La Ville de Lyon va déclarer "l’état d’urgence climatique"

Publié le par Notre Terre

lyon-pollution

A travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la Ville de Lyon a annoncé ce mardi qu’elle allait déclarer "l’état d’urgence climatique" à l’occasion du prochain Conseil Municipal ce jeudi.

Dans cette vidéo, il est notamment dit que si rien n’est fait d’ici 7 ans, "Lyon fera face à de nombreux défis comme des canicules plus fréquentes, un climat similaire à celui d’Alger, des pluies plus rares et des risques de crises sociales". Toujours selon les services de la Ville, il faudrait "diminuer nos émissions de carbone de 40 % par rapport à 1990" à l’horizon 2030.

C'est pour atteindre cet objectif qu'un délibéré sera voté lors du Conseil Municipal ce jeudi. Il comprendra notamment un recadrage du "projet de programmation pluriannuelle des investissements (PPI)" autour des enjeux planétaires. Selon nos informations, plusieurs enveloppes budgétaires seront créées sur l'enveloppe de 1,2 milliard d'euros.
Ainsi, 40 millions d’euros iront pour l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments municipaux. Même montant pour moderniser l’éclairage urbain et les véhicules publics. 80 millions d'euros (minimum) seront consacrés à la rénovation et à la transition écologique des bâtiments municipaux, tandis que 90 millions seront dédiés à la création de nouveaux espaces végétalisés.

Le maire de Lyon Grégory Doucet répondrait ainsi à l’appel d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, qui souhaite que tous les décideurs nationaux et locaux redoublent d’efforts sur la question climatique.
Cette déclaration d’état d’urgence serait donc un mélange entre une prise de position claire et une multitude de mesures pour l’accompagner.
Quoi qu’il en soit, plusieurs élus écologistes tentent d’ores et déjà de donner de l’ampleur au #UrgenceClimatiqueLyon sur les réseaux sociaux.

 

Partager cet article

Hugo Clément au chevet des forêts françaises ravagées sur France 5

Publié le par Notre Terre

Coupe-rase-Morvan

Hugo Clément dénonce les champs d’arbres qui se développent au détriment des surfaces forestières naturelles. https://www.france.tv/france-5/sur-le-front/

À première vue, les massifs forestiers français semblent se porter à merveille. La preuve: depuis trente-cinq ans leur superficie est passée de quatorze à plus de 16 millions d’hectares. Soit un retour à une étendue comparable à celle du Moyen Âge. Derrière ce chiffre se cache pourtant une réalité alarmante. Voilà ce qu’explique le documentaire Sur le front des forêts, présenté, dans le cadre de sa collection consacrée à l’écologie, par un Hugo Clément, toujours aussi militant, mais également très convaincant.

Ce qui cloche dans les bois de l’Hexagone? Les coupes rases. Une technique d’abattage industrielle qui existait déjà dans les années 1980 et qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans tout le pays. Des milliers d’hectares de forêts anciennes disparaissent ainsi chaque année. Ils sont ensuite remplacés par des champs de sapins douglas, plantés en rang comme des épis de maïs… De quoi fournir du bois calibré, sans défaut, parfait pour l’industrie.

Chênes centenaires transformés en granulés

Que deviennent les chênes ou encore les hêtres coupés par les énormes abatteuses à scies circulaires? Dans le Morvan, on suit Sylvain, ingénieur forestier qui milite pour l’interdiction des coupes rases. Le voilà, accompagné d’autres militants écologistes, dans une usine où sont traités ces arbres, avec parmi eux de nombreux chênes centenaires. Une réalité particulièrement choquante. D’autant plus qu’on découvre que ce bois est tout simplement transformé en granulés pour alimenter les poêles de particuliers. Et ces consommateurs sont persuadés d’agir pour le bien de la planète! Ces granulés sont en effet labellisés «développement durable» et leur production est subventionnée par l’État…

Outre la destruction de la biodiversité, qui accélère le réchauffement climatique, ces champs d’arbres ont entraîné une spécialisation des scieries, devenues de véritables usines qui ne peuvent plus traiter les essences anciennes. Les petites scieries disparaissent et les menuisiers sont contraints d’importer les chênes faute de pouvoir exploiter ceux de France qui pourraient l’être de façon responsable.
Mieux gérer la forêt, Mathias, bûcheron de 32 ans, le fait avec passion. Il a hérité d’un bois de son grand-père et il témoigne: «Il y a deux manières de voir ce patrimoine, soit comme un tas de fric, soit comme un écosystème.» Pour préserver son massif, il prélève chaque arbre avec le souci de donner plus de place et de lumière aux autres.

