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L'ex-RDA 25 ans plus tard, championne de la biodiversité

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En quelques mois, alors que la RDA se délitait, une poignée de militants se sont mobilisés pour la doter d'un ambitieux programme de parcs nationaux et réserves, qui permet à l'est de l'Allemagne d'afficher aujourd'hui une impressionnante bio-diversité.


La Schorfheide, à 80 km au nord-est de Berlin, est l'une de ces zones priviligiées. Y vivent «8% des couvées d'aigles pomarin du pays, c'est l'endroit d'Allemagne avec le plus de libellules», se réjouit Martin Flade, directeur de la réserve de biosphère Schorfheide-Chorin.

Jusqu'en 1989, ses 1.300 kilomètres carrés servaient de réserve de chasse aux cadres du parti communiste (SED) au pouvoir en Allemagne de l'Est. Les habitants de la région n'y avaient pas accès. Erich Honecker, qui dirigeait la RDA, y amenait ses invités, souvent étrangers, raconte M. Flade, exhibant des photos du secrétaire général du SED devant des rangées de cadavres de cervidés.


L'Ouest avait beau se complaire dans l'image d'une RDA polluée par l'industrie chimique, l'Allemagne de l'Est comptait de vastes territoires de nature préservée et son lot d'activistes environnementaux. L'engagement pour la nature, toléré car «en apparence pas subversif», rapelle M. Flade, était un refuge pour beaucoup de critiques du régime.

Dans les mois qui ont suivi la chute du Mur, le 9 novembre 1989, ces activistes avaient une fenêtre de tir étroite pour s'assurer que la nature ne serait pas la grande perdante du bouleversement politique en cours.


- «Chance historique» -


«Ils y travaillaient depuis des années, et ils ont utilisé une chance historique», se souvient Gabriel Schwaderer, président de l'association de protection de l'environnement Euronatur.

Lors de son tout dernier conseil des ministres, le 12 septembre 1990, le dernier gouvernement d'une RDA, en état de mort clinique, a validé la création de parcs et réserves représentant 4,5% de la surface de la république communiste. Anciens domaines de chasse mais aussi terrains d'essais militaires délaissés en faisaient partie.


Le contrat de Réunification, signé le 3 octobre 1990, a repris à son compte la création de ces espaces.

Les artisans du projet, le dernier ministre de l'Environnement de RDA en tête, avaient les mains libres: dans la masse de problèmes à régler, la protection de la nature n'était pas la priorité. Ils purent ainsi faire passer des règlements très contraignants pour les territoires concernés.

«Aujourd'hui on n'arriverait plus à imposer des choses comme ça», reconnaît M. Flade, car des intérêts économiques ou des considérations de politique locale prévaudraient, selon lui.


A Schorfheide-Chorin, les statuts prévoient qu'à terme toute l'agriculture de la zone soit bio. Ailleurs, ont cours de strictes interdictions de construire ou des exigences drastiques dans la gestion des espaces forestiers. Résultat, «la nature est beaucoup plus riche à l'Est qu'à l'Ouest, encore aujourd'hui», selon M. Schwaderer.


- Ceinture verte -


Les lacs se sont remis des dégâts causés par l'industrie chimique et de la pisciculture à outrance. Venant d'ex-RDA, certaines espèces comme les castors ont refait leur apparition à l'Ouest. Récemment un élan s'est égaré dans un immeuble de bureau à Dresde...

Le Rideau de fer, qui a divisé l'Allemagne 40 ans durant, a été pour la nature «une aubaine», explique Burkhard Vogel, directeur de l'antenne de Thuringe de l'association de protection de l'environnement Bund.

Sécurisée de part et d'autre, la zone tampon entre les deux Allemagne était, et est toujours, un refuge pour nombre d'espèces.


«Dès les années 70 les activistes de Bund en RFA observaient cette zone à la jumelle et voyaient qu'il y avait par exemple des biotopes pour les tariers des prés comme nous n'en avions plus depuis longtemps», raconte M. Schwaderer.

Dès la Chute du Mur, en marge du programme de création des parcs nationaux, Bund s'est mobilisée pour préserver cet espace, sous le nom de «Ceinture verte», d'abord allemande puis européenne.

Aujourd'hui la «Ceinture verte», espace protégé, court sur 12.500 kilomètres et passe dans 24 pays.


Mais la fin du communisme a eu aussi des effets négatifs pour la nature, tempère M. Vogel. «En dehors des espaces protégés la situation a même empiré», regrette-t-il, dénonçant la construction à grande échelle d'infrastructures routières qui étaient restées peu développées à l'Est.

 

AFP

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L'Europe signe un accord historique sur les gaz à effet de serre

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Emissions de Co2 d'origine industrielle en Europe entre 1990 et 2007

 

L'Europe met les gaz. Vendredi, les 28 Etats de l'Union européenne a trouvé un accord vendredi sur son plan climat prévoyant une réduction d'au moins 40% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Une décision historique.

