8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 14:33
Entretien avec le porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire Stéphane Lhomme : "Le Grenelle de l'environnement est une défaite majeure pour l'écologie"
Propos recueillis par Matthieu Auzanneau du journal Le Monde

En conclusion du Grenelle de l'environnement, le président Nicolas Sarkozy a souligné que pour lutter contre le réchauffement climatique, la France doit opter pour l'énergie nucléaire, sinon elle devra ''renoncer à la croissance''. Réfutez-vous cette alternative ?

Si le nucléaire permettait vraiment de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de suppléer au pétrole, il serait peut-être légitime de discuter de cette option. Mais le nucléaire ne couvre que 2,5 % de la consommation mondiale d'énergie, une part si faible que son impact sur le climat est quasi nul. De plus, contrairement à ce
qui nous est souvent dit, cette part va encore se réduire dans les années à venir : l'Agence internationale de l'énergie (AIE) reconnaît que la part du nucléaire dans l'électricité mondiale va passer de 16 % à moins de 10 %, c'est-à-dire environ 1,5 % de la consommation mondiale d'énergie. Tant qu'on croit que le nucléaire va empêcher,
même partiellement, le réchauffement climatique, ce dernier aura de beaux jours devant lui.

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Les ONG écologistes qui ont participé au Grenelle de l'environnement ont très vite accepté que l'avenir du nucléaire civil français reste en dehors du débat. Comment jugez-vous cette acceptation ?

Ces associations ont certainement estimé qu'elles pourraient se rattraper sur d'autres thèmes (biodiversité, transports, etc). Ce qu'elles n'ont pas compris, c'est qu'en se pliant au "préalable pronucléaire", imposé par M. Sarkozy, y compris son incroyable accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi, elles sont allées à la négociation déjà vaincues, soumises. Logiquement, elles ont été balayées sur l'ensemble des dossiers. En effet, contrairement à tout ce qui nous a été affirmé par la puissante communication élyséenne, le Grenelle est une défaite majeure pour l'écologie :
- réduction des pesticides... "si possible"
- moratoire autoroutier sauf contournements d'agglomérations ou
"points noir", autant dire que la plupart des projets actuels seront
validés
- OGM : un gel... pendant l'hiver
- moratoire sur les incinérateurs : sauf en "dernier recours"... ce qui ne manquera pas de se produire.

Le sommet a été atteint avec le nucléaire : M. Sarkozy a abusé l'opinion en annonçant qu'il n'y aurait pas de "nouveaux sites". Or, les projets de nouveaux réacteurs sont tous prévus dans des sites déjà existants ! Dans un pays où il y a 58 réacteurs en service (plus une douzaine déjà arrêtés, qui restent à démanteler), des projets à foison (EPR, ITER, etc.), des sites nucléaires gigantesques (La Hague, Tricastin, Cadarache, Marcoule, Bure, etc.), l'attitude des associations "compatibles Grenelle", qui ont baissé pavillon sur ce sujet, est tout simplement indigne.

L'écologie politique s'était jusqu'ici plus concentrée sur la lutte contre le nucléaire, la sortie du pétrole venant bien après. C'est en train de changer, semble-t-il...

C'est en train de changer dans le discours du pouvoir et celui des éditorialistes. Ce sont eux qui ont "décrété" que, subitement, le nucléaire n'était plus un problème, et même que c'était une "solution", et ce discours s'est imposé en continu. A force de répéter des choses parfaitement fausses, elle ont fini par devenir "vraies". En réalité, jamais la facture énergétique de la France n'a été aussi élevée. Et encore, il faut y ajouter le facture nucléaire (démantèlement, déchets) qui s'annonce astronomique. Depuis trois ans, c'est l'Allemagne qui est exportatrice d'électricité vers la France, elle ne sort donc pas du nucléaire "en important l'électricité nucléaire française". Tout est à l'avenant : le nucléaire ne subsiste que grâce à des mensonges d'Etat entretenus par la publicité ou les discours du personnel politique.

Du Maroc à l'Iran en passant par l'Egypte, beaucoup de pays en développement souhaitent faire appel au nucléaire. Ont-ils un autre choix, compte tenu du coût de développement des énergies renouvelables?

Il faut bien comprendre que, même si ces pays développent ­ hélas ­des programmes nucléaires, cela ne couvrira qu'une part infime de leur consommation énergétique. Même la Chine, qui annonce 40 nouveaux réacteurs, espère seulement couvrir ainsi 4 % de son électricité, soit 0,7 % de sa consommation d'énergie. Dans ces dossiers, le nucléaire n'est en rien un outil d'indépendance énergétique : ce qui est en jeu, c'est soit une forme de "fierté" mal placée (du genre "Nous aussi, nous avons du nucléaire"), soit des considérations géopolitiques (ce sont les Etats-Unis qui poussent l'Egypte à relancer son programme nucléaire, pour contrecarrer la montée en
puissance d'autres pays). Mais, dans tous les cas, il faut bien noter que ce ne sont jamais les peuples mais les dirigeants ­ souvent des autocrates ­ qui veulent du nucléaire.

