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Voici la Terre si toute la glace des pôles fondaient

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Le magazine National Geographic propose sur son site des cartes interactives des régions qui disparaîtraient si toute la glace du globe fondait.
L’avenir de notre planète, à défaut d’être vert, n’est pas non plus très rose. La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère a atteint un nouveau record en 2012, la température moyenne augmentera de 4,6 degrés si leurs émissions ne baissent pas, prévient le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), et les différents scénarios envisagés pour 2100 ne sont guère optimistes.

Alors quitte à ce que le réchauffement climatique continue d’être ignoré, autant imaginer le pire. Le magazine National Geographic, célèbre pour mettre en avant les plus belles photos illustrant la nature, vient de publier des cartes interactives des régions du globe en partant d’un postulat : toute la glace présente sur les terres a fondu, augmentant le niveau des mers de 66 mètres.

Selon les prévisions du GIEC, le niveau des mers montera de 26 cm à 82 cm d’ici la fin du siècle. « Il y a plus de 5 millions de miles cubes de glace sur Terre, et certains scientifiques affirment qu’il faudra plus de 5 000 ans pour la faire fondre entièrement », écrit National Geographic. « Si nous continuons à ajouter du carbone dans l’atmosphère, nous allons très certainement crée une planète sans glace, avec une température moyenne de 26,6 °C contre 14,4 °C actuellement ».

Le résultat de la projection est étonnant [voir les cartes reproduites ci-dessous] : cette nouvelle donne redessine complètement les continents, les côtes, les pays.

 

Si le Portugal, l’Espagne, la Turquie, la Grèce, les Balkans et la Norvège sont plutôt épargnés, ce n’est pas le cas du Danemark et des Pays-Bas, qui ont complètement disparus. Marseille, Bordeaux et Rennes sont sous l’eau, tout comme Londres, Hambourg et Venise. Côté russe, la mer Caspienne a presque doublé de volume.

 

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L’Amérique du nord n’est pas mieux lotie. Aux Etats-Unis, c’est globalement toute la façade Est qui disparaît. La Floride, comme tout le pourtour du Golfe du Mexique, sont engloutis. A part quelques parcelles de terres proches du Groenland, le Canada est relativement peu impacté. L’Amérique centrale dit quant à elle adieu à la moitié de ses terres émergées.

 

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De l’autre côté du Pacifique, en Asie du sud-est, la situation est tout aussi critique. L’Inde et la Chine abandonne d’importantes zones autrefois terrestres, l’Indonésie est à moitié recouverte par les eaux, le Bangladesh devient la nouvelle Atlantide. En Chine, près de 600 millions de personnes habitent actuellement les zones menacées.

 

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Les antibiotiques naturels

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Nestlé veut s'approprier le Cumin Noir

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Le géant de l’agroalimentaire a déposé une demande de brevet pour utiliser la Nigella sativa  ( plus communément appelée cumin noir ) a servi de remède panacée depuis plus de 1000 ans. Il possède des vertus curatives étendues depuis les vomissements, la fièvre, jusqu’aux maladies de peau et on le trouve chez des communautés pauvres du Moyen-Orient et de l’Asie.
Mais aujourd’hui Nestlé revendique sa possession et en faisant une demande de brevet mondial tente de prendre le contrôle sur les vertus naturelles du cumin noir pour en faire un médicament privé coûteux.

Dans un article publié l’année dernière, les scientifiques de chez Nestlé ont déclaré « découvrir » ce que beaucoup de gens dans le monde connaissent depuis des millénaires : que l’extrait de cumin noir pourrait être utilisé pour « intervenir sur le plan nutritionnel chez les humains faisant une allergie à certains aliments ».

Mais au lieu de créer un substitut artificiel, ou militer pour s’assurer que le remède soit largement disponible, Nestlé tente de créer un monopole du cumin noir et obtenir la capacité de faire un procès à quiconque l’utilise sans la permission de Nestlé. Nestlé possède des applications brevetées actuellement en attente – dans le monde entier.

Avant la bizarre prétention de brevet de Nestlé, des chercheurs de nations en voie de développement comme l’Égypte et le Pakistan ont déjà publié des études sur les mêmes pouvoirs curatifs que Nestlé revendique comme les siennes. Et Nestlé a déjà fait cela auparavant – en 2011, il a essayé de revendiquer le crédit de l’utilisation du lait de vache comme laxatif, bien que cette connaissance figure dans les textes de médecine indienne depuis un millier d’années.

