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Village Nature : quand Mickey Mouse devient écolo

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Manuel Valls a posé jeudi la première pierre du chantier des «Villages Nature», apportant son soutien à ce gigantesque concept de destination «éco-touristique» qui doit ouvrir en juillet 2016 à côté de Disneyland Paris, au sud-est de la capitale française.

 

Le chantier, installé entre deux forêts domaniales de Seine-et-Marne, est censé créer un lieu de loisirs conçu en forme de «cité végétale» et centré sur la nature, avec hébergements en cottages et appartements, parc aquatique, lagon extérieur, jardins suspendus, immeubles à l'architecture végétale, ferme bio, forêt «sportive», commerces...


La première phase de ce programme commun des groupes Pierre et Vacances et Euro Disney, qui brandit la thématique du développement durable, concerne 175 hectares et un investissement d'environ 500 millions d'euros. Si la phase ultime se concrétise, d'ici une décennie, le site pourrait couvrir au final jusqu'à 500 hectares et représenter deux milliards d'euros d'investissements.

C'est le plus grand projet de «resort» touristique en Europe. Il cible d'ailleurs largement la clientèle européenne, et espère un demi-million de visiteurs dès sa première année d'exploitation.


Pour M. Valls, qui s'exprimait sur le chantier du site à Villeneuve-le-Comte en Seine-et-Marne, ce projet classé Opération d'intérêt national (OIN) est «un exemple de ce qui doit être fait pour concilier l'économie et l'écologie, le développement de nouvelles activités et la protection de la nature».

Dominique Cocquet, directeur général de Villages Nature, explique qu'il s'agit là d'«écrire une nouvelle page en matière de tourisme, qui prenne en compte les grands défis environnementaux du XXIe».

«On est dans la modernité. Ce n'est pas la campagne ou un bout de safari», dit-il.


Aux yeux du Premier ministre, «cette offre de loisirs plus en retrait, plus proche de la nature, correspond bien aux aspirations de notre époque». M. Valls a salué le fait qu'il y ait eu un «premier grand débat national pour un projet touristique», estimant que, «de ce point de vue là, ce projet est également exemplaire».

Dix ans de gestation, sept enquêtes publiques et «aucun recours» malgré certains bémols écologistes: les élus locaux et régionaux et les promoteurs présents jeudi se congratulaient.


Au moment où plusieurs autres grands projets en France sont contestés, parfois violemment -- aéroport de Notre-Dame-des-Landes, barrage de Sivens, Center Parcs en Isère... -- Manuel Valls en a profité pour dénoncer la «prise en otage» pratiquée selon lui par des opposants à certains de ces chantiers en France, qualifiés par Europe Ecologie-les Verts (EELV) de «grands projets inutiles».


Pour développer le projet Villages Nature, environ 60 millions d'euros d'argent public doivent être injectés, dans la voirie et les infrastructures en priorité.

Un engagement conséquent, justifié selon les élus par l'argument économique de l'emploi et de «l'attractivité» de la destination, qui va attirer des devises.

La première phase de Villages Nature, à elle seule, doit permettre la création de 2.000 emplois dans le bâtiment et 1.600 emplois directs pour l'exploitation touristique, a souligné Gérard Brémond, le président de Pierre et Vacances/Center Parcs.


Pour Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile-de-France, «ce projet est un peu du trois en un: bon pour l'emploi, bon pour l'environnement et bon pour l'égalité des territoires», a-t-il dit.

Le député de Seine-et-Marne Christian Jacob a pour sa part interpellé le Premier ministre sur le fait que certains aménagements promis pour améliorer des infrastructures à proximité du site se font attendre.

Dans un premier temps, un millier de cottages seront implantés autour d'un «Aqualagon» qui devrait devenir l'un des parcs aquatiques couverts les plus grands d'Europe avec ses 11.500 m2.


A l'extérieur, un lagon extérieur de 3.500 m2 sera chauffé en certains endroits par géothermie à plus de 30 degrés. Un projet qui suscite certaines critiques. «Faire de la géothermie pour chauffer un lac, c'est stupide», juge le président des élus écologistes d'EELV d'Ile-de-France, Mounir Satouri.

La géothermie alimentera aussi le chauffage et l'eau des logements, «sans émission de CO2», selon les promoteurs. Villages Nature sera «une destination absolument unique», a promis Tom Wolber, le patron d'Euro Disney.

