fil du temps et à force de grandir, je dépassais les herbes, si bien qu’un être humain s’était aperçu de mon existence. Il plaça tout autour de moi des grosses pierres afin de signaler à tous ma présence. J’existais !

La vie était belle et simple, je ne manquais de rien. La vie quotidienne des humains se déroulait sous mes yeux et cela me distrayait énormément.

 

J’aimais que les enfants jouent avec moi en s’accrochant à mes branches. J’aimais les voir essayer de récupérer leurs ballons et leurs cerfs-volants qui restaient parfois accrochés à moi des jours durant.

Même si cela n’était guère agréable, j’aimais voir les amoureux marquer leur amour sur mon écorce. J’étais le témoin des idylles naissantes, des lecteurs qui cherchaient la fraicheur de mon ombre et qui s’asseyaient à mon pied. Il m’arrivait de pouvoir sentir leurs cœurs battre contre moi.

 

J’aimais voir les saisons passer, chaque automne je mourais un peu pour renaître encore plus fort le printemps venu. Et parfois les hivers où la neige tombait en abondance, les extrémités de mes branches  cédaient  sous son poids.

 

Nous échangions souvent mes frères arbres et moi-même. Bien sûr, nous ne discutions pas comme peuvent le faire les humains, mais nous nous envoyions des messages portés par le vent.

Je faisais partie de la vie de la cité, j’avais ma place dans l’univers. J’appris même que j’étais un tilleul ; mais je crois que j’aurais préféré ne jamais le savoir car le  jour où je su qui j’étais allait marquer le début de ma fin…

Je suis un Tilleul, il paraît que j’ai plus de cent ans. Enfin, moi je ne sais pas car lorsqu’on est un arbre, le temps importe peu.

C’était le gentilhomme qui s’était un jour attaché à moi pour me sauver des mauvais hommes qui me le dit.

J’entendais les gentilles personnes qui pleuraient ma perte proche. Il parait que j’étais gênant, mais je ne savais pas pour qui et pourquoi.

 

Pourtant je pensais que le vent ne se trompait jamais lorsqu’il déposait une petite graine à terre, je pensais que tout était toujours parfait.

Le grand jour arriva. J’entendis la camionnette se garer un peu plus bas dans la ruelle. Il faisait nuit, je n’entendais ni les pleurs, ni les protestations des gentilles personnes. J’aurais aimé qu’elles soient là, au moins une dernière fois car je me sentais seul et j’étais terrifié.

 

Trois hommes arrivèrent près de moi. Ils me regardèrent, ils me contemplèrent je crois. J’avais la sensation qu’ils n’étaient pas heureux de me tuer. L’un deux posa sa main sur mon écorce. Malgré la froideur du matin, elle était chaude, c’était ma dernière caresse.

Ils approchèrent de moi muni de quelque chose de très effrayant. Cela avait des dents et cela criait très fort. Une fumée bleue qui sentait mauvais s’en dégageait. Comme celle des voitures que je voyais souvent passer.

 

Les dents de fer s’approchèrent de mon écorce en hurlant. Je pleurais, je criais, j’avais peur. J’aurais tant aimé que le gentilhomme vienne me protéger, mais il devait dormir car nous étions la nuit.

Avant de recevoir le premier coup de dents, mes frères les arbres qui étaient autour de moi me parlèrent. L’un d’entre eux me raconta une histoire, il me raconta que ce n’était pas la fin. Il me demanda de me souvenir lorsque j’étais une graine et que je volais, portée par le vent.

 

Cela me faisait du bien de me souvenir de mes premiers jours. Cela aurait pu être hier comme le siècle passé car lorsqu’on est un arbre le temps ne compte pas.

Pendant ce temps, à mon pied, la machine à dents rentrait un peu plus loin dans mon tronc. J’avais mal, je criais, je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour devoir mourir ainsi.

Mes amis les arbres me parlaient toujours, certains chantaient pour moi alors que d’autres demandaient au créateur de m’accueillir.