Ne laissons pas Nestlé transformer un remède traditionnel en une « poule aux œufs d’or »
 
Nous savons que Nestlé ne se soucie pas d’éthique. Après tout, c’est une société qui a empoisonné son lait avec de la mélamine, qui a acheté du cacao dans des plantations qui utilisent le travail d’enfants esclaves et qui a lancé une campagne de substitut au lait maternel dans les années 70, ce qui a contribué à la souffrance et à la mort de milliers de bébés de communautés indigentes.

Mais nous savons aussi que Nestlé est sensible aux tollés populaires et qu’il a déjà été battu dans son jeu de vouloir faire breveter. Si nous agissons vite, nous pouvons mettre suffisamment de pression sur Nestlé pour lui faire abandonner ses plans de brevet avant qu’ils ne nuisent à quiconque – mais si nous voulons avoir une chance d’affecter la décision de Nestlé, nous devons nous exprimer maintenant !

 

 


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Le chat domestique, déclaré ennemi de la biodiversité.

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La Grande-Bretagne compte environ 8 millions de chats domestiques :

 

Ces derniers seraient responsables de la mort des 52 à 63 millions de mammifères, de 25 à 29 millions d’oiseaux et de 4 à 6 millions de reptiles et amphibiens chaque année. Et tout cela sans compter les chat errants, dont la population est estimée à 800 000 individus.

 


La solution préconisée ?  La stérilisation pour tous les chats domestiques. Une fois perdus dans la nature, ces derniers ne pourraient plus se reproduire. Vu les dégâts, l’opération semble inévitable.

 

Voici un article du "Temps" expliquant parfaitement bien cette situation :

 

 

Les chats trucident beaucoup plus d’animaux qu’on ne le croit habituellement, au point de représenter dans certaines régions un danger sérieux pour la biodiversité.


La nouvelle, venue des antipodes, a rapidement fait le tour du monde. Un célèbre économiste néo-zélandais, Gareth Morgan, a lancé à la mi-janvier une campagne en faveur de l’éradication des chats, au motif que ces animaux portent gravement atteinte à la biodiversité de son pays. Le mécontent les accuse notamment d’avoir contribué à la disparition ou à la raréfaction de plusieurs ­espèces d’oiseaux indigènes. S’il ne va pas jusqu’à demander aux propriétaires d’euthanasier leurs compagnons, il leur enjoint de les stériliser et de ne pas les remplacer après leur mort.


Gareth Morgan défend une vision très négative des chats, dans un pays qui les chérit plus que nul autre – 48% des foyers en abriteraient (record du monde), selon l’association néo-zélandaise des producteurs de nourriture pour animaux de compagnie. Il accuse les mistigris d’avoir contribué à la disparition de neuf espèces d’oiseaux indigènes, et d’avoir participé à la mise en danger de 33 autres. A ses yeux, comme il le répète à longueur de communiqués sur son site Cats to Go, il ne fait aucun doute que ces «boules de poils» sont en réalité des «tueurs en série».

 

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L’impact des chats sur la faune sauvage est bien connu. Il est d’ailleurs à l’origine de l’attitude bienveillante des hommes envers ces félins, grands chasseurs de rongeurs et, donc, grands protecteurs de récoltes. Mais les temps ont changé. A une époque où le maintien de la biodiversité a été élevé au rang de priorité, ces mêmes talents de chasseur sont désormais considérés avec méfiance. Et les études à leur sujet se multiplient.


Une recherche a été menée en 2007 dans le village suisse de ­Finstersee (ZG) par un centre de recherche zurichois spécialisé dans l’écologie urbaine, Swild. Elle a consisté à demander à des propriétaires de chats de comptabiliser le nombre de proies rapportées par leurs animaux. Au cours des 48 jours de l’expérience, le taux moyen de prédation des 32 bêtes suivies a été de 2,29 par mois. Avec de très grandes différences entre les individus, puisque cinq d’entre eux ont ramené près de 75% des cadavres et que onze autres n’en ont fourni aucun.