 

 


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Changement climatique : les grandes puissances industrielles n'arrivent toujours pas à s'accorder

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«Nous n'avons pas de temps à perdre», a lancé le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon en début de journée, alors que les discussions sont parasitées par des sujets historiquement difficiles: la répartition des efforts entre pays développés et en voie de développement, et les garanties sur les aides promises au Sud.


Les travaux sont désormais centrés sur un texte qui doit entériner la forme des «contributions nationales», c'est-à-dire les engagements sur les gaz à effet de serre.

Une décision par consensus doit absolument être adoptée à Lima à ce sujet pour éviter d'avoir, à Paris fin 2015, un accord au rabais. Faute d'avoir instauré des règles communes aux plus de 190 pays membres de la Convention de l'Onu sur le climat, il ne sera pas possible d'évaluer les «contributions» et de mesurer leur ambition globale par rapport à l'objectif de limiter la hausse de la température globale à 2°C.


Le futur accord multilatéral sur le climat doit donner un cadre pour amorcer une réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui augmentent chaque année et qui, à leur rythme actuel, conduisent la planète vers une hausse de 4 à 5°C d'ici la fin du siècle.


Cette perspective étant synonyme de mise en danger de nombreuses populations (sécurité alimentaire, accès à l'eau, recrudescence d'évènements climatiques extrêmes, maladies, submersion de nombreuses côtes, etc.), la communauté internationale s'est donnée comme objectif de limiter à 2°C la hausse du thermomètre mondial par rapport à l'ère pré-industrielle.

«Les conversations sur les contributions se sont déroulées jusque tard dans la nuit mercredi soir avec des progrès limités sur les questions épineuses», a estimé jeudi l'ONG Oxfam international.



«Le débat reste sur la façon d’établir une distinction entre pays et les conséquences que cela a en termes de responsabilité», a indiqué Oxfam. La convention de l'Onu de 1992 reconnaît à deux catégories de pays, les développés et ceux en voie de développement, une «responsabilité commune mais différenciée» dans le réchauffement.


Il y a trente ans, les pays développés avaient une claire responsabilité historique dans le niveau d'émissions des gaz à effet de serre enregistrés depuis le début de la révolution industrielle.

Mais depuis, cette différence s'atténue :la Chine et l'Inde sont actuellement les 1er et 4e plus gros émetteurs. D'où le refus, des Etats-Unis et de l'Union européenne notamment, d'en rester à ce strict découpage qui leur donne plus de devoirs que les autres.


«Une division permanente entre deux catégories établies en 1992 (...) n'a pas de sens dans un monde où les conditions de vie changent rapidement», a estimé mercredi Todd Stern, le négociateur américain.

Concernant la forme des contributions, les débats portent sur la date à laquelle les pays devront annoncer leur engagement en 2015 et sur les informations qu'ils devront fournir (année de référence pour la réduction des émissions, engagement sur 10 ou 15 ans, quelle politique sectorielle pour atteindre leur objectif, etc.).


L'évaluation de ces contributions est un autre point de contentieux, certains pays comme la Chine y étant opposés.

L'élaboration d'un projet de texte devant servir de base aux négociations intermédiaires courant 2015, puis à Paris dans un an, est l'autre grand objectif de Lima.


«Cela est quasiment fait», a assuré Todd Stern, même si le texte inclue à ce stade des points de vue très disparates.

Le secrétaire d'Etat américain était attendu jeudi après-midi à la COP 20 (20e conférence des parties), où il devait rencontrer des ministres de plusieurs pays.


Dans la matinée, Felipe Calderon, l'ex-président mexicain, qui dirige la commission globale sur l'économie et le climat, avait prononcé à la tribune un discours très volontariste, contrastant avec la lenteur des débats techniques entre négociateurs: «Oui, il est possible de s'attaquer au changement climatique et en même temps d'avoir de la croissance», a-t-il lancé, «mais pour cela nous devons prendre des décisions audacieuses et nous devons les prendre maintenant».

 

 


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La sécheresse de Sao Paulo sonne l'alarme pour la planète

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Là où il pêche depuis trente ans, le Brésilien Ernane da Silva ne voit plus que des broussailles et une terre crevassée par le soleil : ce pêcheur de Sao Paulo n'a jamais vu la vallée dans cet état.


Cette région du sud-est du Brésil connaît la pire sécheresse des 80 dernières années. Une situation qui alerte de nombreuses autres villes : la déforestation, les températures plus élevées et l'expansion des centres urbains reproduisent ce désastre aux quatre coins de la planète.

