L'inexorable avancée du béton sur la Nature

Publié le par Notre Terre

Tous les 10 ans, l'équivalent d'un département français est "artificialisé". Des sols agricoles souvent fertiles sont transformés en zones commerciales, d'habitation, de loisirs, etc. Avec des conséquences souvent irréversibles.

En France, on estime à près de 10% la surface du territoire artificialisé : les sols artificialisés sont les sols bâtis, revêtus et/ou stabilisés, mais aussi ceux dont la vocation première (naturelle ou agricole) se transforme en se simplifiant ( le passage, par exemple, d'une prairie à une monoculture céréalière). 10%  des sols artificialisés, cela laisse 90% du territoire qui ne l'est pas.  Sauf qu'un peu partout, les maisons individuelles, les zones d'activités, de loisirs ou de commerce se développent avec des conséquences souvent irréversibles : terres qui ne peuvent plus produire, imperméabilisation des sols, perte de bio-diversité.  Ces conséquences sont environnementales et parfois socio-économiques (désertification des commerces de centre ville notamment). 

Prise de conscience 

Le phénomène commence à être étudié, et également une prise de conscience des élus émerge. Notamment sur le sujet précis des zones commerciales en périphérie des villes, qui a déplacé l'activité économique en dehors des centres, amenant une importance vacance des locaux commerciaux dans les cœurs des communes. 

Voici le cas de Peynier, petit village de Provence, au pied de la montagne Sainte Victoire, où le maire souhaite implanter sur 15 hectares une zone d'activité qui va imperméabiliser de la terre à vigne, dont certaines classées AOP.  Des riverains, accompagnés par la Confédération Paysanne notamment, s'y opposent.  Ils estiment que c'est d'abord dans les "dents creuses", ces espaces morcelés non utilisés et dans la continuité du village, qu'il faudrait construire.


L'UNAM, qui regroupe les aménageurs privés en France, dénonce le double discours d'un gouvernement qui voudrait limiter l'artificialisation des terres, tout en promouvant une politique de construction de logement.  Mais il apparaît que l'essentiel des sols qui se retrouvent artificialisés le sont pour d'autres raisons que pour se loger, c'est ce que nous apprennent des chercheurs de l'IDDRI.  Ils étudient les causes et les conséquences de cette artificialisation sur la bio-diversité notamment.


Europa-City, un projet pharaonique, une artificialisation emblématique

C'est un projet emblématique, au cœur du triangle de Gonesse, une trouée de 700 hectares de terres agricoles entre les aéroports du Bourget et de Roissy : Europa City.  Porté par la filière immobilière du groupe Auchan et le géant du parc de loisir chinois Wanda, le projet compte bien utiliser ce foncier agricole disponible pour y installer un nouveau centre. Mais les opposants d'Europa City sont de plus en plus nombreux. "Utilisons ces terres agricoles pour imaginer l'agriculture de demain aux portes de la ville " plaide notamment le groupement CARMA, qui propose un projet alternatif.


Source : France Culture

Partager cet article

La consommation de viande rouge accroit significativement le risque de cancers multiples

Publié le par Notre Terre

Si l’on sait aujourd’hui que la consommation de viande rouge et de charcuterie est associée à un risque accru de cancer colorectal, qu’en est-il des autres localisations de cancer ? Une nouvelle étude, réalisée grâce aux données des volontaires participant à la cohorte NutriNet-Santé,  met en lumière un effet potentiellement plus global de cette consommation.


A l’issue de méta-analyses, les instances internationales d’expertise collective - notamment le Centre international de recherche sur le cancer (agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé), le World cancer research found, et l’Institut national du cancer en France - ont conclu que le risque de survenue du cancer colorectal est augmenté par la consommation excessive de viande rouge et de charcuterie. C’est en se fondant sur cet état des lieux que le Haut conseil de santé publique recommande, depuis avril dernier, de limiter la consommation de viande rouge (bœuf, veau, porc, agneau, sanglier...) à moins de 500 g par semaine et celle de charcuterie à moins de 150 g par semaine.
Viande rouge et charcuterie impliqués dans d’autres types de cancers ?

L’impact de la consommation de viande rouge et de charcuterie est-il néanmoins limité à la survenue des cancers colorectaux ? Quelques études portant sur d’autres types de cancer permettent d’en douter. En particulier, en s’appuyant sur les données de la cohorte SU.VI.MAX, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) a observé, en 2014, un effet significatif de la consommation de charcuterie sur l’incidence du cancer du sein. Cette cohorte de 13 000 personnes était initialement destinée à étudier l’impact d’une supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants sur la santé. "Notre étude a porté sur les quelques 4 700 femmes de SU.VI.MAX, précise le Dr Mathilde Touvier*. Nous voulions progresser sur la question, en effectuant des analyses sur une cohorte plus importante qui nous permettrait d’identifier des impacts éventuels sur d’autres types de cancer".