 

 

«Le nombre absolu de proies attrapées par région est frappant et indique que l’impact du chat représente un facteur important au sein des écosystèmes», affirment les auteurs de l’étude. Avant de souligner que le phénomène s’avère d’autant plus sérieux que, contrairement aux prédateurs sauvages, les chats domestiques reçoivent de leurs propriétaires nourriture, soins médicaux, espace et abri. Ce qui signifie que leur densité ne dépend pas du nombre de proies disponibles. L’équilibre habituel entre espèces prédatrices et espèces chassées, censé garantir la survie à long terme des unes et des autres, est ici inexistant.


D’autres travaux ont été menés récemment sur le sujet avec des moyens plus sophistiqués. Des chercheurs de l’Université de Géorgie, aux Etats-Unis, ont suivi les pérégrinations d’une soixantaine de chats en les équipant de caméras miniatures. Ces travaux leur ont permis de constater que les petits félins passent une bonne partie de leur nuit à chasser et à tuer un grand nombre d’animaux. Alors que l’équipe zurichoise parle de 2,29 proies rapportées par mois, l’équipe américaine mentionne, elle, 2,1 proies tuées par semaine. Une différence de un à quatre facile à expliquer: dans l’étude américaine, les corps ramenés à la maison ne représentent qu’un faible pourcentage des victimes (21%). La plupart des cadavres sont soit abandonnés dans la nature (49%), soit dévorés (30%).


La dernière grande recherche en date a été publiée en ce début 2013 dans la revue Nature Communications . Après avoir parcouru une multitude d’études réalisées dans le domaine aux Etats-Unis, ses auteurs sont arrivés à la conclusion que l’impact des chats domestiques est généralement sous-estimé. Les oiseaux tués annuellement sous leurs griffes ne se compteraient pas en centaines de millions, comme évalué habituellement, mais en milliards. Le chiffre exact se situerait entre 1,4 et 3,7 milliards. Quant aux petits mammifères, ils seraient encore plus nombreux à périr de cette façon: de 6,9 à 20,7 milliards.

 

 

Les auteurs s’appuient sur leurs résultats pour dénoncer une gestion inappropriée des chats aux Etats-Unis. Une gestion qui prendrait essentiellement en compte le bien-être des petits fauves et négligerait leurs graves atteintes à la biodiversité. On a longtemps cru que les dégâts causés par ces prédateurs ne représentaient qu’une part minuscule de ceux causés par l’homme à la vie sauvage, soulignent les scientifiques. Or, cela est faux. Et puis, des pertes limitées peuvent provoquer le déclin significatif de certaines populations.


Les expériences les plus dramatiques surviennent sur les îles. Et ce, pour deux raisons essentielles. Les chats s’y attaquent fréquemment à des populations animales uniques, et donc susceptibles de disparaître globalement lorsqu’elles s’éteignent localement. Et ils ont souvent été introduits tardivement. Ce qui signifie que leurs proies n’ont pas eu le temps d’évoluer avec eux et de développer à leur encontre des moyens de défense efficaces.


Selon une étude internationale publiée en 2011 dans la revue Global Change Biology, l’impact des chats sur les populations de vertébrés a été étudié sur plus de 120 îles situées tout autour de la planète. Un effet serait avéré sur quelque 175 types d’animaux insulaires menacés, soit sur 123 oiseaux, 27 mammifères et 25 reptiles. Pire: le prédateur aurait contribué à 33 des 238 extinctions globales d’oiseaux, de mammifères et de reptiles enregistrées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).


Principale sentinelle de la biodiversité dans le monde, l’UICN tient à jour depuis de longues années le catalogue des espèces menacées et menaçantes. Dans ce cadre, elle suit de très près la progression des espèces envahissantes, ces formes de vie qui, non contentes de conquérir de nouveaux territoires, affichent un rare talent pour créer le vide autour d’elles. Or, elle a classé le chat, à côté de la jacinthe d’eau et de la perche du Nil, parmi les cent espèces envahissantes les plus redoutables du monde.

 

 

Des campagnes d’éradication du chat ont été lancées ces dernières décennies sur plusieurs dizaines de petites îles, du Mexique aux Seychelles en passant par la Nouvelle-Zélande. L’une des plus réussies a eu pour théâtre l’île de ­l’Ascension, dans l’Atlantique Sud, où la disparition du félin, obtenue après trois ans d’efforts, a permis le retour de grandes colonies d’oiseaux.