«J'ai été l'un des premiers pêcheurs à arriver ici et aujourd'hui je suis l'un des derniers à y rester», déplore cet homme de 60 ans au milieu du barrage de Jacarei, à Piracaia, à 110 km de Sao Paulo.

«Cela fait 30 ans que je pêche ici. Comment aurais-je pu imaginer qu'un jour il n'y aurait plus d'eau ?», se demande-t-il dans un mélange d'incrédulité et de tristesse.


Ce problème ne touche pas seulement da Silva mais des millions d'habitants de cette région, la plus peuplée et développée du pays.

Coiffé d'une casquette pour se protéger d'un soleil de plomb, il dit avoir abandonné sa maison au bord du barrage. Cette année il a pu pêcher dans des zones plus hautes où il reste de l'eau. Il ne sait pas si cela sera encore le cas l'année prochaine.


 

 

Construit à la fin des années 70, le barrage de Jacarei est l'un des cinq formant le gigantesque système de Cantareira qui approvisionne en eau 45% des 20 millions d'habitants de Sao Paulo et de sa banlieue.

Son niveau d'eau est tombé à un minimum historique.

Les précipitations pendant la saison des pluies (d'octobre à mars) ont été insuffisantes. En novembre, dans les barrages de Cantareira, il est tombé 90 mm contre une moyenne habituelle de 161,2 mm.


«Le manque de pluies a été sévère cette année, accompagné de températures élevées en été comme en hiver, ce qui accélère l'évaporation des barrages», explique à l'AFP le météorologiste Marcelo Schneider. «Et à la différence des sécheresses antérieures, la population et la demande d'eau sont plus importantes.»


Poumon économique du Brésil, Sao Paulo a déjà vécu une forte sécheresse en 2001 et une très grave au début des années 60.

Les retombées économiques de la crise actuelle n'ont pas encore été calculées, mais des experts mettent déjà en garde sur une panne du système.

Car la sécheresse n'est pas seulement une affaire de climat : «Il est important de savoir si nous sommes prêts ou non à l'affronter», déclare à l'AFP Maria Assunçao Silva, du Département des Sciences atmosphériques de l'Université de Sao Paulo.


Au manque d'investissements et d'infrastructures pour stocker l'eau les années d'abondance, s'ajoutent la surcharge du système Cantareira et la mauvaise gestion, selon les experts.

L'AFP a entendu de nombreux récits de coupures d'eau au coeur de la mégapole et en périphérie.

La plus grande compagnie d'eau de Sao Paulo, la Sabesp, affirme qu'il n'est pas nécessaire de rationner, tout comme le gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, réélu en octobre. Il a annoncé la construction d'une usine de réutilisation de l'eau et de nouveaux réservoirs de stockage.

Dans d'autres villes de l'Etat de Sao Paulo - où vivent 40 millions de personnes - et où la Sabesp n'opère pas, l'eau a déjà été rationnée.

 

 

Certains experts voient la déforestation comme un facteur clé de la sécheresse.

«La sécheresse exceptionnelle que vit la région sud-est du Brésil, spécialement Sao Paulo, peut déjà être le résultat de la destruction de l'Amazonie», a déclaré à l'AFP le chercheur Antonio Donato Nobre, de l'Institut national de recherches spatiales (INPE).

«L'Amazonie exporte de l'humidité et apporte des pluies dans le sud-est, le centre-ouest et le sud du Brésil mais aussi dans d'autres régions de Bolivie, du Paraguay et d'Argentine, à des milliers de kilomètres», explique M. Nobre.

Les scientifiques soulignent également que les fortes pluies en Asie-Pacifique, la température plus élevée des océans et la sécheresse en Californie sont connectées et font partie du même déséquilibre mondial.


Les villes de plus en plus peuplées, avec peu de végétation et d'énormes extensions de béton contribuent à ce déséquilibre.

«Cette sécheresse a changé ma vie. Ici, il y avait plein de monde qui pêchait, nageait, s'amusait. Maintenant il n'y a plus rien, plus personne», se lamente Ernane da Silva.

 


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Octobre 2014 a été le mois d'octobre le plus chaud dans le monde jamais enregistré

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Octobre, et les dix premiers mois de l'année 2014, ont chacun été les plus chauds sur la planète enregistrés depuis le début des relevés de température en 1880, a annoncé jeudi l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

La température du globe en hausse

Il s'agit également du 38e mois d'octobre consécutif au cours duquel la température du globe était au-dessus de la moyenne de celle du XXe siècle, atteignant 14,74 degrés, précise la NOAA. Pour la période de janvier à octobre 2014, la température moyenne combinée à la surface des océans et des terres s'est établie à 10,3 degrés, dépassant ainsi de 1,05 degré la moyenne du siècle dernier.