Aujourd’hui, ces chercheurs publient les résultats d’une étude réalisée sur la cohorte NutriNet-Santé, comprenant 61 476 personnes et plus de 1 600 cas de cancers incidents entre 2009 et 2015. Destinée à étudier les effets de l’alimentation sur la santé des Français, NutriNet présente l’avantage de fournir des informations très précises sur les pratiques alimentaires des participants. Ces derniers indiquent en effet tous les 6 mois le détail de leurs consommations alimentaires sur 3 jours (tous les aliments et boissons ingérés ainsi que la taille des portions). Une table de composition permet de convertir ces consommations d’aliments en apports nutritionnels.

Les résultats publiés dans l’International Journal of Cancer montrent que le risque de développer un cancer du sein augmente avec la consommation de viande rouge, et que cette association existe de manière plus générale sur le risque de cancer au global. Ainsi, les 20% de personnes consommant le plus de viande rouge (près de 100g/jour en moyenne) voient leur risque de développer un cancer augmenter de 30% par rapport aux 20% qui en mangent le moins (40g par jour en moyenne).
Une alimentation riche en anti-oxydants comme antidote ?

Un autre enseignement de l’analyse de la cohorte SU.VI.MAX a été que la supplémentation en antioxydants pourrait compenser, au moins en partie, l’impact de la consommation de viande rouge et de charcuterie sur la survenue de cancer. Ainsi, aucun lien n’est trouvé entre la consommation de viande rouge et le cancer du sein chez les femmes ayant reçu une supplémentation en antioxydants. En revanche, dans le groupe ayant reçu un placebo, ce lien est observé et linéaire : plus la consommation est importante, plus le risque est élevé. Ce résultat concorde avec les effets protecteurs des antioxydants obtenus chez la souris par les chercheurs de l’Inra (unité Toxalim à Toulouse).

L’objectif des chercheurs de l’EREN est maintenant de définir si une alimentation naturellement riche en antioxydants offre également cet effet protecteur. Pour cela, les chercheurs entreprennent en premier lieu de construire un indicateur du potentiel antioxydant de l'alimentation, à partir de la description faite par les participants de leurs consommations alimentaires. Cet indicateur permettra ensuite de tester l’impact d’une alimentation riche en antioxydants sur le risque de cancer associé à la consommation de viande.

Partager cet article

Glyphosate : Monsanto attaque la Californie en justice

Publié le par Notre Terre

L’Etat est poursuivi par la multinationale et des fédérations d’agriculteurs pour avoir classé le pesticide Roundup comme cancérigène.

Nouvel épisode dans la bataille du glyphosate . L’entreprise Monsanto et des fédérations agricoles américaines ont porté plainte contre la Californie mercredi afin que l’Etat n’émette pas d’avertissement sur les risques de cancer associés à des produits contenant le fameux herbicide.

L’Etat américain fait figurer le principal composant de l’herbicide Roundup produit par Monsanto sur sa liste de produits chimiques cancérigènes depuis juillet et exigera que les produits en contenant mentionnent l’avertissement d’ici juillet 2018.

La Californie a pris cette décision après que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a conclu en juillet 2015 que le glyphosate était « probablement cancérigène ». Une conclusion d’autant plus inquiétante qu’une étude a récemment démontré que le taux de glyphosate dans l’organisme avait  doublé en vingt ans chez les Californiens .
Un autre herbicide incriminé

Les autorités sanitaires californiennes, représentées par l’Office of Environmental Health Hazard Assessment (OEHHA), cité dans la plainte, ont dit qu’elles s’en tenaient à leur décision, estimant avoir suivi toutes les procédures légales adaptées.

Monsanto et les fédérations nient que le glyphosate soit cancérigène et arguent que l’avertissement imposé par la Californie obligerait les revendeurs de produits contenant le composant à diffuser une fausse information.

En tout état de cause, la controverse est une nouvelle pierre dans le jardin de Monsanto, qui a déjà quelques problèmes avec un autre herbicide conçu à partir d’un composé chimique appelé dicamba, auquel des agriculteurs imputent les destructions causées à leurs récoltes cet été. Si bien que  l’Arkansas songe à interdire le produit .

Le groupe américain, racheté par l’allemand Bayer pour 63,5 milliards de dollars, a développé ce produit pour remplacer le glyphosate, moins efficace face à de mauvaises herbes devenues plus résistantes.
L’Europe toujours indécise

Certains produits contenant des quantités de glyphosate jugées acceptables, jouissant du label « Pas de risque important » (No Significant Risk Level, NSRL) pourraient éventuellement être vendus sans avertissement, suivant une proposition à l’étude en Californie, a déclaré Sam Delson, un porte-parole de l’Etat.

