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Les orangers de Floride décimés par une bactérie, le prix du jus s'envole

Publié le par Notre Terre

La «maladie du dragon jaune» sévit plus que jamais dans les vergers d'agrumes en Floride. Résultat: la récolte d'oranges devrait chuter à son plus bas niveau depuis 29 ans et le prix du jus est à son plus haut depuis deux ans à New York.

 

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«J'ai l'impression qu'on est en train de perdre la bataille» face au «huanglongbing», autre nom de cette bactérie venue d'Asie qui rend les fruits amers et les fait tomber de l'arbre prématurément, se désole Ellis Hunt.

Ce chef d'une grosse exploitation familiale à Lake Wales, dans le centre de l'Etat, cultive des agrumes sur 2.000 hectares. A cause du microbe, sa production d'agrumes est passée en quelques années de 1 million à 750.000 caisses.

La propagation de cette maladie transmise par un insecte est telle cette année que les autorités ont abaissé par quatre fois leurs prévisions pour la récolte à venir.


Au dernier comptage diffusé début avril, le ministère de l'Agriculture (USDA) estimait qu'elle devrait atteindre 110 millions de caisses de fruits, ou 4,95 millions de tonnes. C'est 18% de moins que l'an dernier et le plus faible niveau depuis 1985, quand les vergers avaient été frappés de plein fouet par le gel. Et bien loin de la récolte record de 244 millions de caisses collectées en 1998.

Ces estimations «ont surpris les investisseurs qui ne s'attendaient pas à une telle révision à la baisse», remarque Joe Nikruto, stratège pour la maison de courtage RJO Futures.


Dans la foulée du rapport de l'USDA, le cours du jus d'orange congelé est monté à un niveau plus vu depuis fin mars 2012 sur la plateforme Inter Continental Exchange à New York: le contrat pour livraison en mai, le plus échangé, a pris 7% en trois séances pour grimper à 1,6680 dollars la livre.

Bien sûr cette hausse des cours est aussi alimentée par la sécheresse qui frappe le Brésil, premier producteur mondial de jus d'orange devant la Floride. «Mais les chiffres de l'USDA ont jeté de l'huile sur le feu», assure Joe Nikruto.

 

Dans ses vergers, Ellis Hunt passe désormais de l'insecticide une fois toutes les quatre semaines. Mais «même en ajoutant des engrais, des nutriments, des minéraux pour tenter de renforcer l'arbre, cela ne suffit pas à enrayer la dissémination», ajoute-t-il.


Certains petits agriculteurs ont, de dépit, carrément abandonné leurs vergers car la hausse des cours ne suffit pas à compenser les pertes de production.

Les autorités se démènent pour aider l'industrie des agrumes, qui représente en Floride 9 milliards de dollars et 76.000 emplois, à garder la tête hors de l'eau.

Des millions de dollars sont consacrés à des recherches sur les façons de vaincre la bactérie. Tout en gardant à l'esprit qu'épandre des produits phytosanitaires sur les quelque 210.000 hectares et 70 millions d'arbres des vergers d'agrumes de Floride sera une tâche ardue.

«Nous verrons les gens commencer à replanter et accroitre la production dans les trois à cinq ans», assure pourtant Daniel Sleep, responsable au ministère de l'Agriculture de la Floride. «Avec l'éventail de ressources déployées, il n'y a pas d'autres issues possibles».


Mais une fois cette calamité surmontée, les exploitants devront s'atteler à une autre gageure: redonner aux Américains le goût du jus d'orange.

Les Etats-Unis restent de loin le premier consommateur mondial de la boisson mais sa consommation a baissé de 30% depuis 2003.

En cause: la multiplication de bouteilles en tous genres dans les rayons, dont l'eau et les sodas allégés, moins caloriques.

«Et puis le jus d'orange est étroitement associé au petit-déjeuner, et avec l'accélération du rythme de vie, nous avons tendance à sauter ce repas», souligne Daniel Sleep.


Cet aspect retient d'ailleurs les cours du jus d'orange de monter trop haut, relève Joe Nikruto. «Il est difficile de demander aux gens de payer plus pour un produit qu'ils consomment de moins en moins».