Je craquais de plus en plus, je tanguais sous les coups féroces de cette machine et je finis par chuter dans un bruit terrible dans le silence de la nuit. Mes amis les oiseaux,posés sur d’autres arbres, paniquèrent et s’envolèrent par dizaines au moment de ma chute.

Il y eut un long silence. Les hommes ne parlèrent pas, le temps s’était arrêté et moi pendant ce temps je quittai la terre, conscient de ma vie. Je ne saurais vous dire si elle a été courte ou longue mais je l’aimais.

J’étais une graine portée par le vent qui se transforma un jour en une jeune pousse verte, je devins par la suite un arbuste, et puis un arbre. Un arbre étalé dans une ruelle, abattu parce qu’il gênait.

 

Mais ne pleurez pas mes amis car j’ai rejoint mon créateur, séchez vos larmes je vous en prie. A vous qui me lisez, je ne vous demanderai qu’une chose : aimez et protégez mes frères qui sont encore ici autour de vous. Aimez-les de tout votre cœur, protégez-les avec force.

J’étais un tilleul centenaire à Gap, au square Henri Dunant.

 

Jérôme Garnier

Publié dans Hautes-Alpes, Nature

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Additifs. Malabar enlève le dioxyde de titane de ses chewing-gums

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Oui, le dioxyde de titane est très dangereux, il est même mortel en consommation régulière. La société Carambar & Co vient de franchir un grand cap et je pense que d'autres grands groupes suivront très prochainement car c'est une décision inspirante.

Il n’y a plus de dioxyde de titane dans les chewing-gums Malabar. Le fabricant a annoncé lundi que cet additif contenant des nano-particules ne comptait plus parmi les ingrédients des chewing-gums actuellement en vente.

Thierry Gaillard, président de Carambar and Co, repassé l’an dernier sous pavillon français, a annoncé que le dioxyde de titane - un additif contenant des nanoparticules - était retiré de ses chewing-gums Malabar.

« Nous avons enlevé l’ingrédient dioxyde de titane du produit Malabar depuis la fin 2017, ce qui veut dire que les chewing-gums vendus actuellement n’ont plus cet ingrédient, mais cela n’apparaîtra sur les emballages qu’à la fin du premier semestre 2018 » a précisé Thierry Gaillard.

Responsabilité sociétale des entreprises

Fin janvier, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a porté plainte contre neuf entreprises agroalimentaires ou de cosmétique - dont Carambar and Co ne faisait pas partie - qu’elle accuse d’avoir commercialisé des produits contenant des nanoparticules non mentionnées sur l’étiquette.

« C’est un sujet très important, nous avons toute une réflexion RSE (Responsabilité sociétale des entreprises, NDR) en cours », a ajouté Thierry Gaillard, qui a pris ses fonctions début janvier.

Le fabricant de bonbons racheté l’an passé par l’investisseur français Eurazeo au groupe américain Mondelez, pourrait aussi s’intéresser aux emballages plastiques.

Retour au Made in France

Après des années de déclin des marques de bonbons français, « abandonnés » par leur précédent propriétaire, Carambar and Co mise désormais sur le « made in France ». La société vient d’ouvrir deux centres de Recherche et développement en France dans l’espoir de relancer sa douzaine de marques qui vont de Malabar à Mi-cho-Ko en passant par Poulain, la Pie qui chante, les rochers Suchard ou les pastilles Vichy.

La société espère faire décoller sa part de marché, qui n’est plus que de 15,5 % alors qu’elle était de 30 % il y a une dizaine d’années, ajoute le président qui prévoit « d’augmenter de 20 % son chiffre d’affaires en cinq ans ».

« Il y a dix ans, nos marques étaient leader sur le marché français » a souligné Pascale Infante, Directrice Marketing, Qualité et RSE de Carambar and Co.

Aujourd’hui le leader français sur le marché du bonbon en sachet est l’Allemand Haribo.

