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Alibaba, le géant chinois du Web, va s'implanter en Gironde

Publié le par Notre Terre

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En Gironde, le géant chinois du web, Alibaba a pour projet de construire 71.000 mètres carrés de bâtiments sur 19 hectares. Une véritable hécatombe environnementale et sociale !

Un projet d'envergure

En juin 2019, le conseil de la communauté de communes du Val-de-l'Eyre approuvait à l'unanimité le projet d'une plateforme logistique du géant chinois Alibaba dans la zone Sylva 21 à Belin-Béliet en Gironde. 19 hectares de terres seraient ainsi artificialisés et 71 000 mètres carrés de locaux seraient construits.

Conscient que le e-commerce divise l'opinion publique, le mastodonte chinois a adopté une stratégie redoutable pour pouvoir s'implanter dans le secteur. Celle-ci vise à ne pas apparaître dans les documents d'achat du terrain. Alibaba a alors fait appel à une entreprise intermédiaire, la société PRD, pour être son promoteur, son investisseur et son aménageur.

Par ailleurs, le fait de s'implanter directement dans les communes et non en périphérie est une stratégie pour devancer le moratoire gouvernemental qui se concentre sur l'abord des villes.

Une future pollution et artificialisation des espaces naturels

À la suite du vote de ce projet, le collectif "Touche pas à ma zone humide" s'est créé. Celui-ci mène tout d'abord une lutte écologique contre cette implantation. En effet, la construction de ces locaux provoquerait une pollution de l'air, visuelle et sonore et le rattachement de la nappe phréatique entraînerait un assèchement, un stress hydraulique et une évacuation de l'eau dans la Leyre. Cette pollution serait aussi engendrée par les camions de transport des matériaux, des inondations, ou encore des incendies.

Par ailleurs, ce projet entraînerait une artificialisation des sols et des espaces naturels présents dans cette zone. En France, 236 hectares d'espaces naturels sont artificialisés chaque jour, en sachant que 90 % de ces sols sont encore fertiles. En 50 ans, 7 millions d'hectares ont ainsi été bétonnés ! Un véritable fléau quand on sait que les zones humides sont particulièrement riches en biodiversité.

Des emplois détruits dans le commerce de proximité

Ce collectif mène également une lutte sociale étant donné que les habitants ne croient pas à la promesse de milliers d'emplois crées par Alibaba. La crise sanitaire mondiale a tout de même rappelé l'importance aux habitants du commerce de proximité et que ces 19 hectares de terrain communal pourrait être utilisé différemment.

Un projet qui ne fait pas l'unanimité

Enfin, le combat de ce collectif est politique car il souligne en effet le fait que la décision de réalisation de ce projet n'est pas unanime. Le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine s'y est lui opposé et est même allé jusqu'à proposer un moratoire général sur ces projets de plateforme des géants du e-commerce.

Le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine :

(Le projet) est en contradiction avec des politiques régionales en matière de biodiversité et avec la volonté de définir une transition globale et ambitieuse vers une économie durable, permettant de lutter contre le changement climatique, sachant que la Région sera un des territoires les plus impactés de France.

Cette région n'est cependant pas la seule à être confrontée à cette situation. Même si une vague de refus à l'égard du e-commerce commence à émerger (la maire et Présidente de la Métropole de Nantes s'est vigoureusement opposée à l'implantation d'Amazon), des communes y voient des intérêts financiers. Deux entrepôts d'Amazon sont ainsi en projet à Ensisheim en Alsace et à Belfort.

Source : auroremarket.fr

Publié dans Pollution, Habitat, Nature

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Le constat sur Terre

Publié le par Notre Terre

Cette vidéo vous présente la situation tragique en cours dans le monde, ces données sont factuelles. Actuellement, nous sommes non seulement dans la 6e extinction massive mais aussi dans la 1ère extermination globale de la vie sur Terre. La fin du monde dans le sens de la diversité du vivant est probable. Les accords de la COP21 de Paris sont très insuffisants pour sauver le monde de plus qu’ils ne sont pas respectés : en 2010, les émissions de CO2 atteignaient 30 milliards de tonnes par an, en 2019, nous en sommes à 41 milliards de tonnes par an.

Récemment, d’après les scénarios les plus pessimistes, une augmentation de +7°C est envisageable tandis que le scénario le plus optimiste prévoit une augmentation de +2°C pour 2100, ce qui n'est pas anodin.
Il est temps de repenser le monde, de ne plus voir la nature comme une ressource à exploiter, de revoir notre manière d’habiter l’espace et notre gestion des ressources qui nous sont léguées.