«Accord du Conseil européen sur une politique énergétique et de climat la plus ambitieuse au monde», a écrit le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur son compte Twitter. Les nouveaux objectifs «vont tous dans la même direction: nous permettre d'avoir une énergie plus verte, meilleure marché et dont l'approvisionnement a été sécurisé», a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

 

L'Europe lance un appel

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a invité «les autres grandes économies à rejoindre l'UE dans ces engagements ambitieux» avant la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015. L'UE prévoit notamment de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport au niveaux de 1990. Elle s'était jusqu'ici donné pour objectif de réduire ses émissions de 20% d'ici 2020.

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement se sont aussi entendus sur deux autres objectifs: porter la part des énergies renouvelables à 27% de la consommation (contre 14% aujourd'hui) et faire 27% d'économies d'énergie par rapport à 1990, a précisé Van Rompuy. Le premier est contraignant au niveau de l'UE, pas le second. Les Européens, poussés notamment par l'Espagne et le Portugal, ont aussi décidé d'augmenter les objectifs d'«interconnexions» entre réseaux électriques au sein de l'Union, pour les porter à 15%.

Les leçons de l'Ukraine et du Moyen-Orient

«C'est une bonne nouvelle pour le climat, les citoyens, la santé et les négociations internationales sur le climat à Paris en 2015», a dit Van Rompuy, assurant que cela créerait «des emplois durables» et de la «compétitivité». «Avec la crise en Ukraine et les troubles au Moyen-Orient, il est devenu très clair à quel point il est urgent et vital de réduire la dépendance énergétique de l'Europe», a rappelé Van Rompuy.


«L'Europe montre l'exemple», s'est félicité le président français, François Hollande. «Nous avons réussi à mettre sur pied un cadre décisif pour donner une voix à l'Europe dans les négociations internationales sur le climat», a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel. Le plan du nouveau président de la Commission Jean-Claude Juncker, qui prévoit d'investir 300 milliards d'euros dans l'économie, «est indissociable de ce que nous venons de décider aujourd'hui», a souligné Hollande.

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"L'Açaï" : le fruit qui sauvera peut être l'Amazonie

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Un large couteau entre les dents, le jeune homme embrasse le tronc, plaque ses pieds nus contre l’écorce et grimpe en quelques bonds jusqu’au sommet du palmier, vingt mètres plus haut. Le «subidor» (grimpeur) tranche la tige du régime de baies puis glisse jusqu’au sol, son butin à la main.


Perdu au bout d’une piste de terre, au cœur de l’Etat brésilien de l’Acre, le hameau de Senibu parie sur la cueillette de l’açaï pour éviter la déforestation de l’Amazonie. Le palmier qui fournit ce fruit violet foncé, énergisant et antioxydant, pousse naturellement dans la forêt millénaire. Des écologistes, dont l'organisation WWF-Brésil, le valorisent pour dissuader les petits agriculteurs de déboiser.

«Avant, on brûlait les arbres pour créer des parcelles et semer du maïs ou des haricots», explique Doraci Pereira de Lima, un agriculteur, en montrant des souches calcinées au milieu d’un champ de manioc. «Depuis que l’açaï se vend à bon prix, on ne déboise plus. La forêt est devenue une source de revenu», poursuit-il.


 

Avec 4,2 millions de km2 de forêt amazonienne, le Brésil abrite 67% de cette immense réserve d’eau douce et de biodiversité, selon le ministère de l’Environnement. Au cours de la seule année 2013, une surface d’arbres équivalente au département du Gard (5.800 km2), dans le sud-est de la France, a disparu du territoire brésilien, d’après l’INPE (Institut national de recherches spatiales).

Dans la seule région de l’Acre, 12.000 km2 d’arbres ont disparu entre 1988 et 2011 – plus que la superficie du Qatar. Au cœur de ce qui est officiellement l’Amazonie se succèdent des collines aussi rases que des terrains de golf, maculées des taches blanches du bétail. Le trafic de bois et l’agriculture s'en partagent la responsabilité.

 

 


«Pour préserver la forêt, il faut sensibiliser les habitants, mais aussi leur proposer des alternatives viables à l’élevage ou au manioc. C’est la survie de leur famille qui est en jeu!», explique à l'AFP Andrea Alechandre, chercheuse en ingénierie forestière à Rio Branco.

L’IDH (Indice de développement humain) de l’Acre est l’un des plus bas du Brésil.

Depuis que le sorbet d’açaï, ultra-énergisant, est devenu à la mode dans les villes d’Amazonie, mais aussi sur les plages de Copacabana ou d’Ipanema à Rio de Janeiro, les agriculteurs en retirent un bien meilleur prix. «Nous le vendons 5 réais le litre (1,7 euro), au lieu de 2 réais il y a quelques années», note Doraci Pereira de Lima.


Sa production reste pourtant très artisanale: l’agriculteur égrène les grappes à la main, transporte les fruits dans un baluchon puis les confie à un cousin, propriétaire d’une broyeuse rudimentaire. La machine avale les baies dans un bruit de roulement à billes et recrache un jus épais, couleur de mûre et dont le goût approche celui du cacao amer.