Au total, Carambar and Co a prévu de débourser 35 millions d’euros pour moderniser ses cinq sites de production : Blois pour le chocolat Poulain, Marcq en Baroeul pour les Carambars et les bonbons la Pie qui chante, Saint Genest (Vienne) pour Krema et Malabar, Strasbourg pour les Rochers Suchard, la marque anglaise Terry’s, et les poudres de chocolat Benco, Suchard Express et Kaba, et Vichy pour les célèbres pastilles.

Source : ouest-france.fr

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Indonésie : l'huile de palme condamne les orangs-outans à l'extinction

Publié le par Notre Terre

Par un matin d'août à Bornéo dans le parc national de Tanjung Puting, le photographe Jayaprakash Joghee Bojan retire ses chaussures, tient son appareil photo à bout de bras et entre dans l'eau froide colorée par la boue et les racines des arbres.

Il compte sur les rangers pour le prévenir si un crocodile approche et avance doucement dans l'eau pour ne pas affoler l'orang-outan mâle qui lui fait face.

« Dans ce genre de situations, vous êtes comme hypnotisé. Vous ne ressentez pas la peur, ou les piqûres de moustiques, ni même le froid. Votre esprit est entièrement sur ce qu'il est en train de se passer. »

Bojan sait qu'il est en train de capturer une scène rare. Les orangs-outans sont connus pour ne pas beaucoup aimer l'eau - leurs longs bras sont davantage adaptés pour se balancer dans les arbres que pour nager. Pourquoi alors cet orang-outan se risque-t-il à une si dangereuse traversée ?

Il est possible que la déforestation de plus en plus importante pour la culture de l'huile de palme ait forcé ce primate menacé d'extinction à s'aventurer dans des endroits qu'il aurait naturellement évités. Que les plantations d'huile de palme soient ou non la cause de ce comportement atypique, son expression grave et sa vulnérabilité obligent le spectateur à imaginer les menaces pesant sur lui.

C'est ce rare aperçu de la vulnérabilité animale qui a conduit les jurés du Prix de la Photographie naturaliste de l'année 2017 à retenir la photo de Bojan.

 
À LA RENCONTRE DES ANIMAUX SAUVAGES

Ayant grandi au milieu des animaux à Tamil Nadu, en Inde, Bojan a nourri un profond amour pour les animaux et la nature. Faisant d'abord de la photo durant son temps libre pendant 18 ans, il a commencé à se ré-orienter à partir de 2013 et a rejoint la communauté photo National Geographic Your Shot.

Peu après avoir déménagé à Singapour, cet autodidacte a commencé à  documenter les primates menacés d'extinction dans le zoo de la ville. « J'ai eu un déclic. Je voulais juste parcourir le monde et rencontrer ces espèces dans leur habitat naturel. »

Pendant neuf mois, il a parcouru l'Asie du Sud, documentant les primates les plus charismatiques. Sa mission l'a mené dans le parc national de Tanjung Puting, en Indonésie. Avec l'aide des guides éco-touristiques de l'Orangutan Trekking Tours, Bojan a photographié 11 orang-outans sauvages en huit jours. Mais il lui manquait quelque chose. « Je n'étais pas convaincu par mes photos, » confie-t-il.

Un ranger lui parle alors d'un orang-outan à 65 kilomètres de là qui traverse parfois le fleuve de Sekonyer, et Bojan, comprenant combien cela était inhabituel, a insisté pour se rendre à sa rencontre.

Il a passé une journée entière à attendre, en vain. Il restait peu de temps à Bojan afin la fin de son expédition, mais il a choisi de retenter sa chance une seconde fois. Et le matin suivant, l'orang-outan est apparu.

C'était le moment que Bojan attendait. Il s'est alors approché très lentement, quittant le bateau et plongeant dans l'eau. « Je savais que le seul moyen de gagner sa confiance était d'être moi aussi dans le fleuve. »

En une demi-heure, Bojan a traversé le fleuve et a pu documenter la progression du primate dans l'eau. Soudain, l'orang-outan l'a fixé intensément, comme un cri à l'aide au monde entier.