Partager cet article

À cause des humains, l’Amazonie émet plus de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe

Publié le par Notre Terre

L'Amazonie est au cœur d'une boucle climatique problématique en libérant davantage de gaz à effet de serre qu'elle n'en absorbe. En cause, les activités humaines telles que les constructions de barrage et les incendies provoqués par la déforestation.

déforestation-Amazonie

Les forêts tropicales sont des pièges à carbone, mais la destruction de leurs écosystèmes par l’être humain peut provoquer un dérèglement : elles libèrent alors plus de carbone qu’elles n’en retiennent. Qu’en est-il de la forêt amazonienne, colossal piège à carbone, d’une superficie de 500 millions d’hectares ?

D’autres gaz en cause que le carbone

Un vaste article de recherche, publié le 11 mars 2021 dans Frontiers in Forests and Global Change, démontre que la forêt amazonienne rejette maintenant autant, voire davantage de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe. Bien que ce soit encore réversible, ce déséquilibre pourrait avoir comme effet d’aggraver le changement climatique.

Jusqu’à maintenant, les recherches se concentraient surtout sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et, en la matière, l’Amazonie semblait toujours absorber davantage qu’elle n’en rejetait. Mais ce nouveau travail publié mi-mars étend la recherche à d’autres gaz que le carbone, et plus particulièrement le méthane (CH₄), ainsi que du protoxyde d’azote (N₂O). Résultat, l’équilibre actuel apparait bien plus fragile que ne le montraient de précédentes études.
«  Nous concluons que le réchauffement actuel dû aux agents non-CCO2 (en particulier le CH₄ et le N₂O) dans le bassin de l’Amazone contrebalance largement — et dépasse très probablement — le service climatique fourni par l’absorption du CO2 atmosphérique », estiment les auteurs de l’étude. Ce déséquilibre signifie non seulement que l’Amazonie ne peut plus aider à contrebalancer les émissions de gaz à effet de serre émises par les êtres humains ; mais qu’elle s’inscrit alors dans un cycle nourrissant le changement climatique.

Qui plus est, le réchauffement du climat accentue la boucle : « Des projections récentes suggèrent qu’une augmentation de la température de 4°C dans les zones humides tropicales d’Amérique du Sud pourrait doubler les émissions régionales de [méthane], déjà importantes », écrivent les auteurs. À mesure que le climat se réchauffe, l’Amazonie libère des gaz à effet de serre, qui contribuent à au réchauffement.

Les activités humaines au cœur du problème

Le constat n’est pas vraiment une surprise, mais il se trouve les raisons de ce déséquilibre sont à trouver dans les activités humaines et comment elles dérèglent l’écosystème du bassin de l’Amazonie.

Les auteurs citent de nombreux exemples, comme l’inondation consécutive à la construction de barrages : cela diminue les niveaux d’oxygène aquatique et augmente la décomposition anoxique de la matière organique, libérant des quantités importantes de méthane dans l’atmosphère. «  Cet effet est potentiellement 10 fois plus fort dans les systèmes tropicaux que pour les barrages en milieux tempérés », écrivent les scientifiques.

À cet exemple il faut ajouter les incendies causés par la déforestation effrénée et souvent illégale : les feux libèrent des gaz à effet de serre ; mais toute cette surface qui part en fumée représente aussi au long terme de la biomasse en moins pour absorber le dioxyde de carbone contenu dans l’atmosphère. En résumé, à cause de l’impact humain, l’Amazonie génère toujours plus de gaz à effet de serre, mais peut de moins en moins en absorber.

«  Après une décennie d’espoir d’une transition vers un modèle de développement durable, la déforestation rapide et le changement d’affectation des terres sont repris en Amazonie », regrettent les auteurs. Cette reprise des activités néfaste a «  recentré l’attention du public sur le sort des vastes stocks de carbone du bassin », mais, pour ces scientifiques, il est crucial d’élargir aux autres gaz à effet pour bien saisir tous les enjeux de «  la gestion de la biogéochimie du climat en Amazonie ».