Octobre a aussi été le troisième mois consécutif et le cinquième des six derniers mois avec une température record sur le globe. Juillet a lui été le quatrième mois le plus chaud de sa catégorie. Les températures plus élevées ont résulté d'un air plus chaud à travers toute la planète à la surface des terres et des océans, distribué de manière égale entre les hémisphères nord et sud.


L'hémisphère sud a connu globalement en octobre des températures record à la surface des terres, surtout la partie sud de l'Amérique latine et dans l'ouest et le sud de l'Australie. Pour l'hémisphère nord, octobre n'a été que le troisième plus chaud dans les annales. Des parties du sud du continent européen, les régions côtières dans l'ouest des Etats-Unis et la plupart de l'extrême est de la Russie ont été les plus chaudes en octobre. En revanche, des parties du centre de la Sibérie ont enregistré durant ce même mois des températures de 4 à 5 degrés sous la moyenne.

LEs océans plus chauds

La température à la surface des océans a été en octobre 2014 la plus élevée jamais enregistrée pour ce mois en se situant 0,62 degré au-dessus de la moyenne du XXe siècle. Depuis le début de cette série au mois de mai, il s'agit du sixième mois consécutif au cours duquel la température globale à la surface des océans dépasse le précédent record.


Ces records de température se sont produits en l'absence du courant chaud du Pacifique El Niño, qui généralement apparaît tous les cinq à sept ans en moyenne et exerce une forte influence sur le climat du globe.

Selon la NOAA, il y a près de 60% de chances qu'El Niño réémerge durant l'hiver dans l'hémisphère nord.

 


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Baie de Rio : le cimetière des poissons

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Le mystère reste entier sur le mal qui terrasse depuis un mois des milliers de poissons argentés dans la baie de Rio : les nouveaux tests réalisés par l'Université fédérale de Rio (UFRJ) n'ont détecté aucune algue toxique ou pollution chimique de l'eau.


«Les résultats des analyses de l'eau et des examens de l'anatomie des aloses recueillies dans la baie de Rio n'ont pas permis non plus d'établir les causes de cette mortalité de cette unique espèce de poissons», selon un communiqué, lundi, de l'Institut national de l'Environnement (Inea) qui avait sollicité ces nouveaux tests.

«Dans les échantillons d'eau, la présence de micro algues potentiellement nocives a été spécialement analysée. Ces analyses ont confirmé les résultats obtenus il y a une semaine par l'Inea», selon lesquels il n'y a pas de pollution chimique, souligne le communiqué.


Les examens anatomiques des poissons «n'ont révélé aucun saignement dans le corps et les viscères (...) et les aloses analysées étaient apparemment intactes. Comme l'eau, l'analyse des poissons n'a pas permis de conclure sur la cause de cette mortalité» peu commune, conclut le communiqué.

Les pêcheurs de la baie dénoncent une pollution pétrolière mais les scientifiques n'y croient pas, même s'ils ne s'expliquent toujours pas la cause de cette hécatombe d'aloses, un poisson de la famille des Clupeidae qui inclut la sardine et le hareng.


Les habitants se plaignent de l'odeur fétide et n'osent plus se baigner.

Leandro Daemon, scientifique de l'Inea avait déjà dit début novembre que les premières analyses de l'eau de la baie n'avaient révélé aucune substance chimique toxique, ni aucune variation anormale dans le pH (potentiel hydrogène), dans la salinité ou la quantité d'oxygène de l'eau.


C'est pourquoi l'Inea avait sollicité de nouvelles analyses à l'UFRJ.

L'océanographe David Zee a dit à l'AFP que l'hypothèse la «plus probable était un phénomène provoqué par une pollution thermique de l'eau».

«L'alose est un poisson très sensible au manque d'oxygène. Les fortes températures de l'eau enregistrées depuis plusieurs jours diminuent la solubilité de l'oxygène», ce qui pourrait provoquer la mort par asphyxie de cette espèce, selon lui.


Le résultat d'autres analyses, réalisées par l'Université de Rio (Uerj) à la demande de l'Inea, n'a pas encore été diffusé.

 

 


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