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La récolte de miel au plus bas en 2013, les apiculteurs s'alarment

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15 000 tonnes de miel ont été produites l'année dernière, un niveau historiquement bas, rapporte RTL. Les populations d'abeilles sont notamment particulièrement touchées par les pesticides.


2013, année noire pour les agriculteurs français, dont la production atteint des chiffres historiquement bas. L'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) s'inquiète notamment de l'effet nocif des pesticides sur les populations d'abeilles. Un apiculteur venu de la région Rhône-Alpes expliquera notamment ce mardi à Paris comment il a perdu la totalité de sa population d'abeilles en un an.


15 000 tonnes de miel seulement ont été produites en 2013, soit "la récolte la plus faible jamais connue en France", rapporte RTL. Principales causes de l'hécatombe citées par les apiculteurs: les grandes cultures -la radio nationale cite l'exemple d'"un champ de maïs immense sans aucune autre fleur-, les parasites et les pesticides.

Face à cette baisse inquiétante de la production, les apiculteurs demandent de l'aide au gouvernement et en appellent également aux agriculteurs, qui ont eux aussi besoin d'abeilles pour polliniser leurs cultures.


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La détresse d'un ours polaire dans un zoo argentin

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La connerie humaine dans toute sa splendeur :

 

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Arturo, un ours polaire de 29 ans résident du zoo de Mendoza en Argentine souffre actuellement de la canicule estivale et de dépression. Des experts devraient bientôt examiner son cas pour définir si celui-ci est apte à rejoindre une structure canadienne, au climat plus proche de celui de son environnement naturel.


Ceci est la triste histoire d'Arturo, un vieil ours polaire qui vit au zoo de Mendoza, en Argentine. Né aux Etats-Unis en 1985, Arturo a été transféré à l'âge de 8 ans dans le parc animalier argentin. Depuis 20 ans, il vit dans un environnement et un climat qui n'est naturellement pas le sien. Ici, les hivers sont doux et l'été, les températures peuvent monter jusqu'à 40 degrés Celsius.

Aujourd'hui, l'ours souffre de la canicule estivale et comme si cela ne suffisait pas, il est également déprimé depuis le décès de Pelusa, sa compagne. Depuis leur arrivée au zoo, Pelusa et Arturo ont toujours partagé le même enclos, pour le meilleur comme pour le pire. Les deux ours polaires ont entretenu durant ces deux décennies une relation tumultueuse, pleine d'altercations. Toutefois, même si cette cohabitation ne se passait pas toujours bien, l'ours ne s'ennuyait pas.

Désormais seul dans sa tanière climatisée de 35 mètres carrés, et sa piscine privative, Arturo est devenu dépressif et a commencé à montrer un comportement stéréotypé inquiétant. Poussés par l'organisation écologiste Greenpeace, de nombreux citoyens se sont mobilisés pour que l'ours puisse rejoindre d'urgence l'Assiniboine Park Zoo de Winnipeg, une structure canadienne ayant proposé de l'adopter et de prendre par ailleurs en charge les frais de transfert.


Selon les écologistes, le parc zoologique se trouve dans un environnement "plus proche de l’habitat naturel" de l’ours polaire. Le Canada abrite en effet 60% des populations de cette espèce à l’échelle mondiale. Les propriétaires du zoo de Mendoza ont donné le feu vert à l’expatriation de leur mascotte, à la seule condition que le verdict des vétérinaires y soit favorable. Le personnel craint que l’ours fatigué et habitué depuis des années au climat argentin ne résiste ni au voyage de 15.000 kilomètres en avion, ni à son nouvel habitat.

 

Le directeur du parc animalier a d’ailleurs annoncé comprendre la préoccupation des défenseurs de la cause animale tout en précisant que l'ours "n'est pas un paquet que l’on peut déplacer comme une marchandise". "Il ne faudrait pas commettre une grave erreur, qu'il meurt pendant le voyage ou à son arrivée. Il faut bien évaluer le risque, il est vieux et il faudrait de nombreuses heures d'anesthésie" a-t-il expliqué dans un communiqué. Aujourd’hui, des vétérinaires canadiens, chilien et argentin doivent rendre visite à Arturo pour déterminer si celui-ci est apte à faire ce long voyage.

