6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 20:01
Le gorille oriental, le plus grand primate du monde, en « danger critique d’extinction »

 

 

La faune et la flore disparaissent inexorablement de la planète. « Nous les perdons à un rythme inédit », assure Jane Smart, directrice de la conservation au sein de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

Celle-ci a publié, dimanche 4 septembre, l’actualisation de sa fameuse liste rouge des espèces menacées, et le constat est très inquiétant. Sur les 82 954 espèces animales et végétales prises en compte, 23 928 (29 %) sont qualifiées de « menacées », dont 5 107 sont en « danger critique », 7 602 « en danger » et 11 219 sont considérées comme « vulnérables ».

Cet inventaire a été réalisé par ce vaste réseau de protection de l’environnement auquel collaborent environ 10 000 experts internationaux et auquel adhèrent ONG et gouvernements. La dernière actualisation générale de la liste rouge datait de 2009.

 

« Pour effectuer nos mises à jour, nous nous appuyons sur trois générations d’animaux, ou bien sur des évolutions observées pendant un laps de temps d’au moins dix ans pour ceux qui se reproduisent assez vite, comme certains poissons, explique Jean-François Vié, directeur adjoint du programme global de sauvegarde des espèces à l’UICN. Une espèce est appelée vulnérable lorsque nous observons 30 % d’effectifs en moins. »

 

Espèces invasives

 

Le diagnostic rendu public à l’occasion du congrès mondial que l’UICN organise tous les quatre ans – cette année à Honolulu (Hawaï), jusqu’au 10 septembre – indique que, depuis le XVIe siècle, 855 espèces ont disparu ; 68 n’existent plus hors d’une structure de conservation, dans un parc ou un jardin botanique. « Il est possible de maintenir des animaux en vie dans un lieu protégé puis de les relâcher un jour… à condition qu’il existe encore un biotope pour les accueillir », note Joe Walston, l’un des responsables de la Wildlife Conservation Society, une ONG environnementale américaine.

 

Néanmoins, au fond des mers, dans les forêts, les rivières, les savanes, le patrimoine naturel s’affaiblit, des populations disparaissent tandis que quelques autres envahissent leurs espaces. Et les îles sont les plus touchées par ce phénomène. L’UICN ayant donné rendez-vous au milieu du Pacifique à 8 300 délégués venus de plus de 180 pays, l’organisation a tenu à souligner l’extrême vulnérabilité de ces écosystèmes.

 

L’archipel américain subit de multiples atteintes dues à l’introduction volontaire ou non de cochons, de chèvres, de rats, de limaces et de nombreuses plantes qui détruisent sa flore endémique. Sur 415 de ces végétaux répertoriés, la grande majorité est menacée d’extinction, quatre d’entre eux n’existent plus dans la nature, tandis que trente-huit ont totalement disparu.

 

Perte d’habitat

 

« Prédateurs, champignons, insectes : on peut considérer que 80 % des espèces envahissantes entrées sur le sol américain se trouvent dans cet archipel », résume Piero Genovesi, du groupe spécialisé sur les espèces invasives au sein de l’UICN.

Ce phénomène constitue la cause principale de l’érosion du patrimoine vivant dans l’ensemble des îles ; dans le reste du monde, il en est le deuxième facteur, indiquent les experts qui collaborent à la liste rouge. L’envahissement est associé à une disparition sur deux au cours des quatre derniers siècles, et il en serait le responsable unique dans un cas sur cinq, selon M. Genovesi. « A Hawaï, par exemple, le paludisme aviaire apporté par un moustique au XIXe siècle a causé la perte de la moitié des oiseaux en un siècle », rappelle-t-il.

 

Aucune région n’échappe plus au déclin, car le patrimoine vivant est désormais majoritairement victime de la perte d’habitats naturels. Les espèces ne résistent pas à la dégradation générale de leur environnement – réduit, fragmenté, pollué ou carrément détruit. Le réchauffement climatique accentue la pression avec son lot de sécheresses et de tempêtes ; la chasse et la pêche ajoutent à l’hécatombe.

 

Et tout ce que l’humain convoite : peau, viande, corne, défenses, griffes, fourrure, place irrémédiablement leurs propriétaires sur la liste des espèces « vulnérables », « en danger » ou, pis, les conduit à rejoindre la catégorie « en danger critique d’extinction ».