 

 


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Monsanto veut contrôler le business des abeilles

Publié le par Notre Terre

C’est une des stratégies les plus secrètes de la firme Monsanto, promoteur mondial des semences transgéniques : investir les différentes entreprises qui font de la recherche sur les abeilles. Aux Etats-Unis, les apiculteurs s’inquiètent de la politique du géant des OGM.

 

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Après les semences, les pesticides, les engrais... Voilà que Monsanto s’intéresse à la pollinisation. Ou plus précisément, aux abeilles. Un tiers de notre alimentation dépendrait de leur patient travail, un service évalué à 153 milliards d’euros par an par une équipe de chercheurs de l’INRA.

Depuis quelques années, Monsanto s’intéresse à la mauvaise santé des abeilles, et explique vouloir les sauver à coup de recherche génétique. Le principal promoteur des plantes transgéniques débarque dans un contexte très difficile pour les apiculteurs.


Depuis la fin des années 1990 en France, et l’hiver 2006-2007 aux Etats-Unis, les essaims semblent victimes d’un mal mystérieux. Environ 30 % (presque un tiers !) des ruches meurent chaque année, sans explication apparente. Alors qu’une mortalité "normale" selon les apiculteurs, s’établit autour de 10 %.

Les scientifiques n’ont pas réussi à trouver une seule explication à ce "syndrome d’effondrement des colonies", mais un ensemble de causes qui provoqueraient la disparition des colonies d’abeilles :


- des causes "pathogènes" comme certains parasites, virus ou champignons,
- le manque de diversité génétique (les abeilles ont été sélectionnées pour leur productivité, mais sont moins adaptées à leur milieu),
- le manque de nourriture dû à une agriculture intensive qui réduit la biodiversité,
- les pratiques des apiculteurs, qui notamment aux Etats-Unis transportent les ruches à travers tout le pays pour polliniser les cultures et affaiblissent leurs essaims par ces voyages incessants,
- enfin (et surtout ?) les pesticides : "Le catalogue des produits phytopharmaceutiques dénombre aujourd’hui 5 000 produits commerciaux dont l’utilisation selon des méthodes non autorisées est susceptible de provoquer des dommages irréversibles sur les colonies d’abeilles", indique un rapport de l’ANSES daté de 2008.

 

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Monsanto rachète une entreprise de préservation des abeilles


Pour endiguer cette disparition, les recherches vont bon train. Et c’est là que Monsanto entre en scène. En 2011, la multinationale rachète Beeologics, une entreprise spécialisée dans la recherche et la production de solutions pour améliorer la santé des abeilles. "Notre mission est de devenir les gardiens de la santé des abeilles partout dans le monde", indique son site internet.


Dans un communiqué de presse la firme américaine justifie ce rachat : "Monsanto sait que les abeilles sont une composante clé d’une agriculture durable dans le monde."

Beeologics a développé un produit à base d’ARN (une sorte de copie de l’ADN qui permet aux cellules de fabriquer les protéines dont elles ont besoin) pour lutter contre certains virus : "Une copie d’une séquence d’ARN du virus est introduite dans la nourriture des abeilles et leur organisme le perçoit comme un signal pour détruire le virus" explique Jay Evans, chercheur spécialiste de la génétique des abeilles au ministère de l’agriculture des Etats-Unis. Ce traitement, appelé Remebee, "réduit le syndrome d’effondrement des colonies", promet Beeologics.

"La technologie à l’air sûre et c’est un succès, c’est pour cela que Monsanto a racheté Beeologics", poursuit le chercheur, joint au téléphone.


Mais Christoph Then, vétérinaire, spécialiste des biotechnologies et ancien expert pour Greenpeace, ne partage pas cet enthousiasme : "Le procédé utilisé a été découvert il y a seulement quelques années. On ne connaît pas encore tous ses effets, il y a débat dans la communauté scientifique." Surtout, Beeologics a testé les conséquences de son produit sur les abeilles, mais qu’en est-il sur d’autres organismes ? "L’ARN utilisé n’est pas stable et peut passer d’un organisme à l’autre, poursuit cet expert. Donc à ce stade, cette technologie n’est pas assez sûre pour être utilisée dans l’environnement."