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Quand des poivrons deviennent la propriété de la multinationale Syngenta

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Un nouveau brevet vient s’ajouter à la longue liste détenue par Syngenta, une multinationale suisse qui contrôle 9 % du marché mondial des semences. Le 8 mai 2013, l’Office européen des brevets (OEB) lui a accordé un brevet sur un poivron résistant aux insectes. Concrètement, tout agriculteur, maraîcher ou jardinier se trouvant dans l’un des 38 États dans lequel le brevet s’applique, et qui souhaite sélectionner un poivron présentant un trait de résistance à un insecte de la famille des Bemisia, doit demander l’autorisation à Syngenta. «  S’il ne le fait pas, cette utilisation risque de constituer une contrefaçon du brevet », prévient No Patent on Seeds, un collectif d’associations engagées contre le brevetage des végétaux, des graines et des animaux d’élevage. « Le brevet ne concerne que la génétique propre à notre invention, précise Syngenta. Le biomatériau d’origine reste libre d’utilisation par les autres sélectionneurs. »

Mais l’argument ne convainc pas les représentants d’une trentaine d’ONG européennes qui ont annoncé déposer un recours le 3 février. D’après elle, il ne s’agirait pas d’une invention mais d’une découverte. « Cette résistance spécifique a été obtenue en croisant un poivron sauvage, de Jamaïque, qui comporte naturellement des résistances aux insectes, avec un poivron commercial. Elle existe donc déjà dans la nature et n’a en aucun cas été inventée par Syngenta », écrit la coalition. Qui insiste également sur le non respect de la Convention sur le brevet européen. « Le poivron de Syngenta est le résultat de procédés essentiellement biologiques (méthodes de sélection traditionnelles) qui ne sont pas brevetables en vertu de l’art. 53 b) de la Convention sur le brevet européen ». Reste à la Grande Chambre de recours de l’OEB de décider si les produits découlant des méthodes de sélection traditionnelles sont brevetables ou non.

La coalition européenne considère plus généralement que ces brevets posent un problème d’un point de vue éthique, mais aussi en termes de réduction de la biodiversité et de phénomènes de concentration. Les trois plus grandes sociétés semencières – Monsanto, DuPont et Syngenta – contrôlent plus de 50 % du marché international des semences. « Dans le cas du poivron, Monsanto et Syngenta possèdent près de 60 % de toutes les variétés protégées en Europe », selon No Patent on seeds. Les organisations demandent à ce que « les plantes et les animaux ne puissent plus être brevetés. La révocation de ce brevet sur le poivron serait déjà un premier pas important. » Plus généralement, elles exigent du Conseil d’administration de l’OEB de modifier les critères d’octroi des brevets « afin d’en exclure toutes les plantes et en priorité celles qui sont obtenues par sélection traditionnelle ».

 

 


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Les catastrophes environnementales bientôt reconnues crimes contre l'humanité?

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Un collectif plaide pour la création d'une Cour pénale internationale de l'environnement et de la santé...


Faire comparaître une entreprise responsable d'une marée noire devant une cour de justice pour crime contre l'humanité? Les signataires de la Charte de Bruxelles espèrent que cela sera bientôt possible. Pour ces associations environnementales, ONG et responsables politiques, qui ont signé le 30 janvier dernier un appel à la création d'une cour pénale internationale de l'environnement et de la santé, seule une justice transfrontalière pourrait punir les atteintes à l'environnement.

 

«Le but est de créer une peur du gendarme, explique Corinne Lepage, députée européenne signataire de la charte. Les catastrophes se produisent car il y a une impunité de fait: les responsables de la catastrophe de Bhopal, en Inde, n'ont toujours pas dépollué le site vingt-cinq ans après, en France la marée noire du Prestige a donné lieu à une parodie de procès… On peut massacrer l'environnement et mettre la vie humaine en danger sans être sanctionné.» Pour que les pollutions qui attentent au «droit inaliénable de l'homme à un environnement sain» ne soient plus impunies, la Charte de Bruxelles propose «d'étendre le champ de compétences de la cour pénale internationale à l'environnement en créant une infraction de catastrophe environnementale volontaire», ajoute l'eurodéputée.

 

Mettre fin à la «délinquance environnementale»


Une cour internationale permettrait notamment de régler les problèmes de compétence entre les juridictions nationales: la question de qui doit juger une pollution, entre la justice du lieu du dommage et celle du pays de ses responsables, ne se poserait plus. Le crime contre l'environnement pourrait également être reconnu crime contre l'humanité afin «d'obtenir une protection effective internationale des écosystèmes».

 

«Nous avons besoin de coaliser les forces et l’originalité de notre démarche est de réunir tout ce qui existe dans le monde comme initiative de répression des crimes environnementaux», commente Corinne Lepage, qui espère construire progressivement ce tribunal international en se basant sur les démarches citoyennes ou régionales qui existent déjà dans le monde.