Publié dans Nature

Partager cet article

Toulouse : une micro-forêt dans la cour du collège George-Sand

Publié le par Notre Terre

Ce vendredi matin, 600 arbres ont été plantés sur une surface de 200 m² dans la cour du collège George Sand à Toulouse. Une initiative lancée par l’établissement, en collaboration avec le conseil départemental et l’association Toulouse en Transition.

plantation-microforêt-Toulouse

La cour se végétalise ! Ce vendredi matin l’inauguration de la plantation d’une micro-forêt au collège George Sand a eu lieu, sous l’œil curieux des passants. Planter 600 arbres sur une surface de 200 m² : c’est le projet inscrit dans la transition écologique lancé par ce collège toulousain en collaboration avec le conseil départemental et l’association Toulouse en Transition. Pour Jean-Michel Fabre, vice-président en charge du développement durable au conseil départemental, ce projet permet de « construire avec les citoyens » et « une implication de la population dans la transition écologique de la ville ». L’intégralité du projet a été financée par le conseil départemental de Haute-Garonne, pour un total de 20 000 euros.

L’objectif de cette initiative est de créer une biodiversité qui améliorera la qualité de l’air et limitera « les îlots de chaleur et le ruissellement », précise Jean-Michel Fabre. La forêt doit être dense pour s’adapter à l’espace urbain, d’où la prévision de 3 arbres plantés par mètre carré. Également, un alliage de 17 essences champêtres locales et représentatives du terroir a été sélectionné. La densité et la diversité de cette plantation devraient permettre l’émulation et la coopération entre les arbres, permettant un développement rapide de la micro-forêt et une forte résistance à long terme. Il faut, selon lui, « un travail coopératif » entre le collège, le département et l’association pour planter mais également entretenir la forêt qui va continuer de grandir.

Construire ce projet dans un collège est un réel « outil pédagogique » selon Chadia Tabie, la principale adjointe de l’établissement. Du côté des collégiens, certains découvrent et d’autres ont déjà planté mais jugent cette initiative « utile pour plus tard » et « bien pour la nature ». Et comme ils disent d’une seule voix : « Il vaut mieux planter des arbres là où avant il y avait du goudron ! »

Publié dans Les bonnes nouvelles

Partager cet article

Environ 20% des espèces sont menacées en France, la situation se dégrade

Publié le par Notre Terre

A l'occasion de la journée mondiale de la vie sauvage, l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'Office français de la biodiversité et le Muséum national d'histoire naturelle font le bilan de la Liste rouge qui établit le "degré de menace pesant sur les espèces de la faune et de la flore" depuis 2008.

especes-menacees-d-extinction-en-france

Leurs conclusions sont inquiétantes : la situation de la faune et de la flore sauvages s'est dégradée en treize ans, avertissent-ils.

Dans le détail, 13 842 espèces ont été évaluées, dont 17,6% sont menacées. Ce pourcentage augmente chez les oiseaux nicheurs (32%), les crustacés d'eau douce (28%) ou les amphibiens (23%). La situation est particulièrement inquiétante en Outre-mer.

Par ailleurs, 187 espèces ont complètement disparu. Pour plus de 2 100 autres, les données sont insuffisantes, l'objectif à terme étant d'évaluer toutes les espèces.

L'aménagement du territoire et les pesticides pointés du doigt

Certains groupes d'espèces – les reptiles, amphibiens, mammifères, oiseaux et poissons d'eau de métropole – ont été évalués deux fois depuis 2008. "Nous pensions qu'en huit ou neuf ans, on ne verrait pas beaucoup d'évolution. La surprise est qu'on assiste à une nette dégradation de la situation", explique Florian Kirchner, de l'UICN France, à l'AFP. "Pour les oiseaux nicheurs, on avait un quart d'espèces menacées en 2008, un tiers huit ans après", donne-t-il comme exemple. Plus inquiétant encore, "nous parlons des espèces qui bénéficient le plus d'efforts de conservation, les vertébrés, et pas des insectes ou des mollusques".

"Cela nous renvoie aux principales menaces en métropole : l'aménagement du territoire qui reste incontrôlé et l'intensification des pratiques agricoles", avec des zones uniformes et l'usage important de pesticides, explique le scientifique, appelant à "changer de braquet". "Les dégradations de la nature restent bien plus fortes que tous les efforts qu'on peut déployer", avertit Florian Kirchner, qui voit pourtant "deux sources d'espoir : l'opinion est en train d'évoluer et il y a des bonnes nouvelles" dans la protection des espèces comme dans le cas de la loutre, du bouquetin des Alpes ou du vautour moine.

"Si nous avions plus de données, nous pensons que nous mettrions plus d'espèces dans ces catégories menacées", complète Laurent Poncet, du MNHN. Or, ces espèces quasi menacées sont "une préoccupation importante à avoir, ce sont les menacées de demain, mais ce sont des espèces sur lesquelles on peut encore agir facilement", souligne Laurent Poncet.

Publié dans Nature

Partager cet article