Pourtant au ministère de l’Agriculture américain, Jay Evans prédit déjà un bel avenir à ce remède pour les abeilles : "La technologie va se développer dans les prochaines années." Beeologics espère même commercialiser un produit qui, grâce au même procédé, rendrait les abeilles résistantes au varroa, l’un de leurs parasites les plus destructeurs et contre lequel les apiculteurs sont de plus en plus démunis. Ce marché des traitements pour abeilles est dans doute minuscule comparé à celui des semences ou des pesticides, mais cela permet au moins à Monsanto de se racheter une image auprès de certains apiculteurs.


Un "sommet sur la santé des abeilles"


D’ailleurs, pour montrer son implication dans la protection des abeilles, Monsanto est allé jusqu’à organiser en juin de l’année dernière un "sommet sur la santé des abeilles" à son siège de Chesterfield.

Réunissant chercheurs, apiculteurs et industriels, l’initiative a étonné aux Etats-Unis. Au programme des discussions, les multiples causes du syndrome d’effondrement des colonies. A savoir la destruction des habitats et des sources de nourriture des abeilles, le virus varroa... et les pesticides.

 

Au programme des discussions, les multiples causes du syndrome d’effondrement des colonies. A savoir la destruction des habitats et des sources de nourriture des abeilles, le virus varroa... et les pesticides.

Il s’agirait d’une belle opération d’enfumage, pour faire oublier que les pesticides sont les principaux responsables de la disparition des abeilles, estime l’association environnementale Pesticide Action Network. Elle dénonce les "efforts insidieux de Monsanto et des autres fabricants de pesticides pour discréditer les études scientifiques sur les impacts des pesticides sur les abeilles". Selon elle, Monsanto tente de faire croire que les pesticides ne sont qu’un problème mineur et que c’est le varroa destructor, ce parasite des abeilles, qui serait la menace la plus sérieuse...

"Les abeilles dérangent, rappelle Henri Clément, porte-parole de l’UNAF (Union National des Apiculteurs de France), elles posent la question de la qualité de l’environnement. Elles sont des lanceurs d’alerte et ont été les premières touchées par les pesticides."


Les néonicotinoides, nouveau danger

 

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Surtout, remarquent les apiculteurs, l’apparition du syndrome d’effondrement des colonies coïncide étrangement avec la mise sur le marché d’une nouvelle classe de pesticides à partir des années 1990 : les néonicotinoides.. Produits par Bayer ou Syngenta (par ailleurs producteurs, eux aussi, de semences transgéniques), ils enrobent aussi les semences de Monsanto, notamment les graines de maïs.

Leur action consiste à attaquer le système nerveux central des insectes. Chez les abeilles, une étude a ainsi montré, pour un néonicotinoide couramment utilisé, qu’il désoriente les abeilles : elles ne retrouvent plus la ruche. "Cela entraîne un risque de disparition de la colonie", indiquent les chercheurs.


Ces pesticides affaibliraient aussi les défenses imunitaires des abeilles, indique une autre publication scientifique, les rendant plus sensibles aux parasites, aux maladies, ou au manque de nourriture quand la saison n’est pas clémente... Bref, ils seraient l’élément déclencheur, davantage que tous les autres facteurs responsables du syndrome d’effondrement des colonies.

Les soupçons sur ces pesticides nouvelle génération sont suffisamment étayés pour que l’Union Européenne ait décidé de suspendre l’utilisation de trois néonicotinoides pendant deux ans (depuis le 1er décembre 2013). Mais les apiculteurs demandent une interdiction ferme. "Les abeilles sont des empêcheurs de tourner en rond, un grain de sable dans l’engrenage de Monsanto", poursuit Henri Clément.

 

Monsanto continue de détourner l’attention. Par exemple, l’entreprise est fière de citer parmi les "co-organisateurs" de son sommet sur la santé des abeilles le Project Apis m, un programme qui déclare fournir du matériel aux laboratoires et proposer des bourses aux jeunes scientifiques. Mais surtout, il incite les agriculteurs à semer des plantes nourrissantes pour les abeilles en période de pollinisation. Une autre action pour "sauver" les abeilles, financée par Monsanto.