Certains défenseurs de l’environnement considèrent cependant que le problème ne se limite pas aux territoires insulaires mais qu’il existe aussi sur les continents, et ce, jusqu’en Suisse. «Nombreux sont ceux qui essaient de favoriser la biodiversité dans leur jardin et ne peuvent rien faire pour empêcher les chats du voisinage de venir y chasser oiseaux et lézards, proteste Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du programme pour les espèces de l’UICN. Il faut responsabiliser les propriétaires et contrôler les populations d’animaux errants.»

Jean-Christophe Vié propose parallèlement de limiter l’impact des chats, en réduisant progressivement leur nombre, notamment en les stérilisant, et en les empêchant de divaguer ou, à défaut, en les équipant d’une clochette, même si cet accessoire ne réduirait que d’un tiers le taux de mortalité.


Responsable de la communication à la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA), Stéphane Crausaz considère lui aussi que les chats sont trop nombreux en Suisse. Il en veut pour preuve les milliers d’animaux qui débarquent chaque année dans les refuges. Et de dénoncer l’existence d’animaux tolérés et vaguement nourris, mais jamais soignés et encoremoins stérilisés. «Un chat, souligne-t-il, on s’en occupe bien ou pas du tout.»


Stéphane Crausaz veut bien que certains chats soient tenus enfermés. Mais à la condition expresse qu’ils n’aient jamais connu la vie en plein air et qu’ils possèdent un accès à un balcon ou, au minimum, à une fenêtre, leur «télévision». Il ne croit guère, par contre, en l’efficacité des clochettes: les fauves savent très bien adapter leur tactique de chasse à ce genre de handicap, explique-t-il. Surtout, le responsable de la SVPA tient à relativiser le problème, sous nos latitudes tout du moins. «Si les chats sont susceptibles de nuire à la biodiversité, affirme-t-il, c’est très ponctuellement. Il ne faut pas les accuser de tous les maux.»

 


 

 



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Scandaleux : des scientifiques américains prônent le tout nucléaire

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Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains
Ces scientifiques estiment que le danger que fait peser le futur climat annoncé par le Giec sur la population mondiale est supérieur à celui que présente le recours à l’énergie atomique. Même s’ils appellent au développement d’un nucléaire «plus sûr».


Cela devait arriver. Longtemps inimaginable, le revirement de certains scientifiques pourtant résolument engagés dans le camp écologiste peut être considéré comme inévitable. Pour certains, la pression des experts du climat a en effet atteint le seuil de rupture. On se souvient de ce climatologue, dont Slate a parlé, qui avait pleuré à la lecture du dernier rapport du Giec et décidé de ne plus jamais prendre l’avion. Pour échapper au réchauffement climatique, d’autres sont tentés de céder aux muses de l’énergie tant honnie par les écologistes: le nucléaire.

Ce coming-out new look est inauguré par quatre chercheurs américains spécialistes du climat et de l’environnement: Ken Caldeira, Kerry Emanuel, James Hansen et Tom Wigley. Ensemble, ils signent une lettre ouverte diffusée par la presse américaine le 3 novembre 2013 et destinée à ceux qui «influencent la politique environnementale mais sont opposés au nucléaire». En fait, le document semble s’adresser en priorité aux écologistes en s’attaquant à l’une de leurs positions majeures en matière de politique énergétique: celle qui milite pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en restant fermement opposée au développement du nucléaire. Or, ce dernier n’émettant pas de CO2, il constitue donc un allié objectif de la protection du climat... Dilemme.

Les signataires estiment, même s’ils restent favorables aux énergies renouvelables, que la limitation du réchauffement climatique ne pourra être obtenue sans le nucléaire. Il s’agit d’un profond changement dans l’analyse des risques. Virage à 180°? Spectaculaire retournement de veste? Au choix. Désormais, ces scientifiques estiment que le danger que fait peser le futur climat annoncé par le Giec sur la population mondiale est supérieur à celui que présente le recours à l’énergie atomique. Même s’ils appellent au développement d’un nucléaire «plus sûr».
Dans un contexte américain

Le raisonnement reste américain. Pas question de trop rogner sur la consommation d’énergie. Aux Etats-Unis, la notion de décroissance rappelle probablement trop les mauvais souvenirs de la déflation des années 1930. Par ailleurs, il est illusoire de miser sur une limitation des besoins énergétiques des pays en forte croissance (Chine, Inde, Brésil...). Seule solution pour les signataires: le nucléaire.