L'HUILE DE PALME : UNE MENACE DIRECTE POUR LA FAUNE

Environ la moitié des produits que l'on trouve en supermarchés contiennent de l'huile de palme. Près de 90 % de l'huile de palme provient des plantations qui supplantent les forêts en Indonésie et en Malaisie. Et si les industriels de l'agro-alimentaire se sont engagés à réduire la déforestation dans ces régions du monde, la destruction des habitats naturels reste très peu surveillée.

Déforester pour installer des plantations d'huile de palme décime les habitats des orangs-outans et les force à rentrer en contact plus souvent avec les hommes. Privés des ressources naturelles en fruits, feuilles et pousses, les orangs-outans affamés se replient sur les jeunes pousses de palmiers à huile, ce qui les met en danger direct, les agriculteurs gardant jalousement ces plantations. D'autres orangs-outans, les plus jeunes en particulier, rendus orphelins par les chasseurs ou par les agriculteurs, sont également chassés pour êtres vendus sur le marché noir.

Ces diverses menaces pèsent tout particulièrement sur une espèce animale par nature timide, qui met plusieurs années à arriver à maturité et dont les femelles ne mettent bas qu'une fois tous les huit ans. L'Union internationale pour la conservation de la nature projette que d'ici 2025, les populations d'orangs-outans auront décliné de 82 % en 75 ans. Pour un orang-outan, c'est seulement trois générations.

Bojan est particulièrement sensible à cet état de fait. « Quand vous survolez la région, vous ne pouvez littéralement rien voir d'autre que des plantations d'huile de palme » dit-il. Et bien qu'il reconnaisse la complexité de la situation - les plantations fournissent du travail et ont permis à la région de connaître une croissance économique sans précédent - il insiste sur le besoin de sauver les orangs-outans.

« Il est facile de s'identifier à eux, ils sont si humains. Leur façon de vous regarder, d'interagir... Ils ont des visages si doux. »

Si des mesures internationales devraient être mises en place pour lutter efficacement contre ce problème, des petits groupes comme celui des guides éco-touristiques ont déjà commencé à sensibiliser les cultivateurs sur l'importance de conserver l'habitat naturel de la faune sauvage. Les groupes utilisent même une partie de leurs ressources pour acheter des terrains, s'assurant ainsi qu'ils ne seront pas transformés en plantations.

Bojan prévoit de donner une partie de la somme qu'il a reçu pour cette photo à ce groupe pour soutenir le travail de conservation. « Je suis très heureux d'avoir remporté ce prix, particulièrement avec cette image, parce que je pense que les orangs-outans méritent plus d'attention. »

Source: national geographic 

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Volkswagen a contraint des singes à respirer des gaz d'échappement à des fins de test

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Volkswagen a forcé des singes à inhaler les gaz d'échappement d'un de ses modèles de diesel en 2014. On est pas très loin des méthodes utilisées par les nazis il y a 80 ans...

La raison ? Prouver la non-toxicité des gaz d'échappement d'un modèle de coccinelle. Mais bon, ce ne sont que des animaux après tout...

"Il aurait mieux valu se passer d'une telle étude." Le constructeur automobile allemand s'est excusé, samedi 27 janvier, après avoir mené des tests exposant des singes de laboratoire à des gaz d'échappement. Déplorant "le manque de jugement de certaines personnes", l'entreprise s'est dit "convaincue que les méthodes scientifiques choisies à l'époque étaient mauvaises", dans un communiqué cité par Bloomberg.

Voilà, nous avons droit à des excuses... De simples excuses. C'est trop facile. Il faut que Volkswagen soit condamné et paye une lourde amende. Après le scandale des moteurs diesel trafiqués, maintenant nous avons droit à des actes de torture sur animaux, quelle est la prochaine étape? Des enfants chinois esclaves assemblant leurs petites pièces???

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Amazonie : et maintenant on fait quoi?