Monsanto rachète une firme stratégique du royaume des abeilles


Le congrès de Chesterfield a également été l’occasion pour l’entreprise de se faire des contacts intéressants. Autre "co-organisateur", le Honey Bee Advisory Council ou Comité de conseil sur les abeilles. C’est une organisation créée par Monsanto, qui se vante d’y réunir "des membres de l’industrie apicole, des experts et des membres du monde académique". On y trouve notamment un ancien président de l’Association américaine des apiculteurs, mais aussi Gus Rouse, propriétaire de Kona Queen, la plus grosse entreprise de production de reines d’abeilles aux Etats-Unis. Une firme qui mérite la plus grande attention.


Située à Hawaii, Kona Queen produirait plus de 200 000 reines par an - le chiffre exact reste secret. Car ce marché ne compte que trois grands producteurs qui, pour des raisons de concurrence refusent de les dévoiler. Même avec les statistiques officielles, Danielle Downey, représentante du ministère de l’agriculture américain auprès des apiculteurs d’Hawaii ne peut faire que des estimations : "Environ 25 % des reines des Etats-Unis et 50 % des reines au Canada viennent d’Hawaii".

L’Etat du Pacifique sous bannière étoilée profite de son climat favorable pour produire des reines presque toute l’année. "Ce sont les premières de la saison, les apiculteurs d’Amérique du Nord les font venir pour pouvoir développer leurs colonies plus tôt au sortir de l’hiver, raconte Danielle Downey. Avec l’apparition du syndrome d’effondrement des colonies, les apiculteurs ont de plus en plus besoin de reines pour remplacer les essaims perdus. La demande dépasse la production, et l’industrie est en pleine croissance".


La production de reines est donc un secteur économique qui pourrait s’avérer de plus en plus rémunérateur, même s’il ne dépasse pas là pour l’instant quelques millions de dollars. Se rapprocher du principal producteur de reines des Etats-Unis permet aussi à Monsanto de mettre un pied dans la sélection génétique des abeilles, une des pistes aujourd’hui privilégiées par les chercheurs pour améliorer leur santé.

 

Dans une ruche, il n’y a qu’une seule reine, mère de toute la colonie. Son patrimoine génétique est de première importance. Depuis longtemps, les reines ont été sélectionnées pour leur productivité. Désormais, on les sélectionne aussi pour leur résistance à ces multiples facteurs responsables du syndrome d’effondrement des colonies. A Hawaii, "nous travaillons sur des abeilles résistantes au varroa par insemination artificielle", indique Danielle Downey.


Des abeilles transgéniques ?


Alors Monsanto envisage-t-il de créer des abeilles transgéniques ? La question a été débattue au Congrès mondial des apiculteurs en septembre dernier. "Monsanto a bien manipulé le colza pour qu’il résiste à leur propre désherbant et maintenant ils peuvent vendre à la fois les semences et le RounUp, rappelle Gilles Ratia, président de la Fédération Internationale des apiculteurs Apimundia. Alors on les soupçonne de vouloir comprendre le métier d’élevage de reines pour les rendre résistantes aux graines enrobées de néonicotinoides, ou à leur maïs OGM sécréteur d’insecticides. Ils déposeraient un brevet, puis ils vendraient à la fois les semences et les abeilles pour les polliniser !"


Un étrange événement, survenu en mars 2012, vient renforcer ces soupçons. Aux Etats-Unis, les ruches d’un célèbre naturaliste, Terrence Ingram, ont été saisies par le ministère de l’agriculture de l’Illinois. Il travaillait depuis plus de quinze ans sur les effets du RoundUp, l’herbicide mondialement connu de Monsanto, sur les abeilles. Après des années de sélection génétique, trois ruches et leurs reines avaient résisté plus d’un an, malgré les épandages de RoundUp.


Au début du printemps, les inspecteurs du ministère ont débarqué "sans aucun avertissement, raconte Terrence Ingram, joint par Reporterre. Ils ont pris trois ruches, et tué les reines des deux autres. Ils ont déclaré que mes ruches étaient contaminées par la loque américaine. Ce qui est faux, j’avais les preuves qu’elles étaient saines mais je n’ai pu les présenter que trois semaines plus tard au tribunal, c’était trop tard. Tout était déjà détruit."