 

Soutenus par Mikhail Gorbatchev, président de l’ONG environnementale Green Cross, les signataires de la charte de Bruxelles vont écrire au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, ainsi qu’au président de la Commission européenne Manuel Barroso et au président du Conseil européen Herman Van Rompuy pour faire avancer leur démarche et mettre fin à «la délinquance environnementale», comme l’a déclaré Mikhail Gorbatchev lors de la présentation de la charte.

 

 


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La pêche en eaux profondes bientôt interdite? On est sur la bonne voie

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Si le Parlement européen n'a pas interdit en décembre le chalutage en eaux profondes, le combat des ONG contre cette pratique gagne du terrain: la grande distribution renonce peu à peu à commercialiser certaines espèces et la Scapêche (Intermarché) a décidé de limiter cette activité.

 

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«L'armement du Groupement des Mousquetaires a pris plusieurs engagements, dont le plus important est de ne plus pêcher en dessous de 800 mètres», a indiqué vendredi la Scapêche, en soulignant que cette «démarche volontaire allait au-delà des objectifs du règlement voté par le Parlement européen en décembre».


Filiale d'Intermarché (257 salariés), la Scapêche est le principal armateur français de pêche fraiche et dédie 6 de ses 18 chalutiers à la pêche profonde. Elle a résolument évolué dans ce dossier, au point de «vouloir tendre la main aux ONG», avec qui les rapports ont été très tendus ces derniers mois.

D'un côté, l'ONG Bloom mettait en avant les données scientifiques montrant les dégâts d'une pêche si profonde, de l'autre côté les armateurs brandissaient l'argument de la défense de l'emploi, avec des estimations allant de 600 emplois directs et indirects à une fourchette de 1.500 à 3.000.


«Ils ont été obligés d'entendre la demande des citoyens qui ne veulent pas avoir dans leur assiette des espèces pêchées à un coût environnemental énorme», résume Claire Nouvian, porte-parole de Bloom. «Il n'y aura pas d'impact sur l'emploi, ils vont réorienter leur production, c'était donc possible», souligne-t-elle.

Au-delà de 400 mètres et jusqu'à 1.200 mètres, la lumière est nulle et les sources pour se nourrir sont plus limitées: du coup, les écosystèmes évoluent plus lentement (croissance, reproduction), ce qui les rend plus fragiles.

Les scientifiques dénoncent depuis plusieurs années la technique du chalutage, qui racle les fonds marins, détruisant au passage coraux et éponges, et ne permet pas de cibler les espèces, conduisant ainsi à beaucoup de rejets.

Les Walling, chercheur à l'université de Hawaï et un des spécialistes mondiaux des grands fonds, compare le chalutage à «l'action d' un bulldozer dans un jardin».

 

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Une BD à succès


 

Pour Philippe Cury, chercheur à l'Institut pour la recherche et le développement, «cette pêche n'est pas viable écologiquement, mais elle n'est possible aujourd'hui que grâce aux subventions». Son poids est aussi limité: environ 1% des prises européennes.

Dans ce contexte, la Commission européenne a proposé en juillet 2012 d'interdire, dans un délai de deux ans, le chalutage profond. Mais les discussions ont ensuite beaucoup trainé au Parlement, des députés français, espagnols et portugais défendant le statu-quo.


Finalement, le 10 décembre dernier, les parlementaires n'ont pas suivi la Commission mais ont décidé de mieux encadrer cette pêche, en restreignant les zones où elle est autorisée et en renforçant le suivi scientifique.

Entretemps, les ONG ont reçu un coup de pouce aussi inattendu qu'efficace: fin novembre, une BD reprenant les arguments des pro-interdiction a connu un succès phénoménal sur internet et abouti à faire monter en flèche les signatures à une pétition lancée en juin. Fin novembre, 700.000 personnes avaient signé le texte invitant François Hollande à soutenir l'interdiction du chalutage profond.


Face à une opinion publique sensibilisée, Casino, puis Carrefour et Auchan s’engageaient en décembre à arrêter en 2014 la vente des espèces d'eaux profondes (sabre noir, grenadier, lingue bleue, empereur, etc.). Système U donne déjà des consignes à ses magasins dans ce sens depuis 2010.

Quelques semaines plus tard, c'est donc la Scapêche qui prend le chemin d'une limitation.

Greenpeace a salué «un pas en avant», en regrettant que la limite de 600 mètres n'ait pas été retenue. «C'est une bonne nouvelle pour la biodiversité, même si 800 mètres c'est encore trop profond par rapport à la vulnérabilité des espèces et des milieux océaniques», a commenté Philippe Germa, directeur du WWF.

Désormais, les défenseurs des abysses ont les yeux rivés sur le Conseil européen, les États devant arrêter leur position avant le 14 février, avant un nouveau vote par le Parlement courant 2014.

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