Les antinucléaires sont souvent accusés de faire le jeu des pétroliers. Que répondez-vous ?

Il se trouve que nous dénonçons autant les uns que les autres car, contrairement à une idée reçue, ils ne sont pas concurrents mais ont des intérêts identiques : faire en sorte que nous consommions toujours plus d'énergie, litres de pétrole ou kilowattheures d'électricité. Leur seule crainte est la mise en place d'une société sobre qui développerait les économies d'énergie et les énergies renouvelables... et sabrerait leurs profits. D'ailleurs, en France, Total et Areva sont actionnaires croisés. Aux Etats-Unis, le plan énergétique de Bush impose de nouveaux forages pétroliers et de nouveaux réacteurs nucléaires. Autre exemple, c'est l'industrie nucléaire qui offre l'énergie nécessaire à l'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta (Canada).

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Published by Gerome - dans Nature
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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 18:27
Après Al gore avec sa " vérité qui dérange" , c'est au tour de Bill Clinton de monter au créneau en défandant ardamment l'environnement. Pour cela, il fait jouer la corde sensible de l'économie et de son développement grâce aux énergies renouvelables. S'exprimant jeudi dernier à Seattle lors du Sommet sur la protection du climat des maires américains il dresse une vison très positive et réaliste des répercussions économiques qu'engendredrait une utilisation massive des énergies renouvelables.
"La transition vers une économie "verte" est la plus grande opportunité économique qui se soit présentée aux Etats-Unis depuis l'effort de guerre qui a précédé la Seconde guerre mondiale." a déclaré l'ancien chef de la maison blanche.
Ca laisse rêveur.... Cependant une question s'impose : " Qu'est ce qu'on attend?!".
Connaissant la question, j'aurais un début de réponse qui reste à étayer : la peur du changement et de l'inconnu. On a vu des hommes faire les pires choses lorsqu'ils étaient face à l'inconnu, pourtant la révolution économique ne me semble pas dangereuse mais bien au contraire l'humanité pourrait prendre un tournant fantastique aux issus heureuses.
Pourtant, encore beaucoup de personnes restent accrochés à leurs vieux shémas, à leur crainte du changement et préfèrent rester figées en attendant que ça passe.

Et comme pour faire un pied de nez à bush et à son refus obstiné du protocole de Kyoto 700 villes représentant 75 millions d'Américains ont accepté de réduire d'ici 2012 leurs émissions de 7% par rapport aux niveaux de 1990. Le maire de Seattle, Greg Nickels, est en première ligne de ce mouvement.
Et comme je le dis souvent, en tant que superpuissance mondiale ( ça me fait mal aux doigts d'écrire ça), les états-unis se doivent de montrer l'exemple. Le deuxième plus gros pollueur mondial après la chine doit inverser la tendance et nous montrer qu'ils ne savent pas que faire la guerre mais qu'ils savent aussi protéger la Terre qu'ils salissent.

1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 11:00
Après General Motors avec sa pile à hydrogène, Honda nous dévoile son nouveau concept au salon automobile de Tokyo : la Puyo. Une voiture molle recouverte de gel de silicone pour que son toucher soit doux qui n'a d'ailleurs aucun coin ou angle pouvant blesser un quelconque piéton.
… Sous le capot, une pile à combustible consomme de l’hydrogène pour alimenter un moteur électrique et dégager de la vapeur d’eau par le pot d’échappement. 
A l'heure où le baril de pétrole fleurte avec les 100 dollars, il serait temps qu'on s'y mette...
Mais ne nous trompons pas, ce genre d'actions, aussi louables soient-elles, ne sont pas faites par amour de la Terre mais bien par amour du portefeuille.
Alors qu'est ce qui est le plus important? L'intention ou le résultat? En ce qui me concerne, je trouve le résultat plus que réjouissant mais sachant dans quel but ces technlologies se développent ça gache un peu le plaisir.




1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 10:39
Ces vingt dernières années, le glacier Blanc, au cœur du massif des Ecrins, a reculé de plus de deux-cents mètres. Ce que tous les randonneurs observent au fil des ans a une réalité scientifique. Les études menées dans les Alpes montrent que ce massif subit de manière accrue les conséquences du réchauffement climatique. Depuis 1960, les températures ont augmenté de 1,5 degré en moyenne en montagne, a souligné Eric Brun, directeur de recherche à Météo France, lors du congrès de l'Association nationale des élus de montagne (Anem), qui se tenait du 25 au 27 octobre à Plaine, dans le Bas-Rhin. Au col de Porte, à 1.320 mètres d'altitude dans le massif de la Chartreuse, l'enneigement moyen a ainsi été réduit d'un tiers sur cette même période.

Après un hiver 2006-2007 catastrophique pour les petites stations de montagne, les élus de montagne ont présenté à cette occasion un rapport contenant 21 propositions pour faire face aux changements. Ils préconisent la création d'un "Observatoire du changement climatique en montagne".


BarredesEcrins.jpgBarre rocheuse des Ecrins.

Published by Gerome - dans Hautes-Alpes
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