Le travail de Terrence Ingram avait de quoi gêner Monsanto. "Il est certain que le RoundUp tue mes abeilles : en 1996, mes 250 ruches ont été exposées au RoundUp et toutes sont mortes. Depuis, chaque année je rachète des essaims, chaque année le RoundUp est répandu, et chaque année ils meurent... Sauf celles qui avaient enfin développé une résistance. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas où sont les ruches que l’on m’a prises, si elles ont été vraiment détruites." Certaines associations environnementales des Etats-Unis soupçonnent Monsanto d’avoir volé les ruches, pour mener des recherches. "Je n’ai aucune preuve qu’ils soient derrière cela", tempère le naturaliste.


Au Congrès sur la santé des abeilles organisé par Monsanto, un apiculteur a relayé l’inquiétude de sa profession à propos des abeilles OGM, indique un journal local. Réponse de Jerry Hayes, responsable de la recherche sur les abeilles chez Monsanto : "Nous n’avons pas l’intention de modifier génétiquement une abeille, ou d’en créer une qui ne polliniserait que les semences de Monsanto. Notre but est de protéger leur santé."

Le scientifique Jay Evans se veut lui aussi rassurant : "Pour l’instant personne n’a jamais fait cela, la génétique des abeilles est trop complexe. Et puis, on ne se permettrait pas d’aller dans ce sens pour les abeilles : ce serait trop dangereux. Le seul insecte que l’on ait génétiquement modifié est le moustique responsable de la malaria. C’est une maladie terrible et même là, il a fallu vingt ans que la technique soit sociaiement acceptée. Je ne pense pas que nous aurons un jour des abeilles génétiquement modifiées."


Quoi qu’il en soit, pour l’instant, Monsanto n’a pas encore sauvé les abeilles. Sur internet, les écolos américains s’amusent sur un ton doux-amer à imaginer ce qui se passerait si les abeilles disparaissaient... Ils signalent à Monsanto qu’un laboratoire d’Harvard, le Microrobotics Lab a déjà développé un robot pollinisateur. Le Robobees serait bientôt capable de remplacer les abeilles dans les champs d’amandiers ou de maïs... "Mais les abeilles robots ne savent pas danser", rappelle un article du Guardian Liberty Voice.


Source : Marie Astier pour Reporterre.

 

 


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Le Caribou : victime collatérale de la destruction des forêts boréales

Publié le par Notre Terre

Symbole de la forêt boréale, officiellement "en péril" au Canada, le caribou forestier voit son habitat et sa population fondre à grande vitesse mais les autorités compétentes tardent à agir.

 

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Ce cervidé au large museau et au panache étroit, appelé renne en Europe, a vu son territoire rogné depuis 150 ans. Des montagnes rocheuses de l'ouest canadien aux forêts québécoises, cet animal connaît un déclin ininterrompu, amenant le gouvernement canadien à l'inscrire sur la liste des espèces en voie de disparition en 2002.

Le phénomène est particulièrement marqué au Québec. Alors que vers 1850, il était présent au sud du fleuve Saint-Laurent, descendant jusqu'à l’État américain du Maine, les rares données existantes aujourd'hui indiquent qu'il a migré aux confins de la taïga.


L'habitat du cervidé est perturbé par "l’exploitation minière, l’exploitation forestière, l’exploration pétrolière et gazière", selon le ministère fédéral de l'Environnement. Pays dont la croissance repose en grande partie sur l'exploitation de ses abondantes ressources naturelles, le Canada peine à mettre en œuvre des plans de protection viables. Cette inaction a été dénoncée par la justice en février lors d'un jugement inédit. Poursuivi par des mouvements écologistes, l’État canadien a été reconnu coupable de ne pas avoir appliqué sa loi sur les espèces en péril.


La plainte concernait quatre espèces emblématiques --le caribou forestier, l'esturgeon blanc, le guillemot marbré et le rorqual à bosse-- mais, dans les attendus du jugement, la juge Anne Mactavish a souligné que ces dossiers constituaient seulement "la pointe de l'iceberg".