Publié dans Nature, Pollution, Habitat

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Sauvez-moi ou crevez avec moi

Publié le par Notre Terre

Sauvez-moi ou crevez avec moi

On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé. "

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CLIMAT : la frange la plus riche n'agit pas car elle pense qu’elle s’en sortira

Publié le par Notre Terre

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"Nous sommes à l’aube de la barbarie climatique", prévient la journaliste et essayiste Naomi Klein

Le changement climatique constitue un immense défi économique, social mais aussi moral. C'est ce qu'explique Naomi Klein, la journaliste et essayiste engagée canadienne dans son nouveau livre "Plan B pour la planète : le new deal vert" (éd. Actes Sud). Alors que le monde est au bord de la barbarie climatique, exacerbée par la montée des populismes, elle défend un plan de sauvetage qui embrasse toutes les crises, climatique, sociale, migratoire...
Le nouvel essai de la journaliste militante canadienne, Naomi Klein, aborde un sujet jusque-là peu traité : celui du défi lancé par le changement climatique à notre sens moral. "Comment nous comporterons-nous face aux réfugiés climatiques qui débarqueront sur nos rivages dans des embarcations de fortune ? Reconnaîtrons-nous que c’est nous qui avons engendré la crise qu’ils fuient ou érigerons-nous des forteresses toujours plus high-techs tout en adoptant des lois anti-migrations encore plus draconiennes ?", interroge-t-elle dans son livre.  

D’ores et déjà des milliers de migrants se noient en Méditerranée, dans l’indifférence la plus totale, d’autres meurent dans le désert d’Arizona ou sont placés dans des centres de détention, séparés de leurs familles. Des déplacements dans lesquels le facteur climatique joue un rôle important. Elle cite aussi la réaction des Anglais après avoir subi des inondations en 2015. "Oubliez l’aide internationale", pouvait-on lire dans le Daily Mail. "Avec le changement climatique, la laideur morale gagne aussi sacrément du terrain", écrit-elle.

"La frange la plus riche n'agit pas car elle pense qu’elle s’en sortira"

Pour l’auteure, crise climatique et montée des nationalismes et du suprémacisme blanc vont de pair. Naomi Klein s’inquiète ainsi des "théories sur la supériorité raciale à peine voilées" qui reviennent en force dans certaines franges des mouvements climato-sceptiques, "annihilant toute empathie". "La victoire de Trump est celle de la haine de l’autre, les migrants, les musulmans, les Noirs, les femmes" cite-t-elle comme exemple. Elle évoque également l’émergence d’un écofascisme où ce n’est plus la crise climatique qui est niée mais la responsabilité des Etats pollueurs envers les pays pauvres.

Pour elle, c’est cette théorie de l'altérisation qui a permis de justifier pendant des années le sacrifice de nations entières, d’écosystèmes, de peuples. "L’irresponsabilité climatique aurait été impossible sans l’existence d’un racisme institutionnalisé bien que latent, sans tous ces leviers très efficaces qui permettent aux puissants de négliger les vies des plus faibles qu’eux." "Si on laisse faire, c’est que la frange la plus riche des pays les plus riches du monde pense qu’elle va s’en sortir, que quelqu’un d’autre qu’elle supportera les plus gros risques", lance-t-elle.

Un New deal vert qui embrasse toutes les crises

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C’est pour lutter contre ce qu’elle qualifie de "racisme environnemental" qu’est né le mouvement pour la justice climatique. Celui-ci plaide en faveur d’un "nouveau paradigme civilisationnel qui ne repose pas sur la domination de la nature et des plus faibles". "Ce que le changement climatique remet en question de façon si radicale, c’est la mentalité expansionniste, extractiviste, qui a si longtemps gouverné notre relation à la nature et aux autres", écrit-elle. Naomi Klein appelle ainsi à mettre fin à l’économie du gig (petits boulots flexibles) et du dig (extraction).

Le plan de sauvetage qu’elle défend est le New deal vert, porté notamment par la démocrate américaine Alexandria Ocasio-Cortez. Il s’attaque à la fois aux questions environnementales, sociales, économiques, aux injustices raciales et aux inégalités entre les sexes. Le projet s’articule autour de sept axes : des investissements publics massifs dans les infrastructures, une planification qui implique les citoyens, une régulation des entreprises, une relocalisation de la production, la fin du culte du shopping (pour les plus riches) et la taxation du CO2 et de la spéculation financière.

"Il s’agit de rompre avec toutes les règles inhérentes au libre-échange", résume en une phrase Naomi Klein, car "le capitalisme n’est qu’une petite anomalie passagère dans le récit collectif de notre espèce", veut-elle croire. Ce chantier de grande ampleur fait référence au New deal de Roosevelt réalisé en une décennie dans les années 30 aux États-Unis. "Plus les gens se sentiront en sécurité (sur l’emploi, la santé, l’éducation, le logement…), moins ils seront vulnérables aux forces de la démagogie raciste qui se nourrit des peurs inhérentes à toute période de changement", assure la journaliste militante. "La foi inébranlable en l’égalité des droits pour tous et notre aptitude profonde seront les seuls remparts de l’humanité face à la barbarie" conclut-elle.

Publié dans Habitat, Nature, Pollution

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