Les pays de l’Union européenne (UE) ne sont pas parvenus jeudi dernier à s’accorder sur la prolongation de cinq ans de la licence du glyphosate, lequel a déclenché un débat d’experts en Europe à la suite de résultats d’études contradictoires.

La licence actuelle d’utilisation du glyphosate expire le 15 décembre. Faute d’accord entre les gouvernements, la Commission européenne sera amenée à se prononcer.

Source Reuters

Partager cet article

HISTORIQUE : 15 000 scientifiques signent un appel contre la dégradation de la planète

Publié le par Notre Terre

15 000 scientifiques de 184 pays signent un appel contre la dégradation de l’environnement. Cet appel d'une ampleur sans précédent se base sur l'analyse de 9 indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016.

 

Dans la revue Bio Science, ce lundi 13 novembre, 15 000 scientifiques du monde entier alertent sur la dégradation sans précédent de l’environnement. Cet appel se fonde sur l'analyse de neuf indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016. Cet appel scientifique fait suite à celui de 1992, dans le contexte du Sommet de la Terre de Rio. Les indicateurs d'aujourd'hui reprennent ceux d'il y a 25 ans en poursuivant leur évolution jusqu'en 2016.  

La suite de cet article sur France Culture avec des témoignages audio :

https://www.franceculture.fr/environnement/alerte-de-15000-scientifiques-leurs-9-indicateurs-de-degradation-de-la-planete-analyses?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

 

Partager cet article

Les forêts régulent notre climat planétaire

Publié le par Notre Terre

A l'occasion de la 23e Conférence des Nations unies sur le climat, qui a débuté le 6 novembre à Bonn, le journal «Libération» publie une série d'interviews-solutions pour limiter le changement climatique. Voici celle de Deborah Lawrence :

Deborah Lawrence est professeure en sciences environnementales à l’Université de Virginie, aux Etats-Unis. Parcourant le monde, du Costa Rica à l’Indonésie, elle étudie depuis vingt-cinq ans les puissants pouvoirs des arbres dans l’écosystème climatique planétaire.

 

Quels sont les secrets des forêts pour lutter contre le changement climatique ?

Ce que beaucoup de gens savent déjà est que les forêts retiennent des tonnes de CO2. Mais ce qu’on ne réalise pas, c’est que ce stockage s’accroît d’année en année. Les arbres accumulent du CO2 tous les ans, dans leurs branches, leur tronc, dans le sol. C’est extrêmement important parce qu’actuellement, les puits de carbone terrestres, y compris les forêts, capturent 30% de ce que nous émettons comme CO2. Elles freinent le changement climatique depuis deux cents ans. Et seront d’une immense importance dans les cinquante prochaines années.

Pourquoi ?

Parce que nous avons besoin maintenant d’«émissions négatives» pour limiter l’emballement climatique. Pour cela, nous devons enlever du CO2 de l’atmosphère. Et c’est justement ce que font les forêts. En réalité, elles sont le seul moyen, vraiment prouvé, de séquestrer du carbone. Et elles le font très bien.

Seulement les forêts tropicales ?

Non, toutes les forêts, mais celles des tropiques ont de très grandes capacités pour le faire. Et elles grandissent toute l’année.

Quels sont leurs autres atouts ?

Elles ont le pouvoir de réguler le climat. Les forêts prennent l’énergie du soleil et l’utilisent pour faire circuler de l’eau : cela semble magique. Il faut considérer les forêts tropicales comme une ceinture autour de l’équateur. C’est l’endroit où la Terre reçoit les radiations solaires les plus puissantes. Les forêts utilisent cette énergie solaire pour transporter d’énormes quantités de pluies – il y en a beaucoup dans ces régions – du sol, à travers les arbres, jusqu’à l’extrémité des feuilles, à travers de petits trous. Cela tombe du ciel, donc sous forme d’eau liquide, et ressort en vapeur. Ce phénomène refroidit l’air au-dessus de la canopée, de la forêt, dans toute la région, et finalement dans toute la planète.

Quel impact aurait une destruction totale des forêts tropicales ?

On verrait automatiquement une hausse des températures mondiales. Cela modifierait aussi les quantités de précipitations. Plus de chaleur et moins d’eau : la production alimentaire en souffrirait beaucoup.

Comme le climat est un écosystème, ce qui se passe dans les tropiques peut affecter d’autres régions du monde. En Asie de l’Est, dans le sud de la Chine, aux Etats-Unis, des endroits où on produit beaucoup de nourriture, on pourrait voir une forte baisse des pluies, si on déforeste les tropiques.

Que faut-il faire pour empêcher cela ?

Tout simplement, couper moins d’arbres, en replanter là où il n’y en a plus depuis longtemps. Nous ne pouvons pas limiter la hausse des températures en dessous de 2°C, comme le prévoit l’accord de Paris, sans protéger nos forêts. Elles sont des outils inestimables dans la lutte contre le changement climatique.

 

Partager cet article