"Il y a clairement un énorme problème d'organisation au sein des ministères concernés", ceux de l'Environnement et des Ressources naturelles, a déploré la magistrate, se demandant si Ottawa n'avait pas agi de manière délibérée pour privilégier l'exploitation des ressources naturelles.


- Lobby de l'industrie forestière -

 

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Représentant 20% de la forêt boréale canadienne --la plus grande de la planète-- et 25% de la population de caribous forestiers du pays, le Québec résume à lui seul la complexité de ce dossier. Ici, la protection du caribou forestier, et donc de son habitat, la forêt boréale, est perçue comme une menace par l'industrie forestière, qui emploie environ 70.000 personnes dans la province et pèse pour près de 3% de son PIB.


En tête dans les sondages pour devenir Premier ministre du Québec le 7 avril, le libéral Philippe Couillard, qui se présente dans une des régions clés de cette industrie, a estimé lors d'un récent meeting électoral que "la question du caribou forestier mettait littéralement en jeu des milliers d'emplois."

Face à M. Couillard, les indépendantistes du Parti québécois, qui dirigent le gouvernement sortant, promettent 675 millions de dollars de subvention à cette industrie en trois ans.


Tout en jugeant "conciliable" le soutien de la sylviculture avec la protection du caribou forestier et de son habitat, la ministre des Ressources naturelles sortante Martine Ouellet a expliqué que "les données" sur la répartition du caribou faisaient défaut, et qu'en leur absence, aucune initiative comme la création de parcs naturels dédiés n'était envisageable.

Des documents obtenus par l'AFP, datant de 2012 et provenant du ministère de Mme Ouellet, démontrent pourtant que les troupeaux de caribous ont été parfaitement recensés à la lisière de la taïga, par des relevés télémétriques, dans une forêt encore épargnée par les coupes forestières: la Vallée de la Broadback.


Grands défenseurs de cet animal, les Amérindiens de la nation Crie, qui vivent environ 1.000 km au nord de Montréal, militent depuis plusieurs années pour la création d'une aire protégée de 13.000 km2 dans cette zone refuge où ils ont d'ailleurs décidé cette année de ne pas chasser le cervidé en raison de son déclin.

"Il ne manque que le leadership politique pour protéger cette forêt vierge avant qu'il ne soit trop tard", juge le directeur de Greenpeace au Québec, Nicolas Mainville. Pour Isaac Voyageur, qui dirige les questions environnementales des Cris, "il devrait y avoir une différence entre la protection de l'environnement et la défense d'emplois.

 

 


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La Russie avertit les États-Unis : la disparition des abeilles provoquerait une 3ème guerre mondiale

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Fait incroyable en Russie la semaine dernière : John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, a été forcé d’attendre pendant 3 heures Vladimir Poutine, très énervé contre Barack Obama. La raison ?  Des pesticides et la destruction massive des abeilles.

 

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On savait déjà que les relations entre la Russie et les États-Unis étaient houleuses, mais la semaine dernière, un nouveau point de désaccord est venu s’immiscer entre les deux puissances. La raison de cette mésentente ? Un rapport du Ministry of Natural Resources and Environment of the Russian Federation (MRNE) ayant des « preuves incontestées » que certains insecticides neuro-actifs liés à la nicotine et plus connus sous le nom de néo-nicotinoïdes, seraient en train d’exterminer les abeilles et par conséquent, menaceraient les récoltes du monde entier. 

 

Lors d’un voyage diplomatique en Russie, le secrétaire d’État américain John Kerry a été forcé d’attendre pendant trois heures avant d’être reçu par le président russe Vladimir Poutine. Celui-ci était particulièrement énervé par le fait que Barack Obama ait refusé de discuter de ce sujet qui préoccupe la communauté scientifique.


En effet le président américain protègerait les deux géants de l’agrochimie Syngenta et Monsanto, qui produisent ces produits. La première entreprise avait déjà été condamnée en Allemagne pour avoir caché le fait que son maïs génétiquement modifié tuait le bétail. La Commission Européenne a quant à elle récemment interdit l’usage de ces néo-nicotinoïdes sur le continent. 

