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Biodiversité: Quand le fromage permet de conserver les prairies naturelles

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Des prairies naturelles: ça ressemble à un pléonasme, et pourtant le cas du Cantal est bien une exception dans le paysage agricole français. Alors que la plupart des prairies où broutent les bovins sont semées de graminées pour être plus productives, 80% des prairies où les vaches produisant le lait servant à la fabrication du Cantal AOP paissent sont naturellement riches en herbes, fleurs et plantes fourragères. Le Pôle fromager de l’Inra d’Aurillac travaille main dans la main avec les éleveurs pour les encourager à entretenir cette riche biodiversité.


Un impact paysager et économique


Les chercheurs ont ainsi répertorié soixante types de prairies naturelles de la région: «Certaines prairies présentent jusqu’à 80 espèces différentes, explique Sophie Hulin, directrice du Pôle fromager. Cela a un impact paysager bien sûr, avec une diversité de couleurs et de fleurs, mais c’est aussi très intéressant d’un point de vue environnemental en termes d’accueil des insectes pollinisateurs et de la faune.»


Pour les éleveurs, conserver cette biodiversité permet de diversifier l’alimentation du troupeau et de s’adapter aux saisons et aux variations climatiques. «Nous les incitons à avoir une grande gamme de prairies sur un même élevage, poursuit la chercheuse. Cela permet par exemple de résister à une sécheresse de printemps, qui n’aura pas le même impact sur différentes plantes.» Cela leur assure aussi une autonomie en fourrage durant l’hiver: «Les seuls achats qu’ils ont alors à faire sont les compléments alimentaires comme les céréales, le blé, l’orge…», détaille Sophie Hulin.


Une bonne herbe donne un bon fromage


Cette volonté de «remettre l’herbe au centre du cahier des charges» a été portée par le Comité interprofessionnel des fromages (CIF), qui gère les appellations d’origine Cantal et Salers. L’appellation d’origine protégée (AOP) impose en effet que les troupeaux soient nourris exclusivement de fourrages locaux et que les vaches laitières soient en pâture pendant au moins 120 jours de l’année avec 70% de leur alimentation en herbe. Des critères qui obligent à bien gérer ses pâturages: «Nous accompagnons les éleveurs pour mettre en place des pâturages tournants, explique Arnaud Bethier, ingénieur agronome au CIF. Cela permet de faire passer le troupeau d’une parcelle à une autre pour créer des hauteurs d’herbe différentes et optimiser sa qualité et sa quantité.»


Car une bonne herbe donne un bon lait et donc un bon fromage. «La qualité du fromage, la couleur de la pâte, la richesse aromatique, sont influencées par la qualité de l’herbe», assure Sophie Hulin. La coopérative fromagère de Planèze, dont le magasin de Pierrefort ne désemplit pas, ne s’y est d’ailleurs pas trompée: en créant une gamme «Haut herbage» fabriquée avec du lait de vaches uniquement nourries à l’herbe, elle a pu se démarquer et créer un produit de qualité qui a séduit le groupe Carrefour. «Les 17 producteurs qui se sont engagés dans le strict cahier des charges du Haut herbage reçoivent une prime de 30 euros par tonne de lait que nous leur achetons, chiffre Jérôme Chastang, responsable de l’usine de Pierrefort. Et la qualité du produit nous a ouvert des portes dans la grande distribution.» Environnement et économie se réconcilient sur les plateaux de fromages d’Auvergne.

 

 


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Le coût des inondations pourrait doubler d'ici 2050 en Europe

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Le coût des inondations en Europe pourrait atteindre 23,5 milliards d'euros par an vers 2050, soit le double des dégâts importants enregistrés en juin 2013 en Europe centrale, pour cause de développement économique et de changement climatique, selon une étude parue dimanche.

Le coût des inondations en Europe se chiffre à environ 4,9 milliards par an en moyenne sur la période 2000-2012 mais, en 2013, en raison d'un épisode important en Allemagne et une partie de l'Europe centrale, ce chiffre a atteint 12 milliards d'euros, rappelle cette étude publiée dans la revue Nature Climate Change.


Des chiffres appelés à croître selon les modèles utilisés par les chercheurs: un tiers de l'augmentation est attribuée au changement climatique qui va modifier les régimes de précipitations et accroître les risques d'inondations importantes, et les deux-tiers s'expliquent par le développement économique, qui augmente le nombre et la valeur des biens à risque.

Cette étude a pour objectif d'évaluer le risque inondation en Europe dans les décennies à venir, en réunissant plusieurs disciplines: hydrologie, économie, mathématiques et adaptation au changement climatique. Elle s'appuie sur les débits de plus d'un millier de cours d'eau et des données sur les schémas de protection actuels et futurs contre les inondations, dans un scénario projetant une hausse de la température de 2,8°C au 21e siècle.


Faire face au problème, préviennent Brenden Jongman, chercheur à l'Institut des études environnementales à l'université d'Amsterdam et ses collègues, va nécessiter tout un panel de mesures, avec des investissements dans des protections mais aussi une coopération plus importante, y compris financière, entre membres de l'Union européenne.

En ce début 2014, des inondations importantes ont de nouveau frappé la Grande-Bretagne, le Var et la Bretagne en France ainsi que le centre de l'Italie. La Bretagne vient de connaître son hiver "le plus pluvieux" depuis 1959, a indiqué vendredi Météo France dans son bilan provisoire de l'hiver météorologique (décembre à mars).