Les nouveaux promoteurs de l’atome ne renient pas totalement les énergies vertes (éolien, solaire, biomasse...). Mais ils considèrent que, dans la course de vitesse qui s’engage, la montée en puissance de ces technologies ne sera pas assez rapide pour fournir l’énergie «peu coûteuse et fiable» dont l’économie a besoin. «Dans le monde réel, il n’existe pas de voie crédible pour stabiliser le climat sans que l’énergie nucléaire ne joue un rôle substantiel», écrivent-ils.

Pour concilier l’inconciliable, les scientifiques réclament une amélioration de la sûreté des centrales nucléaires, aujourd’hui «loin d’être parfaites». Suit l’analyse de risque. Les dangers associés à l’expansion de l’énergie nucléaire serait, selon eux, inférieurs de plusieurs ordres de grandeur à ceux qui sont associés à l’exploitation des combustibles fossiles. Ils semblent oublier, au passage, que l’uranium n’est pas une ressource renouvelable...

«Nous demandons seulement que les décisions en matière de systèmes énergétiques soient basées sur les faits et non sur des émotions et des biais qui ne s’appliquent pas à la technologie nucléaire du XXIe siècle», poursuivent les signataires qui jugent qu’il n’est plus possible d’utiliser l’atmosphère comme un dépôt d’ordures.

Dans les faits, il semble que la solution nucléaire prônée par cette lettre ouverte soit délicate à mettre en œuvre. Deux ans après la catastrophe de Fukushima, la situation n’est pas réglée sur place. Loin de là. Et le Japon peine à remettre en service ses centrales existantes. Parallèlement, l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire en 2022. Pour assurer cette transition, elle fait appel massivement au charbon et détruit des villages entiers pour faire place à des mines géantes à ciel ouvert.
Un changement de cap radical

La France, modèle mondial en matière de taux d’électricité nucléaire, a bien du mal à construire les premiers réacteurs de troisième génération, les EPR, annoncés comme nettement plus sûrs que les précédents. Sans compter les délais de réalisation et les dépassements de budget. L’EPR de Finlande aura au moins 7 ans de retard avec un surcoût de 5 milliards d’euros. En France, à Flamanville, la situation est assez voisine: environ 5 milliards de surcoût et 4 ans de retard. En Chine, l’EPR en cours de construction pourrait démarrer fin 2014. En Grande-Bretagne, EDF et le gouvernement britannique ont signé, le 21 octobre 2013, un accord pour la construction d’un EPR pour 19 milliards d’euros et une mise en service en 2023.

A ce rythme, il n’est pas certain que le nombre de centrales nucléaires de nouvelle génération soit très important d’ici la fin du siècle. Il existe actuellement quelque 440 réacteurs nucléaires répartis dans une trentaine de pays différents et 61 sont en construction. Aujourd’hui, le nucléaire représente environ 10% de la production d’électricité dans le monde contre 17% en 1993. Et il ne s’agit que d’électricité et non d’énergie. La part de l’électricité dans la consommation énergétique mondiale est de l’ordre de 20%.

Par ailleurs, ce qui explose aujourd’hui, c’est la consommation de gaz de schiste aux Etats-Unis et de charbon un peu partout. Ce que demandent les quatre signataires de cette lettre ouverte constitue donc un changement de cap radical. Même dans la mesure où une telle décision serait prise par l’ensemble des nations développées, une forte croissance du nucléaire réclamerait des investissements considérables et leur mise en œuvre prendrait des décennies. La France, par exemple, serait aujourd’hui incapable économiquement d’investir les sommes qu’elle a dépensées dans les années 1970 et les suivantes pour construire son parc nucléaire.

Le recours à l’atome pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle, même en faisant abstraction des réticences d’une part importante des opinions publiques, apparaît donc comme une solution pour le moins improbable.

 

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