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Le WWF-Brésil s’est fixé comme objectif de «sauver un million d’arbres» entre 2009 et 2016. Renforcer la filière de l’açaï est l’une des stratégies. «Mais le défi est gigantesque: les villages ne sont parfois accessibles qu’en pirogue et les fruits pourrissent au bout de 48 heures», souligne Kaline Rossi, responsable de l’opération au sein du WWF-Brésil.


Malgré les obstacles, les forces s’organisent. Dans une maison de bois sur pilotis, la chercheuse Andrea Alechandre entre dans son ordinateur les coordonnées GPS des palmiers que la famille Pereira a repérés. Elle leur montre également l’invention d’un Géo Trouvetou: un appareil, équipé d’une lame, qui glisse jusqu’au sommet des arbres et pourrait remplacer l’homme dans la périlleuse cueillette des grappes de baies.


«Nous ne savons pas dans quelle proportion augmente la production, faute de statistiques, mais ce qui est sûr, c’est que l’intérêt va croissant. Plusieurs usines de pulpe de fruit ont ouvert dans la région et achètent de l’açaï», assure la chercheuse.

 

 


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La bactérie mangeuse de pétrole

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Une bactérie qui «mange» le pétrole et élimine ainsi les effets de la pollution, tel est la solution miracle sur laquelle planche une équipe de chercheurs en Colombie.


«Nous avons commencé dans les années 90 à étudier cette bactérie et cela fait trois ans que nous l'expérimentons avec de très bons résultats sur le terrain avec les industries pétrolières», a indiqué à l'AFP Jenny Dussan, directrice du Centre d'investigations en microbiologie (Cmit) de l'Université des Andes à Bogota.


Ce micro-organisme, de son nom scientifique «Lysinibacillus sphaericus», a la particularité d'agréger les hydrocarbures et les métaux lourds grâce à une protéine. Une faculté qui lui permet de réduire la molécule de pétrole.

Les recherches sont d'autant plus d'actualité en Colombie que le pays latino-américain, secoué par un demi-siècle de conflit interne, subit une recrudescence de catastrophes pétrolières provoquées par des actes de sabotage de mouvements de guérillas.


Depuis le début de l'année, l'équivalent de quelque 42.000 barils de brut a ainsi été déversé dans la nature, selon des chiffres officiels.

La bactérie, cultivée par les scientifiques colombiens, devrait contribuer à décontaminer l'eau et les sols et y permettre le retour de la vie végétale et animal.

«Les essais avec ce micro-organisme ont donné des résultats surprenants sur des terrains affectés cette année par des attentats contre l'industrie pétrolière», assure Mme Dussan. Selon la directrice du Cmit, «l'efficacité est de 95% au bout de deux à trois mois».


Autre avantage du «Lysinibacillus sphaericus»: il s'attaque aux moustiques porteurs de maladies tropicales comme la malaria, la dengue, le chikungunya ou la fièvre jaune, en produisant des toxines mortelles pour les larves de ces insectes.

C'est d'ailleurs l'usage initial de cette bactérie découverte au début du XXe siècle puis popularisée à cette fin depuis les années 80 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

 


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Le composteur collectif nouvelle génération

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Un abribus ? Un conteneur ? Une œuvre d’art ? L’équipement inauguré samedi au cœur du quartier Malakoff a intrigué plus d’un riverain. Il faut dire qu’avec ses 4 m de haut, son revêtement en métal galvanisé et son allure d’engin spatial, ce composteur collectif ne ressemble en rien aux habituelles cabanes en bois à compost que l’on installe d’ordinaire dans les espaces verts. Capable de transformer les déchets organiques de cuisine d’une quarantaine de familles, il a été pensé pour «s’intégrer au mieux dans un paysage très urbain» .

Un mobilier urbain comme un autre

«On l’a rendu le plus compact possible pour limiter son emprise de sol, explique Victor Massip, co-gérant de l’agence de design nantaise Faltazi, qui a dessiné l’engin. L’idée est de prouver qu’un composteur peut avoir sa place en pleine ville, qu’il est un mobilier urbain comme un autre.» Non odorant, le prototype, qui intègre quelques innovations (dispositif d’aide au retournement) ainsi qu’un auvent-récupérateur d’eau, aura coûté environ 100.000 euros, financés par l'association Compostri, l'agence Faltazi, le chantier  d'insertion Atao grâce à des subventions de Nantes métropole et de l'Ademe.

Ouvert une fois par semaine

Géré par les habitants inscrits, il sera accessible une fois par semaine, le samedi matin. «Cela permet aux gens de se rencontrer, d'échanger autour d’un prétexte. Cela évite aussi au compost d’être souillé par de mauvaises pratiques», explique Victor Massip. «Cet outil est une superbe vitrine pour la pratique du compostage, se réjouit Pascal Retière, directeur de Compostri, qui pilote le projet. Il faut maintenant que les habitants se l’approprient. Puis, à terme, on peut très bien en imaginer d’autres, y compris en centre-ville, si les élus sont d’accord.»

Nantes dispose déjà de 120 composteurs collectifs de quartier supervisés par Compostri. Le premier avait été installé en 2007.

 

 


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