 


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Indonésie: Procter & Gamble accusé de favoriser la déforestation

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Greenpeace a accusé mercredi le groupe américain de produits de grande consommation Procter & Gamble de se fournir en huile de palme auprès d'exploitants agricoles responsables de la déforestation alarmante en Indonésie.

L'huile de palme indonésienne entre dans la composition de produits phares de P&G comme par exemple les shampooings Head & Shoulders et Pantene et le gel de rasage Gillette.


"Le producteur de Head & Shoulders doit laisser la forêt tropicale menacée à la porte de nos salles de bain", estime Greenpeace.

"Il doit faire du ménage dans ses procédures et garantir à ses clients que ses produits sont inoffensifs pour la forêt", a souligné le responsable de la campagne indonésienne de Greenpeace, Bustar Maitar.

Il n'a pas été immédiatement possible d'obtenir une réaction de Procter & Gamble, dernière entreprise à être épinglée dans ce dossier par l'organisation écologiste.


Un photographe de l'AFP a constaté le vaste déboisement en cours dans les concessions des fournisseurs de P&G dans la partie indonésienne de Bornéo, troisième plus grande île du monde.

Selon le WWF, Bornéo a perdu plus de la moitié de la jungle qui la couvrait encore à plus de 90% il y a quelques décennies seulement, et ce en dépit d'un moratoire sur les défrichements lancé en 2011 par le gouvernement indonésien, largement considéré comme un échec.


Pourtant cette forêt tropicale est une réserve de biodiversité, avec quelque 1.400 espèces animales et 15.000 espèces végétales, qui absorbe le gaz carbonique de la planète, permettant de ralentir le réchauffement climatique.

Les campagnes de Greenpeace ont conduit plusieurs multinationales comme Unilever, Nestlé et L'Oréal à modifier leur chaîne d'approvisionnement afin d'éviter de perdre d'importants clients soucieux de leur image publique.

L'Indonésie possède le troisième bassin de forêts équatoriales dans le monde, après le Brésil et la République démocratique du Congo.


La moitié des forêts indonésiennes ont disparu en cinquante ans, selon les ONG, souvent pour faire place aux exploitations d'huile de palme, dont l'Indonésie est le premier producteur mondial.

La surface plantée en palmiers a été multipliée par près de 27 dans l'archipel en une vingtaine d'années, selon des chiffres officiels. Et le pays a pour ambition d'augmenter de plus de 60% sa production d'huile de palme d'ici à 2020.

 

 


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L’Arctique, plus sombre et plus chaud

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L’Arctique n’est pas aussi brillant et blanc qu’il l’était il y a 30 ans en raison de la fonte des glaces dans l’océan, révèle une nouvelle étude publiée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
Avec plus d’eau foncée en été, moins de chaleur du soleil est réfléchie dans l’espace et, conséquemment, plus de chaleur est absorbée par la Terre. Ce supplément d’énergie absorbée équivaut à environ un quart de la chaleur emprisonnée dans l’atmosphère en raison de l’effet de serre, estime l’auteur principal de l’étude, Ian Eisenman, de la Scripps Institution of Oceanography, en Californie.

L’Arctique est devenu 8 % plus foncé entre 1979 et 2011, a-t-il constaté en mesurant la quantité de lumière du soleil réfléchie dans l’espace. « Fondamentalement, cela signifie plus de réchauffement », ajoute-t-il.

La région du pôle Nord est un océan recouvert de glace. Celle-ci rétrécit en été et augmente de taille à l’automne. La glace a diminué en moyenne de près de 90 600 kilomètres carrés par année depuis 1979 – une superficie plus grande que le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard réunis.

La glace couverte de neige reflète beaucoup plus de chaleur que l’océan sombre, qui remplace la glace quand elle fond, affirme Ian Eisenman.

Au fur et à mesure que l’océan absorbe la lumière du soleil, l’eau se réchauffe, et la glace prend plus de temps à se former à nouveau à l’automne, selon Jason Box, qui travaille au Geological Survey of Denmark and Greenland, un institut de recherche au Danemark.

Bien que des études antérieures aient utilisé des modèles informatiques, Eisenman estime être le premier à utiliser des mesures satellitaires pour évaluer les reflets du soleil, et le premier à prendre en compte la couverture nuageuse. Les résultats montrent que l’assombrissement de l’océan est jusqu’à deux à trois fois plus important que les estimations précédentes, dit-il.

 

 


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Une pénurie de chocolat se profile dans le monde

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Le Figaro

 

Alors que les consommateurs de cette douceur sucrée sont toujours plus nombreux et que le réchauffement climatique perturbe la production, les producteurs de fève de cacao ne parviennent pas à honorer toute la demande.

Dégustez vos tablettes de chocolat, vous pourriez bientôt en manquer! Une conjonction de phénomènes a déjà provoqué une flambée du prix de la fève de cacao et pourrait aboutir à plus long terme à une pénurie de la précieuse matière première.


La demande de chocolat ne cesse de croître en raison notamment de l'arrivée massive de nouveaux consommateurs en provenance des pays émergents. «La demande pour cette gourmandise explose, en particulier dans les marchés émergents où les consommateurs s'enrichissent. Et les producteurs du monde entier luttent pour pouvoir produire suffisamment de cacao afin que le chocolat continue de couler à flots», indiquait récemment le très sérieux Wall Street Journal .


Au cours de 2013, le monde a consommé pour la première fois plus de quatre millions de tonnes de cacao, 32% de plus qu'il y a 10 ans. Une flambée de la demande qui a fait grimper le prix de la précieuse denrée de plus de 9% depuis le début de l'année et de près de 40% en un an.

 

 


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