 

Selon un rapport publié en mars par l’American Bird Conservancy,  »Il est clair que ces produits chimiques ont le potentiel d’affecter des chaînes alimentaires entières. La persistance dans l’environnement des néo-nicotinoïdes, leur propension au ruissellement et à l’infiltration dans les eaux souterraines, et leur mode d’action cumulatif et grandement irréversible chez les invertébrés soulèvent des inquiétudes écologiques sérieuses« 


Malgré cela, les États-Unis continuent d’utiliser ces néo-nicotinoïdes et protègeraient les producteurs de ces pesticides. Une attitude qui a amené le gouvernement russe à avertir qu’il « mènera très certainement » une guerre mondiale si rien n’était fait pour stopper ce désastre. Espérons que les deux pays trouvent un terrain d’entente…

 

On espère vivement que des discussions entre les deux états reprennent. Si ces études scientifiques s’avèrent exactes, les conséquences d’une disparition des abeilles seraient absolument désastreuses pour les récoltes du monde entier. Et les rares ressources alimentaires seraient certainement disputées au prix fort… Pensez-vous que les États-Unis doivent prendre en compte les menaces de la Russie ? Et plus encore, que la France prenne position sur ces pesticides qui déciment nos abeilles ?

 

Mediapart

 

(Je résume en quelques mots le fond de cet article au titre racoleur car tout n'est pas dit correctement: les abeilles sont les principales pollinisatrices et si elles venaient à disparaitre il ne resterait que 4 ans à vivre pour l'humanité car les fruits et légumes que nous consommons dépendent de la pollinisation.... ce qui effectivement pourrait engendrer des guerres au vue des tensions alimentaires que cela créérait).

 

 


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La Norvège veut pêcher 1286 baleines en 2014

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La Norvège a fixé mardi à 1286 le nombre de baleines susceptibles d'être harponnées dans ses eaux en 2014.

 

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La Norvège a fixé son quota 2014 pour la pêche à la baleine. Il est identique aux années précédentes, mais ses baleiniers ne parviennent pas à le remplir.

«Cette année aussi, nous avons décidé d'un quota qui assure une continuité et un cadre satisfaisant pour le secteur de la chasse à la baleine», a déclaré la ministre de la Pêche, Elisabeth Aspaker, dans un communiqué.


Pas tenue par le moratoire


Ne s'estimant pas tenue par le moratoire international de 1986 auquel elle a formellement objecté, la Norvège est l'un des deux seuls pays au monde, avec l'Islande, à pratiquer la chasse commerciale à la baleine, Oslo et Reykjavik jugeant la population des espèces chassées suffisamment abondante.

Cette annonce survient au lendemain d'un important revers pour l'industrie de la chasse à la baleine: la Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné lundi au Japon, un gros chasseur de rorquals communs - espèce beaucoup plus grosse que le petit rorqual (ou baleine de Minke) chassé par les Norvégiens -, de mettre fin à cette pratique.


Le plus haut organe judiciaire des Nations unies a jugé que l'intérêt scientifique officiellement invoqué par Tokyo pour justifier ses prises n'était pas suffisamment avéré alors qu'une grande partie de la viande prélevée finit sur les étals.


Désaveu des consommateurs


En Norvège où la viande de baleine était autrefois le plat du pauvre, les chasseurs peinent depuis plusieurs années à remplir les quotas: en 2013, seuls 594 cétacés ont été harponnés, selon des chiffres officiels.

Les organisations de défense des animaux disent y voir un signe de désaveu des consommateurs. «D'année en année, les quotas ne sont pas remplis et ce nouveau quota n'a donc pas lieu d'être aussi élevé», a déclaré Truls Gulowsen, le président de Greenpeace Norvège.


«Mais ce n'est pas un gros problème: c'est une activité qui est en voie d'extinction dans la mesure où les consommateurs préfèrent une pizza à la viande de baleine», a-t-il dit.

Les professionnels de la chasse expliquent quant à eux cette incapacité à remplir les quotas par l'engorgement des usines de conditionnement à terre, le coût élevé du carburant ou des zones de chasse trop éloignées. La saison de la chasse s'étend du 1er avril au 30 septembre.

 

 


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