 

Le plus grand primate en danger

 

Tel est le sort du gorille oriental (Gorilla beringei), le plus grand primate existant, qui vit notamment en République démocratique du Congo. Ses effectifs se sont réduits de 70 % en vingt ans, du fait de la chasse illégale. Le gorille Grauer, l’une des deux sous-espèces de cette région, a même perdu 77 % de sa population depuis 1994. Au total, quatre des six espèces de grands singes sont maintenant en « danger critique », à un pas de l’extinction.

Un gorille oriental.

Une famille de tortues endémiques du Brésil (Mesoclemmys hogei) suit la même pente. Dix de ses dix-huit sous-populations se sont évanouies au cours des quarante dernières années. Elles habitaient notamment l’Etat de Rio de Janeiro avant que la destruction de leur biotope ne cause leur perte.

Le tableau est si sombre que l’UICN prend soin de mettre en avant les espèces dont la situation s’améliore. Ses experts veulent montrer que de sérieuses mesures de protection peuvent permettre d’enrayer le déclin. Ainsi, l’antilope du Tibet se rétablit : elle est à présent « quasi menacée ». Un vrai progrès pour celle qui était tuée pour sa laine shahtoosh si fine et si chère.

 

Plus emblématique encore, le panda géant prospère ou presque : il rejoint les animaux « vulnérables », et non plus « en danger », grâce à la volonté de l’Etat chinois. Las, l’ursidé va devoir affronter la réduction des bambous qui l’abritent, car le réchauffement devrait les faire régresser de 35 % d’ici à la fin du siècle. Autant dire que tous les gains récents seront perdus.

Le panda géant est passé de la catégorie « en danger » à la catégorie « vulnérable ».

Les experts alertent aussi sur le cas d’un gecko de Malaisie (Cyrtodactylus hidupselamanya). Il n’est pas totalement en état critique, mais cela devrait arriver dans les cinq ans avec l’extraction du calcaire sur lequel il vit. Autres nouveaux venus : la chauve-souris géante (Nyctalus lasiopterus) présente en Europe et en Afrique du Nord, qui manque de vieux arbres pour se loger. Ou encore le desman de Moscovie (Desmana moschata), un petit mammifère semi-aquatique, cousin de la taupe, victime de pêches musclées en Russie et en Ukraine.

 

Le koala d’Australie en danger

 

Enfin, en Australie, le koala fait lui aussi désormais partie de la grande famille des mal portants. Sa situation inquiète le grand public. Une enquête parlementaire a été commandée sur l’inefficacité des mesures mises en œuvre pour sa conservation. Les effectifs d’un autre petit marsupial endémique, l’antechine fauve (Antechinus bellus), qui vit dans le nord de l’Australie, ont chuté de plus de 30 % en moins de dix ans, sans émouvoir autant.

 

Pourtant, être classé ne serait-ce que parmi les espèces « quasi menacées » s’avère déjà de très mauvais augure, assure Jean-François Vié, de l’UICN. « Regardez les zèbres des plaines, autrefois communs en Afrique : ils ont diminué de 24 %, ce n’est pas rien ! », lance-t-il. La liste rouge de 2016 évalue leur population autour de 500 000 animaux, alors qu’elle était de 660 000 il y a quatorze ans. Cibles des chasseurs pour leur chair et leur peau, dans certains pays ces mammifères ne se rencontrent plus que dans les parcs protégés.

Et M. Vié d’enfoncer le clou : « Cette vague d’extinctions est un indicateur de la dégradation de notre planète. » Autrement dit, même les humains ne devraient pas tarder à s’en apercevoir.

Auparavant « en danger », le gorille de l’Est (Gorilla beringei), plus grand primate du monde, est aujourd’hui considéré « en danger critique ». Ce changement de situation est dû à un déclin de population de plus de 70 % en vingt ans. On estime aujourd’hui sa population à moins de 5 000 individus. Quatre des six espèces de grands singes sont maintenant classées en « danger critique », à un pas de l’extinction.
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 08:25
Obama crée la plus grande réserve marine du monde

 

 

A quelques mois de la fin de son mandat, Barack Obama s’est rendu jeudi 1er septembre dans la plus grande réserve naturelle marine du monde, située à Hawaï. Le président américain entend bien conforter son image de défenseur de l’environnement. 

Il en rêvait et il l’a fait. Quand Obama a proposé d’étendre la réserve naturelle marine aux îles isolées du Pacifique en 2014, il a dit à John Podesta, qui était alors conseiller spécial de la Maison-Blanche, qu’il voulait voir, par lui-même, les atolls et les récifs protégés. C’est chose faite.

 

Jeudi 1er septembre, le président s’est rendu sur l’atoll de Midway au milieu de la réserve de Papahānaumokuākea dans l’archipel d’Hawaï. L’objectif était de vanter sa décision de quadrupler la taille du sanctuaire, ce qui en fait désormais la plus grande réserve naturelle marine du monde.