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LULA, LE PRIX DU DANGER

Son sort se joue aujourd'hui ? Celui de la forêt amazonienne et de ses protecteurs s'est joué pendant ses deux mandatures.

Aux yeux du monde entier, Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil de 2003 à 2011, fut connu comme le héros qui était parvenu à redresser le Brésil. Puis, on découvrit la face sombre de Lula et le prix de ce "miracle" brésilien, car tout à un prix, n'est-ce pas ? Son règne fut celui d'une destruction massive de la forêt amazonienne et d'une diminution drastique des démarcations des terres indigènes. Il s'était pourtant posé comme le protecteur des peuples indigènes et de l'Amazonie, lui qui avait prononcé un discours vibrant au dessus du cercueil encore ouvert de Chico Mendes, le seringueiros syndicaliste assassiné en 1988.

Il laissa se développer les biocarburants aux détriment des peuples traditionnels et autorisa la relance du projet de barrage de Belo Monte, ayant pourtant garanti aux leaders indigènes qui l'interpellaient souvent à ce sujet qu'il ne se ferait jamais tant qu'il vivrait ! Il devait balayer la corruption, il l'amplifia. Et c'est, par capilarité, le Lava Jato, opération anti-corruption d'une ampleur jamais égalée, qui menace de l'emporter aujourd'hui. Ce ne sont que quelques exemples des renoncements et mensonges d'un maestro populiste.

Bien sûr, une partie du bilan est positif, comme l'émergence d'une nouvelle classe au Brésil, qui put enfin s'acheter frigo et téléviseur. Mais à quel prix ? Le prix du danger. Car la destruction de l'Amazonie est désormais incontrôlable. Cette Amazonie livrée aux prédateurs, cette Amazonie dont le seuil d'auto-régénérescence est allègrement dépassé et que l'on continue pourtant à ravager, est précieuse pour le monde entier. Il avait tout loisir de la protéger pendant ses deux mandats. Il ne l'a pas fait. Qu'attendre donc de lui, maintenant qu'il se positionne de nouveau comme "l'ami absolu des indigènes" ?

Bien sûr, il a été remplacé par bien pire. D'abord Dilma Rousseff, son égérie, qui a poursuivi avec acharnement la construction du barrage illégal de Belo Monte et refusé encore davantage de protéger les terres indigènes d'Amazonie. Et puis, l'épouvantable Michel Temer, qui ne rêve que de démanteler les zones protégées pour les livrer à l'industrie minière. Qui s'est évertué à fragiliser, pour les détruire, les institutions qui veillent sur les droits des peuples indigènes et l'environnement. Le parti de Michel Temer a bien d'autres affreux jojos en réserve et donc son renoncement à se présenter à la prochaine présidentielle n'a rien de rassurant.

On dit qu'une candidature Lula protégerait le pays d'un retour à la dictature militaire, cette possibilité n'étant malheureusement pas de la science-fiction. Peut-être et c'est un argument qu'il ne faut pas rejeter. La preuve, Jair Bolsonaro,le député ultranationaliste de l’État de Rio, ouvertement nostalgique de la dictature et surnommé le "Donald Trump brésilien", occupe toujours la deuxième place dans les sondages... derrière Lula. Son rêve ? Disloquer le plus rapidement possible les territoires protégés d'Amazonie et régler le "problème indigène" une bonne fois pour toutes.

Le choix des brésiliens n'est pas simple et l'avenir de la forêt et de ses gardiens, les peuples indigènes, plus menacé que jamais. Si la condamnation de Lula n'est pas confirmée ce 24 janvier, il pourra se présenter et poursuivre sa remontée vers le pouvoir. Dans le cas contraire, les ennemis des indigènes auront un boulevard devant eux. Soyons solidaires du peuple brésilien et restons vigilants. Nous savons d'avance le prix à payer si nous ignorons le danger que cette situation crée. C'est notre sort sort à tous qui se joue sans en avoir l'air.

Source : planète Amazone

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