 

Cité par The Wall Street Journal, Obama a déclaré que la préservation de cet environnement permettrait aux Américains de “faire de la recherche pour mieux connaître nos océans”, dans une zone particulièrement touchée par le changement climatique.

L’expansion de ce “monument national”, d’abord proclamé par le président George W. Bush en 2006, est l’aboutissement d’une campagne menée par des groupes écologistes et autochtones d’Hawaï.  

 

La pêche commerciale interdite

 

Mais cette initiative, qui élargit la zone où la pêche commerciale est interdite, est source de division parmi les politiciens locaux et a soulevé des inquiétudes quant à son impact sur l’industrie de la pêche de l’État.

Eric Kingma, un coordinateur du conseil de la pêche basé à Honolulu, a expliqué que la mesure était “inutile” et qu’elle aurait une incidence sur l’économie du secteur. “Environ 10% des prises annuelles proviennent de cette région désormais comprise dans la réserve, ce qui représente une perte d’environ 10 millions de dollars pour les pêcheurs locaux”, poursuit The Wall Street Journal. La région a également une importance culturelle et spirituelle pour les Hawaïens.  

 

Coup politique ou préoccupation environnementale ?

 

À l’approche de la fin de son mandat, Obama est peut-être pleinement entré dans la phase des grands coups d’éclat de sa présidence”, analyse The Washington Post. “Le moment où les présidents sortants cherchent à négocier des accords de paix de dernière minute, finalisent des règlementations et commencent à peaufiner leurs discours d’adieux”.

 

Theodore Roosevelt avait ainsi désigné le Grand Canyon en tant que monument national peu avant de quitter ses fonctions. Et Bill Clinton a utilisé sa dernière apparition dans la East Room de la Maison-Blanche, le 17 janvier 2001 (…) pour désigner deux nouveaux ‘monuments nationaux’ dans le Montana et promouvoir à titre posthume l’explorateur William Clark au rang de capitaine.”

 

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 07:26
Des tuiles d'un nouveau genre pour produire de l'énergie

 

Une nouvelle technologie simple et ingénieuse vient d’être mise au point pour mieux exploiter l’énergie solaire par la société Soltech Energy.

 

Il s’agit de tuiles transparentes pourvues d’un système innovant.

Le produit Soltech est constitué de tuiles galbées à emboîtement …. posées sur un écran noir absorbant. Cet écran est lui-même posé sur des couloirs où circule de l’air sous la toiture.

La récupération du flux d’air chaud se fait en faîtage, aidée par un ventilateur et entretenue par convection naturelle. 

 

En plus d’isoler le toit d’un bâtiment, ces tuiles permettent d’économiser de l’énergie.

Le prix est fonction de la grandeur du toit, et ne peut être connu que sur devis.

 

Le site internet "techniques de l'ingénieur" s'est penché sur la question et interview Henrik Bage, manager chez Soltech Energy :

 

Des tuiles en verre sur un corps absorbant la chaleur puis la redistribuant au sein d'une habitation ? Le principe peut paraître simple. Développé par une entreprise suédoise, SolTech Energy. SolTech System, c'est son nom, permet de compléter un équipement de chauffage et ainsi d'économiser de l'énergie. Henrik Bage, manager chez SolTech Energy, nous explique les avantages de cette invention.

Henrik Bage est manager chez SolTech Energy, une entreprise suédoise qui vient de mettre au point une tuile en verre, qui permet d’accumuler de la chaleur. Au final ,le but est d’économiser de l’énergie de chauffage. Henrik Bage nous explique le principe de fonctionnement de ces tuiles innovantes estampillées « SolTech System »:
 

Techniques de l’ingénieur : Quels sont les principes de fonctionnement de « SolTech System » et les ajustements à faire pour raccorder ce système au chauffage d’une habitation ?

Henrik Bage : Notre système de tuile permet à un support passif, comme un toit par exemple, de devenir actif et de participer efficacement au système de chauffage global d’un bâtiment. Pour une plus grande efficacité, nous intégrons « SolTech System » au système de chauffage central du bâtiment en question. Se faisant, la chaleur récupérée peut servir à chauffer le bâtiment ou l’eau utilisée.


Est-il possible de quantifier les économies réalisées grâce à l’utilisation du SolTech System, au niveau financier et énergétique ?

En nous basant sur installations déjà effectuées en Suède, nous avons pu en tirer quelques résultats intéressant, mais bien sûr ces résultats ne sont pas transposables en l’état. Quoi qu’il en soit, la mise en place de nos tuiles sur le toit d’une maison de 160 m², habitée par une famille et construite dans les années 60, permettra d’économiser 30 à 40 % de l’énergie nécessaire au chauffage et à l’eau chaude. Financièrement, il est impossible d’estimer l’économie réalisé, mais elle correspond à environ 15.000 kWh/an. A titre d’estimation, on peut penser que sur les 20 prochaines années, le kWh coûtera environ 0,2 €.


Est-ce que ce genre l’utilisation de ce genre d’équipement est restreint par les conditions climatiques, où peut-on imaginer une application à travers toute l’Europe par exemple ?

 

Chez nous en Suède, les économies réalisées sont substantielles. Ainsi, nous sommes persuadés que notre invention peut être utilisée avec succès dans toute l’Europe du Nord. Si on se fait dans une situation de remise à neuf, où les propriétaires d’une maison doivent refaire le toit entièrement (cette opération a lieu tous les quarante ans pour un toit en général), la pose de notre SolTech System sera amortie en dix années (chiffre vérifié en Suède), et ceci sans la moindre subvention. Cela laisse présager des résultats spectaculaires, pour des régions plus ensoleillées comme la France ou les pays méditerranéens.   Propos recueillis par Pierre Thouverez.

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 07:10

Reportage en anglais

L'homme qui planta une forêt

Jadav Payeng a reboisé une île déserte en Inde aujourd’hui devenue plus grande que Central Park. L’histoire d’une vie pour celui qu’on surnomme « Forest Man ».

 

Depuis 1979, alors âgé de 16 ans, un homme a planté une forêt entière mesurant 550 hectares, soit une superficie plus grande que celle de Central Park à New York, et ce un arbre à la fois.

Nichée dans le nord de l’Inde, près du fleuve Brahmapoutre, se trouve l’île de Majuli, un banc de sable géant qui a été l’une des plus grandes îles fluviale au monde, et sans aucun doute la plus grande du sud-est asiatique, et qui abrite quelques 150 000 habitants. C’est également là qu’est située la forêt de Molaï, l’une des forêts les plus insolites dans le monde pour avoir été plantée par un seul homme. Depuis 1979, le forestier Jadav Payeng a consacré sa vie à planter des arbres sur l’île, créant une forêt qui a dépassé la superficie du Central Park de New York.

 

Tandis que l’île compte une population assez importante, la rapide érosion au cours du dernier siècle a réduit la surface de l’île de Majuli de moitié. Cette érosion est due à des digues imposantes construites dans les villes voisines en amont afin de les protéger des inondations récurrentes du fleuve durant la mousson. A ce rythme et si rien n’est fait, l’île pourrait disparaître d’ici 15 à 20 ans. Stimulé par la situation désastreuse, Jadav Payeng pris l’habit d’un botaniste et planta de sa seule main des milliers et des milliers de plantes et d’arbres, dont 300 hectares de bambou.

 

L’oeuvre d’une vie

 

A la suite d’importantes inondations en 1979, des centaines de serpents d’eau s’échouent sur l’île et meurent d’épuisement, déshydratés. Jadav a déclaré au Times of India (un quotidien indien en anglais) que cet événement a été le tournant dans sa vie: « Il n’y avait pas d’arbres pour protéger ces serpents. Je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai contacté le ministère des Forêts et leur ai demandé s’ils pouvaient planter des arbres. Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont conseillé la plantation de bambous. Ce fut dur mais je l’ai fait. Et tout seul. » Il a alors entrepris la reforestation et le reboisement de cette île désertique pendant près des 30 ans qui ont suivi.

 

Le travail de Payeng a fortifié l’île de manière significative, tout en fournissant un habitat à de nombreux animaux en voie de disparition qui sont retournés vivre dans la région : un troupeau de près de 100 éléphants (qui a depuis donné naissance à dix petits), des tigres du Bengale, et une espèce de vautour qu’on avait pas vu sur l’île en plus de 40 ans. Cette initiative donne un peu d’espoir pour notre monde, n’est-ce pas?

 

Cette histoire n’est pas restée inaperçue et a attiré l’attention du cinéaste William Douglas McMaster qui a récemment écrit et réalisé ce beau documentaire intitulé Forest Man. Le projet a été financé en partie l’année dernière grâce à la plateforme de crowdfounding Kickstarter. La vidéo est un peu plus longue (16 minutes) que ce que vous avez l’habitude de voir sur Toolito mais vaut vraiment le coup d’être visionnée.

 

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